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Débat temPS réels : Gauche unie, gauche plurielle, coup de barre à gauche ?
Première publication : 29 avril 2002, mise en ligne: lundi 29 avril 2002

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L’ancrage du PS au centre ...

La décision des français de ce jour, la décision du Premier Ministre de ce soir annonçant son retrait de la vie politique, imposent que chacun prenne ses responsabilités. Le Parti Socialiste dans sa gouvernance et ses options a échoué. Prenons en acte.

Une base politique crédible et compréhensible doit émerger dans les tous prochains jours avant les élections législatives.

Rien ne doit être écarté. L’Ex Ceres de Jean-Pierre Chevennement doit redevenir ce qu’il était dans le Parti Socialiste. Les approches modernistes de la candidate des Radicaux de Gauche doivent nous inspirer.
Il faut un homme porteur des idées de gauche à la tête du Parti Socialiste. A J.

Autoflagellation

Je nous trouve bien prompts à renier notre bilan,
pour ma part je le trouve plutôt bon, en tout cas positif et pas du tout désastreux.
L’auto flagellation n’est ni nécessaire, ni adaptée à cette période difficile, et pré législative. Seule la droite et l’extrême droite ont intérêt à faire croire que la france a besoin d’être redressée (ou sauvée).
Regardons un peu autour de nous.. AC

Reconstruire une politique de gauche

L’autre résultat de ce premier tour est que la droite parlementaire a fondu comme peau de chagrin. Reconstruire une politique de gauche et gagner les législatives est à notre portée. Nous sommes sérieux et crédibles dans le pays.

Enfin il faut s’interroger sur le maintien de l’élection du président de la république au suffrage universel direct et le retour au texte original de la constitution de 1958 avant sa modification par le referendum de 1962. L’institution présidentielle a beaucoup perdu de son prestige. C’était l’ambition de Lionel Jospin d’enrayer son déclin. Malheureusement sur ce point l’histoire nous a rattrapés et il n’est pas certain qu’il soit maintenant possible de revenir en arrière et d’effacer de la mémoire des Français les ravages institutionnels de ce premier tour.PC

La faute des autres ?

Il est quand même frappant de constater que lorsqu’un échec touche le Parti Socialiste, une première réaction de défense consiste toujours à considérer que si nous avons échoué, c’est la faute des autres, et la liste est longue.

Depuis cinq ans, c’est en fait une approche constante de la majorité du parti qui considère que tout est fait correctement et qu’il n’y a de toute façon pas d’alternative. En conséquence de quoi, toute discussion, remise en cause du vent dominant, est systématiquement mise au pilori et est accusé de faire le jeu de nos adversaires.

Cela étant les électeurs ont choisi. On peut accuser qui on veut de tous les maux mais c’est un fait, les électeurs de gauche se sont dipersés sur de
possibles contestations qui signifiaient suffisamment le non PC et le non PS.

Pourquoi ne pas envisager d’admettre que collectivement nous nous sommes peut être trompés et qu’il n’est peut être pas aussi stupide de se demander si pour une fois ce n’est pas par déficit d’options plus gauchisantes. Mon sentiment, malheureusement je ne dois pas être le seul à l’éprouver, est que nous avons eu une orientation qui s’approche du centre.

Il n’y a pas d’issue aux mises en cause systématiques de Chevenement. Il est électoralement nécessaire de retrouver la voie d’une gauche forte. Que cela plaise à moi ou aux autres ne changent rien. Chevenement occupe une sensibilité à gauche et elle est nécessaire.
Madame Taubira a eu bien souvent des positions bien plus à gauche que notre candidat. J’ai parfois honte de le dire.

Il reste 6 semaines pour mobiliser à gauche. Si nous n’acceptons pas l’idée que nous avons pu commettre des erreurs alors nous ne rendons pas service à la République.

Le paradoxe est bien là, ceux qui pensent que le gouvernement a fait tout ce qu’il fallait portent une part de responsabilité. Ceux qui pensaient que cela n’allait pas et qui le disait du bout des lèvres, ont accepté le réalisme politique de ne pas mettre en cause trop fort une stratégie et une politique et de fait portent aussi leur part. Tous, nous sommes donc responsables de la situation. AJ

Lutter contre la mondialisation libérale. Mais comment ?

Ceux qui expliquent dans notre parti qu’il aurait fallu des orientations plus gauchisantes doivent aller jusqu’au bout, pour garantir la bonne tenue
du débat démocratique.

Soit il s’agit d’adopter un look de gauche pour les législatives en rajoutant à toutes les lignes les mots " ouvriers ", " service public " ou " social ", et cela signifie alors qu’on se préparer simplement à un discours d’opposition, sans relation avec l’intégrité et l’esprit de responsabilité qui doit guider une formation qui prétend mener des politiques publiques, et pas seulement se donner bonne conscience.

Soit il s’agit de dire clairement quelles sont les mesures qu’ils auraient fallu prendre autrement au gouvernement, et alors là il faut aller jusqu’au bout.

• On peut discuter de la pertinence de la baisse de l’IR ou de la suppression de la vignette. Au total, ce n’est pas cela qui aurait changé en profondeur les choses.

• Qu’aurait-il fallu faire lors des licenciements de Danone, de Moulinex ou autres ? Voter une loi interdisant les licenciements ?

• Décreter le refus de l’économie de marché, prendre un décret de
nationalisation ?

• Appeler les français à manifester pour refuser la censure du conseil constitutionnel sur les quelques mesures un peu restrictives contre les plans sociaux ?

• Qu’aurait-il fallu faire avec les 35 heures. Renoncer à la loi car nous savions trés bien, vu la faiblesse du mouvement social et syndical, que des entreprises l’utiliseraient pour bloquer les salaires et annualiser le temps de travail ? Réglementer encore plus au risque de pousser d’autres entreprises à l’asphyxie économique ?

• Qu’aurait-il fallu faire avec les profits financiers ?
Monter les taxes et impôts sur les sociétés ?
Augmenter le SMIC de 30% ?
Décréter la fermeture des frontières pour enmpêcher les délocalisations qui
en découleraient naturellement ?

• Qu’aurait-il fallu faire avec les services publics ?
Injecter massivement de l’argent dans l’école, la SNCF, la Poste, l’hôpital, etc. ? Oui, mais alors le prendre où ?
Monter les impôts ?
Renoncer aux emplois-jeunes ?
Renoncer à l’allocation autonomie ?
S’attaquer aux gaspillages dans la fonction publique au risque de mettre le feu à tous les corporatismes qui existent là aussi (eh oui !) ?
Supprimer tous ces investissements dans la recherche (2 milliards de Francs pour le synchotron Soleil !), la culture, les infrastructures, l’environnement... qu nous tiennent à coeur pour préparer l’avenir mais ne parlent pas au " peuple " des précaires et des ouvriers ?

Oui, nous sommes nombreux à vouloir lutter contre la mondialisation libérale. Mais comment ?

Une assemblée générale de la fédération de Paris sans élan ...

Très belle intervention de Delanoé, dont j’ignorais le talent d’orateur. Mais pour le reste, assez décevant, et sans souffle ... et cela m’inquiète. Leitmotiv : il faut deposer un bulletin Chirac dans lénveloppe le 5 mai. Fort bien ... mais cela reste court comme discours ... Pas de vision, pas assez d’enthousiasme pour des
législative qui sont totalement à la portée de la gauche, si l’on en manifeste la volonté. Trop de discours qui mettent en cause les autres composantes de la majorité plurielle, alors qu’elles ont dans l’ensemble jouée honorablement leur rôle. Pas une voix pour exprimer amitié et fraternité au parti communiste qui a beaucoup donné et paie plus chèrement que tout autre sa loyauté et les erreurs de cette élection. Des remarques sur le PC, inutiles et manquant singulièrement de compassion à un moment où la gauche doit faire bloc.

Non, les orateurs ont trop eu tendance à repousser la responsabilité sur le simple éparpillement des voix et sur les autres partis de gauche et de la majorité plurielle, à considérer le PS comme le centre de toute chose. C’est pourtant cette attitude qui est la source même de l’éparpillement. C’est oublier que les voix qui ont manqué à Lionel Jospin sont allées surtout chez Laguillier et Besancenot. C’est avec la majorité plurielle qu’il faut faire front, et je léspère la LCR. Mais cela a fort peu été dit, sauf par une jeune femme appartenant apparemment au conseil national du PS, pratiquement la seule à rappeler que nous devons tout à la majorité plurielle.

Tout cela restait sans élan ..

Sans élan ? Pas d’accord...

C’est vrai qu’il n’y avait pas énormément de souffle. Mais honnêtement, dans ces circonstances, comment avoir le coeur à des grandes interventions lyriques, sinon pour dire qu’il faut battre Le Pen a tout prix ?

Pas d’accord sur sur les interventions tendant à chercher une solution illusoire dans la recherche d’accord avec la LCR et Besancenot. S’il y a un effort à faire pour mieux prendre en compte l’exaspération sociale dans notre projet (on peut discuter des propositions d’Emmanuelli, mais elles méritent débat), il serait mortifère de se décentrer vers l’extrême-gauche (je n’imagine même pas que l’on pense à LO ou Glusckstein), pour de multiples raisons

• Ne refaisons pas l’erreur du Parti travailliste anglais à la fin des années 70/début 80’s, quand son positionnement gauchisant a ouvert un boulevard à plus de 10 ans de régressions sociales terribles de Thatcher, face à une gauche aussi virulente qu’impuissante. Il serait ironique que les contempteurs actuels les plus vigoureux de Tony Blair préparent sans le vouloir le terrain pour le social-libéralisme de demain !

• Pourquoi la LCR plutôt que Taubira ou Chevènement ? S’il s’agit de courir aprés 4% de voix de gauche, on les trouve aussi bien là que chez Besançenot. Et qu’on ne vienne pas me dire que la LCR représente une sociologie plus à gauche que les deux autres : chacun peut constater dans son entourage que le vote Besançenot est largement à l’image de la sociologie petite-bourgeoise, avec énormément d’enseignants, de fonctionnaires et de jeunes étudiants. Ce qui n’a aucune forme d’indignité. J’appartiens un peu à cette catégorie sociale et suis un citoyen aussi respectable qu’un autre.

Mais s’il s’agit de chercher les formations populaires, on ne peut que constater, hélas, qu’aucun parti ne structure aujourd’hui de façon nationale les plus faibles de notre société. Quand au vote, encore plus hélas, il suffit de lire les analyses... Inutile d’en rajouter

• On ne peut passer à la trappe les réalisations de la gauche plurielle, qui nous a quand même permis de remonter la pente depuis 1993, de gagner en 1997 et de gouverner plus qu’honorablement pendant cinq ans. Ou alors, il faut l’expliquer que le bilan du gouvernement Jospin n’est pas différent ce celui qu’aurait été le gouvernement Juppé. Mais alors, là, c’est directement chez LO qu’il faut aller !

Dès lors, le problème n’est pas de remplacer la gauche plurielle par une " gauche unie "’ qui ne serait qu’un cartel électoral sans fond. Unie sur quoi ? Vous imaginez la palte-forme de synthèse sur la politique de sécurité entre les positions de Dray, de Vaillant de Mamère et de Besançenot ?

La formule de 1997 a vécu. C’est évident.
Nénamoins, la démarche de rassemblement de la gauche est toujours d’actualité, mais elle ne peut s’opérer sur la base d’un décentrage vers l’extrême-gauche.

• On ne reconstruira rien, même en vue des législatives, avec un PS qui se recroquevillerait sur de sois-disantes racines identitaires, avec la défense du secteur public comme colonne vertébrale. Ne nous voilons pas la façe : si les lecteurs protestaires attendent des services publics plus efficaces, nous savons trés bien que de rajouter des postes ne résoudra pas par enchantement les problèmes. On l’a vu avec les écoles et collèges de la seine saint-denis, qui ont été inondés de création postes depuis quatre ans : pour quel résultat ? OR

Une nouvelle synthèse entre la réponse à une souffrance et l’accompagnement des nouvelles demandes sociales

Je ne suis pas étonné de la qualité des propos de Delanoe tels que lesrapportent BL et d’autres. Delanoé a remporté l’élection dans une ville de droite et permis à Paris de résister le 21 avril. Il le doit, me semble-t-il, à une présence de terrain, à une certaine proximité des élus, à un travail en profondeur avec les associations.

Pas nécessairement à un discours " de gauche " au sens où l’on essaie aujourd’hui, dans nos rangs, de réinstaller cette échelle immobile à une seule dimension : mais à une confiance vis à vis des citoyens et des initiatives, à une écoute.

Toute notre difficulté d’aujourd’hui consiste à imaginer une nouvelle synthèse entre la réponse à une souffrance et une frustration sociale profondes d’un coté, et de l’autre, l’accompagnement de nouvelles demandes sociales d’autonomie, d’initiative, de création, de transparence... Nous en sommes loin.

Personne (à ma connaissance) n’a la recette. Le face à face actuel entre les technocrates et les " traditionnalistes " de la gauche n’est pas très productif pour l’instant. Mais c’est par là que passe le (long) chemin. DK

Une assemblée générale décevante ...

J’avoue être sortie de cette réunion atterrée. Comment
est-il possible que tant de responsables socialistes n’aient rien compris au vote de dimanche ? Comment peut-on se contenter de l’expliquer par de simples erreurs de communications ?

Je suis scandalisée que certains nous expliquent que nous avions le meilleur projet, le meilleur candidat, et que notre échec est dû à la bêtise des électeurs. Si notre seule conclusion est qu’il faut changer le peuple, je pense que nous sommes mal partis pour la suite.

N’oublions pas que l’échec de dimanche avait été précédé de plusieurs signes annonciateurs, notamment les résultats des dernières municipales. Par ailleurs, l’abstention, en particulier dans l’électorat de gauche, ne date pas d’aujourd’hui.

Nous devons tenir compte de ce que les électeurs nous ont dit dimanche. Quand le candidat de LCR arrive à réunir 4,5 % en quinze jours de campagne, nous devons réagir autrement qu’en traitant ses électeurs de gauchistes irresponsables. Qui sont les électeurs de Besancenot sinon des fonctionnaires qui n’ont pas voulu voter Jospin au premier tour. Il ne s’agit évidemment pas de courir après l’extrême-gauche, mais de comprendre qu’on ne peut pas demander aux électeurs de gauche de voter socialiste tout en leur tenant un discours ambigu sur les retraites, sur les salaires ou sur le service public. Il est urgent de clarifier tout cela.

Personnellement, je ne vois vraiment pas comment nous pourrions gagner les législatives sans afficher clairement une position de gauche sur ces différents points.

Et surtout, cessons de nous prendre pour des élites éclairées face au bas peuple qui ne comprend rien à rien. AC

Plus à gauche, moins à gauche ? Comme s’il n’y avait qu’une seule échelle, une seule dimension !

La gauche doit désormais tirer toutes les leçons et les conséquences, de cette déroute qu’elle a mérité. Pas à cause de son bilan, qui est plutot bon, mais à cause de son incapacité absolue à proposer un
projet, à incarner ou susciter un désir.

Cette dérive technocratique que j’avais (pas seul !) soulignée il y a quelque temps, cette insensibilité du candidat aux alternatives et au mouvement social, cet archaisme (certes partagé) dans le management politique, nous coutent non seulement une place
au second tour, mais aussi une victoire que les électeurs désiraient visiblement au début de la campagne. Ce n’est, à mon avis, pas une question
de réglage du curseur, plus à gauche, moins à gauche - comme s’il n’y avait qu’une seule échelle, une seule dimension !

Je suis convaincu qu’il y avait une sortie par le haut du piège du tout-sécuritaire, en présentant un projet entrainant qui tienne compte de la vitalité comme de la dureté du local, du social, de l’économique même. DK

Plus à gauche, moins au centre ? Mais ça veut dire quoi au juste ? Nous voulons gouverner et pour cela il faut être fort et sûr de soi -ce qui ne veut pas dire se croire supérieur ni se comporter en dominateur-, sûr de ses valeurs, sûrs de ses ambitions, sûrs de ses choix politiques et économiques. Ne laissons pas cela aux autres. Arrêtons l’auto flagellation si typique et si agaçante. MB

Tectonique des claques

On ne peut pas accepter la théorie de l’alternance nécessaire pour que les français se rappellent ce qu’est la droite. C’est irresponsable ....car des français souffrent tous les jours de leurs conditions de vie.
Nous devons gagner. Nous pouvons gagner. Nous gagnerons.

Arrêtons la tectonique des claques entre le PRG et le PS et construisons cette nouvelle gauche que les français attendent depuis si longtemps. BP

Je ne suis pas sur qu’il faille vouloir courir derrière les attentes des électeurs.

D’abord parce que, selon moi, ce qui a le plus coûté à Lionel Jospin, c’est le système électoral à deux tours. On peut penser que nombre de ceux qui ont
voté pour l’extrême-gauche, pour Taubira, pour Chevènement ou pour les Verts
auraient voté Jospin au second tour. Ca n’est donc pas une réelle désaffection pour le candidat et on peut se demander si le score n’aurait pas été différent avec un scrutin uninominal à un tour.

Ensuite parce qu’il n’y a rien à gagner à tenir artificiellement des discours qu’on ne mettra pas en oeuvre après avoir gagné les élections. Une
des grandes qualités de Lionel Jospin aura été de dire ce qu’il fait et faire ce qu’il dit (pas toujours mais presque...). Il me paraît illusoire de sortir de cet état d’esprit pour essayer de cajoler les électeurs.

La droite a aussi été souvent déroutée par les scores du FN qui pouvaient la mettre dans l’embarras ou lui faire perdre des circonscriptions ; pourtant, je pense qu’on s’accordera à dire qu’il aurait été électoralement suicidaire pour le RPR ou l’UDF de vouloir limiter la progression du FN en reprenant ses thèmes. Comme dit Le Pen, les électeurs préfèrent l’original à la copie.
Quant aux électeurs qui ont des positions plus modérées, cela les ferait fuir.

Maintenant, on peut aussi penser que, sur le fond, la politique menée par le gouvernement au cours de ces 5 dernières années était mauvaise (trop à droite, pas assez sécuritaire...). Ce n’est pas mon opinion (à quelques réserves près) et c’est pour cette raison que j’ai voté Jospin au premier tour. Tout n’était pas parfait, certes, mais pas au point de me faire oublier un bilan bien réel pour adopter le programme illusoire d’un autre. OR

Moi, j’aimais bien la majorité plurielle.

Je voudrais ajouter que, quoi que l’on pense des autres composantes de la gauche, les électeurs n’ont pas voté au hasard. Et si les voix se sont porté ailleurs, c’est aussi la manifestation que quelque chose
manquait. Je l’avais moi-même ressenti, dans mes propres combats. Je ne suis pas tout à fait sûr que cela ait été dit comme cela aurait du l’être.
La majorité plurielle va s’appeler " majorité unie ". Changement de nom. Est-ce bien utile ? Moi, j’aimais bien la majorité plurielle. Cela avait un coté démocratique, ouvert, imaginatif, dynamique. Le nouveau nom fait utilitaire et fermé. On peut être pluriel et uni. BL

Cessons d’avoir honte d’être nous mêmes.

De grâce, oui, arrêtons avec ces " plus à gauche " et " moins au centre " incantatoires, stériles, inutiles, blessants, et sans autres lendemains que ceux de la droite la plus dure alliée à la droite la plus extrême.

Vous croyez qu’un(e) bénéficiaire de la CMU en a quelque chose à faire de ce genre de gouvernail idéologique ?

Il faudra montrer que oui, nous avons travaillé pour les plus humbles, les plus démunis, sans omettre toutefois de le faire dans le nécessaire respect du supportable pour ne pas casser notre incroyable -et indispensable !-dynamisme économique

Il faudra rappeler aux Rmistes, souvent électeurs de Le Pen parce qu’ils se croient " abandonnés " que c’est à la gauche qu’ils doivent cette indemnité -insuffisante, bien sûr !- et qu’avec la droite clientéliste ce sont quelques individus seulement qui bénéficient de largesses électorales s’ils votent bien, appartement, travail, place en crèche, en l’absence de toute mesure sociale profitable à tous.

Il faudra rappeler que ce n’est peut-être pas à 35 heures que nous aurions pu (dû ?) passer, mais à... 32, comme le défendait -fort bien-Pierre Laroutourou.
Il faudra montrer ainsi de manière incessante, pédagogique, que les gouvernements de gauche depuis 1981 n’ont cessé de travailler pour améliorer les situations les plus difficiles.

L’insécurité ? Il faudra là aussi faire preuve de pédagogie et de redressements de torts, remettre en place les Chevènement, Chirac et Le Pen
qui attisent le sentiment insécuritaire avec l’aide de la presse, régionale bien souvent, et de la télévision.

Il faudra cesser de nous faire passer pour les naïfs et laxistes que nous ne sommes pas -cet aveu de naïveté consternant faisait un peu amateur même s’il était juste sur le fond- montrer ce qui est fait par la gauche dans les villes, dans les villages, les départements, les régions, et ce n’est pas mince !

Il faudra montrer que le retour de la droite au gouvernement pour cinq ans viendrait interrompre un travail colossal entrepris avec constance, détermination et brio par Lionel Jospin et son équipe.

Cessons d’avoir honte d’être nous mêmes. Soyons fiers de ce que nous construisons, sans pour autant être hautains comme on nous le reproche, à juste titre trop souvent.

La droite veut " remettre la France debout " ! Quel toupet tout de même ! A nous de montrer que non seulement elle na jamais été couchée, mais au contraire qu’elle n’a jamais été aussi vaillante et aussi forte. A nous de démonter ces mécanismes tactiques de la droite. Avec du réel, du concret, de l’efficace, pas du vent, du discours incantatoire. MB

Faudra-t-il attendre d’être à 5% pour penser à une refondation ?

Avec des approches comme celle ci on va un jour se retourner et s’apercevoir que l’on court seul.
Il ne s’agit pas de courir derrière les électeurs mais de comprendre ce qu’ils ressentent, comprendre ce que par leur vote ils ont voulu dire et leur donner des signes très clairs qui leur montrent que quelqu’un -qui ne soit pas d’extrême droite- dans ce pays les a compris.

Quelqu’un qui sache ensuite situer leurs aspirations dans un projet de société.

Si les gens s’étaient vraiment reconnus dans le projet proposé par Lionel Jospin ils l’aurait plébiscité et nous serions arrivés en tête !

Le problème posé est l’adéquation entre l’expression politique et les aspirations du peuple. Alors dépenser son énergie pour dire que c’est la faute au mode de scrutin ou de tel ou tel candidat superflu va mener directement le PS à coté de la sfio au cimetière des partis disparus.

La mobilisation générale contre le fn est conjoncturellement salutaire mais il faudra très très vite expliquer quelle nouvelle relation le PS propose à ses électeurs pour leur prouver que c’est lui qui est le mieux à même de représenter et de répondre à leurs aspirations. BF



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