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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Economie, technologie, croissance, logiciel, emploi > Economie(s) politique(s) du logiciel > Indépendance technologique et maîtrise du logiciel > Microsoft, Asianux et la Chine (débat) | |
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mardi 21 septembre 2004 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Une discussion en liste de débat temPS réels, pendant l’été 2004, sur GNU/Linux en Asie et l’ouverture du code source par Microsoft. Le gouvernement chinois a décidé de développer lui-même une distribution Linux initialement nommée Red Flag Linux, il y a quelque temps : cette première initiative a fini par déboucher sur un accord Chine-Japon-Corée pour développer et promouvoir un système dérivé de Red Flag qui à ma connaissance s’appelle Asialinux. Suite à cette importante initiative, Microsoft a décidé de changer de politique sur le code source de Windows et a mis en place un programme permettant aux gouvernements de prendre connaissance de ce code. Pour mémoire, la Chine a également décidé de produire ses propres processeurs (les dragons) et elle met au point des solutions alternatives aux solutions logicielles protégées par brevet aux Etats-Unis, par exemple elle promeut son propre format d’enregistrement "DVD". A contrario, je suis frappé par le manque de cohésion dont nous faisons preuve en Europe. Il est regrettable, par exemple, que Suse ait pu être rachetée par Novell sans que personne n’ait cherché à créer un champion Linux européen d’emblée comparable à une société comme Red Hat. Les initiatives asiatiques vont puissamment contrecarrer les tenants d’une organisation du développement informatique autour du "tout-brevet". MA L’ouverture du code source de Windows est à mettre au crédit de la Chine mais il y a d’autres causes : les accusations d’abus de position dominante, dont l’utilisation d’API non documentées et inaccessibles aux concurrents, et l’exigence d’accès au code source formulée par d’autres gouvernements, dont celui du Danemark. Je ne pense pas pour ma part que les initiatives asiatiques vont contrecarrer la tentation du tout-brevet. en développant leurs propres standards, les Chinois me semblent au contraire vouloir continuer à jouer au même jeu mais en position d’arbitre. PL Mon propos était juste de faire remarquer que la Chine (entre autres pays asiatiques et en raison de son poids politique) est un acteur au moins aussi important qu’IBM dans la promotion de Linux. Asianux 1.0 est disponible depuis environ 1 mois cf. http://www.asianux.com... pour mémoire l’accord entre les différents partenaires a été officialisé il y a un peu moins d’un an en septembre 2003. Il s’agit d’une distribution destinée essentiellement aux entreprises (à l’image de Red Hat), elle est utilisée comme base par Red Flag et Miracle pour leurs propres distributions destinées aux entreprises les Miracle 3 et Red FlagDC 4.1 [cf. http://www.redflag-linux.com/eindex.html et http://www.miraclelinux.com A propos d’Asianux et de l’engagement du gouvernement chinois en faveur de Linux Charles Phillips, co-président d’Oracle qui est impliqué dans le projet à travers Miracle, a dit "China has been a major driver. The government support here for Linux has been fantastic and we applaud that and expect to see more of it." Et il a même ajouté que l’Asie était maintenant un leader du mouvement Linux (cf. http://www.infoworld.com/article/04/07/20/HNasianux_1.html Reste à savoir si Asianux va effectivement devenir le système d’exploitation standard asiatique, cela semble possible mais il y a tout de même quelques concurrents à convaincre comme Turbolinux par exemple (même si le projet unitedlinux est à ma connaissance mort), enfin le consortium Asianux est à la recherche d’un partenaire industriel en Corée du Sud (cf. http://www.asianux.com/show_news.php ?id=32 Pour ce qui est du code source de Windows, je ne pense pas être le seul à considérer que la politique pro-Linux de la Chine a été déterminante dans l’initiative prise par Microsoft.
Bill Gates s’est ensuite rendu en Chine (tiens tiens) et le point d’orgue de l’opération a été l’adhésion de la Chine au programme,
Il est très intéressant de constater que malgré cela et les millions de dollars investis en Chine par Microsoft le gouvernement chinois a lancé avec le Japon et la Corée le projet Asianux quelques mois plus tard... MA Microsoft ne livre pas la totalité du code source de Windows, fût-ce à des gouvernements : il livre seulement une partie du source, dans le but clairement affiché de contrer médiatiquement l’offensive de Linux dans les administrations sur la thématique du source ouvert. Il est impossible avec le code livré par Microsoft de recompiler et de linker une nouvelle version complète de Windows, et de la comparer aux exécutables officiels : Ce serait pourtant le seul moyen de s’assurer qu’aucune porte dérobée n’est plus n’est construite dans le code ! Or le source ouvert, garantie qu’un gouvernement étranger ne va pas exploiter son contrôle du système d’exploitation pour accéder aux données confidentielles d’un autre Etat (ou d’une entreprise privée au moment d’une réponse à un appel d’offres en concurrence avec une entreprise américaine) est l’une des raisons fortes, au-delà de l’indéniable supériorité technique de Linux, de l’engouement des administrations et des grandes entreprises pour le Libre. Que Microsoft prétende livrer son source, quand il ne livre que la partie ne contenant pas (ou plus) de logiciels espions, montre que l’entreprise a compris le danger, et espère par ce subterfuge convaincre de sa bonne foi des politiques ou des dirigeants d’entreprise parfois un peu naïfs dès qu’on touche à la technique. BD
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