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Simulations pour le 16 juin ...
Première publication : 13 juin 2002, mise en ligne: jeudi 13 juin 2002

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A quelles conditions la gauche peut elle " corriger " , voire inverser les resultats du premier tour ?

La premiere condition, c’est, bien sur, de bons reports de voix sur les candidats de gauche du second tour : la discipline républicaine. La seconde condition, c’est une forte mobilisation des abstentionnistes en faveur de la gauche.

Comme nous l’avions fait, lors du second tour des presidentielles ( a une semaine du 5 mai, nous souhaitions savoir a quelles conditions Le Pen pouvait passer en deça de la barre des 20%), nous avons réalisé un outil de simulation pour évaluer l’ampleur de la mobilisation necessaire pour que la gauche l’emporte.

La simulation :
Fichier Excel compressé (au format ZIP) (477 Ko)

Cet outil repose sur les resultats de 555 circonscriptions de metropole.

Nous avons ramené les configurations possibles du 16 juin à 5 cas : duels gauche-droite, gauche-FN, droite-FN, Triangulaires gauche-droite-FN, Duels droite-droite.

Nous nous sommes interessés plus specialement au scenario du sursaut.

Dans les 502 circonscriptions de metropole ou il y aura un duel-droite gauche, nous avons retenu l’hypothese d’une plus forte mobilisation des abstentionnistes en faveur de la gauche ( 19% des abstentionnistes du premier tour se deplacent pour voter a gauche, 7 % d’entre eux pour voter à droite). On suppose, aussi, que parmi ceux qui ont voté pour l’extreme-droite au premier tour, 30% se reportent sur un candidat de droite et 10% sur un candidat de gauche, les autres s’abstenant. Sous ces hypothéses ( et d’autres explicitées dans l’outil de simulation, pour les duels droite-FN et les triangulaires), la gauche pourrait l’emporter dans 278 circonscriptions sur 555 circonscriptions (hors DOM-TOM).

Cet outil de simulation permet d’explorer d’autres combinaisons de parametres, de tester et d’inventer d’autres scenarios, comme celui d’une " correction ", qui limiterait l’ampleur de la victoire de la droite.

Cet outil, ces scénarios sont là pour nous rappeler que le 16 juin, rien n’est joué.

À vous de jouer !Ce n’est pas un outil de prévision.

SIMULATIONS

Ce n’est pas un outil de prévision...

Cet outil montre ce que rapportent, en sieges, de petits deplacements de voix. Il montre, par exemple, que si 1% des abstentionnistes du premier tour votent à gauche dimanche, cela peut rapporter (sous certaines conditions) quatre sieges.

Il permet aussi de comprendre où sont les fameuses réserves . Combien pèsent elles ? Leur valeur en sieges.

L’outil de simulation est réglé, par defaut, sur des hypotheses plutôt optimistes. Ces hypotheses peuvent etre modifées.

La partie la plus interessante de l’outil de simulation concerne les 502 duels gauche-droite ( la zone jaune dans le simulateur, dans la feuille " hypotheses simplifiées ").

Pour ces 502 circonscriptions, le simulateur permet de jouer, sequentiellement ou simultanement, sur six parametres :
• le vote a gauche ou a droite au second tour des abstentionnistes du premier tour
• le vote a gauche ou a droite au second tour de ceux qui ont voté pour l’extreme-droite au premier tour
• le vote a gauche ou a droite au second tour de ceux qui ont voté pour l’extreme-dgauche au premier tour

Mode d’emploi.

Il faut commencer par batir une situation de reference.
C’est a dire retenir pour ces six parametres, des hypotheses.

Retenons, par exemple, le jeu d’hypotheses suivant .

a) Il y aura une legere mobilisation electorale au second tour : 20% des abstentionnistes du premier tour iront voter, la moitie pour la gauche, l’autre moitie pour la droite.
b) 50% de ceux qui ont voté pour l’extreme-droite au premier tour voteront pour la droite au second tour ( aucun d’entre eux pour la gauche)
c) 50% de ceux qui ont voté pour l’extreme-gauche au premier tour voteront pour la gauche au second tour ( aucun d’entre eux pour la droite)

Pour cette " situation de reference ", l’outil de simulation calcule le resultat suivant : 160 deputes de gauche et 395 de droite. 235 sieges d’ecart. C’est le scenario de la chambre bleu horizon.

A quelles conditions la gauche peut elle réduire cet ecart ?

L’exploration des possibles par tâtonnements ...

On peut utiliser l’outil de deux manieres....
La premiere maniere consiste a explorer les situations, par reglages successifs. A chaque reglage, on reduit l’ecart. Jusqu’a atteindre le resultat qu’on juge a la fois plausible et souhaitable.

• Commençons par le premier parametre : les abstentionnistes.

Dans l’hypothese de reference, 10% des abstentionnistes du premier votent pour la droite, 10% pour la gauche.
Supposons, maintenant, que la gauche parvienne plus efficacement que la droite a mobiliser les abstentionnistes.
Supposons, par exemple, qu’au lieu de convaincre 10% des abstentionnistes (soit autant que la droite), elle en convainque 11% : ce 1% d’abstentionnistes ajoute 4 sieges supplementaires aux 160 de la situation de reference. Si 15% des abstentionnistes votent a gauche, elle passe a 185 sieges. A 214 sieges si 20% des abstentionnistes votent pour elle.
En d’autres termes, si 2O% des abstentionnistes votent a gauche (soit deux fois plus que pour la droite), la gauche gagne 54 sieges. Ces 20 % d’abstentionnistes ramment l’ecart droite-gauche a la chambre de 235 dans la situation de reference a 127.

Pour reduire encore cet ecart, on peut jouer sur une second parametre : ceux qui ont voté pour l’extreme-droite au premier tour.

Il y a, ici, deux types de " gains ". Dissuader ces electeurs de voter a droite. Convaincre, une partie d’entre eux de voter a gauche.
Dans la situation de reference, on avait admis que 50% de ces electeurs du FN ou du MNR voteraient pour la droite au second tour. Et aucun d’entre eux pour la gauche.

Supposons que la gauche parvienne a dissuader 10% d’entre eux de voter pour la droite (40% votent a droite au lieu de 50%). Le nombre d’elus de gauche passe de 214 a 221. Si elle en dissuade 20% (30% votent a droite au lieu de 50%), on passe a 243 sieges pour la gauche, 312 pour la droite.

Supposons, maintenant, que la gauche parvienne a convaincre 10 % de ceux qui ont voté pour l’extreme-droite au premier tour de voter pour elle. Elle gagne encore dix sieges. L’ecart gauche droite n’est plus que de 49 sieges.

• Il reste une reserve a mobiliser : ceux qui ont voté pour l’extreme-gauche au premier tour.

Dans la situation de reference, on avait posé que 50% d’entre eux voteraient pour la droite au second tour. Et aucun d’entre eux pour la gauche.

Si la gauche parvient a convaincre 80 % de ceux qui ont voté pour l’extreme-gauche au premier tour de voter pour elle, elle gagne encore huit sieges. 261 sieges.
En jouant sur l’ensemble des parametres, on a considerablement limité les dégats. L’ecart droite-gauche a été ramené de 235 a 33 sieges. On peut s’arrêter là. On continuer de chercher comment gratter les 17 sieges necessaires pour emporter la majorité. Du coté des abtentionnistes, probablement. Là ou se trouvent les " reserves " les plus importantes.

L’exploration des réserves

Plutot que de proceder par tâtonnements, en reglant successivement (et cumulativement) les parametres, on peut explorer chacun des parametres, mais cette fois, isolément. (Avant chaque nouveau reglage, on revient à la situation de reference).

Abstentionnistes

En convaincant 20% des abstentionnistes de voter a gauche au (10% de plus que dans la situation de reference), la gauche gagne 54 deputes supplementaires. Si la gauche parvient a en convaincre encore 10%, le gain est de 58 sieges. 30% des abstenstionnistes representent 112 sieges. C’est la principale réserve.

Les electeurs d’extreme-droite

L’effort en direction de ceux qui ont voté pour l’extreme-droite s’avere relativement payant.
Si on parvient a reduire de 50% a 30% d’entre eux la proportion de ceux qui votent a droite, le gain est de 35 sieges.
Si la gauche parvient a convaincre 10% d’entre eux de voter pour elle au lieu de voter pour la droite (10% des abstentionnistes votent a gauche au lieu de 0%, 40% a droite au lieu de 50%), le gain en sieges est equivalent.

• Les électeurs d’extreme-gauche

Si la gauche parvient a faire voter pour elle, le 16 juin, 80% de ceux qui ont voté pour l’extreme gauche le 9 juin ( au lieu des 50% prevus), elle ne gagne que 9 sieges. Ce gain modeste tient au faible score de l’extreme-gauche au premier tour.

La modestie des gains possibles en mobilisant ceux qui ont voté LO ou LCR au premier tour (9 sieges) n’implique nullement qu’on puisse s’en desinteresser. En effet, les demarches politiques, les arguments qui permettent d’emporter la conviction des electeurs LO-LCR du premier tour permettront probablement d’emporter la conviction des abstentionnistes proches de l’extreme-gauche.

L’outil de simulation ne nous dit pas pas comment convaincre ou mobiliser les électeurs.

DEBAT

En faisant de la politique tout simplement

L’outil de simulation ne nous dit pas pas comment convaincre ou mobiliser les électeurs.

En faisant de la politique tout simplement, en réaffirmant que la gauche, c’est mieux que la droite. En portant bien haut nos couleurs, sans mettre notre drapeau dans notre poche. GT

Tout depend des hypothéses ...

A première vue, nous n’avons aucun élément susceptible d’evaluer à la hausse ou
à la baisse la participation de ce second tour, ce ne peut être que des suppositions " gratuites "

Mobilisation des electeurs de Gauche : les appels du Ps ont il été repris dans la presse " populaire " par des articles ?
Je suis allé voir les sites web du Parisien : rien, de Ouest France : rien... Personnellement je pense que cela n’aidera pas du tout a mobiliser les abstentionnistes de gauche.

Dans ce cas, quel pourcentage du gros paquet de 37% d’electeurs ( 15 millions) abstentionnistes du premier tour, se mobilisera et ira voter à Gauche et à Droite dimanche prochain ?

Ipsos nous donne une etude des abstentionnistes par rapport a leur vote du premier tour de la presidentielle.
Ici :

On voit que la droite ou la gauche ont en moyenne le meme resultat , environ 25% de disparus, sauf le PC qui a semble t’il fait le plein de ce qui lui reste de son electorat.

Qu’est ce qui garantit que la droite ne mobilisera pas elle aussi son electorat ?

On voit avec la simulation qu’il suffit que 20% des abstentionnistes se reveillent et votent a gauche pour que cela commence à avoir un effet important. Cela represente 3 millions de votants en plus : enorme.

De même, y’a t’il des interventions du Ps prévues à la TV jeudi soir ou vendredi soir dans un des journaux du 20H : TF1, F2, F3 ? à première vue , rien.. alors que Vendredi soir serait le soir idéal, vu que les electeurs indécis se décident au dernier moment.

La météo s’annonce clémente, il n’y a pas de week-end de 3 jours, pas de congés scolaires...
Tout cela va jouer, et moi je suis pessimiste : je pense qu’on va vers une simple replication du premier tour, et une assez faible correction : un delta de 10% à 12% d’abstentionnistes pour la gauche ( 1 500 000 electeurs ), pas grand chose pour la droite : 4 ou 5%
Ce qui ne fera pas bouger considerablement le résultat, mais redonnera du courage a la gauche : 255 contre 300 pour la droite. RV

Deux réserves

Cette simulation me semble correcte, mais j’y mettrais deux réserves

Que nous dit-elle ? Que le comportement des abstentionnistes du 1° tour est, de très loin, l’élément qui a le plus d’influence sur les projections du second, tous les autres facteurs étant négligeables. Les abstentions représentant 5 fois l’écart droite-gauche au 1° tour, ça ne surprendra personne. C’est même un peu tautologique...

La seconde réserve est politique : au contraire des présidentielles, l’élément local joue fortement dans les législatives et par conséquent il est hasardeux de modéliser les reports (on vote pour X parce qu’on le
connait, ou parce qu’il "est du coin"). L’erreur ainsi commise sera facilement de l’ordre de plusieurs %, soit potentiellement 50 sièges ou plus, ce qui diminue fortement la crédibilité du reste.

Cela dit, si c’est ça peut en décider quelques uns à ne pas aller à la pêche, alors n’hésitons pas à le
diffuser... WD


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