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Bilan numérique de Nicolas Sarkozy dans le secteur éducatif
vendredi 2 mai 2008 , par RM

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Un an déjà.. L’occasion de faire un premier bilan sur la politique numérique de Nicolas Sarkozy dans le domaine numerique. Les projets, les chantiers, les réalisations.

Nicolas Sarkozy avait pris, dans "La France à l’ère numérique", une tribune publiée par le Journal du net, le 20 avril 2007, une série d’engagements lors de la campagne du printemps 2007.Cette « feuille de route numérique » du candidat Sarkozy mêlait des engagements généraux et des engagements plus spécifiquement ciblés sur l’économie numérique.

Au total, 8 engagements transversaux (de A à H) et 36 engagements spécifiquement numériques, classés en 11 rubriques.

Où en est-on dans la mise en oeuvre des 36 engagements formulés cette feuille de route numérique ?


9. 100% des écoles connectées en haut débit

Bilan : Il est possible que le gouvernement ait pris des initiatives dans ce domaine. Si c’est le cas, c’est dans la plus grande discrétion.

10. 100% des universités en WiFi

Bilan : La promesse de 100% des universités en wifi n’était guère compromettante. Le plan MIPE 2 (micro portable étudiants , wifi) avait déjà permis l’entrée du wifi dans tous les bâtiments universitaires, à partir de 2005. Relayée par les investissements régionaux et ceux propres aux établissements, l’impulsion de la DUI en 2006 avait déjà fait l’essentiel du travail.

La couverture est inégale mais répond dans l’ensemble aux besoins des usagers.Un vrai 100% n’a pas d’intérêt particulier, les universités ont appris à positionner les bornes en fonction des usages des étudiants (bibliothèques, espaces de travail libre, amphis, halls...) et des sessions occasionnelles (open wifi pour les conférences et colloques, création de comptes wifi pour les extérieurs à l’annuaire).

En revanche, les CROUS n’ont toujours pas eu l’idée de connecter les logements étudiants en accès wifi sans abonnement.La connexion privée des étudiants est plus mauvaise que leur connexion à l’université : peu de portables, les logements étudiants, sur 9 mois, restent souvent sans connexion. Les étudiants répugnent à passer des contrats de moins d’un an (téléphone + connexion).

La DUI envisage de lancer un plan "logement étudiant connecté’, qui serait son MIPE 2009.

La DUI (Délégation aux Usages de l’Internet)justement semble sans grands moyens, et est restée un bon moment en attente de la nomination d’Eric Besson, dont la mission interministérielle semble bien difficile à mettre en place : des chargés de mission cherchent à identifier les actions phares qui pourraient être bien reçues dans les universités. Il ne semble y avoir aucun axe stratégique, sinon des coups de fil désarçonnants ("qu’est ce qu’on pourrait faire qui vous aide ?"),sans analyse préalable des dossiers, dans la plus grande ignorance des situations réelles.


Commentaires

1. Le programme numérique du candidat n’était pas trés ambitieux dans le domaine éducatif.

Deux objectifs modestes : 100% des écoles connectées en haut débit et 100% des écoles connectées en haut débit. Dans sa lettre aux Educateurs, il n’évoquait qu’une seule fois et de maniére trés vague la conribution des technologies de l’information à la rénovation pédagogique. Bref, la feuille de route numérique de Xavier Darcos était pratiquement vide.

2. Côté Education nationale, c’est le calme plat.

Xavier Darcos a confié à Jean Mounet, président de Syntec informatique, une mission sur le développement des TICE (technologies d’information et de communcation pour l’éducation).

Le rapport E-educ devait être remis courant avril. En attendant, on peut lire la synthése du forum qui avait été organisé pour nourrir la réflexion de la mission sur le développement des TICE.

Demandes formulées à l’égard de l’Education nationale et des collectivités

Les témoignages font apparaître des situations différentes selon les types d’établissements au niveau des moyens alloués. Les écoles, dépendantes des communes, sont en moyenne moins bien équipées que les collèges et les lycées. L’état de vétusté des machines, leur nombre insuffisant sont pointés du doigt.

Certains contributeurs soutiennent le projet ambitieux d’équiper chaque élève d’un ordinateur portable. D’autres se satisferaient de clés USB contenant des logiciels libres à utiliser à l’école et chez soi.

Pour de nombreux contributeurs, les TIC posent un sérieux problème de personnel. Les besoins portent sur la maintenance des parcs informatiques, le dépannage des postes, l’assistance aux enseignants en difficulté. Selon les témoignages, l’introduction des TIC à l’école et l’entretien des machines relèvent souvent du volontariat et cette solution s’avère fréquemment insuffisante. Dans les établissements bien équipés en matériel, des problèmes d’accès au réseau ou de virus peuvent rendre le matériel inutilisable. La réponse envisagée est le recours à un personnel technique disponible et compétent, interne plutôt qu’externe (prestataire privé). Ce personnel pourrait être affecté à un ou plusieurs établissements selon leur taille. Les enseignants demandent plus de formation, afin d’être mieux préparés face à des élèves parfois déjà très familiarisés avec l’outil informatique. Leur motivation est de parvenir à un usage pertinent et raisonné : beaucoup craignent une utilisation à tort et à travers. Dans l’hypothèse d’un enseignement spécifique des TIC, les internautes proposent de confier cet enseignement tantôt aux enseignants documentalistes, tantôt aux professeurs de technologie.

On observe une très forte mobilisation des internautes en faveur des logiciels libres. L’information (promotion) apparaît indispensable pour que chacun prenne connaissance de l’existence de ces solutions et de leur diversité. Les contributeurs considèrent que ce chantier est sous la responsabilité de l’Education Nationale. Ils lui reprochent de dépenser l’argent du contribuable inutilement et de favoriser certaines entreprises privées en faisant un choix contraire. Selon eux, enseignants et élèves doivent maîtriser des activités, des méthodes et non des produits commerciaux particuliers (le traitement de texte en général et non un logiciel spécifique). Ils craignent en outre que les documents produits au moyen de solutions propriétaires finissent par ne plus être accessibles (formats abandonnés du jour au lendemain par choix du fournisseur ou simple disparition de ce dernier). Priorité ne veut pas dire utilisation exclusive du libre : le logiciel propriétaire est parfois la seule solution. Plusieurs messages suggèrent que l’Education nationale soutienne financièrement le développement des logiciels libres. Les internautes appellent à la mutualisation des ressources (logiciels, expériences pédagogiques) et à la promotion des réalisations exemplaires. Selon eux, c’est à l’Education nationale de les organiser.


3. Côté Universités, on en est aussi au stade de la réflexion.

Valérie Pécresse a reçu, le 15 janvier, le rapport sur l’université numérique d’Henri Isaac, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine. Selon Henri Isaac, " l’expérience du numérique des étudiants d’aujourd’hui n’est pas marginale, mais centrale". 84 % des 16-24 ans sont usagers d’Internet. En revanche, il note que les universités ont faiblement adapté leur pédagogie et leurs enseignements à ces nouveaux supports.Pour rattraper ce retard, le rapport préconise notamment de numériser 100 % des documents (polycopiés, exercices), de distribuer les cours sous forme de podcasts et de mettre en ligne des QCM d’auto-évaluation. En parallèle, étudiants et enseignants devront bénéficier de sessions de formation. Attendons les annonces, qui ne sauraient tarder. En attendant leur mise en oeuvre.

-  Le C2I, seul élément de pédagogie numérique bien identifié

Le plan "réussite en licence " lancé en décembre 2007, pour une "licence rénovée", susceptible d’améliorer la situation des L1 (60% d’échec dans certaines filières), ne fait aucune mention du numérique, qu’il s’agisse de la mise à disposition de ressources en ligne pour le travail personnel des étudiants, de tutorat en ligne, de développement de réseaux sociaux universitaires, d’innovation pédagogique (rénovation n’est manifestement pas innovation). Les consignes données par le ministère pour les projets propres à chaque université se bornent à mettre le souffreteux C2I (Certificat de compétences Informatique et Internet) parmi les lots de consolation proposés aux étudiants qui s’évaporent en cours de L1. Or le C2I ne peut, vu ses modalités, concerner que des étudiants relativement insérés et présents régulièrement. Ce beau geste, pour des compétences compensatoires, renforce ainsi la position du numérique à l’université, un joujou bureautique pour ceux qui n’ont rien de plus intelligent à faire.

-  Le numérique ne fait plus partie des priorités des présidents des universités

La LRU a modifié la vie interne des universités, et les énergies sont polarisées sur les classements de la recherche, la préparation de l’autonomie et donc l’informatique de gestion les politiques numériques pédagogiques sont affaiblies par l’effort qui se porte sur l’autonomie administrative, prévue pour débuter en 2009 : tentative ultime de mettre à jour les très mauvais systèmes d’information des universités, muscles informatiques anxieusement tendus pour réceptionner la gestion de la masse salariale en 2009, et répondre aux exigences diverses et harcelantes d’indicateurs (politiques internes et externes d’évaluation de la recherche et de l’enseignement)

-  Le supérieur n’est pas à l’agenda de la Sous-direction des TICE au MESER

La sous-direction des TICE s’occupe exclusivement de l’enseignement primaire et secondaire et semble avoir abandonné l’université, sans qu’on sache s’il s’agit des marottes de son actuel dirigeant ou d’un retrait politique lié à diverses tensions intra ministère. - La SDTICE affirme préparer un appel à projet pour accompagner par un axe numérique le plan Pécresse réussite en licence. Mais en mai 2008, cet appel prévu pour se synchroniser avec les projets "licences rénovées" déposés auprès du MESER début mars 2008, n’est toujours pas sous presse.

Le rapport Henri Isaac , qui contient de nombreuses analyses et propositions, n’a pas donné lieu depuis janvier à des commentaires officiels ni à des actions repérables.

-  Actions de prestige, plutôt que transformations des pratiques universitaires

Les universités numériques thématiques, actions très coûteuses dont les bénéfices restent fort discutés, en raison de leur absence d’impact sur les cycles de formation réels, demeurent, semble-t-il, le seul gros budget de la SDTICE à l’université, avec la contribution du MESER aux universités numériques régionales. Mais ces budgets se réduisent.

Une deuxième édition du CIUEN se prépare ([1] ) , pour décembre 2008, action de communication institutionnellle sans conséquence.

Banques de données pédagogiques accessibles, adaptées au partage des savoirs, comme aux conditions de vie et à la mobilité des étudiants, compétences des étudiants les préparant à l’économie numérique, innovation pédagogique associée aux ressources Web et au développement d’infrastructures et de e-services, de tout cela, aucune déclaration, action ou instruction du MESER n’a fait mention, depuis le 7 mai 2007.


Betapolitique, a ouvert, en liaison avec temPS réels, un wiki pour aller plus loin dans l’examen du BilanNumériqueSarkozy


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