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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Aménagement numérique du territoire > Boucles locales .... et hauts-débits > Hauts débits : en attendant le CIADT (juin 2001) | |
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Première publication : 15 juillet 2001, mise en ligne: dimanche 15 juillet 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF
Alors que France telecom tarde a apporter une reponse au forfait internet illimité (celui ci pourrait etre mis en place en septembre), la question de la diffusion (voire de la generalisation) du haut debit en France reste entiere. Certains pensent même que le candidat Jacques Chirac pourrait se saisir de cette question du haut debit pour denoncer le retard de la France et l’inertie du Gouvernement lors de la campagne de 2002.... Certains ( notamment parmi nous) estiment que les technologies du haut debit (ADSL, câble et le futur UMTS) en plus d’être coûteuses, sont asymétriques, ce qui signifie que la capacité de réception est plusieurs fois supérieure à la capacité d’émission de l’information. .... Contribution préparatoire tardive dans la perspective du CIADT du 09 juillet 2001. La fracture numérique ne doit plus être considéré comme un risque mais comme une réalité. Sous l’angle des services de télécommunications, cette fracture est flagrante autant sur les infrastructures Longues Distantes que sur les infrastructures d’accès. Pour exemple, et même si des disparités importantes existent, les lycées d’Ile-de-France peuvent être aujourd’hui tous raccordés en ADSL. C’est bien la seule région dans ce cas. Cet exemple parmi d’autres est révélateur. Le déploiement de l’ADSL sur le territoire constitue aujourd’hui un enjeu politique considérable si on décide réellement à accepter cette réalité tangible qu’est cette fracture numérique. L’Etat, pas plus que les opérateurs, ne pourra pas tout faire. Les collectivités territoriales sont prêtes à s’y investir, mais doivent faire face à des barrières réglementaires. Celles-ci sont légitimes dans les grandes agglomérations mais ne débouchent sur absolument aucune solution pour les villes moyennes ou les territoires ruraux. Il faut donc imaginer des solutions. Il n’en existe pas sans défaut et celle qui suit n’en est pas dépourvue. Mais alors que faire si ce n’est accepter le principe de l’exclusion numérique d’une partie importante du territoire. Proposition : 1-Le dégroupage ne concerne aujourd’hui que les fils de cuivre qui relient l’abonné de France Télécom à son central de rattachement. Les nouveaux opérateurs vont offrir des services téléphoniques de base ou de l’accès haut débit à Internet par la technologie ADSL en louant ces fils à l’opérateur historique ou en louant l’accès aux équipements ADSL de France Telecom. 2-Nous pensons que, en fonction du niveau d’implication technologique et financier de la collectivité dans la construction d’un réseau de télécommunications, il faut étendre ce concept de dégroupage à tout point d’un réseau financé tout ou partie par la collectivité. Cela peut ainsi concerner un accès aux infrastructures, des plus basiques (fourreaux) aux plus élaborée (la longueur d’onde dans un système de transport optique ou la boucle locale radio) et même aux services télécoms (ATM, IP ...). 3-Si la collectivité dispose des compétences pour investir et offrir ces services, alors elle peut déléguer (DSP / Délégation de Service Public) dans le cadre d’un affermage ou d’une concession. Si la DSP ne crée aucune dynamique dans le cas des réseaux câblés, c’est bien en réalité parce qu’il n’y a pas de possibilité de dégroupage. Ainsi, aucun fournisseur de service ne peut utiliser l’infrastructure câble disponible si ce n’est sous la couverture contractuelle du concessionnaire. C’est là une absurdité. La concession ou l’affermage peuvent constituer, si les règles sont correctement définies, des leviers pour les collectivités afin de permettre : a- de confier à un acteur tiers la déserte de son territoire avec un partage de risque qui peut être définit au cas par cas, b- de créer par construction dans le cas présent, les conditions d’accès à l’investissement consenti, des acteurs de service. 4- Tout type de collectivité devrait pouvoir prendre des initiatives de la sorte pourvu que les règles précédemment énoncées soient respectées. Que ce soit une région, un département, une commune ... : elle en prend la responsabilité politique. 5-Peu importe également les technologies pour autant que les conditions de partage et d’ouverture soient claires et basées sur les coûts. Les réglementations sont trop liées aux technologies dont l’un ou l’autre se fait le hérault. La proposition émise nous affranchit des technologies et se concentre uniquement sur les principes de partage et d’ouverture. Vers un EADS du haut debit Il y a deux logiques qui s’opposent. Celle des opérateurs qui est de faire de la marge sur leurs infrastructures. Celle du service public qui est de mettre des infrastructures à disposition des usagers financées par l’impôt ou la dette. La question se pose donc d’une intervention de l’Etat. L’UMTS est le bon contre-exemple de ce que les Gouvernements n’ont pas fait. Ils auraient pu lancer un seul appel d’offres européen et obliger leurs opérateurs à se positionner. Au lieu de cela ils ont préféré s’isoler, encaisser un bénéfice à court terme et priver les opérateurs de réelles perspectives de développement et du coup, pays par pays, se maintenir sous leur houlette. Si Jacques Chirac doit proposer un investissement national en stigmatisant l’insuffisance des efforts faits, il faudra lui demander comment il compte régler l’addition, et surtout quelle est sa politique industrielle. Le contribuable y gagnera et le consommateur aussi. Il faut un EADS de l’Internet. PC Le problème est avant tout politique. Si il y a aujourd’hui encore des freins réglementaires à la propagation du haut débit et des solutions à imaginer, le problème est avant tout politique. Outre le rapport du Conseil économique et social, d’André Marcon, qui notamment rappelle que " il appartient à l’Etat de jouer pleinement son rôle (égal accès des citoyens, des acteurs économiques et des territoires aux TIC), de garantir la cohésion du dispositif au meilleur coût pour la société et d‚assumer sa responsabilité vis-à-vis de l‚Europe. ", je vous invite à lire les " Principes directeurs, définitions et recommandations du Groupe de travail national sur les services à large bande " du Canada. Son intitulé est prometteur : " Le nouveau rêve national ˆ Réseautage du pays pour l‚accès aux services à large bande ". Dans les régions, en Limousin par exemple, les acteurs économiques et sociaux commencent à se mobiliser et à s’organiser. L’association HADELIM, haut débit en Limousin, regroupe des entreprises et organismes qui veulent se développer et ont besoin, à cette fin, de disposer de lignes numériques à haut débit. J’attends du CIADT une prise de conscience et une volonté politique clairement affirmée de brancher les territoires, qu’il décide de s’en donner les moyens en bousculant au besoin les rentes de situation et en restant ouvert sur les technologies. L’accès à internet par les réseaux électriques tel que l’expérimente EDF semble prometteur. Et que l’on ne fasse pas tout reposer, comme on a parfois pu en prendre l’habitude, sur les collectivités locales, c’est trop facile. Les décisions du CIADT marquent un tournant Les decisions annoncées par le Conseil interministeriel d’amenagement du territoire du 9 juillet consacrent la volonté du gouvernement de s’attaquer à une vraie inégalité : l’inegalité entre territoires quant à l’accès aux infrastructures de communications. o Pour la telephonie mobile, le gouvernement s’assigne l’objectif de couvrir en trois ans toutes les communes. Le coût des investissements nécessaires pour desservir les 1480 communes qui ne le sont toujours pas est estimé à 1,4milliard de francs. o S’agissant du haut debit, l’objectif est là aussi de créer les conditions d’un accés de tous les territoires a l’internet haut debit. La Caisse des Dépôts et Consignation sera amenée à dégager et investir sur ses fonds propres un montant de 1,5 milliards de francs sur cinq ans. Cela devrait permettre l’émergence et la cohérence d’un nombre significatif de projets. L’accès à des crédits à des taux préférentiels vient compléter le dispositif dans le cadre d’une enveloppe globale plafonnée à 10 milliards de francs. 1) Mobiles Les collectivités ont depuis plusieurs années exercé des pressions sur les opérateurs mobiles pour une meilleure couverture de leur territoire. Les choses ce sont améliorées ici ou là mais restent difficiles dans la plupart des régions. Plus de 46.000 km_ ne sont pas couverts (soit environ 10% du territoire) et au moins 1500 communes ne sont pas couvertes en leur centre. 2) Haut debit La mobilité ne doit cependant, pas occulter le point essentiel du dispositif présenté dans le cadre du CIADT : permettre à accès haut débit pour tous d’ici 2005. C’est pour les années à venir, l’élément essentiel qui va conditionner le développement des Technologies de l’Information et de la Communication sur le territoire. Partant du double phénomène d’accroissement des débits et de compression des marges financières sur le transport de l’information, les opérateurs de services se doivent d’accéder à leur clients en se rapprochant d’eux. Ceci était moins vrai lors de l’ouverture du marché où France Telecom assurait la collecte téléphonique puis sur Internet. L’opérateur national continuera naturellement à jouer ce rôle mais il ne fait pas de doute que les opérateurs de services ne se développement pas dans des lieux où ils n’auront pas d’alternative. o les opérateurs de service vers les entreprises qui devront pouvoir accéder à celle-ci par des infrastructures locales à Haut-Débit. Tout ceci est d’ores et déjà disponible en tout ou partie dans les grandes métropoles, mais reste inaccessible aux territoires. France Telecom ne peut en assurer la charge et a, à plusieurs reprises indiqué qu’il ne pourrait installer ADSL que si le marché local est suffisant. Pour les concurrents de France Télécom le verdict est encore plus dur, subissant de plein fouet le retournement des marchés financiers, les difficultés d’accords avec l’opérateur historique sur les questions relatives au dégroupage et devant dans le même temps affronter les mêmes difficultés technologiques et marketing que l’opérateur historique. Il reste cependant que les investissements peuvent etre considérables (100-300 MF pour un backbone) : la collectivité terriitoriale étant en première ligne dans un tel projet, elle devra ensuite aller chercher elle-même les opérateurs qui voudront bien utiliser ses infrastructures. Le risque que les " tuyaux " restent quasiment vide durant plusieurs années n’est pas nul. 3) La solution retenue par le CIADT qui est recourir aux infrastructures électriques Longues dIstances gérées par RTE est de ce point de vue tres intéressante. En premier lieu, le réseau moyenne tension est relativement dense et son équipement en fibre reste d’un coût plus abordable que l’infrastructure terrestre. 4) Retour de l’intervention publique Les decisions du CIAT marquent le re retour de l’intervention publique dans Le gouvernement ( comme la plupart des pays europeens) invente, donc, un nouveau mode d’intervention, qui combine 5) la fin du malthusianisme Les decisions du CIAT rompent avec le " malthusianisme communicationnel " qui a longtemps prevalu, en particulier chez certains operateurs. Le haut debit est loin d’être un " luxe " pour internautes fortunés et/ou passionnés. Tout au contraire, sa diffusion (a condition aussi que la facture mensuelle baisse) est probablement un facteur essentiel de la démocratisation de l’acces à l’internet. Le haut debit , à travers la connexion permanente, le confort d’utilisation qu’elle apporte, les usages qu’elle rend possibles, leve des barriéres techniques et psychologiques à la diffusion d’internet. HR et MR |
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