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Les infrastructures technologiques ont résisté au choc
Première publication : 18 septembre 2001, mise en ligne: lundi 17 septembre 2001

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De toutes les menaces a la "securite nationale " , c’est probablement les attaques cybernetiques, le "cyberterrorisme ", que les responsables américains de la securité nationale redoutaient le plus.

Depuis quelques années, le scenario d’un " Pearl harbour electronique " hante les esprits des responsables du FBI et du Pentagone. Créée sur l’initiative du Président William Clinton, en 1996, la "President’s Commission on Critical Infrastructure Protection"(PCCIP) est chargée de coordonner la défense des infrastructures américaines vitales (services gouvernementaux, centres de télécommunication, centrales électriques, oléoducs et gazoducs, systèmes bancaires et financiers, transports, centres de traitement des eaux, services de police, hôpitaux et pompiers) face à d’éventuelles attaques physiques et cybernétiques. Le FBI a créé, le 26 février 1998, le "National Infrastructure Protection Center" (NIPC) afin de prévenir, détecter et combattre toute tentative d’attaque cybernétique ou physique menée à l’encontre des infrastructures vitales américaines, un arsenal juridique adapté aux menaces cybernétiques.

Les inspirateurs des attentats du 11 septembre n’ont pas pris pour cible des "infrastructures critiques" : reseaux ou systemes informatiques. Ils ne cherchaient pas à desorganiser l’economie americaine ou a perturber la capacite d’action des forces armées. Ils ont choisi de s’en prendre, de maniere spectaculaire, a des batiments. Avec pour seules armes des couteaux et des cutters.

Ce faisant, ils ont déclenché une crise qui a permis de prendre la mesure de la vulnerabilité des infrastructures technologiques americaines.

Les réseaux de Manhattan partiellement détruits dans l’attaque.

Verizon, l’opérateur téléphonique dominant dans cette zone de New York, admettait mercredi que 80 % du réseau voix et données de l’île de Manhattan était hors service. Un central de la compagnie Verizon était installé au 10e étage d’une des tours du World Trade Center ; il fournissait 40.000 lignes téléphoniques dans l’immeuble. Une bonne partie de l’infrastructure cellulaire du centre de Manhattan a été mise hors d’usage, les tours jumelle abritant des retransmetteurs qui traitaient normalement des millions d’appels chaque jour. Verizon Wireless a perdu dix relais téléphoniques. À New York, les circuits du réseau Sprint qui gère les connexions téléphoniques et internet des entreprises et bureaux situés dans le périmètre du World Trade Center, ont été en partie endommagés. Ils passaient en effet sous les deux tours qui se sont effondrées. Plusieurs chaînes de télévision exploitaient des émetteurs au sommet des tours jumelles et furent incapables de transmettre leurs programmes par voie hertzienne.Un certain nombre d’antennes du réseau téléphonique de l’opérateur Cingular ont explosé suite à l’explosion survenue au Pentagone.

Saturation temporaire des réseaux telephoniques et delestage des appels

Le nombre massif d’appels téléphoniques de personnes tentant de prendre des nouvelles de leurs proches a sévèrement saturé les réseaux de télécommunications aux États-unis. Les compagnies locales ont prié les utilisateurs d’éviter de passer des coups de fil pour donner la priorité aux appels d’urgence. Les operateurs de longue distance comme Sprint et ATT demandaient aux personnes ne se trouvant pas à New York et Washington de limiter leurs appels vers ces deux villes. L’opérateur Verizon a redirigé les stations de base ailleurs dans le pays pour que la ville de New York puisse laisser passer tous les appels effectués intra-muros. Des mesures de délestage ont très vite été mises en place.

Les opérateurs de téléphonie mobile américains ont temporairement coupé certains de leurs réseaux. Les appels depuis les téléphones mobiles partageant en effet une partie des réseaux fixes, il s’agissait de ne pas ajouter à leur surcharge.
Les newyorkais, ne pouvant joindre leurs correspondants avec leurs portables se sont tournés vers les cabines telephoniques, se pressant devant de longues files d’attentes devant les cabines . Pour soulager l’encombrement du réseau,Verizon Communications, principal opérateur de téléphonie locale, a annoncé mardi que les appels seraient gratuits depuis ses 4.000 cabines téléphoniques.

Les opérateurs américains ont demandé à leurs homologues européens de filtrer sévèrement les communications provenant du Vieux Continent. Mardi 11 septembre, entre 17 et 18 heures à Paris (période de pointe pour les appels France-USA), le nombre de communications vers les États-Unis a atteint 500 000 contre 20 000 dans une situation normale. Depuis son centre de supervision des réseaux internationaux de Bagnolet en banlieue parisienne, en relation permanente avec tous ses équivalents dans le monde entier, France Télécom a pris des mesures exceptionnelles de filtrage aléatoire des appels de la France vers les Etats-Unis.

Dès mardi après-midi, les services de téléphonie mobile ont recommencé à fonctionner à Manhattan et Washington mais les opérateurs ont continué à rappeler aux usagers de n’utiliser leurs téléphones qu’à bon escient, afin de laisser des lignes disponibles pour des appels d’urgence.
http://news.zdnet.fr/story/0,,t118-s2095113,00.html

L’infrastructure technique de Wall Street a résisté

15 % de la surface en bureaux du centre de New York, à savoir 15 millions de mètres carrés, ont été touchés directement (effondrement du WTC) ou indirectement par l’acte terroriste.

Les societes de courtage, les grandes banques et les compagnies d’assurances installées dans les tours avaient anticipé la possibilité de catastrophes, naturelles et même terroristes. (On se souvient que lors de l’incendie du siège du Crédit Lyonnais, une salle de marché de secours avait été réactivée en quelques heures). De fait, les institutions financieres disposent de systèmes qui répliquent de façon automatique et en temps réel les données clients ou transactionnelles dans plusieurs endroits éloignés .<

Les places boursières de New York disposaient de systèmes de sauvegarde en temps réel de toutes les opérations et de réseaux redondants. Dans le cas du Nasdaq, le coeur du réseau d’échanges se situe dans le Connecticut. Les bureaux du New York Board of Trade (matières premières) ont été intégralement détruits mais les salariés avaient pu être évacués : les opérations pourront reprendre à partir du centre de sauvegarde de Long Island City.
Le bâtiment annexe dénommé " 7 World Trade Center " hebergeait des bureaux de la Securities Exchange Commission. La SEC a reconnu la perte d’archives, principalement les dossiers d’introductions en Bourse de la fin des années 1990. Des agences fédérales et des cabinets d’avocats seraient également dans la même situation.

Internet a partiellement suppléé aux déficiences du réseau téléphonique.

Les lignes de téléphone étant surchargées, de nombreux Américains se sont tournés vers l’Internet pour tenir informer leurs amis et famille par e-mail. L’Internet a permis aux New-Yorkais à rester en liaison les uns avec les autres et avec le reste du monde.
Le réseau Internet a bien résisté.

>Même si Internet utilise les mêmes réseaux que les communications vocales, le trafic des données s’écoule très différemment en empruntant des routeurs et non des commutateurs. Ces routeurs sont beaucoup plus nombreux et utilisent plus efficacement la capacité du réseau. D’autre part, les e-mails envoyés sont stockés sur un serveur pour que le destinataire les lise lorsqu’il est disponible.

Les serveurs web encombrés

De nombreux sites Web d’information ont été saturés dans les heures qui ont suivi les attentats. CNN.com a vu son trafic culminer à neuf millions de pages vues dans l’heure qui a suivi l’événement, alors que le site de la chaîne d’information enregistre d’ordinaire 11 millions de pages vues par jour.

L’"accessibilité" moyenne de tous les sites Internet n’aurait perdu que 8 %, passant de 96 à 88 % environ une heure après le début des attentats, rapporte Matrix.net, société spécialisée dans les audiences Web. Selon l’indice KB40 de la société Keynote Systems, qui mesure la performance de 40 sites clés d’entreprises et de médias aux États-Unis, le temps de réponse des sites Web composant l’indice est passé de 5 à 12,9 secondes immédiatement après les attaques. Ce sont les sites de médias qui ont été les plus touchés par l’augmentation du trafic.
CNN.Com, NYTimes.Com et ABCNEW.Com ont été inaccessibles de 9h à 10h en raison de la trop forte demande d’accès. Le site MSNBC.com, contrôlé par Microsoft Corp. et par la chaîne télévisée NBC, filiale de General Electric Co., a vu son trafic multiplié par dix par rapport à sa moyenne quotidienne habituelle de trois millions de visiteurs uniques. Les sites des réseaux télévisés ABCNews.com et FoxNews.com étaient eux aussi à leur capacité maximale.

Pour faire face à ce flot de connexions, la plupart des plates-formes ont Les parades ont consisté d’abord à alléger les pages d’accueil : reduction du nombre de graphiques et d’images interactives, concentration sur les informations textuelles.

Ensuite les hébergeurs ont augmenté le nombre de serveurs pour les sites surchargés. Enfin, les pages les plus demandées d’un site, en l’occurrence hier celles concernant l’actualité des attentats, ont été chargées sur des serveurs dits de " cache " rendant leur accès plus rapide.

Les moteurs de recherche ont naturellement enregistré une activité importante. Témoins des questions et des inquiétudes du public, sur les divers outils permettant d’épier les mots clés utilisés sur certains moteurs, on notait une forte récurrence des mots et expressions World Trade Center, cnnnews, oklahoma bombing history, live news broadcast, federal sky marshal, twintowers, aviation statistics, Boeing, bin laden, New York Map, nostradamus, Psalm

Vulnérabilités cybernétiques et défense des infrastructures informationnelles américaines Keynote Systems



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