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Que sait on sur les comportements politiques des internautes ?
Première publication : 2 juin 2002, mise en ligne: dimanche 2 juin 2002

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La fièvre de la nouvelle économie avait donné lieu à une frénésie de sondages. Pendant trois ans, les instituts ont sondé les Internautes, les sommant de se prononcer sur le commerce électronique, la nouvelle économie, la banque en ligne, la cybercriminalité ou encore le livre numérique. Ont-ils déjà acheté quelque chose sur Internet ? Envisagent-ils de le faire
 ? Quand ? Ont ils acheté des valeurs technologiques ? Croient ils à la " nouvelle économie " ? Souhaitent ils que leurs enfants travaillent dans une start up ?

Pendant toute cette période, les instituts de sondages et leurs clients se sont assez peu intéressés à leurs préférences et comportements politiques.
Mai 2000, la Sofres rendait publics dans le Figaro les résultats d’une enquête pompeusement baptisée " baromètre politique des internautes... Cette enquête portait sur un échantillon de 595 internautes.

Un barométre bien péremptoire ...

Selon ce barométre, 15 % des internautes se classaient à l’extrême gauche (au lieu de 12% dans l’ensemble de la population) , 27 % à gauche (au lieu de 25%) ; 27 % au centre (au lieu de 33%), 23 %à droite (au lieu de 16%) et 8 % à l’extrême droite (au lieu de 4%). Ces écarts de quelques points sur une population de 595 internautes (à une époque où la technique des panels d’internautes etait balbutiante) étaient assez fragiles.

Cela n’a pas empêché la Sofres d’en tirer des conclusions assez péremptoires : " Par comparaison avec le reste des Français, les internautes sont plus à droite et 23% se situent aux extrêmes contre 16% dans l’ensemble de la population ". Sans jamais vraiment expliquer pourquoi les internautes seraient plus à droite que le reste de la population. Ni pourquoi ils seraient plus tentés par les " extrêmes ". (Ce n’est pas parce que les militants lepenistes etaient actifs dans les forums, des 1996, ce n’est pas parce qu’ d’ATTAC ou les mouvements sociaux ont été plus prompts à tirer parti d’internet dans leur communication, que les internautes sont plus " radicaux " dans leurs opinions).
Pendant deux ans, ce commentaire - pour le moins hâtif de la SOFRES - sur le comportement politique des internautes a été repris dans un tres grand nombre d’articles de presse.

A la même époque, en mars 2000, IPSOS avait publié un sondage auprès de 1000 personnes en France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Espagne (1000 personnes âgées de 18 ans et plus pour chaque pays). Cette enquête IPSOS proposait aux personnes internautes et non-internautes de se classer sur une échelle droite-gauche. IPSOS n’avait pas publié les résultats détaillés sur la France. Il ressortait de cette enquête portant sur 5000 européens, qu’il il n’y avait pratiquement pas de différence entre internautes et non-internautes

Le 21 avril, les internautes ont penché à gauche ...

Grâce au " sondage sortie des urnes " , réalisé le 21 avril par l’institut CSA, on en sait un peu plus sur le comportement politique des internautes.
Le comportement électoral des internautes (29% des électeurs, selon le même sondage) est légèrement différent de celui de l’ensemble des personnes interrogées.

Avec des écarts de quelques points. Ainsi, Lionel Jospin et Noël Mamère obtiennent de meilleurs résultats auprès des internautes (18%) qu’auprès de non-internautes (15%). C’est l’inverse pour Jacques Chirac.

Contrairement à ce que suggérait le Baromètre politique des internautes de la SOFRES de mai 2000, les internautes ont voté légèrement plus à gauche que l’ensemble de la population. Ils n’ont pas spécialement voté pour l’extrême gauche. Encore moins pour l’extrême droite. Jean-Marie Le Pen n’obtient que 14% chez les internautes (contre 18%).
Pour l’essentiel, ces écarts sont imputables aux déterminants socio-demographiques (age, niveau de diplôme) dont on sait combien ils étroitement corrélés avec la pratique de l’internet.

http://www.temps-reels.net/dos_afdos.php ?dos=10&sd=251

D’autres enquêtes, réalisées pendant la campagne, permettent de mieux saisir les attitudes politiques des internautes.

L’enquête Science et Vie Micro (SVM) réalisée par Toteam auprès de 1000 internautes http://www.temps-reels.net/dos_afdos.php ?dos=10&sd=295

L’enquête de l’institut CSA-TMO pour le compte du groupe Serveur.
http://www.internet2002-2007.org/Sondage/download.asp

Les indications les plus éclairantes sur les attitudes politiques des internautes se trouvent peut-être dans les réponses au " blind test " du portail politique presidentielles.net. Présidentielles.net a mis au point un comparateur de programmes, le Presibot, dont il a décliné un " blind test " très stimulant.
(Rendons hommage, au passage, au travail remarquable réalisé tout au long de la campagne par l’équipe de presidentielles.net, Presibot y compris). Sur 8 grands thèmes de campagne, chacun pouvait choisir parmi 7 propositions, tirées des programmes des candidats, celle dont il se sentait le plus proche, sans savoir de qui elle émanait. Selon les concepteurs du Presibot, Noël Mamère (à travers les propositions issues de son programme et retenues par les internautes sans savoir qu’elles provenaient de son programme) arrivait en tête avec 24.31 % des voix, devançant Jacques Chirac, (20.90 %),
Robert Hue (14.51 %) et Lionel Jospin (11.08 %). On peut discuter la pertinence des rapprochements que le Presibot opère entre propositions et proximité des internautes avec l’un ou l’autre des candidats.
Il est intéressant d’observer, thème par thème, quelles sont les propositions qui ont attiré les suffrages des 22 000 internautes qui ont eu la patience de remplir l’ensemble du questionnaire.


Barometre politique des internautes :
Enquete europeenne IPSOS :


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