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Gendarmes et internautes...
samedi 20 avril 2002

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C’est la premiere fois que les gendarmes manifestent... C’est aussi la premiere fois qu’un mouvement social place au premier rang de sa plateforme revendicative l’equipement en ordinateurs. On peut y voir une forme de modernité...

A l’issue de leur rencontre du ministre de la défense, les gendarmes ont obtenu l’assurance de disposer d’un ordinateur pour deux. En un sens, les gendarmes auront conservé jusqu’au bout un certain sens de l’etat, en se preoccupant d’ameliorer leur outil de travail, et donc, la qualité du service rendu.

(Rien de tel dans les revendications des syndicats de policiers, desesperement englués dans le corporatisme).

Il convient aussi de noter la place qu’a pris Internet dans la maturation du mouvement social des gendarmes.

Les gendarmes, soumis comme tous les militaires au devoir de réserve, ont largement utilisé le Net pour exprimer leurs frustrations.

Cela a commencé par les femmes de gendarmes.

Le MFG, Mouvement des femmes de gendarme, est né en avril 2000, et a créé dans la foulée un site Internet, avec pour objectif "d’échanger des infos sur la gendarmerie dans toute la France et de permettre aux gens de témoigner ", selon sa présidente, Catherine Brunet. Il s’agissait au départ de parler au nom de nos maris ". "Ils aiment leur boulot, mais ils veulent le faire mieux " précise Annie Lardin, déléguée départementale de l’association, chargée de recueillir les témoignages.

On pouvait lire sur ce site :

" Je suis heureuse de constater qu’il existe encore au sein de ce corps d’armée une solidarité, enfin une coalition pour rassembler plutôt que diviser mais indispensable pour assurer à nos maris des perspectives professionnelles plus optimistes qu’elles ne le sont à ce jour. La pression à laquelle ils font face tous les jours, les risques qu’ils prennent, la fatigue, le harcèlement moral, finissent par générer des dépressions, des divorces, suicides, un mal de vivre chez nos enfants " ...

" Deux fois divorcé depuis mon début de carrière il y a plus de 20 ans, je pense que la gendarmerie, cette grande famille, n’y est pas pour rien. Je suis bientôt en retraite et ce n’est qu’après cette date, que j’attends avec impatience, que je compte refaire ma vie avec mon amie actuelle" (gendarme sous le pseudo de Ropars29).

Le fait de pouvoir s’abriter derrière un pseudo a encouragé les gendarmes à s’exprimer. Je sens un soulagement dans leurs courriers. Depuis les manifestations, le nombre d’e-mails que nous recevons a augmenté. Aujourd’hui, nous en sommes à une cinquantaine par jour " souligne Annie Lardin.

Cependant, tous les messages ne sont pas publiés sur le site du MFG.. Loin de là. "Nous les vérifions tous. Nous ne passons que ceux qui reflètent la réalité. L’anonymat, c’est à la fois un avantage et un inconvénient " .

Jacques Revise, Directeur de l’Essor de la gendarmerie, a dû fermer temporairement fin octobre le forum du site de ce magazine : des auteurs anonymes y appelaient à la grève et à la révolte dans un texte intitulé " L’appel aux muets ! "

Gendarmes, internet et extreme droite

Regroupés autour d’un site baptisé Gendarmes en colère, certains gendarmes n’hésitaient pas à mettre en cause leur hiérarchie de manière véhémente. On pouvait ainsi y lire cette attaque : " Que vous soyez officiers généraux, supérieurs ou subalternes, vous nous avez menti depuis toujours ".

Le nom de domaine a été ironiquement enregistré au nom d’Alain Richard, ministre de la défense, tandis que l’hébergeur, situé aux Etats-Unis, est le même que celui de Sos-racaille, proche des idées défendues par le MNR de Bruno Mégret et poursuivi en justice par le MRAP depuis septembre.


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