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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Du 11 septembre à l’expédition irakienne ... > Les attentats du 11 septembre... > Les attentats du 11 septembre > Débat temps réels : terrorisme, hyperterrorisme.. | |
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Première publication : 18 septembre 2001, mise en ligne: mardi 18 septembre 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Limites du mot " terroriste " Dans les guerres " fort contre faible " (Algérie, Vietnam, Palestine, voire Irak ..., France occupée en 41-44 ...), le fort qualifie régulièrement le faible de " terroriste ", ce qui donne une légitimité morale à son action. Terrorisme : diverses formes de violence politique extrême Alain Joxe avait proposé, en 1996, une typologie des actes de violence extreme. Depuis les années 70, à l’occasion des divers troubles qui ont agité le bassin méditerranéen et touché l’opinion française, le mot terrorisme a été galvaudé, risquant de brouiller les analyses. (...) Si on doit désigner sous le même vocable toutes les activités politiques ayant recours aux violences extrêmes, le terrorisme cesse d’être un concept utile à l’analyse stratégique car il recouvre toutes les actions de force, lesquelles visent toujours à terroriser. (...) L’usage du " terrorisme " comme concept fourre-tout pousse à prendre le symptôme pour la maladie travers dans lequel ne devraient pas tomber les Européens. (...) - les assassinats ciblés de responsables politiques ou militaires. Exemples récents : Itzhak Rabin, premier ministre israélien, Fathi Chkaki, dirigeant du Djihad islamique, Yahya Ayache, artificier de Hamas ; - les prises d’otages libérables sous conditions (actions du Front populaire pour la libération de la Palestine, FPLP, dans les années 70) ; - les attentats contre des soldats en uniforme faisant partie d’armées d’occupation ou d’intervention (comme les actions anti-israéliennes dans le sud du Liban). - les assassinats aveugles de civils sans défense appartenant à une communauté adverse (voitures piégées au Liban, avant 1982, attribués souvent aux Syriens et aux Israéliens) ; - les effets de sièges militaires prenant massivement des populations civiles en otages (comme celui de Beyrouth en 1982 ou celui de Sarajevo). Cette classification permet d’opposer stratégiquement le ciblage précis au ciblage aléatoire, d’une part, le stade de la menace au stade de l’exécution, de l’autre. Seules les opérations de menace ou de massacre (les trois dernières mentionnées ci-dessus) sont des actes indiscriminés, et peuvent être qualifiées de terroristes. (...) L’assassinat politique et la prise d’otage appartiennent, du fait de leur ciblage précis, à un autre type de stratégie que celle de la terreur. Quant aux actions armées contre des unités militaires, elles sont des actes de guerre. L’usage des actions extrêmes a toujours été lié à la lutte (inégale) contre la tyrannie, l’oppression étrangère ou la conquête coloniale. Certes, on peut distinguer, comme le fait Michel Wieworka, le " terrorisme par le haut " et le " terrorisme par le bas " , mais ils sont toujours liés. (...) Alain Joxe. In LE MONDE DIPLOMATIQUE | AVRIL 1996 Hyperterrorisme ? Le texte d’Alain Joxe est très très brillant. Le rappel de la possibilité qu’a le terrorisme d’accéder au pouvoir d’Etat (cas de M. Begin) est bienvenue, ainsi que l’idée selon laquelle le recours au terrorisme est contextuel (plus que lié aux personnes). Il faut en effet une nouvelle catégorie. Quel contenu donner à " hyperterrorisme " ? Parce que : 2. Une particularité très forte de ces attentats est qu’il s’agit de suicides. Y a-t-il déjà eu dans l’histoire un tel " suicide collectif + meurtre de masse " ? Il y a les kamikazes japonais, qui je crois attaquaient en vagues ( ?). Apparemment le cas est très éloignés. Les kamikazes agissaient dans le cadre d’une guerre classique qui s’annonçait perdue. Ils signifiaient leur refus personnel de la défaite, mais ne donnaient pas réellement à leur pays de chances supplémentaires d’accéder à la victoire : ils allaient plutôt se fracasser la tête contre le mur. Beaucoup rataient d’ailleurs le navire qu’ils visaient, et n’étaient que sommairement formés au pilotage ; les avions qu’on leur donnait étaient difficile à gouverner. En fin de compte, ceux qui rataient leur cible comptaient, peut-être, presque autant que ceux qui coulaient un navire américain. Mais n’est ce pas exactement ce qui se passe ici ? Le plan Vigipirate, inefficace en lui-même contre les détournements-suicides, se justifie par le fait que des jeunes pourraient être tentés de suivre l’exemple des commandos - " martyrs " de la côte Est, en bricolant leur propres suicides-massacres dans nos villes et villages. 3. And now what ? La solution court-termiste classique (nécessaire) est de renforcer son bouclier d’une part, désarmer l’ennemi d’autre part (le " mettre hors d’état de nuire " y compris en anéantissant ses forces armées et ses moyens de commandement. Ça n’apparaît pas facile, et de nouveaux missiles de croisière sur l’Afghanistan n’atteindraient aucun de ces deux buts. Agir aux sources de la violence est souvent considérée comme une action de long terme. Peut-être à tort ? Les négociations de Matignon sur la Nlle Calédonie ont été menées et bouclées peu de temps après le massacre d’Ouvéa. FL terrorisme ou guerilla ? Au risque de choquer, il me semble préférable de parler de guerilla à propos des actes qui ont été perpétrés ces dernières années contre les Etats-Unis partout dans le monde. Le terme est plus neutre et plus factuel que terrorisme. Par ailleurs, un guerillero est aussi bien un terroriste qu’un partisan. Il y a eu des théoriciens Arabes de la guerilla à la suite des Chinois et bien avant que les occidentaux ne découvrent cette forme de guerre. C’est, certes, une guerilla de faible intensité. Mais c’est une guerilla remarquable en ce qu’elle a pour théâtre la planète et pour moyen des pratiques fanatiques totalement étrangères à la mentalité occidentale (si étrangères qu’elles répondent même avec une ironie grinçante au concept Américain de " guerre sans morts "). MB Une guerre contre le terrorisme ou contre des terroristes particuliers ? En y repensant, je vois pas mal d’exemples dans l’histoire où des actes autodestructeurs ponctuent la fin d’un conflit (non le début). Serait-ce une catégorie opératoire pour les attentats du 11-09, que de l’imaginer non comme le début d’une nouvelle guerre, mais comme un concentré (qu’on pourrait espérer final) des 54 dernières années de conflit entre les Alliés de 41-45 et le " monde arabo-musulman " (si cette expression a un sens). L’idée est que la guerre dans laquelle se lancent officiellement les USA ne peut être une guerre contre le terrorisme (pas plus que contre la violence, le mensonge, la laideur etc.) mais contre des terroristes particuliers, issus d’un milieu particulier, animés de motivations particulières, etc. Je crois avoir appris qu’en 1917-19 comme en 1943-45, les Présidents américains ont souhaité, tout en écrasant l’adversaire, favoriser l’avènement d’équilibres plus durables que ceux qui avaient donné naissance aux conflits. La volonté de " vengeance " ( ?) de la France contre l’Allemagne en 1919-24, le pillage de l’Europe centrale par les Soviétiques en 45-49, ont contribué à contrecarrer cette vision américaine ( ?). Dans cette perspective, je souhaiterais que les dirigeants américains actuels soient animés d’une vision claire d’équilibres possibles au Proche et Moyen-Orient. FL |
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