Temps Réels Nous contacter Qui sommes-nous ? Observatoire des usages politiques et militants de l'internet
Nous rejoindre Lettre de Temps Réels
Dossiers et débats Liens
Positions et propositions Plan du site
   
# Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > Technologies de l’information et développement > Technologies de l’information et développement
 
 
# DANS LA MEME RUBRIQUE :
# Niger : des radios solaires au profit d’une communauté
# Réduction de la fracture numérique Nord/Sud (projet de mémo)
Technologies de l’information et développement
Première publication : 5 mars 2002, mise en ligne: mardi 5 mars 2002

Imprimer cet article | Cet article au format PDF

Pistes

a) Le VECAM et plusieurs organsations issues de la société civile ont formulé toute une serie de propositions lors du sommet du G8 www.vecam.org/dotforce.htm

b) l y a aussi le projet de taxe sur les noms de domaine
http://www.assises.sgdg.org/2000/preparation-assises00/contribs/MichelElie-at4.html

c) L’AFD finance des projets de développement.
http://www.afd.fr/projets/index.cfm.
Il n’est pas impossible que ceux-ci comprennent des équipements TIC. A condition de trouver l’ingénierie
nécessaire pour les monter. Dans le même ordre d’idée, les accords de Lomé permettent en principe la même chose, avec des financements européens.

d) Voir aussi ce rapport.
http://www.assemblee-nat.fr/rap-info/i3283.asp
Un extrait .
"À son terme, le projet devrait avoir permis la formation de 265 formateurs par la tenue de 21 séminaires, l’organisation de 48 stages en France et de 85 missions d’experts français au Sud. Il aura par ailleurs contribué à la dotation en matériel informatique et en documentation d’une quinzaine d’établissements africains et permis la création d’un véritable réseau de partage de compétences, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Intervenant dans un domaine où sont réunies les conditions d’une aide efficace (libéralisation effective, opérateurs dynamiques, demande solvable), le réseau a vocation à se développer, à l’issue du projet, sur les ressources propres des établissements partenaires."

TIC et santé publique

Il faut se poser la question de l’amélioration possible de la santé publique dans les PVD, pour laquelle internet peut avoir un rôle (en terme de rapidité de réaction lors du développement d’épidémies ou de catastrophes locales, mais aussi de façon plus générale pour l’accès aux médicaments -depuis que l’article 31 des accords ADPICs a montré son efficacité-). Le rapport Sachs/Cohen est sur ce point éclairant :
http://www3.who.int/whosis/cmh/cmh_report/e/report.cfm ?path=cmh,cmh_report&language=french TGV

Développement logiciel et développement

Les pays du sud peuvent mobiliser leur intelligence sur la production de logiciels. Pourquoi ne pas proposer un grand plan d’aide et de soutien de partenariat entre la France, l’Europe et les pays du sud en matière de nouvelles technologies.

Cela me gène aux entournures que l’on revendique une machine pour 5 élèves en France et que l’on ne soit pas revendicatif pour que les technologies soient au profit des plus déshérités de la planète également. (Je ne suis pas complétement naif, un brun utopiste ).

Comment faire en sorte que de la richesse immatérielle soit produite dans les pays du sud ?

Clairement, produire au sud pour vendre au nord.
Autrement dit, le développement logiciel est possible. Un africain informaticien en Europe ou aux amériques est tout aussi capable qu’un informaticien en Afrique. Cependant, en Afrique, le développement logiciel existe à la marge.Je ne détaille pas.

Une programmation ambitieuse de transfert de développements informatiques est nécessaire en s’appuyant sur des centres d’informatiques à créer ou développer. Malheureusement, on peut citer des amorces, mais bien faibles.

Comment faire pour que les pays d’Afrique gagnent de l’argent avec des développements logiciels. Voilà une question qu’il faut peut-être se poser. AJ

Le Sud paye un lourd tribut en licences logicielles

Gagner de l’argent par l’informatique serait une bonne chose. Mais il faudrait surtout qu’elle commence par ne pas en perdre. A l’heure actuelle, les pays africains qui s’informatisent depensent une fortune en devises fortes pour acquerir des licences logicielles. Et plus elle developpereont une industrie informatique, plus le co^ut des licences sera eleve (en raison d’une intensification de la lutte contre le piratage).
Si je suis d’accord avec la suggestion d’AJ pour developper ce type d’industrie, qui demande peu d’infrastructure et d’investissement, il me semble neammoins necessaire de commencer par le commencement en leur donnant une independance technique et economique par les deploiment de l’usage des logiciels libres.

Et il faut aussi plus de bande passante Internet accessible facilement et a un prix raisonnable.

J’ai des collaborations a ce sujet avec des pays africains (Tunisie et Maroc), essentiellement a leurs frais, ce qui prouve qu’ils sont tres demandeurs.

Le logiciel libre est un moyen d’aider ces pays de facon significative sans que cela nous coute beaucoup ... et de nous aider nous memes par la meme occasion.

A cet egard, et pour generaliser, le deploiment de la creation et de l’acces a des ressources libres, ressources pedagogiques, ressources scientifiques, logiciels, etc ... devrait etre un theme majeur d’un sommet de la Francophonie ... car c’est sans doute l’une des facons les plus efficace de defendre la francophonie en etant reellement utile a ces pays.
Je me demande si ce theme est meme effleure au prochain sommet, ou si l’on aura droit une fois de plus a de la masturbation diplomatique. BL

Pillage de cerveaux...

La ressource première est le cerveau. C’est lui qui produit la connaissance, ou le logiciel. Les pays ont peu de très bons cerveaux (excusez cette instrumentalisation délibéré, car ce sont en fait des êtres humains, et non de simples ressources). Les sélectionner et les éduquer coûte cher.

Le fait est que - brevet ou pas brevet - il est relativement facile de les voler en les attirant avec des salaires ou des conditions de travail supérieurs. C’est par exemple beaucoup plus facile pour un pays comme les USA qui ne se donne pas la peine d’éduquer décemment sa propre population, et préfère utiliser l’argent au bénéfice des plus riches (en montant leurs salaires) et des laboratoires. Ils peuvent ainsi voler les meilleurs cerveaux dans les autres pays (notamment l’Inde). Une fois émigrés, gratuitement, ces mêmes cerveaux produisent des résultats, des techniques ou des programmes qui eux restent confinés au bénéfice de l’économie d’accueil ... et leurs pays d’origine doivent payer des licences s’ils veulent pouvoir utiliser ces connaissances dont ils ont contribué à former la source.

A coté de cela, il y a ce mythe que, grâce au brevet, les petits ou les pays en développement vont développer des techniques qui leur rapporteront de l’argent et leur permettront de rattraper les grands. C’est oublier que les autres ont aussi des brevets pour les bloquer, bien plus, et qu’ils feront tout pour que le flux financier aille dans le sens habituel. Historiquement, le brevet favorise les économies les mieux installées, de même qu’il favorise généralement les grands groupes au détriment des PME (même s’il existe, bien naturellement, des contre-exemples ponctuels). Cela est confirmé par diverses études économiques, et il n’en existe pas à ma connaissance qui aient des conclusions contraires

Les logiciels libres leur permettraient une indépendance technologique en leur offrant d’acquérir par la connaissance complète des outils un véritable savoir technique et une réelle maîtrise de ces outils. Ces pays ont ainsi les moyens d’offrir, au moins en ce qui concerne les logiciels informatiques, les meilleurs outils à leurs ingénieurs, et ils ont donc un peu plus de chance de les garder. Ils peuvent aussi développer une activité informatique locale, fondée sur la main d’oeuvre locale, sans se saigner au niveau du commerce extérieur pour payer des licences en devises fortes. Je sais que la Tunisie, par exemple, est extrèmement sensible à cet argument, car elle dispose de plus de compétences que de devises.
Certains pays bien plus avancés ne s’y trompent pas : Brésil, Chine, Corée, ... Les associations d’utilisateurs de Linux commencent à fleurir en Afrique. Et cette évolution est soutenue par l’Unesco.
Je pense que cette autonomie technique est infiniment plus profitable à ces pays que des soutiens financiers artificiels fondés sur une quelconque taxe ou licence dont la mise en place me parait plus que problématique. La meilleure façon d’aider un pays est de développer son économie et d’être tout bêtement son client. BL

TIC et microcrédit

Certains opposent l’aide classique via l’aide publique au développement et le micro-crédit, réputé plus "libéral".

Ce n’est pas forcément pertinent, je pense quant à moi
que les deux approches sont complémentaires, l’APD touchant plus les grands équipements, le micro-crédit, comme son nom l’indique, des initiatives très déconcentrées.

Ci-dessous quelques chiffres sur ce qu’on me dit qu’on peut faire, via le micro-crédit (je n’ai pas vérifié), et en quoi les TIC sont un outil pertinent pour cela ; ils ne
sont pas énormes au regard des populations concernées, mais le processus est assez récent, les chiffres en valeur absolue sont tout de même considérables...et il faut bien commencer par qqchose.

"7000 institutions de microfinance (IMF) touchent plus de 20 millions de personnes dans le monde. Au Bangladesh la Grameen Bank seule touche plus de 2,5 millions de personnes, en 20 ans, 30% de ces clients sont sortis de la pauvrete, 30 autres sont en train de sortir de la plus grande pauvrete grace a l’action de la Banque.

Les TIC sont un instrument fondamental facilitant le
developpement de la microfinance. Quelques exemples d’utilisation des TIC :

• Le palm pilot par exemple permet a des centaines d’agents de credit de SKS Microcredit, une institution de microfinance indienne, de tenir avec precision les
comptes de chacun de leur client.

• Internet permet a AlAmana une IMF touchant plus de
60 000 personnes au Maroc de tenir ses comptes en temps reel entre ses 80 agences decentralisees

• PlaNet Finance a forme plus de 600 professionnels de la microfinance dans 80 pays grace a une plateforme de formation en ligne http://www.planetfinance.org/

La microfinance finance de nombreux projets, deux exemples de projets lies au TIC

• Grameen Bank au Bangladesh proposent des microcredits a des femmes empruntant pour louer des telephones portables que sous loue a des clientes dans leur village
• Dans de nombreux pays d’Afrique les institutions
de microfinance participent à la mise en place de télécentres ou de cybercafés." TGV

Limites du microcredit ...

Les nouvelles technologies et l’aide aux pays du sud afin de les aider à gérer le micro-crédit, pourquoi pas. Il faut certes des projets très terre à terre et pragmatiques.
Cela étant, les systèmes de tontines, renommés micro-crédits, ont des limites et des effets pervers.
La principale caractéristique de ces systèmes est l’aide au démarrage de petites structures de type commercial, achat en petites quantité, revente en petite quantité, réalisation d’une plus value limité qui permet une survivance. Ces systèmes s’appuient sur les femmes le plus souvent et favorisent le petit commerce, les restaurants de rue, etc. Cela n’est pas exempt d’effets pervers. Dans les villes africaines vous pouvez les observer dans le développement des télécentres (téléphone, fax, Internet). L’explosion de ces centres, dont beaucoup financés par la micro-finance, ont abouti à une concurrence acharnée qui va parfois jusqu’à la vente à perte pour pouvoir dégager un petit chiffre d’affaire à même de rembourser des emprunts. Sur les moyens et longs termes, l’explosion de l’offre émiette la faible richesse de consommation sans créer une classe moyenne (dont on sait bien que c’est un des problèmes de l’Afrique puisque cette classe moyenne s’appauvrit et ne peut plus envoyer ses enfants dans le système éducatif). Bref, la micro-finance permet des survies individuelles mais ne permet pas un afflux de richesses de l’extérieur. Pour être caricatural, la micro-finance permet de répartir la misère. Elle ne permet pas aux pays d’inverser les tendances de dépendances par rapport aux pays riches puisque les balances économiques sont toujours déficitaires en notre profit. AJ

Projet de taxe sur les noms de domaine.
http://www.assises.sgdg.org/2000/preparation-assises00/contribs/MichelElie-at4.html

"La taxation des noms de domaines a un caractère essentiellement pragmatique, pour faire face au court terme : c’est un moyen réalisable rapidement, pourvu qu’on le veuille, d’obtenir des moyens nécessaires à aider à un développement plus équitable de l’internet dont on peut exiger qu’ils soient gérés par un organisme dans lequel le pouvoir de décision soit confié à ceux dont les besoins sont les plus grands. Les déséquilibres sont considérables et s’amplifient de jour en jour.
Cette proposition ne cherche pas à se substituer à la vision de l’internet comme un véritable service public au niveau mondial ou à un éventuel changement des modalités et responsabilités d’attribution des noms de domaines ; au cas où ces changements se produirait il faudrait bien sûr la remettre en harmonie avec les nouvelles dispositions, voire la supprimer.
Néanmoins il semble réaliste de penser que ces objectifs ne seront pas atteints rapidement.
La taxation des noms de domaine (ou le prélèvement d’une contribution solidaire sur les revenus qu’en tirent les registrars habilités, ceux-là même qui faisaient l’objet de l’article " je suis un voleur " de Laurent Chemla) n’est pas une alternative. Elle n’aurait évidemment pas non plus l’impact de la taxe Tobin (un autre projet de " taxe " bien plus important qui apparemment est défendu par beaucoup de ceux qui s’opposent à la taxe sur les noms de domaines...). Mais elle peut être une façon pragmatique de progresser, de disposer de moyens financiers non négligeables pour alimenter un " fonds de l’internet équitable " et aussi un moyen d’apprendre à s’organiser sur le plan international pour le gérer. Ce fonds permettrait de soutenir des projets et des actions visant à réduire le " fossé numérique " et à promouvoir certains usages de l’internet à forte plus value sociale, culturelle ou citoyenne pour lesquelles il est très difficile aujourd’hui de trouver des financements, en France et a fortiori dans les pays du Sud.
Les noms de domaines sont la seule variable de l’internet qui puisse être suivie avec un certain degré de transparence à travers le réseau des registrars et des obligations qui leur sont données par l’ICANN. La mise en place et la collecte de la taxe peut se faire simplement en utilisant les structures existantes à coût minimum. Son montant peut être déterminé en fonction de 3 paramètres, à l’occasion du renouvellement annuel de l’enregistrement du nom de domaine :
- activité commerciale ou non du titulaire
- chiffre d’affaire ou budget de l’année écoulée
- chiffre d’affaire en commerce électronique

Il me semble qu’un montant plancher très bas (moins de 5 euros) devrait être appliqué à tous les noms de domaines, pour signifier que la solidarité concerne chacun et qu’ensuite une contribution supplémentaire serait prélévée selon une grille faisant intervenir les paramètres ci-dessus. Le rendement de la taxe serait évidemment largement dépendant de cette grille.
Le dernier chiffre de Network Wizzard évalue à près de 126 millions le nombre de hôtes effectivement accessibles sur internet (il inclut les domaines de 2è niveau comme .asso.fr et de troisième niveau, mais n’inclut pas les noms de domaine réservés mais non utilisés ; l’ICANN devrait pouvoir fournir le nombre de noms de domaines et sous domaines attribués).
Il pourrait d’ailleurs être prévu de supprimer cette taxe le jour où sera mise en place au niveau international une véritable politique publique de gestion des biens publics incluant celle des noms de domaines. Le débat sur l’opportunité de cette taxe et ses modalités d’application doit nécessairement être étendu à d’autres pays du Nord et surtout aux pays du Sud dans certains desquels, à l’heure actuelle, des entreprises privées telles que Cisco sont en train de prendre la tête des opérations de " réduction de la fracture numérique ", à leur manière (avec d’ailleurs l’appui d’organisations internationales...). La taxe (ou contribution solidaire) sur les noms de domaine n’est pas une panacée ce n’est qu’une proposition parmi d’autres, mais qui peut être mise en oeuvre concrètement dans un délai court, s’il y a la volonté de le faire.Michel Elie"


Propositions Vecam pour dotforce G8



Imprimer cet article | Cet article au format PDF

 

* *

[Retour à la page d'accueil]