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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Le PS et les technologies de l’information > La mise en réseau du PS > François Hollande : Le PS retrouve, via Internet, un moyen de rétablir un dialogue direct avec les gens. | |
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jeudi 23 novembre 2000 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Questions de Politiquement Net à M. François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste 23 novembre 2000 Question n°1 : La politique, du moins dans ses aspects institutionnels, était jusqu’ici peu présente sur internet. La perspective des municipales de mars 2001 marque un changement par rapport à ce constat. Le Congrès du PS qui s’ouvre ces jours-ci aura d’ailleurs recours à internet dans son déroulement même. Comment comptez vous l’utiliser à cette occasion ? Ce n’est pas tout à fait une première pour le Parti socialiste. Lors de la Convention que nous avions consacrée à la démocratie, en 1996, nous avions organisé un forum en ligne. Il n’y avait pas quantité d’internautes, en 1996, mais le site "acteurs de la démocratie" avait recueilli 15 000 connexions. C’est par contre la première fois que notre Congrès se déploie, de bout en bout, sur Internet. Du dépôt des contributions aux débats du Congrès lui-même. La première phase du Congrès, celle des contributions, s’est déroulée de septembre à fin octobre. Pour favoriser le débat, nous avions mis en ligne la totalité des contributions sur le site du PS. 124 contributions, dont 117 contributions thématiques ou régionales, l’équivalent d’un bon millier de pages. Puis est venue la phase des motions. Trois motions étaient soumises au vote des militants. Elles étaient en ligne sur le site du PS au lendemain de leur dépôt. De plus, les auteurs des trois motions ont créé chacun des sites internet pour dialoguer avec les indécis, rassembler leurs partisans. Le site " hollande-lamotion.net " a enregistré plusieurs milliers de connexions (environ 50 000). Pour le Congrès lui-même, à Grenoble, nous avons prévu de diffuser l’intégralité des débats, en vidéo. En direct et en différé. On pourra consulter les interventions, en différé. Et télécharger les discours. Nous allons diffuser une lettre électronique pendant le Congrès, avec des informations politiques. Nous mettons aussi en place un forum. Question n°2 : D’une manière générale, pensez vous qu’Internet puisse devenir un vecteur privilégié du message politique ? C’est un vecteur de plus. Il va prendre une importance croissante. Nous allons pouvoir nous adresser directement aux citoyens, sans l’intermédiation de la presse ou de la télévision. Pendant 40 ou 50 ans, le PS, comme les autres formations politiques, a été contraint, de passer par le filtre de la télévision pour s’adresser aux citoyens, avec les effets que l’on connaît : personnalisation, primauté de l’image sur le message, simplification du discours, petites phrasesS Le PS retrouve, via Internet, un moyen inespéré de rétablir un contact et un dialogue directs avec les gens. A la télévision, on "délivre" un message, en espérant qu’il sera "repris", ou pas trop déformé. Avec Internet, on met des documents, des propositions, à la disposition des citoyens. On peut dialoguer avec eux, leur soumettre des projets, enregistrer leurs attentes. Plus encore que le "message", ce qui change, ou ce qui peut changer, c’est la nature de la relation. Nous sommes confrontés, d’ores et déjà, sur le site national, tous les mois, à des centaines de messages et de questions. Qui appellent, presque toujours, une réponse individualisée. Et donc exigent du temps et de la disponibilité. Question n°3 : Dans un contexte de désaffection des citoyens pour la politique, internet peut-il être un outil de "renouveau démocratique" ? C’est déjà le cas. Internet est un media de publication. Un individu, un collectif, peuvent créer un site, créer une liste de diffusion et se frayer ainsi, a moindres frais, une place dans l’espace public, à côté des médias et des partis. Un site ou une liste permettent la constitution de véritables communautés virtuelles et civiques autour d’un thème ou d’une cause. Ephémères ou durables. Internet amplifie aussi les capacités de mobilisation de la société civile favorisant les formes non conventionnelles et peu coûteuses d’interpellation et de mobilisation : les pétitions et les campagnes de courrier électronique. Internet facilite aussi la naissance ou le fonctionnement de collectifs en diminuant les coûts d’organisation. Ce sont assez logiquement, les associations pauvres en moyens logistiques, les formations et les mouvements sociaux qui n’ont pas accès aux grands médias qui furent les premiers à tirer parti d’Internet pour inventer de nouvelles formes de mobilisation. Nous avons tous en mémoire les conditions dans lesquelles l’AMI fut rendu public. Ou la constitution, via Internet, de la coalition anti-OMC qui perturba le Sommet de Seattle. On voit, aussi, émerger de nouvelles formes de dialogue entre les citoyens et les institutions : gouvernement, Parlement, administrations, partis politiques. L’ouverture d’une boîte aux lettres sur le site Internet d’une institution engendre systématiquement un flux de questions et d’interpellations. . Au PS, nous recevons, tous les mois, des centaines de messages et de questions. C’est un défi et une opportunité majeures que cette confrontation permanente avec les demandes des citoyens. Les procédures traditionnelles de réponse au courrier s’avèrent assez vite inadaptées aux exigences des internautes. En termes de délai, mais aussi en termes d’interactivité. Car une réponse engendre souvent une nouvelle question, une relance, un commentaire. En un sens, les internautes rendent visibles, ou poussent à l’extrême, des exigences d’interactivité, de transparence, de réactivité, que partagent largement l’ensemble des citoyens, internautes ou pas. Le Gouvernement a apporté, d’ores et déjà, un certain nombre de réponses institutionnelles aux exigences de transparence. Lionel Jospin, en 1997, a fait franchir une avancée majeure à notre démocratie en assignant aux administrations la mission et même l’obligation de diffuser gratuitement au public les données publiques essentielles. Les administrations et les Assemblées diffusent désormais tres largement les données et les textes qu’elles détiennent. Lionel Jospin a annoncé, lors des Assises Parlementaires, le 10 octobre, de nouvelles mesures, notamment pour le service public des bases de données juridiques. Une démocratie plus transparente, mais aussi plus participative. On commence à prendre la mesure des possibilités qu’offre Internet pour consulter les citoyens, sur des projets, au plan local, comme au plan national. Le Gouvernement a organisé des consultations publiques en ligne pour l’élaboration de rapports publics, pour la préparation du projet de loi pour la société de l’information ou, dernièrement, sur un projet de décret. De leur côté, les parlementaires se sont appuyés, à plusieurs reprises sur l’internet afin d’élargir leurs consultations, notamment pour la proposition de loi de quatre députés socialistes sur le logiciel libre dans l’administration. Ces consultations permettent de tester auprès des citoyens et des acteurs concernés les diagnostics et les propositions des pouvoirs publics, d’ajuster les projets de loi : ils peuvent aussi éclairer la discussion au Parlement. Si on prend au sérieux la démocratie participative, il faudra réunir un certain nombre de conditions pour que les consultations publiques soient effectives et surtout productives. On commence à percevoir les limites des forums : on sait qu’il faut mettre en place un dispositif d’animation, faire le point des débats, dégager périodiquement une synthèse des contributions. On peut consulter les citoyens sur des projets de loi, mais aussi sur des projets tres concrets. Les collectivités locales sont des lieux naturels d’expérimentation de cette démocratie participative. Le gouvernement a annoncé que, d’ici le milieu de 2001, les enquêtes publiques de l’Etat seront publiées par voie numérique. Les dossiers de consultation publique seront également mis en ligne chaque fois que ce sera techniquement possible. Les citoyens, eux, pourront communiquer leurs observations au commissaire enquêteur par courrier électronique. De la consultation en ligne au vote électronique, voire aux élections par Internet, il y a un saut. L’organisation d’une élection primaire démocrate, via Internet, en Arizona, a suscité un énorme intérêt. Dés lors qu’une fraction importante de la population utilise quotidiennement internet, pour s’informer, travailler, commercer, la perspective de l’élection en ligne semble se rapprocher. Certains en attendent une amélioration de la participation électorale. Nombreux sont ceux qui redoutent une banalisation, une dévalorisation du geste électoral. De nombreuses questions restent sans réponse : comment garantir l’intégrité du processus électoral et le secret du vote ? Quid de l’égalité devant le suffrage ? Il y a des objections plus fondamentales encore au vote à distance. Si l’instauration de l’élection en ligne semble renforcer la démocratie représentative, en faisant reculer l’abstention, elle sape, à terme, les bases de la démocratie représentative en favorisant l’organisation de referendums sur tous les sujets et l’émergence d’une "démocratie instantanée". Si l’on souhaite résister à l’attraction des élections en ligne, c’est le processus électoral lui-même qu’il convient de rendre plus moderne, plus attractif :
Question n°4 : Concrètement, quelle attitude le Parti Socialiste adoptera-t-il face à l’utilisation de ce nouveau media ? Le Parti socialiste a ouvert un site pour la campagne des législatives de 1997, puis le site officiel. Celui-ci s’améliore -en contenu, en convivialité, en interactivité- au rythme des campagne électorales. Nous venons d’inaugurer une nouvelle version du site. Nous allons multiplier les espaces de débat. Le site va évoluer vers une forme de portail, mieux articulé avec les sites des fédérations et de toutes les entités constituant le PS. Nous allons défricher des usages plus militants, avec des informations plus spécifiquement destinées aux militants, des argumentaires, des documents à récupérer. Nous créerons des sites spécifiques, à l’occasion d’un événement, comme le Congrès. Plus que dans sa partie visible, le site Internet, c’est peut-être dans la partie immergée du parti -les communications internes- que s’opère, via le courrier électronique, une transformation des modes de fonctionnement du PS. Nous avons aussi donné, il y a 18 mois, une forte impulsion à l’usage d’internet en équipant toutes les fédérations d’un I-Mac et d’une connexion Internet. Responsables nationaux, fédéraux et locaux vont de plus en plus communiquer par courrier électronique. Tout cela débouchera, à terme, sur un fonctionnement en réseau. Avec des communications latérales, transversales. Des mécanismes de concertation et de délibération plus rapides et peuvent être plus collégiaux. Question n°5 : Pousserez-vous vos candidats, vos élus et vos militants à être présents sur internet ? Les candidats et les militants ne nous ont pas attendu. Le PS est, de loin, le premier parti politique sur le web. En nombre de sites : sites de fédérations ou de sections ou d’élus. D’où l’idée du portail. Les candidats socialistes, et au-delà de la gauche plurielle, mettent en des sites de campagne pour les municipales. Leur enthousiasme est parfois bridé par la loi sur le financement des campagnes électorales. La loi est antérieure à l’essor d’internet. Il y a des incertitudes sur la comptabilisation des sites internet dans les comptes de campagne. Ce sont des incertitudes qu’il conviendrait de lever d’ici 2002. http://www.politiquementnet.fr/actualite/interview/frmst.html ?page=1
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