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Aprés le CIADT ... Débat TemPS réels-Décembre 2001
Première publication : 5 janvier 2002, mise en ligne: samedi 5 janvier 2002

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La confusion la plus folle règne sur le concept creux de "haut débit"

J’ai rarement vu dossier aussi complexe...après avoir bataillé ferme pendant presque 4 ans sur ce sujet dans une zone a priori exclue (le Limousin), encore ébahi par l’ampleur de la tâche, je vous livre mes modestes impressions, au retour du front...

-  La confusion la plus folle règne sur le concept creux de "haut débit" :

bien des gens mélangent "accès", avec les différentes échelles de réseaux (longue distance, collecte, boucle locale) ; Plus encore, élus et techniciens ont fini par confondre "haut débit" et "valeur d’usage" : tout serait soluble dans l’accès haut débit (au diable la mobilité, la sécurité, la forfaitisation des coûts, mais aussi l’intérêt d’une offre diversifiée sur un territoire, le niveau de pression commerciale locale, la présence d’équipes techniques ou pas, etc). Pendant ce temps, c’est le SMS qui décolle :)

-  On examine de la même façon des problématiques qui n’ont rien de commun : l’objectif est-il de réduire le manque de compétitivité du Massif Central, ou de rendre plus compétitif encore une ville de 300 000 habitants ? comment rendre l’un et l’autre conciliables ?

-  IP est l’ami des territoires...pas les télécoms :

En France comme ailleurs, le modèle national de déploiement des télécoms ne profite pas aux zones éloignées du centre. Jean-Miche Planche (ex-Oléane, maintenant Witbe et président de la Fing) explique bien mieux que moi comment Internet aurait pu profiter aux économies locales (avec davantage de GIX dans les régions, en maintenant davantage de flux IP au niveau local, etc), mais qu’en faisant de l’IP sur des réseaux jacobins, on a loupé cette occasion. Dans le monde IP, je me connecte au réseau et ça lui donne de la valeur, dans le monde télécom plus je suis loin du centre, moins j’intéresse les autres.

-  J’aimerais tellement croire au scénario de "l’après Ciadt"...mais pour l’heure je m’intéresse surtout à des approches communautaires, "buissonnières", des projets malins, WLan, etc. Ces projets sont plus proches des logiques locales, adaptés aux besoins, évolutifs, etc.

-  Pour obtenir un mouvement d’ensemble (tout en évitant le syndrome Plan Câble), il faudrait à la fois que l’Etat donne le "la", et que les acteurs locaux connaissent leurs objectifs...on n’en est pas là :) On ne revient pas en 6 mois sur 30 ans d’histoire télécom.VS

Fantasme ou chimère, il en va pour les élus de l’égalité républicaine sur le territoire

L’Etat a été le grand absent de ce débat ces trois dernières années, les chargés de missions des SGAR n’ont pris leur fonction au mieux il y a 6 mois : pendant ce temps, à travers le CPER et le DOCUP, on a assisté des débats surréalistes dans ma région sur :

-  l’opportunité ou non de créer un réseau parallèle avec quels financements ? Selon quel modèle juridique (art.17 de la loi Voynet) ? Avec quelle clé de répartition entre collectivité (communes, agglomérations,départements, région) ?

-  à exploiter ou non ce réseau pour les besoins propres des "structures publiques" (Etat, collectivités propres et services annexes, associations...) ou au contraire à l’étendre à tous les citoyens ;

-  à ne couvrir par le truchement de ce réseau QUE les zones d’ombres (là où les opérateurs privés ne viendraient pas économiquement) ou au contraire à tenter de doubler le réseau existant de FT, parce que plus rentable et susceptible de financer en partie les zones d’ombres ?

A défaut d’un ministère pour les TIC, on a pu assister a une multiplication de réseaux parallèles (Education-Recherche, Santé, ADER...), avec une répartition de crédits en soupoudrage, alors que dans mon département on espérait une mutualisation des "tuyaux" et une ouverture aux collectivités et services annexes.

2) on ne peut pas empêcher les élus locaux qui ont connu et ont eu a subir les effets de la politique d’aménagement du territoire, vue depuis 1945 par les filtres parisiens, (en clair, qui ont raté : les aéroports civils, les gares TGV, les universités, les autoroutes...) de ne pas vouloir rater ce-coup ci, l’ere du numérique.

Fantasme ou chimère, il en va pour eux de l’égalité républicaine sur le territoire, de l’équité entre territoire et de cette interrogation que j’ai entendue il y a trois ans : "je ne sais pas j’attirerai des entreprises et retiendrai les habitants candidats au départ avec des "haut debits", comme on a pu les attirer avec le train ou la route... mais ce que je sais, c’est que s’il n’y avait pas eu de train ou de route, ils ne seraient jamais venus !"

Le débat posé en ces termes d’aménagement du territoire me paraît être une nécessité politique et socialiste, si on ne veut pas créer une France a deux vitesses : les villes, métropoles ou mégalopoles bien servies et... les réserves d’indiens où il fait bon passer ses vacances, mais où on n’imagine pas venir travailler.

3) le haut-débit proprement dit, ici, on dit le bon débit, car la question doit inévitablement être couplée avec les tarifs (il ne suffit pas que j’ai le débit que je cherche, encore faut il qu’il soit "achetable" !)

Dans mon département, où FT déploie l’ADSL sur les 15 plus grosses communes, on aimerait que les chefs lieux de cantons puissent en disposer, que les collèges puissent en disposer, que les familles des collégiens puissent en disposer chez elles.

Que faire ?

-  Comme nos amis du Tarn, créer et posséder un réseau de fibres optiques en propres de 300 km sur la voirie départementale, puis le louer aux opérateurs,

-  Ou bien tenter d’augmenter le taux d’équipement des foyers et augmenter le type d’usage dans les collèges (reliés chacun avec une LL à 1 Mbit) afin d’attirer les opérateurs et rendre plus attractif (économiquement parlant) le territoire

En fait, pour bien faire, il faudrait faire les deux... Mais si l’Etat ne participe ni a l’un, ni a l’autre c’est un peu lourd pour une collectivité avec 1,4 Millard de budget PL

le point sur la mise en oeuvre des décisions du CIADT du 9 juillet 2001

* Achèvement de la couverture territoriale en téléphonie mobile d’ici trois ans

Circulaire de mise en oeuvre envoyée aux préfets - 30 novembre 2001 http://www.internet.gouv.fr/francais/textesref/ciadt2001/circupref.htm

* Mise en oeuvre du déploiement d’infrastructures à haut-débit sur cinqans par la Caisse des dépôts et consignations (fichier .pdf 1.5 MB) http://www.internet.gouv.fr/francais/textesref/ciadt2001/hdcdc.pdf

* Lancement par l’Autorité de régulation des télécommunications d’une consultation publique sur les conditions d’utilisation des fréquences aujourd’hui attribuées aux réseaux locaux radioélectriques pour la fourniture de l’accès à Internet haut débit dans les lieux publics - http://www.art-telecom.fr/communiques/communiques/2001/44-2001.htm

Circulaire de mise en oeuvre envoyée aux préfets

Le point sur Internet.gouv


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