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dimanche 2 juin 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le Wifi (prononcer ouifi) pourrait bouleverser la donne de l’internet haut débit. La voie semblait toute tracée : le haut débit et toutes ses applications de vidéo, de musique ou de jeux en ligne passeraient par le câble de la télévision, la ligne téléphonique (ADSL) ou les téléphones mobiles (UMTS). Mais une petite bande de bidouilleurs réunis en France autour du site wireless. fr joue les trouble-fêtes, preuve à l’appui et pour trois euros, six sous. Pour les techniciens, le Wifi (pour "wireless fidelity", fidélité sans fil) est une norme austère, baptisée 802.11b. Mais en pratique, c’est un réseau informatique à très haut débit qui peut couvrir un immeuble, un quartier, une gare, un aéroport ou un campus universitaire. "Kill your phone line" (tuez votre ligne téléphonique), proclame le slogan des pionniers américains. Et de fait, le Wifi permet de surfer sur le net, sans fil à la patte, en insérant dans son ordinateur portable ou son assistant personnel une carte munie d’un émetteur-récepteur. L’objet est à peine plus volumineux qu’une carte bancaire et d’un coût modique (60 à 100 euros). La seule contrainte est d’être à portée d’émetteur. Le Wifi a déjà séduit 500 adeptes autour du site fédérateur wireless.fr. Le mouvement n’en conserve pas moins l’allure des radios libres clandestines du début des années 80. Recourant à une fréquence utilisée par la défense nationale, il est à la limite de la légalité dans l’hexagone. Le Wifi semble tout indiqué dans les pays en voie de développement ou pour désenclaver les zones rurales qui ne devraient bénéficier ni des réseaux câblés ni de l’ADSL. De nombreuses questions restent cependant ouvertes. On évoque la vulnérabilité de ces réseaux sans fil aux intrusions, les risques de brouillage ou la réaction des opérateurs télécom qui ont acquis à prix d’or des licences UMTS et se verraient aujourd’hui concurrencés par une technique, certes peu mobile mais autrement moins onéreuse. Une petite révolution se prépare Connu également sous sa nomenclature standard 802.11b, le Wi-Fi (Wireless Fidelity) est un standard de communication hertzienne à 2,4Ghz, qui permet d’échanger à 11Mbps sur 200 mètres (nettement moins avec des obstacles) entre une antenne émettrice et un terminal (Micro, PDA) équipé d’une antenne réceptrice. L’antenne émettrice est branchée en amont sur une liaison Internet d’un débit suffisant, et permet ainsi à tous les terminaux d’accéder au Web. Normalement, ne peuvent communiquer avec l’antenne émettrice, que les terminaux ayant déclaré un identifiant commun. Très utile dans les bureaux ou de plus en plus chez soi, l’antenne émettrice pourra aussi bénéficier à tout terminal récepteur, lorsqu’il se trouvera dans la cellule de couverture pour autant qu’il dispose de l’identifiant. Communautés Wi-Fi Des communautés "free" se sont emparées de cette technologie. Il leur a suffit alors de déclarer que chaque membre de la communauté allait installer des antennes avec l’identifiant "ANY" pour que n’importe quel utilisateur jouisse avec son portable d’un accès "gratuit" à Internet. Ces communautés se sont multipliées : www.personaltelco.net/index.cgi/WirelessCommunities HotSpots Mais d’autres ont pris la main. Ce qu’on appelle les Hot Spots sont apparus un peu partout : • campus universitaires http://www.columbia.edu/acis/networks/wireless/ ; http://www.wireless.utoronto.ca/ • aéroports (http://www.sita.int/industries/airport/infrastructure/airportconnectwireless.asp ) • librairies • La chaîne de café Starbuck a lancé à Seattle avec Microsoft et MobilStar, un service d’accès www.starbucks.com/aboutus/pressdesc.asp ?id=154&cookie_test=1 Mais MobilStar a fait faillite et le contrat devrait être renégocié après le rachat de MobilStar par VoiceStream (http://www.synchrologic.com/2001/12/05/eng-cahners/eng-cahners_114543_565220793862913505.html ). On peut donc imaginer que les HotSpots vont être à terme suffisamment nombreux pour qu’un utilisateur nomade trouve toujours un endroit d’où il pourra se connecter. Des sites internet donnent sur les villes les endroits où Wi-Fi est accessible www.launchchicago.com/hotspots/default.shtml WI-Fi versus UMTS On voit naturellement le danger pour l’UMTS. La cible de clientèle visée est la même et l’usage multimédia qu’on imagine normalement dans le cas de l’UMTS devrait nécessiter dans la plupart des cas, de s’arrêter physiquement quelque-part. Les licences UMTS qui étaient déjà mal en point se voient encore attaquées par une technologie nouvelle et dont l’avènement n’avait été prévu par quiconque. Comme l’affirme le Gartner Goup, Wi-Fi pourrait bien être à plus d’un titre la "Killer application" http://www4.gartner.com/DisplayDocument ?doc_cd=97856 ). J’ai étudié récemment ce qui se passe dans les Etats du Washinton et de l’Oregon. Ces deux Etats sont très intéressants, que ce soit pour leur politique publique dans le secteur des télécoms ou par des initiatives diverses et variées telles que celle qui concerne le Wi-Fi dont on a beaucoup parlé à Seattle (http://www.seattleweekly.com/features/0129/tech-fleishman.shtml ). Bluetooth C’est parce que Bluetooth utilise la même fréquence que celle-ci a été ouverte en France pour une puissance limitée. Celle-ci permet normalement de couvrir seulement une dizaine de mètres environ et le nombre de canaux est limité. Ce faisant, les industriels qui avaient développé leur système Wi-Fi sur la même bande de fréquence se sont engouffrés dans la brèche pour commercialiser leurs systèmes. A vrai dire, ils ne préoccupent pas réellement de savoir si leurs systèmes respectent la limitation de puissance. Un équipement complet avec routeur intégré (pour partager une connexion ADSL à plusieurs terminaux) peut être acheté 700 euros (carte PC comprise, la carte seule étant à 200euros ). Sur le routeur, il est marqué "Tested to comply with FCC standards". Autrement dit, ils ne sont pas adaptés à la réglementation française. L’ART consulte L’ART a décidé de faire une consultation publique sur le sujet http://www.art-telecom.fr/publications/index-rlan.htm Mais tout va très vite. De nouvelles normes apparaissent comme c’est le cas avec le 802.11a à 5Ghz avec un débit de 54Mbps. Les équipements se multiplient et les problèmes rencontrés (Qualité de service, sécurité,) trouvent peu à peu des réponses (ex : http://www.drizzle.com/ aboba/IEEE/ ). On peut s’interroger d’ailleurs sur la légitimité d’un consultation sur un type de modulation de fréquence qui est justement prévu pour être non réglementé. Peu importe, il n’est pas du tout certain qu’il soit simple pour le régulateur de résister à une généralisation mondiale de ce type de système. Domaine privé De la même manière, ces services ne doivent être accessibles qu’à l’intérieur d’un domaine privé. On pourrait épiloguer sur les interprétations possibles de cet attribut. Mais là encore, comment peut-on imaginer que l’on va résister à ce qui se généralise ailleurs ? Il reste qu’effectivement, de nombreux problèmes se posent. Si la modulation de fréquence utilisée n’est pas réglementée, c’est parce que justement, on ne sait pas gérer de qualité de service. La qualité se dégrade très vite en fonction des obstacles (cloisons) Quel modéle économique ? Enfin, si on voit l’intérêt de tout cela pour des communautés ou des points publics ou semi-publics, on ne sait pas encore construire un modèle économique viable de tout cela. On compte qu’il faut environ 100 millions d’euros pour lancer une réelle activité nationale. Ce n’est peut-être pas très cher si on compare cela avec des budgets de réseaux d’opérateurs. C’en est même ridicule par rapport à l’investissement nécessaire à un réseau UMTS qui vaut 5 milliards d’euros . Pourtant, on ne sait pas très bien rentabiliser ces 100 millions d’euros. Alors que faire ? Les opérateurs ne pourront pas rester absents de ce nouveau champ d’activité et se trouvent d’ores et déjà confrontés à la nécessité de trouver au niveau technologique et économique, la manière la plus intelligente de regrouper tout cela. Telia s’y essaie en Suède avec une filiale spécialisée Homerun (http://www.homerun.telia.com/ ). WIFI et collectivités locales Pour les collectivités, cela pourrait constituer une nouvelle ouverture. La aussi les initiatives se multiplient. En Caroline du Nord, le gouverneur a été jusqu’à lancer le "Governor‚s Rural Internet Access Authority" http://www.ncruralcenter.org/internet/ Un projet intéressant est également mené dans le Maine : http://www.oreillynet.com/pub/a/wireless/2001/10/12/maine.html J’ai eu l’occasion de voir ce que voulait faire une petite ville de Catalogne (env 3000 hab). Elle est reliée en mode Hertzien à une ville plus grande qui est à un dizaine de kilomètres. Une fibre d’un kilomètre est ensuite installée dans la ville et il est prévu d’installer de petites antennes Wi-Fi le long de cette fibre. La ville de Kista en banlieue de Stockholm est associée avec l’Université dans un projet de ce type (www.flyinglinux.net/lanman2001/lanman2001_01_escuderoa_digest.pdf ). Selon une compagnie électrique régionale ,la Nouvelle Zelande semble également très en pointe sur ce même sujet (http://www.wi-fi.net.nz/rural_wi-fi.htm ). Ne nous y trompons pas, le Wi-Fi n’est certainement pas la nouvelle réponse miracle au raccordement au Haut Débit. Mais ce qui se passe porte en germe au niveau technologique ou à celui du modèle économique, quelque chose de délibérément nouveau. HR
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