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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Europe et social-démocraties européennes > Le modèle suédois > Suéde : un laboratoire des nouveaux usages ... | |
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Première publication : 27 janvier 2002, mise en ligne: dimanche 27 janvier 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Un pays comme la Suède a remarquablement joué du levier économique issu du développement de nouveaux marchés liés aux TIC. Equipée en haut débit, ayant une population bien connectée et bien formée, la Suède est devenue un véritable laboratoire des usages de l’Internet. Par rapport au Produit intérieur brut (PIB), la Suède est le pays qui investit le plus dans les TIC : 7,72 % contre 7,29% aux États-Unis. La Suède a été parmi les premiers pays européens à se raccorder à l’Internet. Selon l’OCDE, la Suède occupait en juillet 1998 le sixième rang pour le nombre d’ordinateurs hôtes d’Internet pour 1 000 habitants. Le marché suédois des matériels et logiciels informatiques, des services et équipements de télécommunications s’accroît d’environ 10 % par an. Ses entreprises développent des services sur un marché qui a au moins deux ans d’avance sur le reste du monde. Elles prospèrent plus vite sur leur marché national, elles conquièrent une grande capacité d’exportation, leurs résultats rassurent leurs investisseurs nationaux et attirent les investisseurs étrangers. Elle devient même le terrain d’application des innovations des entreprises étrangères qui y investissent et déploient aujourd’hui de manière privilégiée. La croissance suédoise dans les années quatre-vingt-dix est due en partie à la forte expansion des industries des télécommunications et de l’électronique. De 1994 à 1999, le PIB s’est accru en moyenne de 2,9 % par an. En 2000, la croissance a atteint 3,8 %. Environ 48 000 personnes, soit 1,1 % des actifs, travaillaient en 1999 dans les industries de télécommunications. Ce marché, avant tout une population d’internautes réguliers, suppose : • l’équipement maximal des ménages, en Internet haut débit à connexion permanente câble, ADSL ou boucle locale radio En mars 2000, à la suite d’un congres extraordinaire, les sociaux-démocrates au pouvoir en Suède se sont prononcés l’an dernier en faveur d’un réseau de communication à bande large couvrant l’ensemble du territoire du royaume et devant permettre un accès rapide à Internet aux neuf millions d’habitants du pays. Dans le Le projet d’extension des systèmes à haut débit, " une société de l’information pour tous ", soumis au Parlement en mars 2000, cette infrastructure, considérée comme un équipement stratégique majeur, serait financée conjointement par le secteur privé et les pouvoirs publics. L’Etat s’engage à ce que tout le pays, quelle que soit la zone concernée, puisse bénéficier des mêmes techniques, aux prix les moins élevés possible et avec un maximum d’opérateurs, évoluant dans un cadre concurrentiel. • un équipement financièrement abordable (le surcoût de l’Internet haut débit par rapport à l’équipement téléphone standard doit pouvoir être ramené à un niveau très faible) • une population formée, c’est-à-dire familière des techniques d’Internet et capable, culturellement, de s’en emparer pour développer ses propres projets. Les enjeux économiques des technologies de l’information sont donc étroitement reliés aux enjeux relatifs aux infrastructures et à l’appropriation d’Internet par le plus grand nombre. La France pourrait s’inspirer de cet exemple, qui montre qu’une action publique volontariste n’est pas incompatible avec le développement d’une concurrence salutaire pour les utilisateurs. En particulier, l’efficacité des mesures d’aide à l’équipement informatique des ménages est aujourd’hui indiscutable. Par des aides directes aux ménages et par une régulation plus exigeante de ses opérateurs de services, notre pays peut et doit se donner des objectifs ambitieux de réduction de son retard en matière d’équipement et d’usage des technologies de l’information par le grand public. |
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