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Lettre de Temps Réels n°52
LE VOTE DES 9 ET 16 JUIN ENGAGERA LE PAYS POUR 5 ANS
dimanche 2 juin 2002

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Le 5 mai, au second tour des présidentielles, les Français ont fait un choix clair : celui des valeurs démocratiques et républicaines.

Le 9 et le 16 juin, ils devront choisir, parmi les deux grandes familles démocratiques et républicaines, à laquelle confier le gouvernement du pays.

Du seisme du 21 avril, les socialistes ont retenu cinq messages.

• Une exigence de règles et donc d’Etat par rapport à la maîtrise de la mondialisation libérale, mais aussi aux besoins de sûreté et de tranquillité publique ; • Une demande de justice sociale • Une volonté de démocratie plus ouverte, plus active, avec des compétences claires pour chaque échelon administratif, un rapprochement de l’exercice de la décision publique du citoyen, des lois moins nombreuses mais mieux appliquées ; • Le souhait d’une démarche politique plus en prise avec les acteurs sociaux, plus représentative de la réalité de la société • Une exigence de projet collectif capable de fixer des repères aux citoyens, de donner un contenu politique et social à la construction européenne.

Le piège tendu par la droite dans cette campagne des legislatives est visible.

Tout comme avant le premier tour de l’élection présidentielle, Jacques Chirac n’a parlé que de la sécurité, aujourd’hui les dirigeants et les candidats de l’UMP ne parlent que de la cohabitation.

La question, les 9 et 16 juin, n’est pas d’être pour ou contre la cohabitation. Elle est de savoir quelle politique nous voulons pour l’avenir de notre pays.

Temps Réels

Voir aussi

Sur le site du PS : http://www.parti-socialiste.fr/

Internet dans le programme

Vouzemoi ... : http://www.vouzemoi.net

Que sait on sur les comportements politiques des internautes ?

La fièvre de la nouvelle économie avait donné lieu à une frénésie de sondages. Pendant trois ans, les instituts ont sondé les Internautes, les sommant de se prononcer sur le commerce électronique, la nouvelle économie, la banque en ligne, la cybercriminalité ou encore le livre numérique. Ont-ils déjà acheté quelque chose sur Internet ? Envisagent-ils de le faire  ? Quand ? Ont ils acheté des valeurs technologiques ? Croient ils à la " nouvelle économie " ? Souhaitent ils que leurs enfants travaillent dans une start up ?

Pendant toute cette période, les instituts de sondages et leurs clients se sont assez peu intéressés à leurs préférences et comportements politiques. Mai 2000, la Sofres rendait publics dans le Figaro les résultats d’une enquête pompeusement baptisée " baromètre politique des internautes... Cette enquête portait sur un échantillon de 595 internautes.

Un barométre bien péremptoire ...

Selon ce barométre, 15 % des internautes se classaient à l’extrême gauche (au lieu de 12% dans l’ensemble de la population) , 27 % à gauche (au lieu de 25%) ; 27 % au centre (au lieu de 33%), 23 %à droite (au lieu de 16%) et 8 % à l’extrême droite (au lieu de 4%). Ces écarts de quelques points sur une population de 595 internautes (à une époque où la technique des panels d’internautes etait balbutiante) étaient assez fragiles.

Cela n’a pas empêché la Sofres d’en tirer des conclusions assez péremptoires : " Par comparaison avec le reste des Français, les internautes sont plus à droite et 23% se situent aux extrêmes contre 16% dans l’ensemble de la population ". Sans jamais vraiment expliquer pourquoi les internautes seraient plus à droite que le reste de la population. Ni pourquoi ils seraient plus tentés par les " extrêmes ". (Ce n’est pas parce que les militants lepenistes etaient actifs dans les forums, des 1996, ce n’est pas parce qu’ d’ATTAC ou les mouvements sociaux ont été plus prompts à tirer parti d’internet dans leur communication, que les internautes sont plus " radicaux " dans leurs opinions). Pendant deux ans, ce commentaire - pour le moins hâtif de la SOFRES - sur le comportement politique des internautes a été repris dans un tres grand nombre d’articles de presse.

A la même époque, en mars 2000, IPSOS avait publié un sondage auprès de 1000 personnes en France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Espagne (1000 personnes âgées de 18 ans et plus pour chaque pays). Cette enquête IPSOS proposait aux personnes internautes et non-internautes de se classer sur une échelle droite-gauche. IPSOS n’avait pas publié les résultats détaillés sur la France. Il ressortait de cette enquête portant sur 5000 européens, qu’il il n’y avait pratiquement pas de différence entre internautes et non-internautes

Le 21 avril, les internautes ont penché à gauche ...

Grâce au " sondage sortie des urnes " , réalisé le 21 avril par l’institut CSA, on en sait un peu plus sur le comportement politique des internautes. Le comportement électoral des internautes (29% des électeurs, selon le même sondage) est légèrement différent de celui de l’ensemble des personnes interrogées.

Avec des écarts de quelques points. Ainsi, Lionel Jospin et Noël Mamère obtiennent de meilleurs résultats auprès des internautes (18%) qu’auprès de non-internautes (15%). C’est l’inverse pour Jacques Chirac.

Contrairement à ce que suggérait le Baromètre politique des internautes de la SOFRES de mai 2000, les internautes ont voté légèrement plus à gauche que l’ensemble de la population. Ils n’ont pas spécialement voté pour l’extrême gauche. Encore moins pour l’extrême droite. Jean-Marie Le Pen n’obtient que 14% chez les internautes (contre 18%). Pour l’essentiel, ces écarts sont imputables aux déterminants socio-demographiques (age, niveau de diplôme) dont on sait combien ils étroitement corrélés avec la pratique de l’internet.

http://www.temps-reels.net/dos_afdos.php ?dos=10&sd=251

D’autres enquêtes, réalisées pendant la campagne, permettent de mieux saisir les attitudes politiques des internautes.

L’enquête Science et Vie Micro (SVM) réalisée par Toteam auprès de 1000 internautes : http://www.temps-reels.net/dos_afdos.php ?dos=10&sd=295

L’enquête de l’institut CSA-TMO pour le compte du groupe Serveur : http://www.internet2002-2007.org/Sondage/download.asp

Les indications les plus éclairantes sur les attitudes politiques des internautes se trouvent peut-être dans les réponses au " blind test " du portail politique presidentielles.net. Présidentielles.net a mis au point un comparateur de programmes, le Presibot, dont il a décliné un " blind test " très stimulant. (Rendons hommage, au passage, au travail remarquable réalisé tout au long de la campagne par l’équipe de presidentielles.net, Presibot y compris). Sur 8 grands thèmes de campagne, chacun pouvait choisir parmi 7 propositions, tirées des programmes des candidats, celle dont il se sentait le plus proche, sans savoir de qui elle émanait. Selon les concepteurs du Presibot, Noël Mamère (à travers les propositions issues de son programme et retenues par les internautes sans savoir qu’elles provenaient de son programme) arrivait en tête avec 24.31 % des voix, devançant Jacques Chirac, (20.90 %), Robert Hue (14.51 %) et Lionel Jospin (11.08 %). On peut discuter la pertinence des rapprochements que le Presibot opère entre propositions et proximité des internautes avec l’un ou l’autre des candidats. Il est intéressant d’observer, thème par thème, quelles sont les propositions qui ont attiré les suffrages des 22 000 internautes qui ont eu la patience de remplir l’ensemble du questionnaire.

Voir aussi

Barometre politique des internautes : http://www.sofres.com/

Enquete europeenne IPSOS : http://www.ipsos.fr/

Sondage sortie des urnes CSA-Serveur : http://www.internet2002-2007.org/

Presibot : http://www.presidentielles.net

Les médecins font la gréve des télétransmissions mais se coordonnent grâce à Internet...

La profession médicale est aujourd’hui l’une des plus informatisées. 94 048 soit 86% des médecins ont une carte de professionnel de santé. Près de 80% des cabinets sont informatisés, pour les relations avec les Caisses (télétransmission des feuilles de soin) mais aussi pour leur gestion interne, et au-delà, de nouveaux usages (dont témoigne la prolifération de sites d’information médicale).

Ce haut degré d’informatisation ouvre la voie à de nouvelles formes d’action (grève technologique) et surtout à de nouvelles formes d’organisation.

La grève des télétransmissions de feuilles de soins

Cette grève technologique pèse lourdement sur les caisses et désorganise grandement le fonctionnement de celles-ci. C’est la première fois que cette grève des teletransmissions est menée a une telle échelle. En juin 1999, des animateurs de sites médicaux et télétransmetteurs de la première heure, déçus par le dysfonctionnement, et la mise en place du système sans concertation avaient lancé un appel à la grève de la télétransmission des F.S.E .

En 2000, alors que Sesam-Vitale et le RSS prenaient leur essor, une grève des télétransmissions avait été décrétée par le Syndicat des médecins libéraux en octobre 2000.

Le syndicat MG France, en décembre 2001, avait agité la menace d’une telle grève pour obtenir la reprise des négociations avec la CNAM.

Il semble qu’une partie des médecins n’ont jamais bien accepté le fait que les Caisses leur délèguent la saisie des feuilles de soins (même si celles-ci donnent lieu à une compensation). Certains contestent les évolutions tant matérielles que logicielles auquel les soumet les Caisses tous les 6 mois.

Auto-organisation : les medecins ont déployé toute la panoplie de l’internet

On a vu, en quelques semaines, prendre forme et s’auto-organiser, grâce a Internet, des coordinations régionales (de 2, en décembre, 68 en mai 2002) et une coordination nationale. A côté des syndicats traditionnels.

La vague de protestation des généralistes prend son essor en novembre 2001 avec comme mot d’ordre la revalorisation à 20 euros des consultations, 30 euros pour les visites à domicile. Un certain nombre de médecins généralistes, syndiqués ou non, se constituent en coordinations régionales, puis se fédèrent en coordination nationale.

Tout au long de cette mobilisation, les médecins des coordinations ont fait un usage méthodique de l’Internet tant pour s’organiser nationalement que pour essaimer dans les départements où il n’y avait pas encore de coordination.

Les " médecins coordonnés ", comme ils s’appellent, ont mobilisé toute la palette des outils de l’internet : sites régionaux et nationaux, revue de presse quotidienne, Forums , listes de Diffusion, outils en ligne d’aide a la constitution de coordinations départementales...

Voir aussi

Dossier complet :

Nouvelles perspectives pour le vote électronique...

Les partisans du vote à distance (par internet) invoquent souvent l’argument du taux élevé d’abstention pour justifier sa mise en place : selon eux, le vote à distance (à domicile, sur le lieu de travail ...) augmenterait le taux de participation.

Au lendemain du premier tour des présidentielles, marqué par un taux d’abstention élevé, quelques voix s’etaient élevées (dont celle d’André Santini) pour demander l’instauration du vote par Internet.

Le taux de participation observé le 5 mai , 80%, relativise pas mal cet argument. Les Français se sont rendus en masse dans les urnes dès lors qu’il y avait un enjeu politique clair.

Beaucoup de nos concitoyens auraient, cependant, volontiers voté de leur lieu de vacances : en France, dans des mairies, ou a l’étranger , dans des ambassades. L’idée selon laquelle on devrait pouvoir voter dans n’importe quel bureau de vote, là où on se trouve, se fraye une voie.

Cela suppose la mise en réseau des bureaux de vote (en fait, la mise en réseau des machines à voter dans les bureaux de vote). Si un électeur en déplacement vote " la ou il se trouve " , il faut que son vote soit pris en compte dans la circonscription ou il est inscrit. La National science foundation americaine qualifie ce systeme de " select location Internet voting " .

C’est ce qu’envisage le gouvernement allemand : mettre tous les bureaux de vote du pays en réseau " d’ici à 2006 au plus tard " ...

Il y a deux manières de concevoir la mise en réseau des bureaux de vote...

• Comme une modernisation du dispositif " bureau de vote " . Le bureau de vote est l’héritier de l’assemblée où l’on délibérait avant de voter a main levée (tous ensemble). La Révolution française a inventé la circonscription (le canton) et institué le vote secret (par bulletins écrits). C’est en 1848, avec l’instauration du suffrage universel que fut codifiée dans le détail la technologie électorale : listes électorales, bulletins, urnes, procès-verbaux.... Le dispositif du bureau de vote cristallise la notion de communauté (on se rassemble pour voter) . Il garantit que le vote est reellement personnel.

La mise en reseau des bureaux de vote introduit de la souplesse en rendant possible, pour les personnes en deplacement, le vote dans un lieu public (mairie, consulat) proche de l’endroit ou on se trouve...

• Comme une étape vers le vote à distance par Internet. C’est l’orientation du programme allemand.

En tout état de cause, le " select location Internet voting " se heurte aux mêmes incertitudes techniques que le vote a distance (" remote internet voting ").

Voir aussi

Mise en réseau des bureaux de vote en Allemagne

Dossier en ligne sur le vote électronique

EU Student Vote : e-democratie douteuse...

Du 9 mai au 23 mai, tous les étudiants de l’Union Européenne etaient invités à voter en ligne pour élire un nouveau " conseil étudiant européen " .

Chaque étudiant (ou chaque internaute déclaré tel) pouvait s’inscrire sur le site eu-studentvote.org pour voter. Cinq listes etaient en lice : Eurofederalist, Liberal Students, Communicating Europe, Students for Europe et Europa Rediviva. Les programmes des cinq listes etaient dans l’ensemble assez creux...

Le 23 mai, a la cloture du vote, seuls 82 689 étudiants avaient pris au vote 0,007% des 12 millions d’etudiants.

A quoi pourra bien servir ce conseil étudiant européen ? Il existe déjà des structures, conseils et autres organismes qui les représentent au niveau européen.

Quel est le sens de ce type d’opérations ? EU Student Vote n’a peut-être pas d’autre objet que d’expérimenter le système de vote électronique. Et d’ajouter une référence supplémentaire a Election.com qui cherche à promouvoir le vote à distance en Europe....

Voir aussi

http://www.eu-studentvote.org


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