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Première publication : 26 mai 2002, mise en ligne: dimanche 26 mai 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Les élections municipales de 2001, malgré les 20 % d’electeurs-internautes et les 60 000 listes en lice, n’ont pas donné lieu à une floraison de sites de campagne. La presse a largement commenté le faible nombre de sites, la piètre qualité des sites existants, leur caractère faiblement interactif, le manque d’implication des candidats dans l’animation de leurs propres sites. Désormais, la presse nationale mais aussi régionale, commente et comparent les sites Internet, évalue leur pauvreté ou leur inventivité. Les journalistes vont directement sur les sites au lieu de demander les programmes aux chargés de communication des candidats. Ils se rendent sur les forums des candidats pour y humer l’état d’esprit : ils émaillent leurs articles de messages échangés sur les forums ou dans les \" chats \". Peu de sites, au final, si on les rapporte au nombre de listes. Des sites dans l’ensemble assez médiocres. Des webmestres désabusés, faute de moyens ou de soutien des candidats... Des candidats qui admettent qu’ils ont fait un site pour faire un site, mais, qu’a leurs yeux \" un bon tract vaut mieux qu’un clic \". Le cadre juridique des sites de campagne était, de plus, incertain. Un certain nombre de candidats ont hésité à ouvrir ou rechigné à investir dans les sites de campagne, ne sachant pas, au juste, comment ce type de dépenses seraient comptabilisées dans leurs comptes de campagne. Le plafonnement des dépenses de campagnes aurait pu pousser les trésoriers de campagne à recourir a Internet pour comprimer certains postes de dépenses traditionnels (impression, mailings). C’est en fait un raisonnement inverse qui semble avoir été tenu : pour maintenir leur budget en dessous du plafond, les candidats ont fait l’impasse sur Internet, ou ne lui ont consacré qu’un budget modeste. Jusqu\’à lésiner sur l’achat d’un nom de domaine propre (35% des cas, selon netpolitique) et sur l’hébergement : 20% des sites de campagne ont eu recours à un hebergeur gratuit et 15% a un hébergement semi-payant (hébergement compris dans l’abonnement du fournisseur d’accès). On ne saura jamais le nombre de sites de campagne ouverts à l\’occasion de cette campagne, car la plupart d\’entre eux n\’ont pas jugé utile de se référencer auprès des annuaires comme Yahoo ou auprès des portails politiques, notamment auprès de France-elections.net. Ce dernier n’en a recensé que 451. A quelques exceptions notables, notamment à Paris, Internet a occupé une place relativement mineure dans le dispositif de campagne des candidats en lice. La presse - et singulièrement, la presse régionale - a largement commenté et comparé les sites des candidats Nombre de candidats se sont demandés quelle \" plus-value électorale \" pouvait leur apporter la mise en place d’un site. En parcourant la presse nationale et la presse régionale (celle qui compte le plus pour eux), ils ont découvert que celle-ci rendait compte des sites de campagne comme d’évènements à part entière de la campagne, comparant les contenus, les styles, l’interactivité. Commentant l’absence des uns, le conformisme ou l’inventivité des autres. A titre d’exemple, cet article du Télégramme de Brest. \" A droite ou à gauche de la photo une série de liens, toujours à peu près les mêmes : bilan, programme, échos de campagne, réunions, forum. Bref, on ne peut pas dire que les sites de campagne brillent par leur originalité. ... Mais trêve de sévérité, ces élections municipales, c’est un peu l’an un de la cybercampagne. Soyons indulgents parce que les sites sont souvent réalisés avec les moyens du bord par des bénévoles. De I’indulgence, c’est notamment ce que demande le directeur de campagne de Yannick Marzin, candidat de l’opposition à Brest. \" Notre site est peu en retard \" mais, promis, il sera original. On attend de voir. Le site de son adversaire socialiste est lui en ligne depuis un mois \". Ou celui-ci, extrait de la Charente Libre. \" A Angoulême, les sites de Jean-Claude Viollet et de Philippe Mottet sont de loin les plus soignés. Identiques sur le fond, différents sur la forme, reste à savoir maintenant lequel des deux sera le plus efficace... Jean-Claude Viollet privilégie l’originalité, la modernité et la proximité. Il donne le ton dès la page d’accueil. \"Faut que ça bouge\", et pour cause, son site bouge. Un petit clic magique et le site entier se met à vibrer. ... Philippe Mottet pour sa part reste dans un registre très classique. Une petite dédicace en première page, sous l’édito, qu’il faudrait d’ailleurs lire à la loupe tant la typographie est minuscule, et un regard légèrement hagard sur la photo qu’il partage avec une femme qui se gratte l’oreille... Que du naturel. En revanche, rien à redire sur l’interactivité. Le maire sortant a bien compris le potentiel de ce nouveau moyen de propagande. ... Le site de Guy Branchut, candidat PS aux cantonales à La Rochefoucauld et aux municipales à Brie est la preuve qu’à la campagne on peut être branché et même très branché. L’esthétique y est efficace.. \". Les portails politiques n’ont pas démontré leur utilité Ces élections ont suscité la naissance d’une vingtaine de \" portails politiques\". Sans doute convient-il de distinguer parmi ces portails politiques Quelles que soient leurs motivations, ces portails politiques proposaient sensiblement à peu près tous le même type d’informations : revues de presse, revue des sondages, résultats des élections précédentes, cadre juridique et financement des campagnes, parfois des interviews de personnalités politiques, parfois des forums de discussion. C’est à dire, pour l’essentiel, des informations qu’on trouvait sur les sites des médias (nationaux et régionaux) et des organismes de sondages. La valeur ajoutée de ces sites etait donc plutôt faible par rapport aux rubriques \" élections municipales \" des médias. Seul France-elections.net assurait un service original avec le recensement des sites de campagne. Bien que la presse ait tres largement mentionné leurs URL, les portails politiques ont enregistré des fréquentations modestes. Le Monde cite le chiffre de 3 500 visites quotidiennes pour politique.org ou francemunicipales2001.com. Quant aux sites qui proposaient des prestations aux candidats, ils ont enregistré tres peu de commandes. Francedelib.fr a déposé son bilan après n’avoir vendu qu’un seul site, francemunicipales2001.com en aurait vendu une dizaine et politique.org un peu plus de 70. Les internautes ont suivi la campagne à travers les sites des médias C’est vers les sites Internet des journaux et des chaînes de télévision que les internautes se sont tournés pour suivre la campagne. Tous avaient mis en place des rubriques \" municipales et cantonales \". Tous ces sites ont connu un regain de fréquentation le soir des élections, avec la publication en temps réel des résultats. Selon l’enquête Cybermetrie de Mediametrie, le site du Parisien a vu sa fréquentation augmenter de 25,6 % au mois de mars, passant de 607 000 visites en février à 762 000. Celle du site du journal Le Monde.fr a bondi de 17,2 %, pour franchir la barre des 3 millions de visites. Lefigaro.fr affichait 929 890 visites en mars. La fréquentation du site de France 2 a progressé de 11% , pour atteindre 1,53 million visites, celle de et France3.fr 15,9 %, (568 000 visites). Tf1.fr affichait, en mars, une fréquentation de 5,73 millions de visites, soit un gain de plus de 700 000 visites par rapport au mois de février. Les résultats complets des élections absents d\’Internet Les militants ou les citoyens curieux qui se connectaient aux sites institutionnels du PS, de DL ou de l\’UDF, pour connaître l\’analyse que ces partis faisaient des résultats du premier tour ont dû être déçus. Exception notable : le site du RPR diffusait dès minuit le communiqué de Michèle Alliot-Marie. Seuls les sites des grands quotidiens nationaux et régionaux ont pris la peine de mettre quelques résultats en ligne : mille scrutins sur le site du Monde (sur 36 000 communes), une carte de France avec une trentaine de villes sur celui de Libération, l\’agglomération bordelaise sur celui de Sud-Ouest... Les résultats complets ont été réservés aux éditions imprimées. Au Ministère de l\’intérieur, qui centralise sur ses ordinateurs les résultats saisis directement dans les préfectures, on a pressé quelques CD-ROM envoyés aux quotidiens et aux agences de presse. Le Ministère de l’Intérieur faisait valoir que la loi Informatique et libertés interdit de publier le nom des élus dans les communes de moins de 3500 habitants. Selon l\’article 31, \" il est interdit de mettre ou conserver en mémoire informatique, sauf accord exprès de l\’intéressé, des données nominatives qui, directement ou indirectement, font apparaître les opinions politiques des personnes.\" Au regard de cette loi, le ministère de l\’intérieur n\’etait donc pas en mesure dimanche 11 mars de donner le nom des élus pour les communes de moins de 3 500 habitants. En effet, dans ces petites circonscriptions, les électeurs peuvent panacher les listes de candidats, rayer certains noms et en ajouter d\’autres. Un individu anonyme peut donc se retrouver sur une liste - et donc en position éligible - sans même avoir fait acte de candidature (l\’intéressé peut évidemment refuser son siège s\’il est élu). Par respect pour l\’anonymat de ces personnes, le ministère s’est donc contenté de publier \" les résultats politiques non nominatifs d\’ensemble, ainsi que les informations concernant les personnalités \". Parmi les 36 000 communes de France, près de 32 000 sont dans ce cas. Ce problème ne se pose pas pour les communes dont la population dépasse les 3 500 habitants puisque les listes sont fixes et les candidats se sont tous déclarés publiquement. Compte tenu de l’incertitude juridique, la plupart des sites de campagne étaient fermés ou en berne le jour du scrutin. Tres peu d’entre eux ont rouvert, à minuit, pour publier les résultats. Heureuses exceptions : les sites de Seguin, et de Delanoé, publiaient au soir du second tour, les résultats complets et détaillés, arrondissement par arrondissement, et ce, dès 1 heure du matin. Les sites nationaux des partis quasi-absents de la campagne Les élections municipales sont locales. Il n’en reste pas moins que les sites institutionnels des partis politiques peuvent jouer un rôle dans le dispositif de campagne. Au moins trois. Le premier, c’est de faciliter la mise en contact des internautes avec les sites de campagne locaux par la mise en place d’un répertoire. A gauche, c’est le site France-elections.org qui a tenu lieu de portail de la gauche plurielle. Il référençait 250 sites de la gauche plurielle. Il n’y avait pas d’équivalent à droite. La mise en place d’un tel répertoire n’allait pas de soi, il est vrai, pour les municipales. On retrouve ici un problème plus général : les partis politiques ne recensent pas - ou mal- les sites fédéraux ou locaux (sections, cellules). Le second, c’est la publication des résultats. Le soir des élections, les états-majors collectent les résultats, parallèlement aux opérations de centralisation des résultats effectués par le ministère de l’intérieur, les agences de presse ou les médias, mais ils ne les diffusent pas sur leur site. (Le site national du PS avait établi, les 11 et 18 mars, un lien avec celui de France 2). Le troisième, à défaut, de publication des résultats eux-mêmes (qu’on trouve ailleurs), c’est le commentaire des résultats. Pour ce qui est du Parti socialiste, il a fallu attendre de tres longues heures pour trouver sur le site du PS un premier commentaire, assez bref, des résultats du second tour, François Hollande. Peu de conflits sur les noms de domaines On sait, depuis les élections américaines et un certain nombre d’affaires, largement médiatisées que le piratage des noms de domaines n’est pas réservé au seul secteur commercial (avec le cybersquatting des marques). Il y a, dans le domaine politique, deux types de noms de domaines qui revêtent une importance. • Le patronyme des candidats On a recensé peu de cas d’enregistrement du nom d’un candidat par un adversaire. • Les noms de domaine du type ville-2001. A Rennes, les adresses Rennes2001.com et Rennes2001. org avaient été déposées par la liste conduite par Loïck Lebrun. A contrario, Rennes2001.net avait été déposé par la liste rivale, Rennes Ensemble du maire sortant Edmond Hervé. Au registre des opérations douteuses, on mentionnera le dépôt du nom de domaine \" emancipez-paris.com \" avant que Balladur, imprévoyant, n’ait pris soin de le déposer lui même. Autre cas, tout aussi douteux : la création du site www.mairiedeparis.com. Lancé en mai, il propose interviews des candidats, sondages en ligne et autres forums. On retrouve derrière ces deux opérations semi-politiques, semi-promotionnelles, la patte de l’équipe de l’Enchanteur des médias. Controverses inter-sites : certains candidats ont utilisé leurs sites de manière offensive Le Monde du 3 mars rapportait qu’a Strasbourg, la campagne des municipales se jouait par sites interposés. \" Les principaux candidats se renvoient la balle sur Internet avec force pamphlets et petites phrases. Dans la capitale alsacienne plus qu\’ailleurs, les candidats aux municipales se livrent bataille via leurs sites Internet, et ne mâchent pas leurs mots \" A Montbelliard, le site de Pierre Moscovici adressait une lettre ouverte à son concurrent sur ses relations avec l\’extrême droite. IL proposait un regard sur la période 1995-2000 intitulée \" six ans d\’abandon des quartiers \" et les graphiques de la dette de la Ville. Un des épisodes de la campagne parisienne fut la publication sur le site de Seguin d’une estimation budgetaire du cout (jugé exorbitant) du programme de Bertrand Delanoé. Bertrand Delanoé fit observer, sur son site, que l’equipe de Seguin avait confondu un texte des socialistes parisiens avec le programme de Bertrand delanoé. Les technologies de l’information, levier de l’action municipale
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