Temps Réels Nous contacter Qui sommes-nous ? Observatoire des usages politiques et militants de l'internet
Nous rejoindre Lettre de Temps Réels
Dossiers et débats Liens
Positions et propositions Plan du site
   
# Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Elections : 1999-2007 > Presidentielles 2002 > Le seisme du 21 avril > Débat temps réels : Chiffres et décryptage
 
 
# DANS LA MEME RUBRIQUE :
# 21 avril : le vote des internautes
# Des citoyens écrivent à temPS réels... Témoignages, critiques, regrets, reproches et analyses.
# Débat temPS réels : Et Internet ?
# Trois chiffres (erronés) qui ont pesé lourd ...
# Débat temPS réels : Grandes et petites causes d’une défaite...
# Débat temPS réels : Erreurs de communication.... Aussi ...
# Débat temPS réels : la démission de Lionel Jospin
# Débat temPS réels : Christiane, Jean-Pierre Noel et les autres...
# Débat temPS réels : Gauche unie, gauche plurielle, coup de barre à gauche ?
# Débat temps réels : Réformer les institutions ?
# Est-ce dire que tout fût parfait ? Probablement pas.
# L’électorat F.N. Droitisation du vote ouvrier ou "gaucho-lépénisme" : une diversité d’analyses pour un même fait par Pascal Perrineau et Pierre Martin
Débat temps réels : Chiffres et décryptage
Première publication : 29 avril 2002, mise en ligne: lundi 29 avril 2002

Imprimer cet article | Cet article au format PDF

12% de votes de l’électorat toutes catégories confondues

Ce ne sont que 12% de votes de l’électorat toutes catégories confondues qui aujourd’hui provoquent ainsi la une de toute la presse dans le monde.

C’est beaucoup, cela doit être entendu, ainsi surtout que l’abstention, mais cela ne doit pas non plus être gonflé sauf à faire le jeu de ceux-là même dont on redoute une trop forte présence.

D’ailleurs, il faut regarder les départements où l’absention a été moins forte hier. On y retrouve la France telle qu’elle est vraiment, et pas la France partie en pique nique d’une journée de vacances. C’est elle qui sera, nombreuse, présente au second tour. C’est elle qui sera surtout, espérons-le, massivement présente aux législatives, secouée de la torpeur et des vaines délices de trop de divisions. C’est elle que nous sommes, et qu’il convient de rappeler calmement, mais fermement.TGV

Retour sur les chiffres

Sur le mode de scrutin :

• Aux présidentielles, on ne retient que 2 candidats au second tour ; ça devrait faire gagner J. Chirac, ça aurait fait gagner L. Jospin en cas de second tour Jospin - Le Pen.

• Aux législatives, Dieu et les historiens savent pourquoi, sont qualifiés les X candidats ayant fait obtenu les voix de plus de 12,5% des inscrits, ce qui peut mener à des triangulaires et quadrangulaires. Ce qui, toutes choses
égales par ailleurs (mais elles ne le seront pas), devrait faire gagner la gauche.

Sur la cohabitation  :
il y avait deux "sortants", c’est-à-dire deux candidats condamnés à défendre leur bilan et à faire pour l’avenir des propositions raisonnables au regard de leur action passée ; donc en mauvaise situation pour faire rêver. Au total, ils recueillent 36%, ce qui est modeste mais pas aberrant au regard de la moyenne des scores des sortants
aux précédentes élections (de mémoire, 45% pour De Gaulle en 65 ; 28% pour Giscard en 81, 34%+20%=54% pour Mitterrand et Chirac en 88 ; et 18% pour le 1er Ministre sortant, Balladur, en 1995).

Sur le score personnel de L. Jospin
On pourrait le comparer aux scores passés des "premiers ministres les plus récents parmi les candidats" : Pompidou en 69 (44,5%), Chaban en 74 (15%), Chirac en 81 (18%), Barre en 88 (16,5%), Balladur en 95 (19%) ... L. Jospin est à cet égard dans la norme, à l’exception lointaine de Pompidou en 1969
(mais, déjà, la surprise était le score de son concurrent Alain Poher - 23%).

Sur l’abstention  :
l’abstention record au 1er tour ne suffit pas à expliquer l’écart entre J.M. Le Pen et L. Jospin. Si on avait eu 6,49 points d’abstention de moins (ce qui aurait ramené au niveau du 1er tour de 1995), il aurait fallu que, parmi ces "6,49" votants, L. Jospin devance J.M. Le Pen de 9,23 points, pour qu’il y ait égalité sur l’ensemble. Les "6,49" aurait donc voter avec une différence de plus de 10 points par rapport aux "72,14" qui ont effectivement voté (en donnant à J.M. Le Pen 0,83 point d’avance). Il est improbable que leurs opinions soient si différentes des autres.

Il n’y a PAS 20% de Français qui votent Le Pen.

Il y a en revanche 88% de Français qui n’ont PAS voté le Pen dimanche, jour auquel ils avaient l’impression qu’il n’y avait pas d’enjeu ni de suspense sur le résultat.

Parmi ces abstentionnistes on en trouvera beaucoup qui, dès lors qu’on leur pose sérieusement la question, se déplaceront.

Et, dans les 12% de l’électorat de Le Pen, fort divers, se trouve sans doute aussi une part d’électeurs qui ont voté parce que choqués par les images de l’avant veille de l’attentat ignoble sur un pauvre vieux à Orléans, et une autre part qui a voté Le Pen comme un vote protestataire à droite du 1er tour, mais pas du tout avec l’intention de le voir arriver aux affaires, et qui n’aurait pas voté ainsi si elle avait su le résultat (celle dont, selon le mot de Fabius rapporté par le même Imbert dans son édito " trouve que le Pen pose de bonnes questions, s’il apporte de mauvaises réponses ", et veut insister sur les questions.

Je crois que le souci de clarté du débat démocratique devrait faire prendre garde aux affirmations qui tendent à trop gonfler son score, d’une part, et à faire croire d’autre part que son électorat est uni et cohérent derrière lui. TV



Imprimer cet article | Cet article au format PDF

 

* *

[Retour à la page d'accueil]