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Haut débit à Paris : atouts et leviers (fevrier 2001)
Première publication : 15 juillet 2001, mise en ligne: dimanche 15 juillet 2001

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A l’inverse de nombreuses communes françaises, Paris n’est pas menacé par la création d’un "fossé numérique" consécutif à l’absence de réseaux à hauts débits.

Cependant, deux points doivent être surveillés :
- la répartition harmonieuse des accès aux réseaux à hauts débits
- la mise en place d’un réel marché concurrentiel

1) Les infrastructures parisiennes de réseaux :

Depuis quelques années, les nouveaux entrants sur les secteurs récemment privatisés de l’audiovisuel et des télécommunications ont cherché à profiter des infrastructures préexistantes de réseaux physiques (électricité, train, route, eau...), en développant des partenariats avec les maîtres d’ouvrage/exploitants de ces réseaux. Ainsi, les nouveaux acteurs privés réduisent le coût de leur " ticket d’entrée " sur le marché puisqu’ils n’ont pas besoin de gros investissements en génie civil, à la différence de France Télécom, par exemple. Quant aux maîtres d’ouvrage des réseaux, ils trouvent là un moyen de rentabiliser leurs investissements.

Les nombreux réseaux du sous-sol parisien servent donc aujourd’hui de bases aux infrastructures de télécommunication et sont déjà pour la plupart aptes à distribuer des hauts débits :

o le réseau du métro de la RATP : Telcité

Filiale télécom de la RATP est l’exploitant d’un réseau optique en Ile-de-France qui est loué à des opérateurs comme Bouygues Télécom, Belgacom, Cegetel et aux fournisseurs d’accès Internet ISDNet et UPC. Le réseau optique de Telcité, accessible à partir de 250 points de présence, est principalement déployé sur : l’axe Est-Ouest de Torcy et Boissy Saint Léger à Saint Germain en Laye via Nation, Etoile, La Défense et Nanterre ; l’axe Nord-Sud de Gare du Nord à Saint Rémy lès Chevreuse et Robinson via Denfert Rochereau et Massy Palaiseau ; les radiales et rocades dans Paris et la petite couronne grâce aux lignes du métro.

o le réseau d’électricité d’EDF/.
En 1999, EDF a cédé Vidéopole, sa filiale spécialisée dans la télévision par câble, au groupe de télécommunication américano-hollandaise UPC.

o le réseau ferré de la SNCF. Un réseau à haut débit en fibre optique a été mis en place le long des voies ferrées grâce à un partenariat entre Vivendi-Cégetel-Numericable et la SNCF

- le réseau téléphonique. Via son offre Netissimo, France Télécom, lui-même, loue ses réseaux à bon nombre de ses concurrents, opérateurs de téléphone ou fournisseurs d’accès à Internet.

o les réseaux du " plan câble "

Suite au plan câble des années 80, France Télécom avait été chargé de créer un réseau câblé pour l’accès à la télévision. La libéralisation du secteur des télécommunications au 1er janvier 1998 a autorisé les exploitants privés de ces infrastructures appartenant à France Télécom à fournir des services de télécommunications sur ces réseaux, concurrençant ainsi France Télécom.

Le développement et la valorisation du câble ont souffert et souffrent encore de la dichotomie introduite pour les réseaux du plan câble, entre le propriétaire des infrastructures (France Télécom) et l’exploitant (Lyonnaise Câble ou NC Numéricâble).
On assisté à un véritable blocage de la situation, au détriment de l’utilisateur. Par une décision du 10 juillet 1997, l’Autorité de régulation des télécommunications s’était prononcée sur un différend opposant Paris TV Câble à France Télécom au sujet de la fourniture de l’accès à Internet sur le réseau câblé de Paris.
Elle avait alors clairement partagé les responsabilités entre les parties sur trois points essentiels :
- les investissements nécessaires à la mise à niveau du réseau sont financés par le câblo-opérateur ;
- la conduite des travaux correspondants est assurée par France Télécom ;
- la rémunération versée à France Télécom par le câblo-opérateur est déterminée en fonction des capacités mises à sa disposition.

Le 11 juin 1998, Paris TV Câble, au vu notamment des délais constatés pour la réalisation des travaux, a saisi à nouveau l’Autorité. Le 31 juillet 1998, l’ART définissait
un calendrier contraignant pour l’ouverture commerciale du service : il devait permettre d’offrir l’accès à Internet sur l’ensemble du réseau câblé de Paris au plus tard à la fin du mois de janvier 1999. En réalité, ce n’est que depuis cette automne (2000) que France Télécom et la Lyonnaise sont vraiment à même de fournir l’internet à haut débit par le câble.

2) Une desserte inégale entre les arrondissements

Si Paris compte désormais plusieurs réseaux pouvant véhiculer des hauts débits, le principal problème reste la desserte inégale entre les différents arrondissements et l’accès du consommateur final au réseau général.
Ainsi plusieurs réseaux à hauts débits passent dans les arrondissements du centre et de l’ouest parisien car ils alimentent la Défense. De plus, les cablo- opérateurs n’ont investi dans des infrastructures de boucle locale (le raccordement des bâtiments au réseau) que dans les quartiers à forte clientèle potentielle. Le deuxième arrondissement bénéficie ainsi d’un réseau en fibre optique permettant l’accès à haut débit grâce à la présence de la Bourse de Paris. L’existence de cette infrastructure a été déterminante dans la décision de nombreuses start-up de s’installer dans le sentier. De même, les quartiers autour des pôles universitaires de Jussieu ou du CNAM (Arts et Métiers) bénéficient des réseaux hauts débits financés par les universités. Une telle infrastructure a aussi été mise en place pour la Cité des Sciences à la Villette. Par contre, les quartiers où la population n’est pas "jugée comme une clientèle rentable" par les cablo-opérateurs risquent d’être fortement pénalisés. Il reviendra donc à la collectivité locale de veiller à une répartition harmonieuse.

3) La mise en place d’un marché concurrentiel

Jusqu’à présent, le marché des hauts débits à Paris pour le grand public est resté très limité en raison des problèmes de boucle locale qui empêchait jusqu’à présent la libre concurrence. En effet, tant que les opérateurs de services ne contrôlaient pas l’accès direct à l’abonné final, ils n’étaient pas certains de la rentabilité de leurs investissements.

Seul France Télécom (qui possède la boucle locale téléphonique) et Suez-Lyonnaise des Eaux qui a obtenu le droit d’exploiter le réseau câble de France Télécom ont un réel accès au consommateur final et sont à même de lui proposer des hauts débits. Si Vivendi-Numericâble (ex-Générale des Eaux) était aussi habilité à utiliser le réseau câble de France Télécom, il n’est pas présent à Paris. Son offre est par contre disponible en banlieue. De plus, à Paris, France Télécom ne propose pas d’accès à Internet à haut débit via le câble et s’est même désengagé du câble parisien. Sa place de pur exploitant technique du réseau parisien lui interdit en effet l’accès au client et à la fourniture de services avancés à l’abonné.

Durant les trois dernières années, la filiale communication de la Lyonnaise des Eaux a connu de nombreux déboires avec l’accès à internet via son réseau câblé . Elle a du faire face d’une part, au mécontentement de ses clients parisiens devant la qualité de services offerts : ceux-ci se sont regroupés dans l’Association Luccas. D’autre part, les rôles devaient être clarifiés entre France Télécom, propriétaire des réseaux câblés à Paris et Lyonnaise Câble qui jouait le rôle d’exploitant. En septembre 1999, une société commune a été créée entre les deux partenaires et France Télécom tend à céder progressivement ses parts. L’ART a confié à France Télécom la tâche d’assurer les travaux d’adaptation du réseau câblé parisien, propriété de France Télécom, alors que la société Lyonnaise Communications doit en assurer la maintenance.

Lyonnaise Câble a décidé de relancer son offre Internet, d’une part en la commercialisant sous le nom de Noos et en investissant 1 Md de FF en trois ans sur son réseau parisien. Grâce à Noos, Suez Lyonnaise des Eaux est aujourd’hui le premier câblo-opérateur français avec 1,8 million de foyers et 400 000 entreprises desservies sur ses 25 réseaux câblés. A Paris, Lyonnaise Câble compte 29 000 abonnés à l’Internet à haut débit.

Les licences de boucle locale radio

Au total, ce sont 4 opérateurs de boucle locale radio qui vont se partager le marché parisien : deux licences de boucle locale radio viennent d’être attribuées en région parisienne aux opérateurs Broadnet France (opérateur britannique) et Landtel (néerlandais).

Paris est aussi concerné par les deux licences nationales attribuées à :
- FirstMark Communication dont les actionnaires principaux sont First Mark (US) (34%), Suez Lyonnaise des Eaux (18%) et Groupe Arnault(18%)
- Fortel, consortium créé par le câblo-opérateur néerlando-américain UPC, Marine-Wendel d’Ernest Seillère et Sogetec (filiale de NRJ).

(Mise à jour : février 2001)



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