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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Le sarkozysme numérique > Sarkozy et la barbarie numérique | |
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samedi 10 mai 2008 , par RM Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le 21 février 2008, François Fillon faisait valoir que « la nouvelle équipe qui sert la France appartient à la génération du numérique. A mon sens, c’est la première fois que le président de la République, le Premier ministre et la totalité des ministres vivent au quotidien avec les technologies de l’information et de la communication. » François Fillon (dont la pratique personnelle des technologies de l’information ne fait aucun doute) savait pertinemment qu’il énonçait un contre-vérité en associant Nicolas Sarkozy à cette « génération du numérique ».
Comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy se tient à distance de l’ordinateur. Il ne prend même pas la peine, Place Beauvau, à Bercy ou à l’Elysée, d’en exhiber un dans son bureau pour les photographes de Paris Match et les caméras de télévision. S’il « rompt » avec son prédecesseur, c’est par un usage addictif du SMS (même en présence du Pape). Plus problématique est le rapport de méfiance instinctive que le Chef de l’Etat entretient avec Internet et qui affleure dans certains de ses propos publics. Pendant la campagne présidentielle, dans les (rares) discours ou tribunes destinés aux internautes et aux professionnels du numérique, Nicolas Sarkozy s’en tenait à des propos convenus sur l’ambivalence de l’Internet.
“Nous n’avons été aussi proches d’un "trou noir", capable d’engloutir et d’assécher cette richesse et ce foisonnement créatif. Le clonage et la dissémination de fichiers à l’infini ont entraîné depuis cinq ans la ruine progressive de l’économie musicale, en déconnectant les œuvres de leur coût de fabrication, et en donnant cette impression fausse que tout se vaut, que tout est gratuit. (...) C’est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d’assister. (... ) Internet, c’est une "nouvelle frontière", un territoire à conquérir. Mais Internet ne doit pas être un "Far Ouest" high-tech, une zone de non droit où des "hors-la-loi" peuvent piller sans réserve les créations, voire pire, en faire commerce sur le dos des artistes. D’un côté, des réseaux flambant neuf, des équipements ultra-perfectionnés, et de l’autre des comportements moyenâgeux, où, sous prétexte que c’est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l’étalage.(...) La France va retrouver une position de pays « leader » dans la campagne de « civilisation » des nouveaux réseaux ". Pillage, destruction... Nicolas Sarkozy ne se contente pas de « réguler » les nouveaux réseaux. Il se donne l’ambition de les « civiliser ». Comme on le ferait de « barbares ».
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