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mardi 19 mars 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Quelles sont les principales mesures annoncées par Jacques Chirac ? Jacques Chirac propose un vaste plan sur cinq ans de baisse des impôts et des charges, portant à la fois sur les particuliers et les entreprises. Son équipe chiffre le plan à 30 Md’euros(200 MdF). Ce chiffrage est, selon Laurent Fabius, sous-estimé d1au moins 8 Md’euros (soit un total de 250 MdF). Ce plan est gagé sur une hypothèse de croissance élevée (3% par an), la stabilité en volume des dépenses publiques et un report à 2007 de l1objectif de retour à l1équilibre des finances publiques. Le rappel de certaines mesures : - Mesures fiscales en faveur des particuliers : - mesures fiscales pour la famille : - Mesures fiscales et sociales en faveur des entreprises : Quelle crédibilité pour un tel programme ? Aucune : c1est un programme fiscal démagogique car irréaliste : - Invraisemblable intellectuellement : les promesses de baisse d1impôts du candidat Chirac ne sont pas crédibles, car il a toujours fait le contraire lorsqu1il était au pouvoir : - Insoutenable juridiquement : les engagements européens de la France prévoient un retour à l1équilibre des finances publiques en 2004. Un report à 2007 (qui plus est sous une hypothèse très optimiste de croissance annuelle) constitue une violation de ces engagements. - Surréaliste financièrement : Au plan de baisse d1impôts de près de 40 Md’euros, il faut ajouter des promesses de dépenses supplémentaires de plus de 40 Md’euros : lois de programmation pour la sécurité et la justice, augmentation des crédits de la Défense (2ème porte-avions notamment), plan pour la famille, plan pour la recherche, plan pour la santé, plan "jeunes" Au total, c1est 80 Md’euros (500 MdF !) d1économies - soit l1équivalent des salaires de toute la fonction publique - qu1il faut trouver pour boucler le budget. - La droite chiraquienne n1a jamais baissé les impôts en dépit de promesses toujours renouvelées. La gauche a montré qu1elle savait les réduire quand cela s1est avéré nécessaire. Dès lors, son annonce pragmatique (poursuite de Pour qui ce programme ? C1est un programme fiscal injuste car réservé aux riches : - Une baisse de la fiscalité des ménages emblématique de l1idéologie de droite Les autres mesures relèvent du panthéon idéologique classique de la droite : - A l1inverse, le gouvernement de la Gauche a réalisé des baisses d1impôt plus conformes à la justice sociale : baisse de 1 point de la TVA (l1impôt le plus injuste du système fiscal français, car régressif au regard des - C1est pourquoi le programme du PS s1inscrit dans la même logique d1allègement des impôts pour une plus grande équité : rééquilibrer la fiscalité capital - travail, afin d1alléger la fiscalité du travail ; faire évoluer la CSG vers plus de progressivité ; mettre à l1étude la personnalisation de l1impôt sur le revenu, afin d1assurer sa neutralité au regard des choix de vie des couples et de promouvoir l1égalité homme-femme, accompagnée d1une baisse sensible des taux du barème et de l1institution d1une retenue à la source. Les mesures chiraquiennes auraient-elles le mérite d1être efficace ? Même pas, c1est un programme pour les entreprises qui engagerait la France sur la pente dangereuse de la concurrence fiscale européenne - La position concurrentielle du territoire économique français n1est donc pas handicapée par le régime général de l1IS. Elle l1est en revanche par les régimes fiscaux déloyaux mis en |uvre par certains Etats : ces régimes - Deux réponses sont possibles face à ce phénomène. La réponse de la droite : s1engager dans cette concurrence fiscale, qui aboutit à des régimes fiscaux iniques (défiscaliser les seuls étrangers alors que les nationaux - La réponse de la gauche : engager un combat politique pour supprimer les régimes fiscaux déloyaux (ce qui est en cours dans le cadre de la négociation communautaire sur le " paquet fiscal ") et promouvoir l1harmonisation fiscale en Europe. Pour une fiscalité européenne, moderne et forte La prise en considération d’une dimension européenne de la fiscalité s’impose pour deux raisons. D’une part, pour mieux faire face au développement des actions et politiques au niveau communautaire, d’autre part, pour conjurer le piège de la concurrence fiscale dans les domaines où elle s’avère la plus forte et la plus dommageable au regard de nos objectifs. Dans cet esprit, nous proposons : · la substitution d’un impôt européen (qui pourrait être une éco-taxe ou une partie de l’IS : voir plus loin) aux recettes actuelles de l’Union. Cette recette nouvelle pour l’Union devrait se substituer à des recettes actuelles · une harmonisation européenne de la fiscalité sur les entreprises et dans un premier temps la mise en place d ?un processus de convergence de l’impôt sur les sociétés pour écarter toute forme de compétition intra-européenne ; · la poursuite d’une harmonisation de la fiscalité sur les flux et les revenus de capitaux dans l’objectif d’obtenir une harmonisation indispensable à la fois à la transparence et à l’équité en Europe. Cette politique suppose notamment la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux dans l’esprit de la taxe Tobin (cf. CN du 6/10 ). Une politique active des finances publiques a) Tirer les leçons des années récentes Depuis 5 ans, nous avons mis en oeuvre une politique des finances publiques qui repose sur des bases nouvelles. Les gouvernements de droite avaient, dans les discours, privilégié une approche comptable fondée sur la réduction des déficits à tout prix. Dans la réalité, ils avaient laissé filer les déficits et l’endettement au point de A cette approche qui avait dominé le début de la décennie, nous avons préféré celle qui tient compte des évolutions de la conjoncture et repose sur des objectifs d’évolution des dépenses. Cette politique a permis d’une part de financer les priorités et les grandes réformes de la législature, d’autre part d’affecter les marges de manoeuvre ménagées par la croissance pour réduire sensiblement nos déficits tout en abaissant les prélèvements obligatoires. Pour la 1ère fois depuis 20 ans, notre dette publique a régressé en pourcentage de la richesse nationale. C’est ainsi que, à l’occasion du ralentissement économique de 2001-2002, nous avons conservé nos objectifs de dépenses en utilisant le déficit comme amortisseur conjoncturel. Pour l’avenir, nous devons nous inspirer du succès de cette politique et en tirer les leçons. b) La stratégie des finances publiques La politique de finances publiques doit accompagner et soutenir la stratégie globale de croissance forte, équilibrée et durable aussi bien au niveau européen qu’au niveau français. Nos marges de manoeuvre disponibles Compte tenu des résultats obtenus en matière de déficit public, de réduction de l’endettement et des perspectives que le gouvernement s’est fixé pour les toutes prochaines années, des finances publiques cohérentes avec la En tout état de cause, la préparation de l’avenir doit être prioritaire dans l’utilisation de ces marges éventuelles au service de la stratégie de croissance et d’emploi. De ce point de vue, l’investissement public au sens large et les dépenses de solidarité doivent trouver toute leur place autour de quelques actions (formation, recherche, infrastructures, aménagement du territoire, éducation, santé, sécurité ?). C’est dans ce contexte que se pose Au-delà des « stabilisateurs automatiques », qui réduisent mécaniquement la pression fiscale en cas de ralentissement de l’activité, un usage dynamique de la politique budgétaire est également nécessaire. C’est ce qui a été fait c) la nécessaire amélioration de l’efficacité des finances publiques L’existence de certaines marges ne réduit en rien cependant la nécessité d’améliorer l’efficacité des finances publiques. Il faut notamment veiller à ce que les services publics, auxquels les Français sont très attachés, soient rendus au meilleur coût et répondent aux besoins d’aujourd’hui et de demain. A cet égard, le fait que la moitié des personnes employées dans les trois fonctions publiques atteindront l’âge de 60 ans d’ici à 2015 doit être Nous proposons d’engager pendant la prochaine législature un plan de modernisation de l’Etat et des services publics en vue d’une meilleure adaptation à l’évolution des besoins sociaux et d’une meilleure gestion prévisionnelle des effectifs, en association étroite avec les représentants Il nous faut aussi tirer dès aujourd’hui tout le parti de la réforme de l’ordonnance organique relative à la loi de finances de 1959, pour modifier en profondeur les modes de gestion de l’Etat, dans le sens d’une plus grande efficacité et d’une plus grande transparence. L’application de cette réforme appelle toute notre attention, car il ne saurait être question de la limiter à un exercice formel. Elle doit poser pour contrepartie un contrôle renforcé de l’efficacité de la dépense publique. Par ailleurs, l’élargissement du champ de compétences de la loi de finances, l’amélioration de l’information du Parlement, et l’accroissement de ses pouvoirs budgétaires, créent les
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