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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > A propos du PIB moyen par habitant et des statistiques en général | |
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Première publication : 26 janvier 2002, mise en ligne: samedi 26 janvier 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Cet article du Monde du 15 janvier et le point de vue de Michel Godet qui ne vous auront pas échappé ! Le combat politique ne doit pas nous faire écarter de cette approche riguoureuse ; d’abord les faits ; ensuite les commentaires. PO Douzième sur quinze ! C’est ce qu’indiquent les statistiques de l’agence européenne Eurostat, qui a classé les pays en fonction du produit intérieur brut (PIB) par habitant, ajusté en fonction des standards de pouvoir d’achat. Médusé, le président français demande à Bercy de faire une étude sur le sujet, s’en entretient avec le commissaire européen Michel Barnier (RPR), qui a pris conscience du phénomène fin 2000, en travaillant sur les aides aux régions. Le déclin relatif remonte aux années 1990. Selon Eurostat, en 1992, la France et l’Allemagne réunifiée affichent toutes deux un PIB par habitant de 108,8, pour une moyenne de 100 en Europe : elles ne sont alors devancées que par le Luxembourg et la Belgique. En 2001, l’Allemagne se retrouve au septième rang (104,4) en Europe, tandis que la France est à la douzième place, en dessous de la moyenne européenne (99,6). Le Royaume-Uni, resté au dixième rang selon les chiffres d’Eurostat, est toutefois passé de 97,7 à 102. L’Irlande, tête de pont des investissements américains en Europe grâce à sa fiscalité attractive, s’est envolée de la douzième (80) à la troisième place (121,2). Jusqu’en 1997, le PIB par habitant a été affecté par la baisse du taux d’emploi ˆ c’est l’époque de la course aux licenciements pour faire des gains de productivité, qui entraîne la hausse du chômage des jeunes et le recours aux préretraites ˆ et la faible croissance. Les faits... les faits... En fait de faits, les médias (et nous mêmes) avons trop facilement tendance à considérer les statistiques comme des faits. Je ne vous rappelerai pas qu’il existe trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques En ces temps de campagne où il n’y aura pas un débat sans que les candidats ne se jettent à la tête des chiffres définitfs, je vous invite à consulter le site de l’association Pénombre, à l’adresse suivante : http://www.unil.ch/penombre/ Bien que certains exemples datent de quelques années, vous y apprendrez des choses très intéressantes, pourquoi la moitié des jeunes Espagnols se droguent à l’héroïne et autres informations " statistiques " de ce genre. DC PIB et niveau de travail humain Derrière tous ses arguments, on voit bien la tendance - fausse économiquement - qui met en parallèle le PIB et le niveau du travail humain dans la société. Argument qui tend forcément à dire que, comme les japonais ou les américano-britanniques, il faut travailler plus, alléger les charges, favoriser la flexibilité. Vieille antienne libérale. Je ne vois pas, dans ces analyses, le véritable rapport entre PIB et production, curieuse lacune et dommageable à l’analyse économique. Je fais partie de ceux qui n’ont jamais cru que la RTT créerait de l’emploi de façon massive mais uniquement à la marge. La RTT a toujours été pour moi une mesure de progrès social, qui serait absorbée par les gains de productivité et qui ne serait pas compensée par la création d’emploi. La comparaison doit être faite sur ce plan et là apparaît une tendance très lourde de l’économie française, déjà soulevée dans les années 80 : la frilosité des entreprises dans la modernisation de l’appareil productif. Cela tient sans doute au fait de la particularité française des PME-PMI, très (trop ?) nombreuses et d’un système bancaire inadapté à cette particularité. Il faut notamment savoir que beaucoup d’industriels étrangers parviennent à vendre des équipements aux PME françaises en passant par leur propre structure de financement, le système bancaire français n’étant pas assez réactif (Voir l’expérience de GE Capital qui soutient l’équipement des PME en matériels américains). Peu ou moins d’emploi n’est pas grave dans la mesure où la production progresse au travers des technologies plus performantes : ce qui manque à la France n’est pas plus de gens au travail mais une meilleure productivité. On a eu les mêmes débats dans les années 70 suite au retard dramatique des industries françaises en matière de machines à commandes numériques alors que le français était alors classé comme le plus gros travailleur d’Europe. JDR Oui, mais on a la meilleure qualité de vie du monde Lors des avants-dernières législatives espagnoles, le dernier débat télévisé opposa Aznar à Felipe Gonzales. Aznar tenait un propos assez proche de celui du document qui vient de nous être envoyé. Au bout de 10 minutes, Gonzales lui opposa : " oui, mais nous on a la meilleure qualité de vie du monde ". Et il gagna les élections. Petite anecdote qui ne cherche pas à minimiser la gravité de ce qui vient de nous être montré, chiffres à l’appui, mais à rappeler que le but supérieur de la politique n’est sans doute pas d’avoir la richesse maximale par habitant. HV Payer la solidarité Après la tentation de casser le thermomètre quand la température du patient monte trop, on trouve quelques arguments explicatifs de la situation décrite. Car mon inquiétude n’est pas celle de produire le plus possible de richesses par tête mais bien de pouvoir payer la solidarité à laquelle nous aspirons individuellement et collectivement. Allez encore un petit chiffre ; au moment où le corps médical est si malade que l’hôpital s’enrhume, les dépenses d’assurance maladie ont augmenté de 5,2 % en 2001. Un petit problème de robinet : avec ce différentiel entre croissance du PIB par tête et augmentation du coût de la protection sociale, l’effet de ciseaux est-il longtemps possible sans nous entailler la main ou alors faut-il endetter un peu plus les générations futures ? PO Quel PIB, quelle croissance ? L’augmentation indéfinie de la production de richesse, en un mot la " croissance " ne sont pas l’alpha et l’oméga de toutes réflexions économique. L’annonce du nombre de mort par " accidents " de la circulation me fait penser au nombre concomittant de blessés et de la part non négligable qu’ils doivent occuper dans nos dépenses de " santé "... Il est vrai que ces frais sont en partie payés par les assurances, et que ce n’est alors pas décompté au chapitre solidarité, et puis toute ces activité de soins, de rééducation, etc.et d’assurance font partie de notre PIB .. JH Tout est lié nous dit le sociologue. Je livre cette réflexion complémentaire que je trouve intéressante sur l’ "économie du bonheur " ; Quand les gouvernements européens, et nationaux demandent aux sociologues d’étudier la violence dans les écoles, dans les banlieues ect(thèmes d’actualité/thèmes de campagne/voir la rubrique demagogie).. ils veulent quoi ? Ils veulent des recettes pour conjurer la violence : est-ce qu’il faut mettre plus de policiers ? est-ce qu’il faut plus d’animateurs ? est-ce que l’école peut jouer un rôle dans la violence ? Mais comment protèger l’école de la violence ?... Enfin voilà toutes les questions qu’ils posent. En fait, ils excluent sytématiquement la question de savoir si les causes de la violence ne sont pas hors de l’univers violent. dans des choses qui sont tout à fait évidentes : les taux de chômage, la précarité de l’emploi, l’insécurité temporelle, la flexibilité, le fait que le raport à l’avenir est incertain, l’élimination scolaire programmée - le fait que certains enfants en raison de leurs origines sociales ou ethniques sont voués à être éliminés par le système scolaire-... Et ce que lon ne voit pas, que l’on ne veut pas voir c’est que ce que l’on économise d’un côté - en disant " on va réduire les coûts ", " on va dégraisser " , " on va faire des plans sociaux " , " on va renvoyer 2000 personnes qui ont d’ailleurs donné leur vie à notre entreprise, pour faire baisser les coûts de production et être compétitif sur le marché mondial " ... on ne voit nullement que ce que l’on économise d’un côté, on va le payer très cher de l’autre et que ces 2000 personnes, surtout si ce sont des jeunes jetés au chômage, vont consommer des tranquillisants ( je rappelle à ce sujet que la France détient la pôle position dans la consommation de pillules du bonheur ; 1 femme/4 prend un anti dépresseur...), devenir alcooliques (voir la aussi le score français), consommer de la drogue, devenir dealers puis killers puis occuper des policiers qui n’en peuvent plus (voir actualité). Alors si l’on faisait l’équilibre de tous les coûts... purement économiques, on s’apercevrait que c’est de la tres mauvaise economie. Et moi je dis que ce que l’on fait, c’est de la très mauvaise économie, fondée sur la dissociation de l’economique et du social. " P.Bourdieu in " La sociologie est un sport de combat " de Pierre Carles. 2h26 de bonheur. Le PIB, mesure ultime de toute creation de richesse ? Oui ... faire ou defaire, c’est bon pour le PIB, du moment qu’il y a commerce. Les accidents sont un excellent contributeur, et on devrait supprimer les limitations de vitesse, pour faire croitre le PIB. Il ne me semble pas que le PIB soit la mesure ultime de toute creation de richesse. Par exemple, quand nous utilisons du logiciel libre au lieu de grever notre commerce exterieur, je suis sur que ca n’aide pas le PIB. Le travail des associations, des meres de famille, etc ... ca ne rentre pas dans le PIB. Quand je mets des fleurs devant chez moi pour les passants (moi je ne les vois quasiment jamais), ca ne rentre pas dans le PIB. Alors j’aimerais bien que l’on nous donne aussi une mesure de la richesse par habitant, du niveau de vie, et du bien-etre social en fonctions d’autres criteres. Et que l’on relativise un peu. Je crois que le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) a des criteres varies pour mesurer l’etat d’un pays. Ce serait bien de confronter ces criteres et leur evolution aux chiffres qui nous sont donnes par le Monde. Il est possible qu’il y ait probleme ... et tous les signaux d’alerte sont bons a prendre. Encore faut-il ensuite examiner la situation avec un peu de circonspection. Les indices de bonheur ou de bien être : encore peu convaincants Un indicateur économique global tel que le PIB a des vertus, mais limitées en effet par sa capacité à croître du fait des incendies, accidents, tempêtes et autres désastres. Cela étant, les indices de " bonheur " ou de " bien être " rament toujours beaucoup pour être plus convaincants, pour des problèmes de mesurabilité. C’est un des paradoxes intéressants de la mesure statistique : elle déplace ce qu’elle regarde, et de plus en plus au fur et à mesure que les outils des TIC deviennent plus performants. Si bien qu’on pourrait parler de l’émergence d’une économie quantique, comme il y a une mécanique quantique...ce qui devrait en effet inciter à la modestie ceux qui brandissent des chiffres (cf mél antérieur)...A la modestie, mais pas au misérabilisme qui conduit à tout jeter en vrac. " Quand je mets des fleurs devant chez moi pour les passants (moi je ne les vois quasiment jamais), ca ne rentre pas dans le PIB. " Je crois que le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) a des criteres varies pour mesurer l’etat d’un pays. Ce serait bien de confronter ces criteres et leur evolution aux chiffres qui nous sont donnes par le Monde" Un palmarès de la richesse met la France en queue de peloton
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