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Autour des restructurations en général et chez Danone, en particulier - avril 2001 (2)
Première publication : 15 juillet 2001, mise en ligne: dimanche 15 juillet 2001

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Autour des restructurations en général et chez Danone, en particulier - avril 2001 (2)

NUANCES....

Il est clair que le projet Danone n’a rien de comparable avec celui de Marks&Spencer (qui n’est plus un projet d’ailleurs, mais une déroute). Je vous transmets, afin que chacun soit bien informé, le texte intégral du projet Danone, où l’on peut constater que, dans une logique industrielle et capitalistique, le groupe Danone prend quand même toutes les précautions d’accompagnement social et de ré-industrialisation des zones fermées (2 en France).

Toutefois, il convient d’apporter des nuances à ce que je viens de lire :

1. La logique boursière tend à ne plus considérer le profit, mais la progression du profit. C’est le taux du taux. Un profit stable n’est plus admissible par les marchés financiers qui exigent des profits en augmentation constante : la spéculation ne fonctionne que sur cette marge de progression et non sur le profit en lui-même. Annoncer que le profit, même s’il demeure important ne progresse plus "que de x %" constitue un "warning profit". C’est économiquement stupide et dangereux puisqu’une entreprise disposant d’une bonne rentabilité mais d’une rentabilité stable est mise en danger par les marchés financiers. C’est ce qui se constate actuellement sur les marchés financiers américains où, pour la première fois, ce sont les marchés spéculatifs et non les chiffres de l’économie réelle qui sont en passe de provoquer une récession.

2. Danone, comme Nestlé, ont asphyxié l’industrie agro-alimentaire, notamment française, en rachetant toutes les petites entreprises existantes (exemple LU). Il y a pourtant une véritable viabilité d’industries de ce type à vocation nationale ou régionale dans le domaine agro-alimentaire, notamment en relation avec l’ensemble de la filière (production céréalière, production laitière, etc). Ces groupes pratiquent la politique du monopole et de la terre brulée. Il serait en effet possible de sauver les implantations industrielles de LU à Calais ou à Evry en les revendant à d’autres groupes ou en leur donnant les moyens de leur indépendance, mais Danone se refuse à favoriser l’émergence d’un concurrent de faible importance. Hors de moi, point de biscuits ! Pourtant, la grande distribution, toujours en recherche de sous-traitant pour produire ce que l’on appelle les marques de distributeurs, fait vivre bon nombre d’industries petites ou moyennes qui auraient disparu sans ce type de distribution.

3. Danone propose un plan de ré-industrialisation des sites fermés à la condition que cette ré-industrialisation ne s’effectue pas dans son domaine d’activité. Faites des clous, des aspirateurs mais pas des biscuits. C’est une entrave majeure et une prise d’otage des collectivités locales et des populations. Aussi, dans un modèle nouveau et s’inspirant des concepts actuels d’économie solidaire, ne peut-on envisager de contraindre Danone à laisser son appareil de production en place et à favoriser la création d’une entreprise de biscuits à forte valeur ajoutée (exemple : produits bio.)

Cela ne remet pas en question la justification économique et financière du plan Danone mais place l’entreprise devant ses contradictions : si vous ne savez plus faire de biscuits dans les conditions locales, laissez la place à d’autres sans détruire l’appareil de production.

4. La réaction de JP Huchon est démagogique : la France a besoin de ce centre de recherche qui a vocation a attirer les talents en matière de recherche biologique. Couper les crédits d’aménagement est irresponsable quand on sait la concurrence terrible et le pouvoir d’attraction des centres de recherche américains sur les chercheurs européens. JDR

IL VA FALLOIR BOYCOTTER BEAUCOUP DE MONDE, ET FINIR PAR SE NOURRIR DE BAIES ET DE RACINES

Judicieuse remarque...

Et qu’on peut généraliser, car s’il y a deux grands producteurs de yaourts, il y a plus de deux grands groupes d’agroalimentaire, qui sont tous contraints par des contraintes de rentabilité.

La question est alors plus dans les modes de gestion pour y parvenir, que de trouver un bouc émissaire unique et occasionnel, dont les ennuis font le bonheur de ses concurrents, (alors que leurs pratiques sociales ne sont pas forcément globalement plus favorables aux salariés) mais sans qu’ils embauchent aussitôt à proportion des projets arrêtés chez celui qui est sous les feux de la rampe, si bien qu’au total, l’emploi y perd...(ou alors, il va falloir boycotter beaucoup de monde, et finir par se nourrir de baies et de racines, ce qui posera un pb sérieux, surtout en milieu urbain ;-).

De la même façon, je crois raisonnable l’opinion du Secsec sur la nécessité de bien choisir ses outils, si on veut résoudre un pb, réel : supprimer un projet de centre de développement porteur d’avenir et d’emplois stables, parce qu’ailleurs existe un pb de rentabilité relative plus faible, c’est obérer l’avenir, sans résoudre pour autant le pb initial. Cela induit une spirale de défiance entre collectivités publiques et entreprises dont la résultante est négative pour tous.

Sur les outils qui permettent d’agir dans la durée sur les modes de management, il en existe, dont la croissance est rapide (voir par exemple là : http://www.admi.net/obs/orse.html), et qui peuvent éviter dans une certaine mesure des blocages. En particulier le blocage de type "tout ou rien", lié au boycott, et dont chacun sait le caractère à
double tranchant.

Ce qui précède ne prétend pas, malheureusement, apporter des solutions à une question dont je ne suis pas en charge. Mais seulement à tenter de baliser des fausses pistes. TGV

ET BIEN, MA PETITE CONTRIBUTION EN DECLENCHE DES CHOSES.

Reste que je maintiens et persiste : à Calais des couples de près de 50 ans vont se trouver flingués et n’ont pas une seule chance de retrouver un emploi, donc perdront tranquilité et dignité et sentiment de servir. Vu certaines réactions dites socialistes, ce misérable aspect humain laisse indifférent. C’est tout ce que je voulais dire : faites gaffe, il va y avoir des morts : il n’y a pas de bonne logique de compétitivité industrielle sans morts. Je voulais attirer l’attention sur ces morts et notre devoir humain et socialiste de ne pas abandonner, éperdus d’admiration que certains sont devant un plan qui fait partie des plans intelligents après une analyse honnete de la situation (quoique que la seule logique qui se dégage des dégraissages de certaines usines nationales (IE par ex.) ne répond qu’au soucis de plus de profit et est reconnu comme sans conséquence dans une compétition internationale....

Alors, un peu de rigueur dans la considération des épreuves que son prochain à Calais ou en Italie (et qui n’a certainement pas fait nos études et qui n’a sans doute pas accès à Internet) va vivre seul et sans apparemment même la perpective de notre socialiste commisération me semblait résider dans la tirage boycott d’un signal d’laarme auprès du créateur de ce plan : fais attention et accompagne jusqu’au bout ta stratégie, et nous sommes sérieux en te le disant, manière de s’assurer que le message serait reçu.PM

ET JE POURRAIS ENFIN REVENIR A MA DANETTE....

JF fait une mise au point à laquelle je ne peux que souscrire.

N’ai-je pas d’ailleurs à mon corps défendant compris à la réaction de Joelle suite à mon intervention sur Danone (loin du débat techno) que je pouvais passer pour réac moi qui ne souscrivait pas béatement au plan "compétitif" de Danone et appellait au boycott (temporaire) de ses produits le temps que Danone améliore son plan social de façon qu’il n’y ait aucun employé laissé sur le carreau.

Les élèments communiqués sur la liste de diffusion, en particulier le détail du plan présenté au CCE Danone, prouve qu’il faut être exigeant, 2 pays (Irlande et GB) étant clairement indiqués comme n’étant pas concernés par la compétitivité internationale (lire Nestlé), mais centré sur leurs marchés nationaux et sans concurrence : bilan plusieurs centaines d’emplois supprimés ; enfin les laissés pour compte du plan social à Caélais par exemple doivent pouvoir bébéficier de toutes les garanties d’accompagnements social François Hollande (et Madelin) en convient qui le constate et souhaite que le plan social soit à la hauteur, et cela demande encore un effort et des garanties qui vont au delà dixit le plan social des efforts demandés aux collectivités locales, donc à la collectivité, donc à nous tous. Ce qui est pour le moment assez facile...

Il faut donc amplifier notre réprobation pour exiger que Danone donne toutes les garanties de travailler sérieusement au reclassement. Il y en assez que les personnels soient l’immédiate variable d’ajustement, et la plus légèrement traitée d’un plan qui pour ce que j’en ai vu, aurait pû par ailleurs être signé...

Il est à penser qu’à condition de rester vigilant, cet aspect, essentiel aux yeux de gens de gauche, sera, dans les semaines qui viennent, traité avec le soin qui manquait dans le plan d’origine et je pourrais enfin revenir à ma danette.

Nous étions loin là des technos. PM

TOUT EST TECHNO.

Il fut un temps, à gauche, on disait : "tout est politique" et c’est ainsi qu’on montait Molière dans les MJC pour emmerder le bourgeois dans des mises en scène centrées sur la critique sociale.

Aujourd’hui, nous pourrions dire, tout est techno. Quand Danone fait son plan, la constatation faite est celle-ci : il nous faut des centres de production de 50000 tonnes. Les centres de Calais et d’Evry ne peuvent pas y parvenir, enclavés dans une zone urbaine. Il nous faut une plus grande automatisation, c’est-à-dire qu’à emploi équivalent dans une usine, je veux produire deux fois plus, avec plus d’ordinateurs et de commande numérique.

Lorsque nous promouvons ici le développement des technologies de l’information pour tous, nous faisons le même constat : hors du gain de productivité, point de salut. Les stakhanovistes soviétiques ne disaient pas autre chose. Le gain de productivité, l’allègement de la quantité de travail qui s’ensuit, la production de richesses nouvelles qui s’en dégage, tout cela est fortement lié aux technologies de l’information qui réduisent considérablement les circuits de management et de décision (flux tendu, gestion commerciale du zéro stock, réactivité et saisonnalité).

Bref, parler des yaourths et de la façon de les produire, de l’impact social de cette modernisation, est une composante de la problématique centrale qui nous occuppe. Il serait dommage de ne voir dans le cas Danone qu’un problème social, car c’est justement comme cela qu’on va dans le mur des licenciements. Si nous l’analysons d’un point de vue économique et qu’à ce problème économique, nous tentons d’apporter une réponse économique (y compris par une réflexion sur la répartition des gains de productivité), nous sommes contraints de constater que la révolution des technologies de l’information impacte fortement les stratégies industrielles dans un sens qui ne peut pas nous convenir à court terme. JD

ET LE COUPLE DE CALAIS QUI VA SE RETROUVER AU TAPIS

D’accord, mais il n’empêche, le couple de Calais qui va se retrouver au tapis, parce qu’il faut 50000 tonnes et que le site enclavé ne le permet pas doit faire l’objet de tous nos soins, pourquoi ? Parce que...

Parce que il n’a pas nos brillantes formations rationnelles, parce qu’il est non qualifié, parce que Danone doit consacrer une part de ses bénéfices à son reclassement (sans demander tout de suite la manne des collectivités locales), parce que c’est notre responsabilité.

Parce que demain ce sera ton tour, sans plus d’état d’âme et avec les mêmes excellentes raisons...
et que pour l’Irlande et UK, la logique de compétitivité mondialiste est absente du plan...
Sinon, nous permettrons tout, toujours, alors que la même logique de compétitivité, surtout dans les conditions actuelles, permet à la variable d’ajustement "naturelle et permanente" si l’on veut simplement y prêter le soin necessaire d’être prise en compte.

Notre monde mondialisé ne doit pas être après moi le déluge ! PM

D’UN POINT DE VUE ECONOMIQUE, LA BONNE QUESTION A SE POSER ...

D’un point de vue économique, la bonne question à se poser, en termes de développement durable, c’est l’écart entre

- la rentabilité du capital qui est "raisonnablement" exigible sur très longue période, compte tenu des gains de productivité, du progrès technique, de la démographie, des ressources naturelles,

- et celle, de plusieurs points plus élevée, qui est instantanément exigée par les marchés financiers, calés sur l’alignement avec les meilleurs, avec une instabilité beaucoup plus grande qu’il y a quelques années, instabilité qu’accroissent la transparence et la fluidité permise par les TIC.

J Peyrelevade avait commis sur le sujet un papier intéressant, il y a 3 ans, vite enfoui sous les effets de la bulle. On va peut être en redécouvrir les vertus, celle-ci dégonflée, encore qu’il parte avec un lourd handicap : n’être pas écrit en anglais par un prof de finances à Harvard. Mais sur la longue période, les petits calculs exacts ont une grande vertu : ils restent exacts.
L’ennui, en l’espèce, c’est que la période peut être assez longue avant qu’on s’en aperçoive. TGV

CE LANGAGE N’EST-IL PAS LE SEUL QUE LE MARCHE, LES ACTIONNAIRES, LES ANALYSTES FINANCIERS PRENNENT VRAIMENT EN COMPTE ?

D’un côté le boycott, en diminuant les ventes de Danone, risque de pénaliser les salariés de l’entreprise, et particulièrement ses ouvriers. Les ventes vont se reporter vers d’autres groupes, pas vraiment plus exemplaires d’un point de vue social. Alors que Danone prend l’engagement de reclasser 95% des salariés concernés.

Par ailleurs, nous sommes dans l’économie de marché et l’assumons, puisque les économies planifiées ou administrées ont démontré leur inefficacité et leurs injustices sociales. Les entreprises se modernisent sans cesse et diminuent leurs coûts, au bénéfice du consommateur final, c’est à dire nous, mais aussi des actionnaires. Et nous sommes dans une économie intégrée à celle du monde qui ne peut se permettre d’interdire les plans sociaux par exemple, sous peine que les investissement se reportent vers d’autres régions. Un salarié sur trois en France travaille pour l’international.

D’un autre côté, nous sommes évidemment pour des régulations à cette économie de marché : normes sociales, environnementales, sanitaires etc Le boycott est une régulation citoyenne qui me semble loin d’être inutile. Je ne m’en réjouis pas mais le capital-marque dans lequel Danone a investi des dizaines de milliards de francs (publicité, marketing, relations publiques...) en a pris un sacré coup qui, si on le quantifiait, pourrait s’élèver à plusieurs centaines de millions de francs au moins.

Or, ce langage en monnaie sonnante et trébuchante n’est-il pas le SEUL que le marché, les actionnaires, les analystes financiers prennent vraiment en compte ?

Danone n’aurait-il pas agi autrement s’il avait anticipé la réaction de l’opinion publique ? On peut espérer que le prochain groupe qui aura à faire un plan social fera d’autres arbitrages, en prenant en compte aussi le risque financier du boycott, et du coup en soignant totalement les aspects de reconversion des salariés (formations qualifiantes pour faciliter le retour au travail), ou en choisissant par exemple plus de progressivité dans les mesures (attente de départs en retraite au lieu de fermetures brutales par exemple).

Heureusement, l’affaire Danone intervient dans un contexte où la situation de l’emploi évolue positivement en France. Mais qu’en aurait-il été dans un contexte économique plus difficile ? Aurait-on dû prier pour que les ajustements individuels des entreprises fassent que, au total, on arrive miraculeusement au plein emploi ?

Voilà pourquoi je suis personnellement pour un boycott des produits Danone (ou celui de l’action pour ceux qui en possèdent) en signe d’avertissement qui doit faire bouger actionnaires et managers des entreprises, mais à condition qu’il soit temporaire.

NB la manière d’agir de Marks et Spencer est nettement plus brutale et choquante que celle de Danone, et d’ailleurs illégale. Marc L.

UNE REGULATION MARCHE SI ELLE S’APPLIQUE DE FAÇON UNIFORME AUX ENTREPRISES...

Une régulation marche si elle s’applique de façon uniforme aux entreprises, pas au coup par coup, et seulement à chaud. Uniforme selon plusieurs critères :

- dans l’espace (sinon, en effet les investissements vont ailleurs, or ceci est vital pour notre pays : les flux mondiaux d’investissement entre pays croissent à toute allure, et sont très significatifs par rapport aux flux d’investissements interne au sein d’un même pays.

Mondialement ils sont passés de 680 mds$ en 98 à 827 en 99 ; et autour de 1100Mds en 2000 ; la France est là dedans le 3è exportateur mondial d’investissements (et c’est nécessaire à la croissance de ses entreprises, comme à l’emploi EN FRANCE, car cela accroît les débouchés en France) et le 6è (seulement) importateur d’investissements.

L’exemple Danone & M&S, largement médiatisé en dehors de France par des pays concurrents pour dissuader d’investir en France, tend à réduire ces flux...
- dans le temps : il faut des règles stables, qui conduisent à des progrès mesurables (donc des obligations de rapports sociaux annuels, par exemple)
- et quels que soient les métiers ainsi qu’au sein d’un même métier
(sinon, on induit des phénomènes aberrants, comme par exemple, si une entreprise licencie dans un pays peu regardant sur les normes sociales, il ne se passe rien, et si sa concurrence licencie dans un autre, au besoin en ayant pris plus de mesures d’accompagnement que la première, elle subit des inconvénients majeurs, si bien qu’in fine, c’est celle qui aurait eu le pire comportement, mais silencieusement, qui bénéficie des ennuis de l’autre, et du point de vue des salariés des deux pays pris dans leur ensemble, il y a une injustice flagrante...)

Ce qui peut appeler :
- soit à de la régulation internationale (complexe...mais pas totalement impossible)
- soit à de la régulation en effet par "ce langage en monnaie sonnante et trébuchante n’est-il pas le seul que le marché, les actionnaires, les analystes financiers prennent vraiment en compte ?"

A cet égard, les fonds éthiques présentent des caractéristiques intéressantes, car ils peuvent répondre aux principales exigences ci-dessus, dès lors que leur masse dans l’épargne globale devient significative (et elle croît rapidement). C’est vrai en matière de régulation sociale, mais aussi environnementale.

En termes d’économiste, cela revient à internaliser des coûts externes, plutôt que de les faire peser de façon variable sur diverses collectivités... TGV

IL NE FAUT PAS S’ETONNER

Je suis tout a fait de l’opinion de Marc et il ne faut que la politique oublie pas les problèmes des salariés ou autres qui sont atteints par ces actions de licenciement sinon il ne faut pas s’etonner que une fraction de plus en plus importante s’en éloigne !

Par ailleurs, on voit que le premier parti de droite maintenant est le medef.
Jean Marie B.

OU EST LE SYNDICAT DU 21IEME SIECLE ?

Il me semble, mais je n’ai pas tout lu de cette discussion que peu de choses dans ce débat concerne l’attitude syndicale,

Or, nous sommes très nombreux à savoir d’une façon quasiment évidente que nous sommes passés d’un mode production à évolution relativement lente à la chaîne des valeur qui bouscule en permanence le processus de production dans une société de plus en plus en réseau utilisant à jet continu les TIC Dans ce contexte nous sommes nombreux également à avoir tiré la sonnette d’alarme sur le besoin impératif de requalification et formation permanente repensée dans les comités d’entreprises sans résultats réels J’avais fait dans cette optique pour envoyé spécial un un reportage sur vilvorde où j’avais montré que les syndicats qui avaient eu 8 ans pour négocier les reconversions étaient restés étrangement muets et statiques J’ai personnellement eu des discussions sur ce thème avec des permanents de la CGT qui me disaient que le syndicalisme n’était pas encore prêt pour ce type d’analyse prospective En conséquence les syndicats n’ont pas beaucoup investi par anticipation ce qui aurait du être leur fonction, Il en va d’ailleurs de même dans la fonction publique.

Comment peut on aujourd’hui exiger que le capitalisme se substitue à un rapport de force social qui n’arrive pas à s’exprimer et à s’installer Nous dépensons par an 170milliard pour la formation permanente et professionnelle. Il serait temps de savoir ce que nous en faisons

Bien entendu je ne dis pas que danone à raison ou tort, je dis simplement que
la solution d’extrême facilité et à mon sens suicidaire est celle qui consiste à dire " je ne veux pas que ça bouge, je suis depuis 30 ans dans cette entreprise et je veux y rester jusqu’à ma retraite au même poste"

Où est le syndicat du 21ième siècle ? AR

NOUS AURONS LA MAJORITE UNIQUEMENT SI CES GENS NOUS SOUTIENNENT.

Meme si j’adhere au raisonnement intellectuel lie au contexte evident d’economie de marche, est ce que quelqu’un essaie de se mettre a la place de l’homme ou de la femme, sans grande qualification, qui travaille depuis plus de vingt ans dans une usine, qui reçoit un cheque de participation aux benefices comme jamais il n’a eu et qui recoit en meme temps l’information que son usine va fermer parce que le taux de profit est inferieur a 2 chiffres.
Tout cela dans un contexte politique ou la gauche est au pouvoir.
Et il faut lui faire comprendre que la gauche defend ses interets.

Je viens d’etre battu aux municipales parce que (entre autres) la liste du mouvement des travailleurs a fait 12% au premier tour et 8% au deuxieme.

Et je comprends que certains (les plus demunis, et financierement et intellectuellement) se refugient dans ce vote. Les discussions du cafe du commerce sont edifiantes, nous devons nous souvenir que nous aurons la majorite uniquement si ces gens nous soutiennent.

Ce n’est pas d’une haute volee intellectuelle, mais d’un pragmatisme evident. Claude R.

CHATEAU DE SABLE CONTRE LA MAREE MONTANTE...

Evidemment, expliquer à quiconque a le couteau sous la gorge que ce n’est pas grave, car il est logique qu’il en aille ainsi, cela ne suffira jamais à le convaincre du bien fondé de l’endroit où est le couteau ! Et il est clair que celui qui s’exercerait à cela aurait de bonnes chances de passer pour une brute loin des réalités et des gens, en particulier auprès de ceux qui font face à de vrais pbs.
Pour autant, je pense qu’il faut faire preuve de solidité intellectuelle, et résister à la tentation de surenchère démagogique, du style "puisque la gauche est au pouvoir, elle doit s’opposer à la mondialisation qui broie les individus". Les chiffres que j’ai donnés sur les flux d’investissements mondiaux tendent à montrer qu’il peut y avoir plusieurs approches, que je vais tâcher d’imager, pour être clair :

- l’une, du chateau de sable contre la marée montante : c’est uniquement local, vite construit, vite détruit, et cela dépense de l’énergie pour rien. Et, pendant qu’on dépense cette énergie là, le flot monte ailleurs, qui peut en noyer beaucoup (ie les investissements vont ailleurs, qd s’exerce un champ de contrainte local important, alors que les marchés et les mouvements de capitaux restent libres)

- l’autre, de construire des bateaux, qui permette de surnager qd le flot est là, et d’emmener à leur bord tous ceux, ou le plus grand nombre possible de ceux dont la barque a coulé non loin.

L’histoire est au reste fort ancienne : les Grecs, dont les émissaires affolés anonçaient la venue en grand nombre des Perses conquérants, demandèrent conseil à la Pythie de Delphes (c’était leur conseil des affaires économiques...) qui répondit que la déesse protectrice de la cité lui accordait "une forteresse de bois". Et chacun d’opiner : pour les uns, c’était la palissade qui entourait la ville, bien faible rempart pour faire face à une armée, mais qui avait le mérite d’être tangible, immédiate, rassurante. Pour les autres, c’était la flotte grecque, permettant de prendre le large et d’amener les trirèmes Perses dans des eaux qui ne leur étaient pas familières, où l’avantage du nombre de l’assaillant jouerait moins. Les derniers eurent finalement le dessus..Et s’épargnèrent de servir d’esclaves aux Perses, à Salamine.

Je suis très soucieux du sort des salariés de Lu, comme des autres. Mais c’est précisément parce que j’en suis très soucieux, que je ne crois pas à une forteresse de bois, qui serait une palissade.

Et si gagner des élections ne pouvait se faire au prix de tromper les électeurs en leur faisant miroiter des promesses dont on sait qu’elles sont irréalistes, quitte à les plonger dans le désarroi et la violence, et, globalement, à mettre le pays dans une situation moins bonne qu’aujourd’hui au regard de l’emploi en Europe, alors, il ne faudrait pas gagner ces élections-là, sur ce programme là. C’est comme cela que j’interprète une partie du discours d’hier, laissant planer le doute sur une candidature : car il ne suffit pas d’être candidat : encore faut-il que cela fasse sens, sur la longue durée, c’est à dire que le pays dans son ensemble, un mandat plus tard, aille au moins aussi bien qu’au début du mandat (sans avoir pour autant acquis cela au prix de politiques très brutales à l’égard de certains de ses voisins, donc, en ayant géré de façon pacifique au regard des enjeux internationaux, dont, rappelons-le le Pt est institutionnellement l’ultime garant que l’état y fait face de façon sage et durable pour le pays)

Mais, le débat doit-il être forcément posé en ces termes ?

Les mesures d’accompagnement, de reclassement, de formation, celles de dynamisation simultanée du tissu industriel alentour, sont-elles tout d’un coup disparues, parce qu’on est à un an d’élections majeures ? Et pourquoi traite-t-on la question en des termes aussi généraux, alors que ce qui compte, serait au contraire d’organiser des solidarités locales, de dénombrer les pbs les plus aigus (Un exemple simple : Gandois, qui était fils de métallo, disait que lors des restructurations, il fallait traiter différemment ceux qui constituaient un ménage avec deux emplois dans le site concerné, et les autres : car supprimer les deux emplois d’un coup, c’est une catastrophe pour le ménage et les enfants. Traiter en priorité au moins l’un d’eux, cela évite les pires des drames...

Cela paraît cynique, vu de loin, peut être. Mais c’est très concret, et réel : qui a parlé de sujets concrets, en l’espèce ?

Je pense utile que tous les élus qui ont à faire face à ce genre de pb ne soient pas laissés devant l’alternative d’avoir à signer au bas de toutes les pétitions de tel ou tel groupuscule, si contreproductives puissent-elles être, ou de ne plus être élus.

Cela suppose, en effet, de donner des marges de manoeuvre et d’action, localement, plutôt dans le sens des mesures de réindustrialisation et d’innovation.
TGV



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