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# Eric Ferrand : la Mairie de Paris compte-t-elle utiliser les nouveaux logiciels type Linux ?
Indépendance informatique et logiciel libre à Paris : chronologie d’un débat
lundi 11 octobre 2004

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-  1998 : Linux dans les écoles ?

Eric Ferrand, conseiller de Paris socialiste, demande au maire Jean Tiberi si la Mairie de Paris envisage d’utiliser les nouveaux logiciels type GNU/Linux dans les établissements scolaires .


-  22 novembre 2001 : conclusions de l’audit général budgétaire et financier

L’audit qualifie de « déficients et porteurs de risques » les systèmes d’information. Ces systèmes auraient dû faire l’objet « d’un chantier de renouvellement » il y a « 10 ans déjà ». A titre d’exemple, les rapporteurs stigmatisent les applications informatiques liées à la réforme des marchés publics qui ne seront opérationnelles « qu’en janvier 2003 » ! Par ailleurs, le système informatique de gestion de la paie est particulièrement « obsolète ».


-  Janvier 2002 : première mise en ligne du logiciel Lutece sur le site de la mairie du 3ème arrondissement

Le logiciel Lutece, développé par la Direction des Systèmes et Technologies de l’Information de la Mairie de Paris permet de réaliser des sites Internet et des portails dans les mairies d’arrondissement. Il est utilisé aujourd’hui par une vingtaine de sites de la Mairie.

-  23 septembre 2002 : le Conseil de Paris approuve le principe et les modalités de la mise à disposition de Lutece sous licence BSD
Délibération du Conseil sur le progiciel Lutece

Voir aussi : Paris met Lutece à la disposition des autres collectivités

-  15 M€ pour l’élaboration du schéma directeur informatique

La Ville de Paris annonce, sur son site, qu’elle travaille au développement d’un schéma directeur informatique. Celui-ci permettra une remise à niveau des systèmes d’information de la Ville, dont l’audit général budgétaire et financier de 2001 avait montré les déficiences. 15 M€ sont prévus à cet effet dès 2003

Voir aussi : "Moderniser le système d’information" : Recommandations de l’audit budgétaire et financier et Schéma directeur informatique de la Ville : rationalisation & modernisation


-  27 janvier 2003 : un cas d’école sur l’intérêt de détenir le code-source

L’adjoint au maire en charge des questions d’éducation, Eric Ferrand (le conseiller de Paris qui recommandait GNU/Linux à Jean Tiberi en 1998), découvre les pratiques commerciales des éditeurs de logiciel. Courant 2002, la société Magnus annonce l’arrêt de la commercialisation des logiciels installés dans les caisses des écoles et l’interruption de leur maintenance à compter de janvier 2004- . Magnus propose à chaque Caisse des écoles le remplacement des outils actuels par de nouveaux produits de sa gamme. Un cas parmi tant d’autres qui nourrit peut-être la réflexion des élus parisiens sur l’intérêt de détenir le code-source des logiciels...

-  24 mars 2003 : la Ville de Paris annonce ses objectifs en matière d’administration électronique

Un premier objectif a été fixé à l’horizon de janvier 2004 :

- Mise en ligne sur le portail www.paris.fr de fiches décrivant toutes les démarches administratives à accomplir dans les services de la Ville, qu’elles concernent les particuliers, les professionnels, les entreprises ou les associations.

- Mise à disposition sur le site de la plupart des formulaires de la Ville, téléchargeables en format PDF.

Une étape intermédiaire sera réalisée dès l’été 2003 : un espace dédié aux démarches administratives sera ouvert sur le site Paris.fr en partenariat avec le portail service-public.fr dans une démarche de co-marquage réalisée sous l’égide de la Caisse des dépôts et consignations. Question de M. Patrick Bloche concernant le bilan de la première année du plan "PARVI"

-  14 mai 2003 : l’International Herald Tribune s’interroge sur la légalité des rabais proposés par Microsoft.

Dans un article consacré au combat acharné que mène Microsoft pour enrayer la progression du logiciel libre, notamment dans le secteur public, l’International Herald Tribune publie le texte d’un e-mail interne émanant d’Orlando Ayala, chef des ventes de Microsoft. Ayala y autorise les commerciaux de Microsoft à pratiquer des remises importantes chez certains clients, y compris dans l’administration, et même à fournir des produits gracieusement, afin de contrer GNU/Linux. Microsoft aurait débloqué un fonds spécial de 180 millions de dollars pour compenser les réductions et les cadeaux. L’international Herald Tribune s’interroge sur la conformité de ces pratiques avec le droit communautaire de la concurrence. « The tactics described in these documents, the two discount programs appear to be the most aggressive - and perhaps most legally questionable ».
For Microsoft, market dominance doesn’t seem enough

-  27 mai 2003 : la ville de Munich opte pour GNU/Linux

La visite de Steve Ballmer, le numéro de 2 de Microsoft, n’y a rien fait : malgré un rabais de 90% sur les logiciels Microsoft, la ville de Munich a choisi SuSE Linux et Open Office.
La ville de Munich choisit Linux pour son parc informatique

-  Juillet 2003 : 160 millions d’euros prévus pour le schéma directeur informatique
Prévisions d’investissements pour Paris 2004-2007


-   3 février 2004 : Patrick Bloche : la Ville de Paris envisage-t-elle d’évaluer le montant annuel des redevances qu’elle verse à des éditeurs de logiciel ?

-  4-5 février 2004 : Unilog Allemagne annonce que sa filiale française vient d’obtenir un contrat de la Ville de Paris pour étudier la migration de la ville de Paris vers des solutions open source.

Cette annonce commerciale disparaitra peu de temps aprés du site d’Unilog (à la demande de la Ville de Paris). Microsoft oder Opensource in Paris

Entre temps, elle a été reprise cependant sur le site de la Commission européenne : City of Paris to investigate migration to Open Source Software

Et commentée le lendemain par ZDNet Allemagne. Paris überlegt Aufsprung auf Linux-Zug

-  7 février 2004 : à l’initiative de temPS réels, des élus (PS, PCF et Verts), deux associations (Vecam et I3C) et les principales organisations du logiciel libre (AFUL, April, FSF France) co-signent une lettre au Maire de Paris

pour lui demander d’étudier de manière approfondie un recours à des solutions libres a l’occasion de la refonte de l’informatique de la Ville de Paris.

Le logiciel libre garantit mieux que les solutions propriétaires l’interopérabilité au sein d’un système d’information public soumis aux règles des marchés publics et à des exigences croissantes d’ouverture et de transparence.

• La maintenance des applications : celle-ci passe par la détention des sources dans des langages stables et ouverts.

• Le développement économique et l’emploi.

-  11 février 2004 : temPS réels annonce que la Ville de Paris étudie la migration de son informatique vers des solutions libres

Voir aussi : La DSTI pilote l’informatique parisienne

-  1er mars 2004 : Danièle Auffray, adjointe chargée des nouvelles technologies et de la recherche, annonce que les conclusions de l’étude Unilog seront connues au 2e trimestre 2004

-  29 mars 2004 : réponse du maire de Paris à la lettre des élus et des associations

Le maire confirme l’existence d’une « étude (...) menée avec le concours de la société Unilog, qui vise à construire et à évaluer divers scénarios comportant un recours accru aux solutions libres, tant pour l’exploitation des serveurs que pour la gestion des postes de travail de la Ville ». « Pour mettre en oeuvre ce schéma directeur informatique », poursuit Bertrand Delanoë, « les services compétents de la Ville (...) se doivent de recourir aux technologies les mieux adaptées, sans aucune exclusive ».
Presse :
Recto Verso - Paris sous pression

-  28 juin : Libération révèle que Microsoft a proposé à la Ville de Paris un rabais de 60 %

L’objectif de Microsoft est clair : au moment où un nombre croissant d’administrations dans le monde fait le choix des logiciels libres face à Windows (...), il est hors de question de perdre la Ville de Paris. Quitte à casser les prix. Selon un document auquel Libération a eu accès, la société a proposé un rabais de près de 60% à la municipalité pour l’équipement de 15 000 ordinateurs. De quoi l’inciter, dans les mois à venir, à renouveler son engagement auprès de la firme de Bill Gates.
Chez Microsoft, c’est Paris à tout prix

Cette information est largement reprise dans la presse.

L’Expansion : Microsoft prêt à tout pour conserver Paris contre Linux

Le Monde informatique : Microsoft en ballottage à Paris respire un peu à Bruxelles

ZDNet : Microsoft brade ses licences pour ne pas perdre la Ville de Paris

-  5 et 6 juillet 2004 : le Conseil de Paris souhaite débattre de la politique informatique de la Ville

Voir aussi l’interview de François Dagnaud, adjoint chargé de l’administration générale, au Nouvel Observateur Mairie de Paris : Microsoft ou pas ?

-  22 septembre 2004 : d’après Le Monde, Bertrand Delanoë rendra sa décision début 2005. (extrait 1) La ville de Paris sautera-t-elle le pas ? Au début de l’année, la Mairie de Paris a confié à la société de services et d’ingénierie en informatique Unilog une étude sur les coûts et les conditions pour passer aux logiciels libres. A la demande des Verts, tous les groupes politiques devraient discuter de cette étude dans les prochaines semaines, avant que ses conclusions soient rendues publiques. Début 2005, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, rendra sa décision après avoir consulté Christian Sautter, adjoint (PS) chargé du développement économique.

(extrait 2)
-  22 septembre 2004 : Danièle Auffray : « Si cette solution se révèle plus chère que Microsoft, nous ne basculerons pas".

Pour éviter de se faire supplanter à Paris par Linux et ses semblables, Microsoft aurait proposé à la municipalité des rabais très substantiels sur ses produits. On parle de plus de 60% ; Mme Auffray refuse de confirmer ce chiffre, tout en affirmant que, au-delà du discours officiel de Microsoft - "Les logiciels libres représentent un vrai défi pour nous" -, il y a le discours officieux, qui consiste à "proposer des rabais".(...) "Il est effectivement faux de croire que les logiciels libres sont gratuits. Au final, si cette solution se révèle plus chère que Microsoft, nous ne basculerons pas", souligne Mme Auffray.) (fin de citation) Le Monde
La Mairie de Paris tentée par un changement de système

-  fin septembre-début octobre 2004 : la presse s’interroge sur les conclusions du rapport Unilog
ZDNet : D’après nos informations, la très attendue "étude d’impact" commandée voilà un an à Unilog France, portant sur la possible conversion des services informatiques de la mairie de Paris aux logiciels libres, a été bouclée et communiquée à l’exécutif parisien. Désormais, la question est de savoir quelle en est la teneur. Une vingtaine d’élus du Conseil de Paris (le conseil municipal), sur 163 représentants issus des mairies d’arrondissements, seront fixés une première fois le 12 octobre. ZDNet, 27 septembre "Révolution Linux" à Paris : les élus seront informés le 12 octobre

La voie est libre pour l’informatique parisienne 01Net, 8 octobre


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