![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||
|
|
Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Elections : 1999-2007 > Presidentielles 2002 > Barrage au Front national > Débat temPS réels : Comment contrer l’extreme droite ? | |
|
|
||
|
Première publication : 30 avril 2002, mise en ligne: mardi 30 avril 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF c’est très dur à remonter, surtout pas en 15 jours ! Un mec qui a peur parce que, paysan, il craint que Bruxelles lui démantèle sa PAC, métallo dans l’Est ou le Nord, il voit les boites investir de l’autre côté de la frontière, ou dans les pays de l’Est, et qu’il a la trouille, sérieusement, pour lui et ses enfants, tout en ayant désespéré de l’ex SFIO ou du PC auquel il était adhérent, ou que, dans le sud ou en banlieue, il a la trouille tout court pour ses abattis, ça ne sert absolument à rien de le faire raisonner sur le Et ça, c’est très dur à remonter, surtout pas en 15 jours ! Ou il faut lui montrer des exemples proches de lui qui font voir qu’on peut faire autrement, qu’il y a des cas où ça a marché...mais cela, ne peut s’écrire d’un bureau parisien, cela doit être personnalisé, tout à fait local. Ce pourquoi il vaudrait mieux, plutôt que de diaboliser en vrac, Le Pen ET ses électeurs, tâcher de distinguer entre son appareil à lui, sa démagogie, et les électeurs en question, du moins les plus humbles d’entre eux (car il y a aussi un électorat Le Pen façon jet set, avec un cynisme remarquable...) Reste tout de même la frange non négligeable de ceux qui ont voté Le Pen (ou Besancenot) pour dire non, et se mordent aujourd’hui les doigts du résultat, sur le thème "si j’avais su", tout en pestant contre les sondages et médias dont pas un ne le laissait entrevoir ni ne mettait sérieusement en garde contre les risques d’une trop grande dispersion...déjà, si on déplace leur vote au second tour, et surtout au 3è, on évitera des spirales de violence/furstration/langue de bois qui ont, dans les années 30 produit en Allemagne ce qu’on sait, et qu’on voit poindre en même temps en Autriche, en Italie, en Prusse orientale, à des degrés divers. Il faut peu de chose pour réveiller la bête immonde. Le fascisme nous prend au piège C’est bien à cela que nous sommes confrontés : à l’idée que Le Pen rend possible le règlement de tous les problèmes, même de façon tordue. Rappelez-vous certains discours, y compris de gauche : Le Pen pose les bonnes questions mais n’apporte pas les bonnes réponses. Perversion. Cette femme d’origine algérienne qui a voté Le Pen parce qu’il est contre le vol de sa mobylette en est une autre démonstration. A l’habitude, le fascisme nous prend au piège : il nous place dans la situation impossible de nos ainés, notamment des démocrates allemands : quoiqu’on fasse, on tombe dans une chausse-trappe. Manifester ou ne pas manifester. Villaines-La-Juhel, Mayenne, chef lieu de canton opulent en Normandie. Mon cousin médecin s’interroge sur le vote FN du coin. Pas d’immigration, pas de délinquance spécifique. La télévision n’est plus un miroir même déformant : elle constitue elle-même une déformation autonome qui fabrique des concepts propres en " images de synthèse . JD Il faut engager aussi le débat avec les électeurs tentés par le vote Le Pen A l’exception des nazillons de service, ce sont des individus vivant dans la peur qui va jusqu’à la peur d’eux mêmes. Au lieu de les diaboliser, mieux vaut leur répondre par des arguments et le dialogue. GT Aujourd’hui la situation apparaît bien plus grave que ces épiphénomènes locaux. On continue de parler de " vote protestataire " mais la réalité est que Le Pen améliore son score à chaque élection. Ce n’est plus de la protestation, c’est une adhésion et il faut la prendre comme telle : c’est en connaissance de cause qu’un nombre croissant d’électeurs choisit le repli sur soi, l’autorité protectrice, l’amour (prôné par la référence à la préférence nationale). Les électeurs ne se sont pas trompés, ils ont choisi. Le Pen a instauré une vraie complicité, durable, avec son électorat tandis que nous sommes très loin de la souffrance quotidienne et très proches des critères de convergence. Il ne parle pas des problèmes complexes mais des craintes réelles, de manière simplificatrice peut-être mais surtout de manière simple. Et il fait d’autant plus mouche qu’on ne peut lui reprocher que des choses que l’électeur n’a pas encore pu expérimenter réellement et que, dans notre propre camp, nous nous complaisons à nous discréditer mutuellement. Qui a vraiment assumé le bilan du quinquennat Jospin ? Dans 15 jours face à une planche pourrie, Le Pen pourrait poursuivre son ascension. Le premier pas franchi, le tabou tombé, tout est possible. Dans les deux semaines à venir Le Pen ne va pas manquer de rappeler toutes les affaires qui pèsent sur Chirac. Mains propres contre mains sales. Il ressortira le catalogue des engagements non tenus. Parole véreuse contre parole vraie. Il se positionnera comme un sauveur, un homme charismatique, toujours dans la simplification et donc avec des arguments et des slogans difficiles à combattre mais efficaces et rassembleurs. Contrairement à d’autres ici, je ne minimise pas le danger. Au contraire. Chirac n’a pas encore gagné le deuxième tour. JB Bonne conscience Depuis 20 ans, on se bat contre Le Pen avec des outils et des slogans qui le confortent systématiquement. En 1983 j’écrivais que " désormais notre vocabulaire est sous surveillance. Si nous n’y faisons pas attention, nous faisons la propagande de Le Pen ". Aussitôt dit, aussitôt fait : les " odeurs " de Chirac, la manifestation de Robert Hue pour demander l’expulsion d’une famille d’immigrés, le " produisons français " ... j’en passe. Pendant qu’on s’agite à faire des pages sur le Net on continue tranquille dans notre bonne conscience : on a raison, les autres sont des cons. Pendant ce temps-là on évite surtout de les côtoyer et de discuter avec eux. Je ne connais personne autour de moi qui, au-delà de " racisme " et " xénophobie " (d’où il sort ce mot ? d’un concours de scrabble ?) sait m’en dire plus sur le programme de Le Pen. Que veut-il ? Que propose-t-il à l’électorat ? Quelle est son ambition pour la France ? Quelles sont les mesures sociales que son coeur " socialement à gauche " préconise pour la France, les petits, les travailleurs et les sans grade ? Le résultat ce sont ces réunions " surréalistes " où on arrive à faire venir 200 personnes en une seule journée de mobilisation (contre 5 ou 6 en temps normal), où se succèdent les prises de parole sur le danger de Le Pen, où on rencontre des " seconde génération " qui disent qu’ils ont peur à cause de la couleur de leur peau ... Mais il n’y a aucun de ces ouvriers à qui on n’a jamais dit que " le choix de la libre détermination d’un niveau de protection pour soi et pour sa famille " signifie, avec des mots qui sont les leurs, le démantèlement de la Sécurité Sociale. Je suis effaré de constater que les gens auxquels je parle, tout gargarisés du " danger de l’extrême droite ", restent mâchoires pendantes en découvrant, sur trop peu d’exemples, le contenu réel de ce mot " danger " qu’ils agitent à longueur de temps comme d’autres tripotent des gris-gris. JB Frontistes dilettantes Ce ne sont pour l’essentiel ni des gens qui votent sans rien savoir ni, à mon avis, des gens qui maîtrisent totalement le programme de celui qui choisissent. Même si ils représentent peut-être un part "anecdoctique " de l’électorat de Le Pen, il semble qu’il y ait des français d’origine étrangère qui ait voté sans problème pour Le Pen... pour l’insécurité essentiellement car c’est leur préoccupation. Savent-il ce que Le Pen prévoit pour la culture, la sécurité sociale, les droits des imigrés ? Je ne suis pas prêt un instant à discuter sur des aspects du programme de Le Pen comme la préférence nationale. Ces volets là ne se discutent pas. En revanche sur les autres points, trop peu de gens font l’effort de parler. Le Programme de Le Pen, pour ce que j’en connais maintenant, me fait vomir. Mais à les diaboliser , j’ai peur que les frontistes " dilettantes " ne s’entêtent, et ne se disent qu’on cherche à leur clouer le bec, qu’ils n’ont pas le droit à la parole, etc. MS Le fascisme c’est le programme de Le Pen contre les acquis sociaux des français Je m’appuie ici sur les 5 référendums que JM Le Pen dit vouloir proposer dont chacun regroupe plusieurs aspects : En combattant sur le terrain de la défense de ces acquis démocratiques nous resterons sur NOTRE terrain social |
||
|
|
||