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Problèmes, pistes, propositions (débat de temPS réels, juin 2001)
Première publication : 13 janvier 2002, mise en ligne: dimanche 13 janvier 2002

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Ou en sommes nous ?

Le nombre d’élèves par ordinateur est passé de 12 à 7 en lycée, de 8 à 5 en Lycee professionnel, 26 à 15 en collège , depuis mai 1997. Dans les écoles, il est encore de 25 élèves par ordinateur. Un tiers des formations d’enseignants est désormais consacré aux nouvelles technologies dans l’éducation

L’impulsion du gouvernement a été relayée par les collectivites territoriales. L’effort financier et les modes d’implication des regions, des conseils generaux et des communes restent cependant tres inégaux.

Les syndicats n’ont , dans l’ensemble, pas mis en doute l’interêt des technologies educatives, même s’ils discutent certains aspects de la mise en œuvre, formulent des exigences en matiere de formation, pointent les dérives de " privatisation " et de " marchandisation " .

Ce sont les parents qui expriment dans ce domaine les plus fortes attentes :

- 78 % des parents (contre 70 % en 1998) estiment qu’Internet serait indispensable dans la vie professionnelle et dans la vie de tous les jours.
- 80 % considèrent que l’apprentissage doit se faire à l’école.
- Un parent sur deux estime qu’Internet favorisera la communication entre les parents et les enseignants.

Les enseignants integrent progressivement Internet et micros dans leur pratique pedagogique

- 38 % des enseignants sont équipés d’Internet à domicile en 1999, contre 20% en 1998.
- 76 % des enseignants ont déjà utilisé la connexion Internet de leur établissement contre 61 % en 1998
- 59 % des enseignants, quelque soit le type d’établissement, ont utilisé l’Internet dans un but pédagogique.

Ils recherchent principalement des informations pour préparer les cours. Viennent ensuite les échanges avec les collègues (surtout pour les écoles primaires).
Un des freins puissants à l’utilisation des TICE reste l’insuffisante confiance en eux de trop d’enseignants vis à vis d’une technique qu’ils ne dominent pas. Les rapports fragiles entre les élèves et les enseignants reposent en grande partie sur la compétence reconnue à ces derniers sur le plan de la connaissance et des savoir-faire. Or, il y a très loin de l’utilisation solitaire et hésitante de l’ordinateur à son utilisation collective avec la classe entière.

La plupart des enseignants utilisent l’ordinateur chez eux (essentiellement à des fins de bureautique et de liaison Internet) : encore assez l’utilisent en classe - du moins dans l’enseignement général.

L’effort en matiére de formation des enseignants

Formation initiale des enseignants :
Elle s’est traduite par la mise en oeuvre d’un plan d’urgence pour les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) doté d’un budget de 60 MF et de la création de 100 emplois d’enseignants et 200 emplois de jeunes docteurs en nouvelles technologies. Ce plan d’urgence dans les IUFM qui forment en moyenne 30 000 enseignants par an, a été lancé en décembre 1997. La réussite de ce plan, étalé sur deux ans, a reposé notamment sur la mise en réseau et le bon équipement des instituts, sur la mise en place d’actions de formation pour les formateurs, sur l’intégration des nouvelles technologies dans les cursus de formation et sur l’existence de centres de ressources adaptés. Désormais, en formation initiale, l’ensemble des enseignants qui sortent d’IUFM ont reçu une formation aux NTIC.

Formation continue des enseignants :
Les IUFM sont également chargés de la formation continue des enseignants. La demande de stages de formation continue concernant les NTIC y est en constante augmentation. Ils concernent aussi bien l’acquisition de compétences informatiques (problèmes techniques liés à la mise en réseau notamment), que de compétences sur l’Internet (création et maintien de sites webs) ou de compétences pédagogiques (identification des compétences que tout enseignant doit posséder dans ce domaine à sa sortie de l’IUFM). A titre d’exemple, en 1999, plus de 20% des journées stagiaires du plan national de formation ont porté sur ce domaine.
En outre, 8000 aides-éducateurs sont affectés dans les établissements scolaires pour seconder l’enseignent notamment dans l’utilisation de ces technologies.

En 2000-2001 : les dispositifs de formation restent en place avec en outre des séminaires nationaux et inter-académiques organisés principalement pour les formateurs des IUFM et les personnels d’inspection et de direction qui ont pour rôle d’encadrer l’ensemble du corps enseignant et de mettre en place la politique d’utilisation des NTIC.

Par ailleurs près de 2000 "écoles pilotes" viennent d’être sélectionnées par les rectorats. Elles sont destinées à mettre en pratique, grandeur nature, une démarche complète liée aux NTIC ; puis à en assurer la promotion dans le reste du système éducatif et la formation des enseignants. Une base de données accessible depuis Internet a été réalisée permettant de mutualiser l’ensemble des pratiques et d’éviter que les enseignants soient démunis face à ces technologies."

"Les ordinateurs dans les placards ?"

Le Ministère de l’Education a publié "en juin 2000 des indicateurs sur l’équipement des établissements publics du second degré en technologies de l’information et de la communication .

o On comptait , au printemps 2000, 14,5 élèves pour un micro-ordinateur dans les collèges (contre 15 en début d’année scolaire), 6,4 élèves dans les lycees d’enseignement general et technique (contre 7) et 4,8 dans les lycées professionnels (contre 5,1).

o Environ 22 % des micro-ordinateurs ont moins d’un an
o La localisation du matériel varie aussi d’un type d’établissements à l’autre :
- 59 % du matériel des LEGT et près de 70 % de celui des LP est concentré dans les salles spécialisées pour l’enseignement technique et professionnel,
- 34 % seulement dans les collèges où une part importante du matériel est installée dans des salles polyvalentes (près de 27 %) ou au CDI (12 %).

o Les micro-ordinateurs sont de plus en plus souvent regroupés en réseau : 68 % des collèges (contre 63 % en début d’année scolaire), plus de 85 % des LEGT (contre 82 %) et plus de 69 % des LP (contre 64 %) sont totalement ou partiellement cablés.

o La généralisation de la connexion à Internet se poursuit. 90,5 % des collèges sont connectés (contre un peu plus de 84 % en début d’année scolaire), ainsi que 94,7 % des LP et plus de 98 % des LEGT.

En moyenne un plus grand nombre de postes peuvent accéder simultanément à internet dans de bonnes conditions : 9,5 dans les collèges, 23,5 dans les LEGT et 11,1 dans les LP.

o Parmi les établissements connectés, 30,4 % des collèges, 57,1 % des LEGT et 42,9 % des LP ont ouvert leur propre site web

o Les collèges en zone rurale apparaissant nettement mieux équipés en micro-ordinateurs que ceux des zones urbaines, et en particulier ceux de la région parisienne.

o les établissements comportant des filières " technologiques " ou " professionnelles " sont mieux dotés en micro-ordinateurs que ceux qui ont surtout des filières générales, de même que les établissements proposant des sections post-baccalauréat.

o Les enseignants interviennent dans la maintenance dans plus de 60 % des établissements. Dans 57 % des établissements, les enseignants assurent aussi l’administration des réseaux.

o Les aides-éducateurs jouent un rôle important : dans 32 % des établissements, ils interviennent au niveau de la maintenance et dans r 23 % d’entre eux pour l’administration des réseaux.

o Les emplois d’aide-éducateur à profil informatique sont encore rares : il existe en moyenne 0,5 poste d’aide-educateur par établissement dans les collèges et les LP, et 0,7 dans les LEGT.

Quel partage de responsabilités entre les collectivités locales et le Ministére de l’education ?

Les collectivités locales installent des ordinateurs fixes et bientôt mobiles dans les écoles, collèges, lycées (cg des landes sur les ordinateurs portables et voir initiatives des collectivités étrangères dont les responsabilités en matière de contenus pédagogiques sont plus étendues).

Elles équipent ces établissements en connexion internet à haut débit, avec une " petite " difficulté d’architecture : centralisée (lycée - rectorat - région - ministère/renater) ou répartie (chaque lycée prend son abonnement adsl).

Je crains qu’avec la première option, nous ayons toujours un train de retard. Je ne vous donnerai pas à cet égard le débit d’accès à internet dont jouisse certaines académies pour ne pas déclencher de polémique. Allez dans la salle informatique du lycée fénelon à Paris et vous constaterez par vous-même la lenteur de la connexion.

L’assistance humaine au quotidien, c’est à dire la résolution de plantages et surtout l’administration de réseau ne suit pas et ce point devient encore plus préoccupant. Effectivement, l’assistance informatique se résume, quant il n’y a pas de " chef de travaux " comme c’est le cas dans certains lycées techniques, aux efforts d’un enseignant qui dispose d’une décharge partielle de son temps de travail pour assurer l’administration de réseau.

Les rectorats n’ont pas suivi en termes de création de postes les efforts faits par les collectivités locales. Le brouillard est réel entre la pédagogie prise en charge par l’Etat et l’équipement du ressort des collectivités. L’accès internet en soi est à cheval entre les deux.

Quant à la promotion des nouveaux usages pédagogiques, HV a raison sur le caractère sommaire des pratiques de l’internet. Mais je pense comme lui que le mouvement est irréversible. Internet est une bibliothèque fabuleuse. Plutôt que de dépenser des sommes faramineuses pour la gratuité des livres scolaires, je proposerai aux collectivités locales d’étudier la fourniture d’un équipement un portable par élève et enseignant, avec accès dsl en distant.

Enfin, un dernier point sur la connectivité optique des établissements scolaires : en raccordant plusieurs centaines d’écoles, de collèges, de lycées en fibre optique passive, les collectivités disposent d’un moyen d’agir sur l’offre de services telecoms et ainsi d’abaisser leurs coûts pour tous. JH

Le probléme de la maintenance est crucial

Les taux annoncés par le ministère me semblent importants, sauf si bien sur, on compte le matériel obsolète et les dotations qui tombent dans des collèges ou dans de lycées ou ils finissent dans des placards ! Il existe donc réellement un problème de dotation et de répartition

Le deuxième problème est certainement plus lié à un problème de résistance culturelle de certain collègues que de formation car dans les deux académies que j’ai fréquenté des stages existent dans toutes les disciplines (l’informatique est je le pense un outil pluridisciplinaire plutôt qu’une matière dans la majorité des cas)

Le problème de la maintenance est crucial puisque elle est faite le plus souvent par des enseignants qui si ils sont payés le sont à coup de lance pierre ! Les aides éducateurs (une grande invention !) semblent effectivement de plus en plus nombreux à gérer les parcs mais un problème existe c’est que lorsque l’on regarde les profils des candidats les informaticiens sont rares (marché de l’emploi oblige).

Mais je crois qu’il faut éviter à tout pris la spécialisation de certaines personnes non enseignantes et plutôt donner les moyens a travers les DGH aux chefs d’établissements de faire gérer le parc et les réseaux par des enseignants car nul mieux qu’eux ne connaissent les besoins spécifiques de l’enseignements. Même dans les centre de ressources académiques constitués d’anciens enseignants on arrive à perdre l’aspect pédagogique

Il y a, hélas, encore d’autres problémes en suspens :

- la qualité dudit équipement, notamment des réseaux (les évaluations du nombre de jours de pannes qui me sont parvenues sont tellement astronomiques que je préfère ne même pas les citer devant cette auguste assemblée) ;

- les dispositifs de maintenance : dans la plupart des établissements, les réseaux sont maintenus par le prof le plus dévoué, vous savez, le seul qui sait faire marcher la magnétoscope. Ca donne parfois des résultats surprenants (en tous cas, c’est bon pour Microsoft, c’est moyen pour Linux, et ça entraîne pour l’éducation nationale une insécurité juridique dont on reparlera sans doute un jour). Mais on trouve des situations locales remarquables, notamment à Grenoble, et aussi à nantes où le Conseil général a mis en place une équipe d’ingénieurs systèmes volants, en charge de l’ensemble des collèges et seuls habilités à bidouiller les machines.

- la connexion effective. Etre raccordé à Internet, c’est bien. Avoir du débit, quand même autre chose.

- les usages.

Alors là, on a vraiment du chemin à faire.
Aujourd’hui, honnêtement, ils se limitent bien souvent à une initiation au surf, à quelques occupations plus ou moins ludiques ou à des travaux encadrés de conception de site web. Dans le meilleur des cas, on trouve à des manuels scolaires hypertexte avec des vidéos. Quel progrès.

Pour que les choses changent, il faudra une réflexion de fond, associant les responsables du système éducatif, les chercheurs en pédagogie, en sciences congnitives, en interaction homme-machine, les éditeurs, mais aussi les spécialistes de formation professionnelles (il y a aujourd’hui une étanchéité complète entre le monde de l’Education nationale et le monde de la formation professionnelle des adultes).
Il faudra recenser les possibilités strictement pédagogiques qu’offre la machine (évaluation en continu, diagnostic de lacunes, enseignement différencié, travail en réseau dans l’établissement et entre établissements), confronter ces possibilités aux objectifs assignés à l’Ecucation nationale, définir des priorités, inventer des usages, des dispositifs pédagogiques, les intégrer dans le cursus, trouver un moyen de les intégrer dans les évaluations.

Cette idée fait son chemin. c’est ainsi que le programme PRIAMM, lorsqu’il a été transformé en RIAM cette année, a laissé une place plus grande aux travaux tournés sur l’appropriation sociale des technologies.

Ensuite il faudra encore trouver les produits idoines, former les enseignants, former les inspecteurs, ce qui signifie réformer la formation initiale et continue des enseignants.

Bref, il y a encore du boulot. Le seul point rassurant, c’est que la France ne me semble pas spécialement en retard, en tous cas par rapport aux pays latins vers lesquels je travaille fréquemment. HV

Pistes

• Les ressources des établissements publics (ministeres, EPIC, entités financées par l’Etat...)
DOIVENT etre gratuites pour tous les etablissements scolaires (INA, BNF, BPS-la Cinquiéme,...) quitte a ce que l’etat abonde sur le budget initial de ces
entités en subventions initiale.

• Une harmonisation (normalisation) des solutions informatiques avec des parametres connus de securisation, de logiciels, qui puisse reposer sur
autre chose que des recommandations...

- Prêt aux collectiviités :

De 1997 a 2000, 500 MF etaient disponibles pour aider les collectivités qui voulaient câbler leurs etablissements scolaires. Prêt a 0,3% sur 12 ans ... Il faudrait le retablir et le faire connaitre.

- Formation :
La formation qui semble manquer aux enseignants, c’est celle qui leur apprend a se servir de tel ou tel logiciel dans une sequence de cours pour faire ce qu’il a décidé d’exposer a la classe... A ce titre les
formateurs peuvent etre d’autres enseignants qui utilisent deja le produits et mutualisent leur savoir...

• Des commissions disciplinaires nationales ou regionales (listes de diffusions, site Web...)
Ces commissions seraient des lieux d’echanges d’experiences entre profs, de critiques de
tel ou tel outil.
PL

Formation des enseignants et recherche en innovation pédagogique

Dans le passé, le plus grand mal a été fait par le technocentrisme, c’est à dire le mythe qui ramène tout à la technologie. Ceci a eu pour conséquence de
centrer le débat sur combien d’élèves par ordinateur, combien de logiciels "éducatifs", combien d’établissements connectés à l’Internet, nombre
d’universités reliées par visioconférence, etc.

Et d’autre part cela a mené à des évaluations du genre "soit un cours donné, une classe le fait en
présentiel classique, une autre avec Internet et CD-ROM, quels sont les résultats des élèves dans chaque cas ?" Et de conclure sur le caractère idoine ou non des TIC dans l’éducation, en assumant l’existence de la technologie comme seule variable, le reste étant "égal par ailleurs", alors qu’au moins changent aussi le professeur et les élèves.

La formation des enseignants est la priorité.
Non pas que la recherche en innovation pédagogique et TIC ne soit pas importante, mais elle a produit déjà beaucoup de résultats et l’important maintenant est la
diffusion de ces résultats ainsi que la formation des enseignants.

Par diffusion j’entends non seulement un site Web avec les meilleures innovations, mais aussi des listes de diffusion, et surtout une sorte de Tour de France qui permette d’arriver en présentiel à la très grande majorité des enseignants de ce pays. Ce Tour de France diffuserait les innovations pédagogiques et ferait aussi des ateliers (non pas des cours) où les enseignants apprendraient par la pratique (en faisant) les innovations pédagogiques à mettre en oeuvre dans leurs classes.

A titre d’exemple de ce que j’entends par innovation pédagogique avec les TIC :
http://ccwf.cc.utexas.edu/ jbharris/Virtual-Architecture/
http://www.inrp.fr/lamap/

Les innovations pédagogiques ne nécessitent pas toujours (tant s’en faut) un ordinateur par élève, puisqu’en général elles encouragent le travail en
groupe. Il s’en suit que dans le budget proposé, au maximum la moitié seulement devrait être affecté aux équipements, le reste à la diffusion, la formation, et la recherche.

Finalement, il est essentiel d’être attentifs à la méthode de mise en oeuvre de tout cela. Je propose une méthode très particiative, avec tout d’abord les enseignants qui ont déjà fait des choses, les chercheurs (INRP, CNED, etc), les associations du domaine Education et TIC,... Bref, mobiliser les foules, et veiller à ne pas se mettre à dos les syndicats.

Et y aller peu à peu, en élargissant progressivement le cercle des praticens de l’innovation pédagogique avec les TIC. SV



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