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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > Un ministre des Technologies de l’information (Mars 2001) | |
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Première publication : 15 juillet 2001, mise en ligne: jeudi 15 mars 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF 21 mars 2001. Nous sommes au lendemain des élections muncipales. Comment le gouvernement, le PS, la gauche plurielle vont ils rebondir ? Pascal ouvre un débat sur la place que les technologies de l’information occupent dans l’agenda gouvernemental... Propose la creation d’une ministere des technologies de l’information. Et lui assigne 6 priorités. Le débat s’engage. Il durera une semaine. Jusqu’au 24 mars. D’ICI 2002, UN MINISTRE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES AURAIT 6 OBJECTIFS A ATTEINDRE La politique des nouvelles technologies est un point d’autant plus faible du gouvernement que ce qui restera en France des années 1997 à 2000 est l’essor de l’internet. L’explosion des usages avec la démocratisation de la bande passante est devant nous. Il est encore temps de mener une politique favorable aux consommateurs. Mr Jospin pourrait se souvenir de la proposition qui lui fut faite en 1997 de s’adjoindre un ministre des nouvelles technologies. Cette charge ne peut se fondre dans l’agenda d’un ministre de l’Economie premier défenseur de l’Etat actionnaire de France Telecom. D’ici 2002, un ministre des nouvelles technologies aurait 6 objectifs à atteindre : QUI, DANS L’HISTOIRE PRE-INTERNET, FUT LE MINISTERE DU PAPIER ? Sérieusement et à demi-sérieusement : DESENCHANTEMENT .... Il est assez facile de critiquer la decision du gouvernement aujourd’hui, a la lumiere de l’eclatement de la bulle UMTS Pascal reproche au Gouvernement d’avoir " laissé faire les enchères en ordre dispersé dans toute l’Europe". Ce sont les 15 gouvernements qui ont refusé que la Commission fixe des regles du jeu communes pour l’attribution des frequences. Ils ont fait valoir que la gestion du spectre hertzien faisait partie de leurs prerogatives. Un ministre des technologies de l’information ? En 1997, "l’entree de la France dans la societe de l’information" a été erigée au rang de priorité du Gouvernement. Du gouvernement dans son ensemble : d’ou la mise en place d’un dispositif interministeriel, piloté par le Premier Ministre (Comite interministriel societe de l’information, CISI) et le reseau des conseillers "societe de l’information" dans les cabinets et les grandes directions des ministeres. C’etait a l’epoque, un choix avisé. Il fallait eviter que cet enjeu economique mais aussi societal, interne (modernisation de l’adminitration) et externe, reste l’affaire d’un ministere particulier (Bercy). Quatre ans apres, la plupart des ministeres se sont appropriés cette thamatique ... On peut desormais se poser la question de savoir s’il ne serait pas utile de designer un ministre qui incarnerait cette priorité. Qui ferait valoir cette priorité dans les arbitrages interministeriels.... Dans l’avenir, en tout cas. Si on estime que certains ministeres pourraient avoir des politiques plus vigoureuses autour des technologies de l’information, il reste a demontrer qu’un ministre des technologies de l’information y changerait quelque chose. MR UN ETAT, DES RESPONSABILITES, DES MINISTERES DEJA TROP FRAGMENTES D’une manière générale, je reste persuadé que la réduction des divisions de l’Etat en parcelles de responsabilité doit être autant que possible réduite. L’inverse nous amène à favoriser la multiplication des pouvoirs et des intérêts, chacun créant son cercle de soutiens, de relations aux intérêts complexes, de lobbying tout en rejetant la dénomination . Il en va ainsi des niveaux successifs d’administration territoriales qui passent par les communes, les différentes variantes de groupement de communes, les pays, les départements, les régions et l’Etat. En créant de nouvelles structures (tel la division d’un département), nous croyons apporter des réponses qui ne font que créer de nouveaux pouvoirs et de nouvelles divisions. On peut aussi évoquer le cas des Conseillers en Technologies de l’Information et de la Communication. Ils sont bien évidemment nécessaires aujourd’hui mais il faut tout autant considérer qu’ils témoignent du fait que les préoccupation qui sont les leurs, n’ont pas imprégnés les administrations. Si une organisation qui se veut efficace entend considérer comme stratégique une orientation, alors c’est chaque structure interne qui doit s’en imprégner. Nommer une personne pour porter une telle orientation, c’est une première étape certes indispensable et très positive, mais nécessairement provisoire. MINISTRE DES TIC ? JE N’AIMERAIS PAS EN ETRE LE TITULAIRE. Je voudrais apporter de l’eau au moulin du camarade Philippe. Réduire les TIC à une compétence ministérielle ce serait à coup sûr les couper de leur mission qui est d’être au service de tous. Cela étant les TIC soulèvent de nombreux problèmes concrets difficiles. D’abord leur nature technique qui les met sous influence des courants techniques dominants, c’est-à-dire américains. A cet égard le choix de nombreuses administrations de privilégier les systèmes d’exploitation Linux va dans le bon sens. Mais ce choix revêt un caractère souvent incantatoire : "c’est Linux parce qu’on ne veut plus de Microsoft suppôt de la puissance américaine". C’est un peu court. Il n’y aura pas de stratégie Linux sans simultanément le développement de la licence Open Source, c’est-à-dire un modus operandi avec des appellations d’origine, des garanties de qualité, un droit de suite auxquels adhère une population nombreuse de développeurs par définition transfrontière. Pour un pays comme la France, ce serait une mission tout à fait conforme à son histoire de prendre la tête d’une telle croisade. Les TIC soulèvent également des problèmes réglementaires non pas qu’un droit des TIC soit nécessaire mais plutôt l’amendement des droits existants, de tous les droits. Y compris bien sûr le droit des communications là où les TIC jouent plus spécifiquement leur rôle de diffuseur mais ce n’est que le petit bout de la lorgnette. Et puis les TIC posent fondamentalement un problème de société. L’invention de l’imprimerie a-t’elle permis comme par miracle et subitement d’apprendre à lire à l’immense majorité de la population ? Non. 500 ans auront dû s’écouler, deux révolutions, et une évolution fondamentale des mentalités avant même que l’idée de rendre l’école gratuite, laïque et obligatoire s’impose ! Et encore il n’est pas certain que ce combat soit gagné. Il ne faut donc pas rêver. IL ME SEMBLE QUE TU OUBLIES DES CHOSES ESSENTIELLES 1 Dans une société de la connaissance et de l’efficacité de l’intelligence on ne mesure plus très majoritairement le travail au temps passé ; le gouvernement a lancé la politique des 35 heures !! Pour de la pédagogie c’est de la pédagogie SUR L’OUVERTURE DE LA BOUCLE LOCALE Si la position d’actionnaire à 55 % de l’Etat dans le capital de FT peut être source d’ambiguités, il est inexact de croire que c’est en pratique systématiquement à l’avantage de FT. Par ailleurs et de manière générale, la régulation du secteur est au moins autant dans les mains de l’Administration que dans celles de l’ART et des autorités de concurrence. Et ces dernières ont une forte tendance à mettre en oeuvre une politique de régulation asymétrique donc une politique favorable aux concurrents (donc en principe à la concurrence). S’agissant précisément du dégroupage, ni le Conseil de la concurrence ni l’ART n’ont chomé ces derniers mois. Et la France n’est pas en Europe le dernier de la classe dans ce domaine, loin de là. Enfin, FT a encore le droit d’être déterminé et habile dans la défense de ses intérêts commerciaux (comme EDF, GDF, La Poste et, dans un régistre différent, Vivendi et Canal + dans l’opération Vivendi Universal...). Christophe C UN MINISTERE, CA NE SERT PAS SEULEMENT A PRENDRE DES DECISIONS. D’abord, il faut quand même souligner que l’énervement perceptible en ce moment, et le retournement dont parle Maurice, est par ailleurs lié à l’éclatement de la bulle spéculative. Il y a un véritable marasme dans l’ex future nouvelle économie et ça commence à grogner un peu partout. Mais à mon avis, c’est précisément le moment pour un gouvernement de reprendre le gouvernail et de fixer des objectifs. Affirmer aujourd’hui la conviction que les NTIC sont potentiellement porteuses de changements sociaux, créatrices de richesses, susceptibles de favoriser l’émergence d’une démocratie participative, voilà qui ne manquerait pas de vision ni de panache. C’est aujourd’hui que l’on peut montrer, dans les actes, que gouverner c’est prévoir et que l’action politique voit plus loin que le baron Seillière et ses amis. On sent quand même bien qu’il manque quelque chose au niveau de la création de contenu, de l’invention de nouveaux usages et de la distribution du pouvoir grâce à Internet. C’est là qu’il faut porter le fer. Une remarque, par exemple. Les faux capitalistes (Vivendi, Suez et Lagardère, qui vivent de marchés publics, et France Télécom, qui abuse de sa position dominante et de son image de service public) ont concentré le trafic d’une manière incroyable. Ils sont aujourd’hui en position de décider ce qui sera visible ou non par les internautes et d’imposer leur vision du contenu du web. Pourquoi n’y a-t-il pas un service public du portail internet ? Je dis bien un service public de portail et pas un portail de service public. Il ne s’agit pas de concentrer des contenus publics, mais de rassembler, dans une ambitieuse opération de service public, des contenus de toutes origines. Alors ministère ou pas ? Les arguments dans les deux sens sont intéressants. Je voudrais proposer la notion de discrimination positive. Certes, dans un meilleur des mondes possibles, tous les ministres seraient sensibles à Internet et tous l’intégreraient dans leurs politiques. Mais dans le même meilleur des mondes, il n’y aurait pas besoin non plus de loi sur la parité... Il n’y aurait pas non plus besoin de ministère de l’environnement : l’agriculture, les transports, le tourisme et l’industrie seraient suffisants. Un ministère, ca ne sert pas seulement à prendre des décisions. Ca devient un point d’accrochage. Les gens s’organisent pour faire remonter l’info. le ministre s’efforce de montrer l’importance de son sujet, pour obtenir plus de crédits et plus de fonctionnaires. Il doit prendre des mesures, pour justifier son existence. Comme ce sera un secrétariat d’Etat, on va se demander à qui on le rattache, donc tous les ministres vont se découvrir une passion pour le sujet. Il y aura débat. On va construire des enjeux. Il y aura des gens qui voudront la place du ministre, et qui feront des propositions pour l’emmerder. Il devra contre attaquer, etc. En outre, un ministre c’est un politique, donc ça incarne une sorte de légitimité républicaine. TOUJOURS CETTE SOLUTION VERTICALE, DE L’HOMME-PROVIDENTIEL AU SOMMET Arriverons-nous un jour à nous désintoxiquer de cette lecture simpliste ? (l’information qui remonte du terrain, l’action qui descend du sommet). Ceux qui fréquentent les écoles sont certainement confrontés comme je l’ai été aux obstacles que rencontrent les enseignants. L’internet d’aujourd’hui n’est pas encore formidablement adapté à ses missions, et à mettre l’accent sur le taux d’équipement, on perd de vue la lecture qualitative des usages, pour l’heure assez pauvre. LES POUVOIRS PUBLICS SE TROUVENT AVEC INTERNET DANS UN CONTEXTE ECONOMIQUE TOTALEMENT INEDIT. Je ne sais pas à combien est estimé l’échelle du temps sur Internet. On dit qu’un an vaut dix ans. 6 mois vaudrait donc 5 ans. Et en quelques mois, voici que la mutation lancée en 97 par Lionel Jospin serait mise en échec et que nous devrions constater l’apathie du gouvernement en la matière. C’est très court. Il y a des insuffisances qui, à mon sens, proviennent d’une appréciation floue des domaines de compétences : les rôles respectifs d’organismes tels le Plan ou la Datar (en pleine mutation) me semblent peu clairs dans ce domaine alors que j’ai idée que ces deux organismes ont un rôle déterminant à jouer dans la visibilité des TIC à moyen terme tant au profit de la collectivité publique que de celui des professionnels. De plus je souligne que l’Union Européenne, à partir de programmes spécifiques ou à partir des fonds structurels (induisant une réforme des services de l’Etat dans les départements et les Régions) a des moyens méconnus, notamment en direction des collectivités locales : combien de communes ou de communautés de communes pensent fonds structurels en matière de TIC alors qu’elles en ont le réflexe pour construire un énième rond-point. La chute du Nasdaq, les déboires de l’UMTS sont des péripéties. Dans le cas de l’UMTS, et pour peu qu’on veuille bien laisseràl’Angleterre ses idées lumineuses sur la résorbtion du déficit budgétaire par le racket des industriels, les Etats sont en mesure de corriger le tir en allégeant le prix des licenses. Le système des enchères ext une supercherie car les industriels n’ont pas le choix : celui qu ne va pas sur l’UMTS est mort, il était dont contraint d’enchérir et de l’emporter. C’est une question de volonté politique. Pour le reste, la nouvelle économie n’est absolument pas en danger : elle s’autorégule par des reprises d’actifs et par des corrections d’investissements légèrement engagés. Dans ce domaine, les Etats n’ont aucun moyen d’intervention : c’est une question de spéculation et de pertinence industrielle. Plus inquiétant est le retard d’équipement des foyers français : là est le véritable enjeu social, notamment pour les enfants. Il n’est pas admissible qu’une inégalité de départ altère les chances de succès et crée des discriminations à l’arrivée. Les français n’éprouvent pas massivement le besoin de l’Internet et le rapport qualité/prix leur semble trop élevé. J’entends trop souvent parler d’accès au haut débit pour tous : il faudrait déjà avoir accès au débit, avoir accès à l’ordinateur, avant de parler de hauts débits qui constituent aujourd’hui un confort plus qu’une nécessité dans le cadre d’un usage courant de l’Internet. Une connexion en RTC permet l’accès à la messagerie et à la quasi-totalité des contenus du web dans des conditions correctes et c’est à cette tâche qu’il faut s’atteler avant de vouloir transformer un non-internaute en internaute intensif.. IL EN EST DE L’INTERNET COMME DU TELEPHONE IL Y A 30 ANS. Il en est de l’Internet comme du téléphone il y a 30 ans. Personne n’en voyait la nécessité. 30 ans plus tard ce sont les opérateurs du téléphone que l’on privatise et qui sont à la pointe du capitalisme. Il est exact de dire qu’il n’y a pas de marché solvable de l’Internet. Il y a des expérimentations sectorielles plus ou moins réussies. - La première question est celle de l’équipement des ménages et des entreprises. Avec 7 millions d’internautes répertoriés, on est loin de la taille critique. Il faudrait entre 2 et 3 fois ce nombre et simultanément que l’Internet rentre dans les usages, c’est-à-dire que les individus y passent du temps. Nombre d’ordinateurs, nombre de connexions, mais aussi nombre de lignes téléphoniques. Qui doit supporter cet investissement ? L’Etat ? Les grands opérateurs ? Les collectivités ? Les particuliers ? A cela s’ajoute que le backbone français (l’épine dorsale de l’Internet) n’est pas suffisant. Dans les entreprises la problématique est un peu différente. Elles sont dans l’ensemble assez bien équipées. Par contre, il n’y a pas de statut de l’Internet au sein des entreprises. La messagerie conserve un statut ambigu. La réflexion sur les gains de productivité du fait de l’utilisation du réseau se heurte aux habitudes, au seuil d’investissement, et aux luttes de pouvoir habituelles. - Précisément la nature de l’Internet est celle d’un investissement. Investissement de ceux qui lancent des services dans la perspective d’être les premiers sur le marché et donc de s’assurer la part de marché des premiers entrants. Investissement dans de nouvelles méthodes pédagogiques de l’institution scolaire avec les débats que ces questions soulèvent. Investissement des entreprises dans des outils de productivité qui ne rencontrent pas nécessairement la faveur des syndicats alors que c’est un moyen de réussir le passage aux 35 heures... Une politique de l’Internet sur la durée d’une législature ou d’un mandat présidentiel se chiffre en dizaines/centaines de milliards d’euros avec des retombées sur tous les secteurs de l’économie. Cela pose le problème concret de savoir comment cet investissement est financé. Emprunt public ? Déficit budgétaire ? Fonds propres des entreprises ? Les sommes investis en bourse dans les start-up et qui ont défrayé la chronique sont sans commune mesure avec ce qui est nécessaire pour conduire une politique de l’Internet. Philippe Cl. |
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