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Formation tout au long de la vie ...
Première publication : 15 mai 2002, mise en ligne: mercredi 15 mai 2002

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Géométrie variable

Le programme législatif la formation tout au long de la vie. Je dois dire que c’est un des thèmes qui à mon sens n’a pas été assez abordé et défini durant la campagne des présidentielles et qui a évolué dans le programme des législatives.

En effet, Jospin parlait d’un droit à la formation tout au long de la vie dont la durée aurait été inversement proportionnelle à la formation initiale du bénéficiaire. Cela me semblait généreux et frappé au bon coin de l’égalité mais pas forcément opérationnel, d’autant plus que le chiffrage budgétaire était remis à plus tard. Dans le programme des législatives la formation tout au long de la vie se présente comme la possibilité pour les salariés les moins favorisés d’accéder à la formation comme les autres parce qu’ils capitaliseraient des jours formation rémunérés chaque année d’activité...

Le moins que l’on puisse dire c’est que la définition de la formation tout au long de la vie est à géométrie variable et que cela vient certainement du fait que ce n’est encore qu’un slogan peut-être inspiré d’un titre de livre (L’apprentissage à vie, Marchand, Louise, 1997, Montréal), très intéressant d’ailleurs.

La réflexion pourrait avancer autour de deux axes : la formation des adultes et la formation à distance qui sera une composante nécessaire de la formation permanente. JR

La formation des adultes représente une composante essentielle des thématique liées aux nouvelles technologies.

Loin de l’idéal de rapprochement des hommes et de libération de l’expression individuelle auquel nous voulons croire, le premier effet produit par les nouvelles technologies est d’accélerer l’obsolescence des qualifications. La notion représentée par le terme anglais " computer literacy " est devenue le pré-requis tacite de toute " employabilité " (terme atroce au demeurant, mais dont on ne peut nier l’usage).

Les nouvelles technologies sont ainsi un vecteur naturel de d’éloignement entre techno-alphabetes et techno-analphabetes. Un éloignement que la formation continue devrait s’efforcer de gommer.

Mais pour être efficace, cette formation doit rélever un triple défi :

• La pratique des nouvelles technologies exige un bagage scolaire initial qui est par lui même sélectif. Ce pré-requis constitue par lui-même une première barrière significative : celle d’un alphabetisme qu’i n’est pas universel, notamment parmis les plus démunis.

• La formation aux nouvelles technologies se doit d’être pertinente et ancrée dans une pratique. Cela implique une constante mise à niveau par rapport aux évolutions technologiques d’une part, et par rapport aux réalités de la vie professionnelle d’autre part. Cet enjeu concerne en premier lieu les formateurs eux-même .

• La formation continue doit répondre aux exigences de la proximité, qu’il s’agisse de proximité géographique (facilité d’accès) que de proximité relationnelle (qualité et personnalisation du lien humain entre formateurs et stagiaires). La formation à distance peut constituer sur ce point une réelle solution dans la mesure où elle peut mettre en oeuvre des dispositifs individualisés et flexible pour amener une partie de la formation jusqu’au lieu de vie ou de travail (mais le sujet mériterait en soi d’être abordé comme un théme à part entière).

Que la plupart des électeurs s’y interessent ou non, les nouvelles technologies sont devenues une réalité incontournable. Les risques d’éloignement social qu’elles entrainent appellent à un discours de gauche assumés sur ces sujets. Non seulement la formation continue tout au long de la vie relève d’un droit universel, mais c’est aussi un devoir social pour un état moderne. LD

Aujourd’hui la formation va aux plus formés.

Le problème du financement du droit à la formation au long de la vie ne se pose pas ou à peine : en volume, il n’y a pas de raison de dépasser l’enveloppe actuelle dite " 1% formation ". (et qui ne fait pas exactement 1% mais ... quelqu’un sur la liste le sait peut-être). Il y faudra bien quelques longues négociations et conventions, mais pas plus.

Le vrai enjeu est celui de l’affectation de ce 1% à l’individu et non à l’entreprise.

Il ne s’agit pas réellement d’un enjeu quant à la nature de la formation (selon lequel les entreprises voudraient former au poste de travail et les salariés voudraient de la culture générale ...) : en fait cette question se pose et se résout déjà - on peut difficilement former quelqu’un sur un sujet qui le révulse ...

L’enjeu est celui de la répartition.

Aujourd’hui la formation va aux plus formés. Les cadres, les bac+5, etc., bénéficient (en général et sauf erruer ou omission de ma part ...), de la part des employeurs, de budgets de formation supérieurs à leur part dans la masse salariale.
Il faudrait que ça cesse et que les personnels non-qualifiés soient bénéficiaires de ces formations ...
Elémentaire, n’est-ce pas ?

Alors, pourquoi ce thème est-il si peu populaire ? Pourquoi la gauche n’arrive-t-elle pas à faire campagne dessus ?

Parce que la demande de formation (de culture, de qualification ...) vient surtout des gens " à capital culturel ". Les gens à faible niveau de qualification, de culturel ouvrière, etc., recherchent plutôt des " places ", des opportunités, qu’un accroissement de connaissances valorisable Dieu sait quand.

Il s’agit donc plutôt d’une " politique d’offre " de la puissance publique nationale ou locale (qui, à la manière de l’Union européenne, veut augmenter le niveau moyen de connaissances de la population), que d’une demande sociale collective et manifeste. FL

Une politique d’offre

Le vrai enjeu est celui de l’affectation de ce 1% à l’individu et non à l’entreprise.
C’est une bonne façon de poser le problème. Pour reprendre des échanges précédents sur la précarité, l’affectation pour l’essentiel de ce 1% à l’entreprise ne favorise pas l’accès à la formation des personnes en situation d’emploi précaire.

Il ne s’agit pas réellement d’un enjeu quant à la nature de la formation (selon lequel les entreprises voudraient former au poste de travail et les salariés voudraient de la culture générale ...) : en fait cette question se pose et se résout déjà - on peut difficilement former quelqu’un sur un sujet qui le révulse ...
La question se pose malgré tout, car il existe d’autres alternatives au delà du couple formation au poste de travail / culture générale. Ce 1% est parfois fagocité par des pratiques de communication internes repliées sur l’entreprise, qui n’apporte aucun contenu de formation opérationnelle ou de développement personnel. Pour aller plus loin sur ce théme, peut être faut il définir ce qui s’apparente à de la formation.

L’enjeu est celui de la répartition. Aujourd’hui la formation va aux plus formés. Les cadres, les bac+5, etc., bénéficient (en général et sauf erreur ou omission de ma part ...), de la part des employeurs, de budgets de formation supérieurs à leur part dans la masse salariale.

La notion de formation initiale est trompeuse. Une solide formation initiale n’est pas moins sujette à obsolescence que des formations plus courtes. Et c’est d’autant plus vrai dans des métiers demandant un fort niveau de qualification. Le problème est moins dans la répartition (ce qui suppose qu’elle se fera au détriment de ...), que dans la difficulté d’accès des moins formés à des formations qualifiantes. Dans un contexte culturel français où le diplôme est déterminant, cela pose la question de la mobilité dans l’entreprise.

Parce que la demande de formation (de culture, de qualification ...) vient surtout des gens " à capital culturel ". Les gens à faible niveau de qualification, de culturel ouvrière, etc., recherchent plutôt des " places ", des opportunités, qu’un accroissement de connaissances valorisable Dieu sait quand.

Il est vrai qu’une formation n’a de sens que si elle est mise en application. Elle exige des opportunités professionnelles qui soient à sa mesure. C’est sans doute ce qui explique le succès grandissant des formations en alternance (y compris comme formation initiale), qui garantissent un lien direct entre le contenu des formations et la pratique.

Il s’agit donc plutôt d’une " politique d’offre " de la puissance publique nationale ou locale (qui, à la manière de l’Union européenne, veut augmenter le niveau moyen de connaissances de la population), que d’une demande sociale collective et manifeste.
C’est peut-être pour cette raison que le thème est boudé. La formation continue tout au long de la vie est certes une idée de gauche, mais elle ne fait pas partie des préoccupations exprimées par les Français. Doit on pour autant l’écarter de notre projet ? LD



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