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Première publication : 18 septembre 2001, mise en ligne: mardi 18 septembre 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Ce soir, tout va bien Nous n’habitons pas loin des Tours jumelles, et ce soir tout va bien. Cindy (la mère de Simone) a déposé Simone à l’école ce matin (sur Hudson street) et a vu le premier avion s’écraser sur la tour. Elle est quand même partie travailler, a vu les deux tours s’effondrer depuis la fenêtre de son bureau, et est retournée à l’école pour ramener Simone. Je n’ai pas réussi à la joindre par téléphone durant toute la matinée, pas plus que son école. J’ai finalement eu de ses nouvelles par un e-mail envoyé de son portable. Pour ma part j’ai entendu le vacarme du premier avion depuis mon apartement, puis deux déflagrations séparées. J’ai pensé que ça pouvait être un vol supersonique, mais j’ai jeté un coup d’ ?il à la pendule (8h50 du matin !), et ça m’a semblé plus qu’étrange. Je ne vois pas les Tours de ma fenêtre. Je suis sorti dans la rue un quart d’heure après et j’ai commencé à rencontrer des foules de gens choqués, comme paralysés, qui fixaient le spectacle d’outre-tombe des tours en feu. J’ai foncé récupérer mon vélo et ma caméra digitale et me suis dirigé sur les lieux. j’ai essayé de prendre une image en chemin, et constaté que je n’avais plus de batteries. Alors je suis resté simple spectateur avant de retourner à la maison, où j’ai rechargé le tout. J’ai repris en vélo le chemin du sinistre, mais je me suis arrêté à mi-parcours et j’ai pris exactement UNE photo du drame. C’est à ce moment que j’ai remarqué la chute de corps humains, comme en suspension dans l’air, l’âme rappelée au sol. sans doute plus d’une douzaine de corps. tout le monde autour regardait, figé, l’air de ne pas y croire. La plupart des gens s’en sont allés, ne pouvant en supporter plus. Je suis retourné à l’apartement et j’ai commencé à suivre les infos à la télé, mais l’angoisse est montée, et je suis reparti dans la rue. J’ai alors vu - et ressenti intérieurement- l’effondrement des deux tours. Une impossibilité. L’incrédulité ne définit que faiblement la réaction de la rue à ce moment-là, chacun ayant en conscience les vies humaines qui se trouvaient encore dans les tours. Quelques instants plus tard nous fûmes submergés par une marée de gens et de véhicules qui trainaient dans leur sillage d’épais nuages de poussière fantomatique. je remercie ma bonne étoile d’avoir oublié de recharger mes batteries de caméra : beaucoup ont été atteints par cette poussière-talc, pleine de microscopiques éclats de verre, douloureuse pour la cornée. Hier soir dans la rue j’ai rencontré deux copains réalisateurs qui s’inquiétaient d’un point peu évoqué : ils avaient, il y a quelque temps, réalisé un film au sujet des Tours pour l’Administration du Port de New York, et une de leurs interrogations portait sur la présence éventuelle d’amiante dans les structures des tours. tout ce qu’ils avaient pu apprendre était qu "en principe " l’amiante avait été retirée au début des années 70, mais que c’était impossible à vérifier. Ces amis ont alerté le new-york times, délicatement, histoire de ne pas créer de panique inutile supplémentaire. heureusement (pour moi), la gargantuesque colonne d’épaisse fumée, toujours aussi sombre ce matin, est renvoyée par le vent vers Brooklyn et l’Atlantique, à l’opposé de la zone ou je vis avec Simone. Il est maintenant deux heures du matin, et les alentours de Houston Street sont pleins de d’engins de chantiers, garés à la queue leu-leu dans une file interminable, attendant leur tour d’aller enlever un peu des débris des tours. Il en part un toutes les minutes, dans un vacarme agressif, qui rompt l’étrange silence environnant(la nuit new-yorkaise n’est d’ordinaire pa spécialement calme) avec des reprises de moteur diesel et des " clanging of large metal truck beds bouncing over potholes "( ?). Mais qui pourrait dormir, ce soir ? Mercredi : Manhattan est bouclé en deça de la 14ème rue, comme une zone militaire. Tous les bureaux et commerces en deça de la 14ème rue sont fermés. Les téléphones publics sont gratuits. J’ai du passer par deux check-points pour trouver une épicerie et des journaux (il n’en restait plus dès 7 heures du mat’ !). Il est à peu près impossible d’avoir accès à des infos télévisées : devinez où les opérateurs avaient installé leur relais d’émission (je ne suis pas abonné au cable) ? Tout ce que j’ai réussi à capter hier fut CBS sur le canal 2 (CBS a un répétiteur sur l’Empire State Building), tout le reste était de la neige. Ce matin, le réseau local de télévision en langue espagnole a autorisé ABC à diffuser son signal sur le canal 68, ce qui nous a permis de voir les politiques et les officiels traiter en direct de cette crise. Les officiels du gouvernement, et Bush le premier, devraient s’inspirer du maire de New York, Giuliani qui, quoiqu’atteint d’un cancer, a personnellement organisé la " réponse " de la ville. Il ne s’est pas dégonflé devant l’ampleur du drame, il a pris les devants, ne quittant la zone des tours que 10 minutes avant qu’elles ne s’écroulent, tuant nombre d’individus avec lesquels il venait de s’entretenir. Il a dû s’abriter comme il pouvait dans un immeuble dans lequel il s’est retrouvé coincé par les monceaux de débris. Un peu plus tard à la télé on a pu le voir éloquent, compatissant, clair dans ses explications, aussi rassurant que possible vues les circonstances. Il a su éviter les déclarations langue-de-bois, et les condoléances toutes faites. Il n’a pas non plus tenté de minimiser les peurs et les angoisses : mais plutôt que de les étouffer il a fait entendre la voix de New York, celle de ses meilleurs instincts, de ses meilleurs anges... Il y a quelques minutes j’ai reçu un appel de Sabine, de Berlin, qui voulait s’assurer que tout allait bien. A l’instant de son appel, j’ai senti une odeur acre, pétrochimique. J’ai reposé le téléphone, et foncé fermer les fenêtres de l’apartement. Le vent ramène le nuage de fumée vers le nord, maintenant. L’air a une teinte " dingy ", ce qui m’a déclenché immédiatement une attaque d’asthme - heureusement mineure. C’est quoi la prochaine fois ? David New York, 13 Septembre 2001 Le désastre ne s’arrête pas. J’ai beau regarder la TV encore et encore c’est dur á croire. J’ai passé la journée au telephone avec mes copains. Ils s’en sont tous sortis. Mon meilleur copain travailler juste á coté et quand je l’ai finalement eu au telephone en fin de la journée. il arrivé même pas a parler. Il a pleuré. Tout le pays est completement renversé. Ce qui a changé au niveau zero Depuis mardi matin les New-yorkais ne désignent plus la zone des tours jumelles de Manhattan que comme le " niveau zéro ". Ces deux mots sont devenus notre nouveau point de référence pour nous situer dans l’espace et le temps. Je peux ainsi me définir comme ayant vécu jusqu’au mois dernier dans notre appartement familial situé à seulement sept blocs du " niveau zéro ". Dans nos conversations téléphoniques, des amis me racontent qu’ils ne se trouvaient qu’à un bloc du " niveau zéro " quand le premier avion a frappé et " à deux blocs quand ils ont vu un homme et une femme sauter, main dans la main, du 104e étage ". Avec l’effondrement de nos tours, nous avons perdu plus que nos points de repère et un élément de notre horizon. Nous avons aussi perdu notre géographie de temps de paix. Maintenant il n’y a plus que " proche ou loin du niveau zéro ". Nos agresseurs ont produit un téléfilm digne des studios de Hollywood, dont les effets spéciaux comprenaient l’effondrement de deux symboles majeurs de la puissance américaine, le Pentagone et le World Trade Center, et ils ont porté un coup stratégique contre des intérêts géoéconomiques à New York. Il m’est impossible de les en féliciter Avec leur " basse technologie ", ces attaques ont transformé des avions civils en armes de destruction massive (en fait, des bombes similaires à celles larguées par nos B52 sur l’armée de Saddam Hussein) et tué près de 6 000 personnes. Parmi ces morts, se trouve également la fine fleur des pompiers de la ville de New York. Il en va de même pour les communautés noire et immigrée de Brooklyn et du Bronx : des centaines de travailleurs syndiqués - agents d’entretien et de services, secrétaires, etc. - sont maintenant enterrés dans cette fosse commune que nous appelons niveau zéro. C’étaient des travailleurs américains ordinaires dont nombre étaient membres de syndicats progressistes - des organisations qui étaient à la pointe du combat pour la renaissance d’un mouvement syndical chancelant. Alors que je suis en train d’écrire, des centaines de travailleurs du bâtiment, de pompiers et de volontaires mènent un combat désespéré pour tenter de sauver ne serait-ce qu’un seul de leurs " frères et sours syndiqués ". Je suis en deuil pour notre fraternité brisée. En fin de compte, les raids de mardi ont apporté à la capitale de l’Amérique et à la " Côte de l’or " de Manhattan les mêmes ravages que connaissent depuis des décennies, Sri Lanka, Beyrouth et Jérusalem. Ces attaques de mardi vont sans doute marquer le début d’un long cycle de violence. Le " niveau zéro " était mon quartier et maintenant je crains que jamais nous ne puissions rentrer chez nous, à la maison. Que dire d’autre, si ce n’est " Welcome to Beyrut ". Bienvenue à Beyrouth ! John G. Mason est professeur au département de sciences politiques de William Paterson University (New Jersey) et chercheur au département Europe de New York University (NYU). Cette lettre est parue le 17 Septembre 2001 dans l’Humanité du Lundi. (Traduction : l’Humanité). Michael Moore : mes récentes expériences sur la sécurité dans les aéroports. Chers amis Je devais partir aujourd’hui à 16h30 sur le vol AA de Los Angeles à New York. Mais ce soir, je me retrouve coincé à L.A. avec une incroyable diversité d’émotions sur ce qui est arrivé sur l’ile où j’habite et travaille a New-York. Ma femme et moi avons passé les cinq première heures de la journée - après avoir été réveillés par nos parents à 6h40 heure du Pacifique - à essayer de contacter notre fille à l’école à NY et notre amie JoAnn qui travaille près du World Trade Center. J’ai appelé JoAnn à son bureau. Quelqu’un a répondu alors que la première tour implosait et la personne qui m’a répondu s’est mise à hurler et est partie, me laissant sans aucun signe s’ils étaient morts ou vivants. C’était l’horreur, un jour affreux, malade. Le 27 décembre 1987 je m’étais retrouvé pris au piège dans une attaque terroriste à l’aéroport de Vienne où 30 personnes avaient été tuées, à Vienne et à l’aéroport de Rome. (Les passagers dans ces deux villes avait été mitraillés au même moment). Je n’ais pas envie de parler de ça ce soir car cela me rappelle trop de désespoir et de confusion sur ce qui est de vivre. Une chance, une erreur, quelques pas sur la chaussée et je suis encore là, mais par la grace de qui. Hors de danger, en sécurité. Je suis un américain, vivant en Amérique. J’aime mes illusions. Je passe sous le détecteur, je met mes bagages sur le tapis de machine à rayons X, et je sais que tout ira bien. Voilà juste une courte liste de mes récentes expériences sur la sécurité dans les aéroports : À Newark, l’avion est en retard pour l’embarquement. Mon siège n’apparaît pas sur l’ordinateur. On me dit dont " allez-y, montez " sans ticket ! À Detroit, je ne veux pas mettre le déjeuner que viens d’acheter dans la machine à rayons X, donc, quand je passe sous le portique, je tends le sac au garde dans l’espace entre le portique et la machine à rayons X. Je lui dit " c’est juste un sandwich ". Il me croit et n’a même pas le courage de vérifier. Ce sachet n’est passé par aucun contrôle de sécurité. A LaGuardia, à New York, j’enregistre un bagage mais je décide de prendre un vol plus tard. Le premier avion part sans moi, mais avec ma valise — personne ne sachant ce qu’il y a dedans. De retour à Détroit, je prends mon temps pour sortir de l’avion. Au moment ou je descends la passerelle, le bus qui emène les passagers au terminal est parti sans moi. Je suis tout seul sur la piste, libre de me ballader où je veux, ce que je fais. Finalement, je fais signe à une camionnette et un mécanicien me conduit au terminal. J’ai acheté des couteaux, des rasoirs ; et une fois un compagnon de voyage avait marteau et ciseaux à bois. Personne ne nous a arrêté. Bien sûr, je ne me suis pas inquiété de tout ça car les compagnies aériennes considèrent ma sécurité tellement importante qu’elles payent des vigiles $5,75 (41F) de l’heure à surveiller qu’aucun mauvais garçon ne monte dans mon avion. C’est ce que vaut ma vie — moins que le prix d’une vidange. Trop dur direz-vous ? Bon, lisez ceci : un nouveau pilote à American Eagle (les navettes de American Airlines) est payé autour de $15 000 par an (8700FF/mois). C’est vrai - $15 000 pour la personne qui a votre vie entre ses main. Jusqu’à une date récente, Continental Express payait un tout petit peu plus de $13 000 par an (7600FF/mois). Il y a un gars, un pilote de American Eagle, qui a 4 enfants et qui est allée aux services sociaux et a demandé des bons d’alimentation. Il y avait droit ! Quelqu’un avec l’aide sociale pilote mon avion ? Est-ce la réalité ? Oui, ça l’est. Donc, épargnez moi les discours sur toutes les précautions que les compagnies et la FAA tienent. Comme toutes les autres entreprises, ils sont concernés par une seule chose : la ligne de bas du bilan et la marge de profit. Quatre équipes de 3 à 5 personnes ont pu passer à travers les dispositifs de sécurité au même moment dans 3 aéroports différentes et réaliser ces actes de haine ? Ma seule réponse est - seulement ? Bien sûr les experts sont en plein délire, ne parlant que des menaces terroristes et du plus effrayant des acteurs sur la Terre - Osama ben Laden. Oui, qui sait, peut-être il est responsable. Mais il y a quelque chose qui ne va pas. Est-ce qu’on me demande de croire que ce gars qui dort dans une tente dans le désert a entrainé des pilotes capables de diriger les plus modernes de nos avions avec une telle précision qu’ils ont été capable d’atteindre ces trois cibles sans que personne ne s’apercoive qu’ils étaient totalement en dehors de leur route ? Ou bien me demande-t-on de croire que quatre fanatiques politicaux-religieux comme par hasard pilotes chevronnés qui comme par hasard voulaient se suicider aujourd’hui ? Peut-être on pourrait trouver un pilote de Jumbo Jet voulant mourir pour la cause, mais quatre ? OK, peut-être que ça se trouve, je ne sais pas. Mais ce que je sais c’est que toute la journée j’ai entendu tout sur ce Ben Laden sauf une chose. NOUS avons créé ce monstre connu sous le nom de Osama ben Laden ! Où est-il allé à l’école des terroristes ? A la CIA ! Vous ne me croyez pas, mais j’ai vu un reportage sur MSNBC l’an dernier qui expliquait tout ça. Quand l’Union Soviétique occupait l’Afghanistan, la CIA a entrainé Ben Laden et ses partisans a commettre des actes terroristes contre les forces soviétiques. Et ça a marché ! Les Soviets sont repartis en courant. Ben Laden nous a remercié pour ce qu’on lui a appris et a pensé qu’il pourrait être amusant d’utiliser les mêmes techniques contre nous. Nous avons le terrorisme en horreur — sauf quand nous sommes ceux qui terrorisons. Nous avons payé, entrainé et armé des terroristes au Nicaragua dans les années 80 qui ont tué plus de 30000 civils. C’était NOTRE travail. Vous et moi. Trente milles civils assassinés et qui seulement s’en souvient ? Nous avons financé beaucoup de régimes dictatoriaux qui ont tué beaucoup d’innocents et nous n’avons jamais rien fait pour empêcher ces souffrances. Nous avons rendu tellement d’enfants orphelins, des dizaines de milliers partout dans le monde, grâce à nos terroristes financés par nos impôts (au Chili, au Salvador, au Vietnam, à Gaza) que nous ne devons pas êtres trop surpris que ces orphelins ayant grandi soient un peu dérangés par les horreurs que nous avons aidé à commettre. En plus, notre précédent attentat terroriste à l’intérieur des Etats-Unis n’a pas été commis par un gars du désert mais par nos propres citoyens : un groupe d’ex militaires qui haissent le gouvernement fédéral. Dès la première minute des évènements d’aujourd’hui, je n’ai pas entendu parler de cette possibilité. Pourquoi ? Peut-être parce que c’est mieux si c’est des Arabes. Il faut que les américains se reconnaissent un nouvel ennemi. Et c’est plus facile de déclencher la haine quand l’objet de cette haine ne nous ressemble pas. Les représentants au Congrès et les Sénateurs passent leur journée à réclamer plus d’argent pour l’armée. Un Sénateur sur CNN a même dit qu’il ne veut plus entendre parler de plus de financement pour l’éducation ou la santé publique. Il n’y a plus qu’une seule priorité : notre autodéfense. Irons nous jusqu’au point de réaliser que nous seront en bien meilleure sécurité quand le reste du monde ne vivra pas dans la misère pour que nous puissions porter de belles chaussures de sport ? En tout juste 8 mois, Bush a réussi à faire que la planète entière nous haïsse à nouveau. Il s’est retiré du protocole de Kyoto, a claqué la porte de la conférence contre le racisme de Durban, a insister pour relancer la course aux armements. Vous appelez ça comme vous voulez, mais Bébé Bush les a toutes faites. Les Sénateurs et les Représentants ce sont retrouvé ce soir pour une version improvisés de " God Bless America ". Ils ne sont pas mauvais comme chanteurs ! Oui, Dieu, s’il te plais, que nous soyons bénis. Des familes entières ont été détruites ce soir. Ce n’est pas juste. Ils n’avaient aucune raison de mourir. Si quelqu’un a fait ça contre Bush, ils ont tué des millers de personnes qui n’ont pas voté pour lui ! Boston, New York, Washington, et la Californie, destination des avions - ce sont les endroits qui ont voté CONTRE Bush ! Pourquoi les tuer eux ? Pourquoi tuer n’importe qui ? Quelle folie. Pleurons, ayons de la peine, et quand ce sera le moment, nous pourrons examiner notre contribution au monde injuste dans lequel nous vivons. Il n’a pas besoins d’être comme ça Bien à vous Michael Moore traduction Laurent Pieuchot Michael Moore est le réalisateur de "Roger and me". |
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