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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Vers un Etat en réseau > Administration electronique > Administration électronique. Politique et technique. A propos du rapport Carcenac | |
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Première publication : 25 septembre 2001, mise en ligne: mardi 25 septembre 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le rapport Carcenac, " pour une administration électronique citoyenne " marque une etape. Il innove dans la maniere dont il articule le politique ( le registre des fins) et la technique (le registre des moyens). Thierry Carcenac , député et élu local, ne craint pas de s’aventurer dans la technique. A toutes les etapes du raisonnement et des propositions, il propose des options et des scenarios (comme les bons rapports de consultants). Et propose de retenir une option. En expliquant pourquoi. Politisation des enjeux : il y a plusieurs conceptions de la reforme de l’etat Le rapport s’ouvre sur une tentative de politiser les questions de la reforme de l’etat, generalement considérées comme relevant de l’intendance ("l’administration des choses "). - " Si le thème de l’administration électronique et, au-delà, celui de la société de l’information tout entière, est apparu jusqu’ici consensuel jusqu’à se vider de tout contenu politique, il est temps de mettre ces nouveaux outils au service d’une vision de l’État qui ne soit ni naïve, ni minimaliste ". Il n’y a pas, nous dit il en substance, une " best way " de la modernisation de l’administration, mais au moins deux approches. Politiser, c’est proposer des choix, tracer des lignes de partage. • " Les nouvelles attentes et les nouvelles possibilités en matière de production et de distribution des services publics appellent en effet un choix politique : • ou bien l’État doit-il confier au secteur privé la fourniture de ces services (dans la logique du " coffre fort électronique " où à terme, la gestion du dossier médical, fiscal, bancaire, etc. serait fournie par le privé) dans une perspective du " moins " d’Etat ? " Pour agir efficacement, il faut entrer, s’immerger dans la technique Le rapport dégage des axes clairs de modernisation. Avec des etapes. •La première étape est réalisée : il s’agissait la mise en place d’un site portail et d’outils de messagerie électronique, d’information ou d’échange. • La deuxième étape est planifiée pour l’année 2001 : la mise en place de téléprocédures , sans modification importante des processus de traitement des données télétransmises. • La troisième étape, intermédiaire mais capitale, sera de profiter des potentialités offertes par les réseaux pour redéfinir, en profondeur, les processus et les traitements de données au sein de l’administration. Cette étape fera vraisemblablement apparaître les avantages d’une nouvelle configuration du travail centrée sur la transversalité et le travail en équipe, afin de pouvoir répondre de manière rapide et personnalisée aux attentes du citoyen - et aux besoins des administrations. • Une fois cette étape intermédiaire réalisée (et il ne faut pas sous-estimer la difficulté de sa mise en œuvre), l’on pourra la généraliser d’une transversalité à l’intérieur d’une administration centrale à une véritable transversalité entre les administrations Le rapport va assez loin dans le détail des processus (l’articulation back et front office), les competences requises (profils d’informaticiens), les techniques (XML, description des données). Le plan du rapport distingue : Et les données personnelles ? Les propositions du rapport Carcenac supposent un haut niveau d’integration des données entre services. Pour ameliorer le service au guichet (front office), il faut que les back-offices communiquent entre eux et partagent leurs données. Cela va bien au dela de l’interconnexion des fichiers ( comme pour l’interconnexion entre fichiers fiscaux et sociaux, via le NIR ....). Face aux projets de Bercy, la CNIL avait, on s’en souvient, introduit des limites tres restrictives a l’usage du NIR. " Uniquement pour vérifier et certifier l’identité et l’adresse des contribuables ". o L’utilisation par l’administration fiscale du NIR doit rester exceptionnelle o Ce numéro ne peut servir d’ identifiant fiscal unique, comme le souhaitait le ministère. o Le ministere continuera d’utiliser le SPI ( identifiant fiscal par contribuable) , un numéro aléatoire dont les chiffres, à la différence de ceux du numéro de Sécurité sociale, ne donnent aucune indication sur le titulaire. Avec le numéro de Sécurité sociale, l’administration va pouvoir recouper ses données et attribuer à chaque contribuable un numéro SPI unique, qui sera l’instrument de communication entre eux. C’est ce numéro que les mille trois cents centres des impôts (CDI) utiliseront après l’avoir reçu des centres régionaux informatiques (CRI). Seules l’administration centrale et les seize CRI - qui ne seront plus que six en 2003 - auront accès au numéro de Sécurité sociale o Chaque fois que Bercy souhaitera utiliser le numéro de " Sécu " hors du cadre ainsi défini, il lui faudra en demander l’autorisation à la CNIL. Cette " administration electronique " souleve des questions extraordinairement aigues au regard de la protection des données personnelles.. Jusqu’ou va t on dans le " partage des données " ? Le rapport Carcenac nous confronte a un arbitrage difficile entre l’amelioration du service rendu (via le guichet unique) et la protection de la vie privée. " Cela doit se faire dans la transparence, en garantissant les libertés mais en profitant pleinement de la technologie. Cela nécessitera vraisemblablement une réflexion sur l’adaptation des textes réglementaires (loi informatique et liberté) aux évolutions technologiques, ainsi que l’ont initiée la Suède et le Royaume-Uni. Il faudra sans doute aller vers une CNIL plus forte, mais aussi plus souple et, peut-être, bénéficiant de relais locaux. " Si on va dans cette direction, il faut remettre a plat quelques principes fondateurs de la loi de 1978 (et que la CNIL, c’est son role, defend aujourd’hui pied a pied). Cette remise a plat ne concernerait que les seuls services de l’etat. (Ce qui va à l’encontre des evolutions recentes, qui tendent a rapprocher le regime de la protection des données personnelles dans l’administration et le secteur commercial). Si on s’engage dans cette direction, il faudrait mettre en place, en contrepartie de cette transparence accrue des " administrés " , d’autres mecanismes de regulation, plus decentralisés.... Peut etre faudrait il reflechir a la designation de responsables "protection des donnees personnelles " dans les administrations, au niveau des directions, mais aussi des services . Un peu sur le modele allemand. Et les Logiciels libres ? Le rapport Carcenac etait tres attendu sur la question : Faut il légiférer pour imposer l’usage des logiciels libres et/ou des standards ouverts au sein des administrations, comme le suggeraient les senateurs Laffitte - Trégouët - Cabanel " et les députés Le Déaut - Paul - Cohen - Bloche . Le rapport Carcenac conclut qu’un acte législatif n’est pas necessaire. Cette prise de position déçoit l’AFUL. Voici la reponse que lui a fait Bruno Mannoni (le rapporteur de la Mission Carcenac). sur le forum.... Le rapport de Thierry Carcenac préconise que le gouvernement valide ces propositions. Si tel était le cas, ces propositions deviendraient des directives du Premier ministre qui s’imposent à l’ensemble des départements ministériels. En interne à l’administration, les directives du Premier ministre, ont, excusez moi du jeu de mot, force de loi. http://www.internet.gouv.fr/forumhtml/Vforum/8/forum.html Contribution de l’association des informaticiens de langue Française ( sur le forum de discussion du rapport Carcenac) Nous partageons la conviction qu’une ré-invention des processus administratifs est nécessaire pour que notre pays dispose d’une administration efficace au service de ces citoyens. 1. L’infrastructure de télécommunications 2. Une administration proposant des services en réseau. 3. Les procédures de partage de l’information 4. La contrepartie due au citoyen 5. Carte SESAM Vitale 2 Association des informaticiens de langue française. 60 milliards de francs ? Dans son rapport au 1re ministre Thiery Carcenac cite les dépenses des états européens en matière de TIC " Les trois pays de l’UE qui dépensent le Je suis étonné par le montant de ces dépenses, Je suppose que c’est un investissement annuel même si ce n’est pas précisé. Où sont investis d’aprés vous ces 60 milliards de francs / an ? Les chiffres cités, selon moi (j’insiste, selon moi) n’ont aucun sens précis. Nous n’avons pas de comptabilité analytique des dépenses publiques suffisamment fines pour en extraire des statistiques de consommation de crédits applicables à ce que nous pensons, Internet et ses usages. Tout est mélangé et sert surtout aux effets d’annonces. Aucune évaluation de résultats n’est par ailleurs disponible. Enfin, les données nationales ne sont pas comparables d’un pays à l’autre. Bref, nous en sommes au Moyen Age en matière de transparence du budget public. Il en est (presque) de même concernant les dépenses de recherche-développement dans le domaine scientifique Ce chiffre est a rapprocher d’un autre, communiqué par le Syntec. |
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