![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||
|
|
Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Elections : 1999-2007 > Présidentielles 2007 > P2P : "les radios libres aussi furent un temps hors la loi avant que la gauche libère les ondes" | |
|
|
||
|
dimanche 25 mars 2007 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Dans son livre, Maintenant (Hachette Littératures), 336 pages. pages 301 et 302, Ségoléne Royal revient sur la question du téléchargement... Vous surprenez un de vos enfants en train de télécharger de la musique et des films sur son ordinateur, que lui dites-vous ? Je me dis d’abord qu’il fait comme des millions de Français : un internaute sur trois télécharge ! Je me dis aussi qu’il n’a pas de chance d’être mis hors la loi par un cadre juridique dépassé qui défend un modèle technique et économique obsolète, n’apporte rien aux créateurs et prend le contre-pied d’une pratique massive au lieu de l’organiser intelligemment et équitablement. Cela me rappelle les radios libres : elles aussi furent un temps hors la loi avant que la gauche libère les ondes. La situation actuelle est ridicule. La loi que le gouvernement a fait voter est inspirée par la peur du numérique. Elle exacerbe les oppositions stériles entre le public, les créateurs, les producteurs et les diffuseurs alors qu’il faudrait inventer ensemble un nouveau modèle économique en phase avec les évolutions technologiques et garant d’une juste rétribution de tous les acteurs. A chaque saut technologique, il est normal que des résistances s’expriment. Ceux qui trouvaient avantage au système d’avant n’ont pas envie d’en changer et renâclent aux adaptations nécessaires. Mais c’est un combat d’arrière-garde qui fait perdre du temps à la France. Je crois, moi, que le numérique et le P2P ne sont pas une catastrophe mais une chance. Une chance de démocratiser l’accès à la culture. Une chance de modernisation économique avec l’émergence de nouveaux services et d’entreprises innovantes. La droite a gâché une occasion. Ce sera à la gauche de voter une nouvelle fois pour faire avancer l’équilibre entre progrès technologique et droits d’auteur. Il faudra donc reprendre ce chantier en concertation avec tous les professionnels. Il faudra le faire en veillant à la défense de la rémunération des auteurs, au maintien de la diversité des sources de financement de la création, c’est-à-dire les ventes de disques, la contribution des exploitants, la redevance pour copie privée, etc. C’est le rôle de l’Etat de faciliter l’avènement de ce nouvel équilibre en phase avec les aspirations du public, autrement dit des citoyens. Il faut sortir du modèle économique unique et assurer la complémentarité de plusieurs modes de rétribution : les revenus directs, la vente de fichiers se substituant pour une part à la vente des CD ; les revenus indirects, ce qui suppose que les intermédiaires (webradios, plates-formes de P2P...) reversent une partie de leur chiffre d’affaires aux titulaires de droits d’auteur en contrepartie de la possibilité d’exploiter commercialement leurs oeuvres ; les revenus mutualisés, qu’il s’agisse de la redevance pour copie privée ou d’un système forfaitaire pour les échanges gratuits entre personnes. C’est comme cela, pas en freinant des quatre fers et en mettant des millions de Français hors la loi, qu’on pourra tirer tout le monde vers le haut et regarder l’avenir en face. Alors que dire à un jeune qui télécharge ? De s’engager ! De militer pour hâter le moment d’une législation intelligente et juste.
|
||
|
|
||