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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Le sarkozysme numérique > Improvisation et couac numérique autour du financement de la télévision publique | |
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mardi 13 mai 2008 , par RM Imprimer cet article | Cet article au format PDF Je propose que nous accomplissions en 2008 une véritable révolution culturelle dans le service public de la télévision. (...) Je souhaite donc que le cahier des charges de la télévision publique soit revu profondément, et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées, et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à l’Internet ou la téléphonie mobile. Voici une révolution qui, en changeant le modèle économique de la télévision publique, changera du tout au tout la donne de la politique culturelle dans la société de communication qui est la nôtre. Il faut savoir ce qu’on veut, on veut changer ou on veut continuer, je veux changer. Et je changerai sans tabou, et nous aurons des résultats, et nous assumerons les conséquences de ces choix stratégiques. (Nicolas Sarkozy, Conférence de presse du 8 janvier 2008). « Il me plaît beaucoup que la gauche, qui n’a jamais osé faire cela, qui en a toujours parlé sans en tirer aucune conséquence, regarde ce que c’est qu’un gouvernement qui décide d’un certain nombre de priorités » avait proclamé Nicolas Sarkozy, le 8 janvier 2008. « Vous l’aviez rêvé, nous le faisons », avait surenchéri en écho François Fillon devant les députés de l’opposition. Le secret avait été bien gardé. Mardi 8 janvier, au moment où Nicolas Sarkozy annonçait la suppression de la publicité sur télévision publique, aucun des ministres concernés par cette "révolution" n’avait été mis dans la confidence et encore moins les dirigeants de France Télévisions. Mise au point par les conseillers économiques de M. Sarkozy, cette "révolution audiovisuelle" avait été décidée en tout petit comité. L’annonce de M. Sarkozy a même semé le trouble à la direction du développement des médias (DDM), où, ce même matin, sa directrice Laurence Franceschini avait convoqué les dirigeants des radios privées pour leur expliquer le projet du gouvernement... d’ouvrir plus largement les antennes de Radio France à la publicité. L’effet de surprise passé, on a pris la mesure de la totale improvisation dans laquelle cette décision a été prise et annoncée. Aucune étude préalable à l’appui. Aucune concertation avec les secteurs concernés. Visiblement, les solutions financières pour compenser la perte des revenus publicitaires de France Télévisions n’avaient pas été étudiées. De plus, Nicolas Sarkozy écartait par avance toute augmentation de la redevance. La ministre de la Culture Christine Albanel annonçait, quelques jours plus tard qu’un projet de loi sur la suppression de la publicité à France Télévisions serait déposé "après les Municipales" et qu’il pourrait être "voté avant l’été". Avant de passer le relais à Jean-François Copé, chargé par Niciolas Sarkozy d’une commission de réflexion sur la future télévision publique. Quatre parlementaires socialistes participent à ses travaux.
La commission Copé [1]envisagerait un financement public à hauteur de 150 millions, un financement privé de 200 millions des opérateurs télécom grâce à une taxe de 0,5% de leur chiffre d’affaires et enfin une contribution de 30 millions de la part des chaînes privées. Ce qui revient à faire porter l’essentiel du financement sur les épaules des opérateurs télécom.
La commission devrait remettre ses conclusions le 25 juin au président de la République.
Et les télévisions privées de 30 millions seulement, alors qu’elles seront les premières à profiter de la suppression de la publicité sur France Télévisions ? [1] La Commission Copé préconise aussi une simplification de la gouvernance par la création d’une entreprise unique pour remplacer les 49 sociétés actuellement coiffées par la holding. Elle recommande aussi le lancement d’un portail internet unique "regroupant les sites existants, les nouvelles chaînes thématiques, le système de vidéo (catch-up TV, VoD, etc) et tous les autres supports qui vont naître les prochaines années ».
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