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Internet au parti socialiste : propositions de temps réels (juin 2000)
mercredi 28 juin 2000

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1) HYPOTHESE DE TRAVAIL : UN ELECTEUR SUR QUATRE CONNECTE A INTERNET EN 2001, UN SUR TROIS EN 2002

De 12 à 15% % des Français (selon les sources) utilisent aujourd’hui Internet. Les deux tiers d’entre eux disposent d’une connexion à domicile.

14 % des Français déclarent utiliser Internet pour des raisons personnelles : 7% " tous les jours ou presque" et 7 % ou "deux ou trois fois par semaine" (7 %).

Avec un rythme de progression de 30 % en 2000, de 25 % en 2001, le taux de connexion des électeurs pourrait dépasser 20 % fin 2000, 25 % fin 2001, 30 % en 2002.

Un électeur sur quatre en 2001, un sur trois seront en situation de suivre sur Internet et de prendre part aux campagnes municipales et présidentielles.

Intégrer Internet dans la communication du PS, ce n’est pas seulement se doter d’un vecteur de communication supplémentaire.

C’est une manière de se mettre en phase avec une large fraction de la population pour qui naviguer sur Internet, émettre et échanger des mels sont des pratiques banalisées. Et notamment cette population d’internautes intensifs (souvent jeune) pour qui Internet est devenue la première source d’information (avant la presse et même la télévision).

2) L’ENJEU : UN NOUVEL AGENCEMENT DE L’ESPACE PUBLIC

Internet dessine un nouveau partage des rôles dans l’organisation du débat public

Les transformations de la vie publique pourraient être de la même amplitude que celles qui furent induites par l’arrivée de la télévision, il y a 40 ans. La télévision a capté et "concentré" le débat public autour d’un petit nombre de chaînes. Internet semble inverser cette tendance : avec la prolifération de forums, de listes, de tribunes, on observe plutôt un éclatement, une fragmentation de l’espace public...

S’agissant des partis, ils ont, pendant trente ou quarante ans, dû passer par le filtre de la télévision pour s’adresser aux citoyens, avec les effets que l’on sait : personnalisation, primauté de l’image sur le message, simplification du discours (petites phrases...)..

Ils retrouvent, via Internet, le moyen de rétablir un contact et un dialogue directs avec les citoyens : ils pourraient s’émanciper partiellement de la massifiante et réductrice intermédiation de la télévision.

Internet met les acteurs politiques sur le même plan

La communication politique sera plus interactive. Plus ouverte. Plus comparative, aussi, et de ce fait, plus "concurrentielle". La presse publie désormais des analyses comparatives du contenu et de la réactivité des sites des partis politiques. Qui aurait songé dans le passé à comparer les publications imprimées du PS, des Verts, du RPR et de l’UDF.

Aujourd’hui, on compare les sites nationaux. Les contenus, l’organisation, la réactivité. Demain, on comparera la présence des partis sur le web : combien de fédérations, de sections en ligne ?

De nouveaux acteurs se frayent une place dans l’espace public.

Internet fait chuter le coût de l’expression politique. Un individu, un collectif, peuvent créer un site, une liste de diffusion et se frayer ainsi, a moindres frais, une place dans l’espace public, à côté des médias et des partis. Un site ou une liste permettent la constitution de véritables communautés virtuelles et civiques autour d’un thème ou d’une cause.

Ce sont assez logiquement, les associations pauvres en moyens logistiques, les formations et les mouvements sociaux qui n’ont pas accès aux grands médias qui furent les premiers à tirer parti d’Internet pour inventer de nouvelles formes de mobilisation.

Les grandes formations politiques ont tardé à s’approprier Internet

La dissolution de l’Assemblée Nationale, en 1997 a pris les formations politiques au dépourvu : leur présence sur le Web était assez réduite. Seuls les Verts disposaient d’un site web documenté, actualisé.

Dans les mois qui ont suivi les législatives, tous les partis se sont doté d’un site institutionnel, manifestant ainsi leur "présence" sur le web, une présence assez souvent symbolique.

La campagne européenne a vu l’apparition de sites spécifiquement dédiés à la campagne et l’expérimentation de nouvelles formes de communication politique en ligne. ( Cf. étude réalisée par temPS réels en annexe).

Depuis les Européennes, ce sont l’UDF et Démocratie Libérale qui ont consacré le plus d’efforts au développement de leurs sites institutionnels.

Démocratie Libérale explore aujourd’hui la piste du portail libéral (SiteLibre) en hébergeant les sites libéraux. cf. Annexes.

3) PARADOXES DE L’INTERNET SOCIALISTE

Le PS consacre moins d’attention et de moyens a son site institutionnel que les autres partis

Selon Transfert, le site du Parti Socialiste est "décevant".  :"Quelques argumentaires clairs, notamment sur les 35 h. Des liens vers les partis socialistes européens. La navigation est à revoir : rubriques enfermées au sous-sol, peu de pages actives... Les textes ne sont pas regroupés en dossiers thématiques et certaines rubriques datent de plusieurs mois. " http://www.transfert.net/breves/b0447.htm

Pour le Monde "alors qu’ont fleuri une multitude de sites très interactifs dans la mouvance socialiste, le site officiel du PS, lui, est pauvre et statique. On y trouve, certes, la biographie et l’agenda de François Hollande et l’organigramme du parti, mais les informations sont peu actualisées. Un exemple ? Une semaine après le remaniement ministériel, le site n’en disait toujours pas un mot".

Les appréciations du quotidien et du magazine recoupent assez largement les résultats de l’étude réalisée par TemPS Réels lors des elections européennes en juin dernier. Pour comparer les sites, nous avons retenu huit critères. Avec 14 points, le site de la liste UDF arrivait en tête, suivi par celui du RPR (12 points), par celui de Démocratie Libérale (11 points), puis celui de la liste Pasqua-de Villiers (11). Le site de campagne du PS (Construisons l’Europe) n’obtenait que quatre points. cf. Annexes.

Le PS consacre moins d’attention et de moyens a l’entretien de son site institutionnel que Démocratie libérale ou l’UDF. Les responsables de Démocratie Libérale et de l’UDF ont médité l’expérience de leurs homologues américains : en 1996 et 1988, les think-tanks conservateurs et libertariens furent parmi les plus offensifs dans l’usage du web.

Pas d’impulsion centrale pour les sites fédéraux ou de section

Le Parti socialiste a donné une forte impulsion à l’usage du courrier électronique en équipant les fédérations d’un micro et d’une connexion Internet .

Il n’y a pas eu d’impulsion équivalente pour la création de sites. Ni hébergement mutualisé, ni plan de nommage, ni mécanisme de coordination.

o Les fédérations et les sections sont livrées à elles mêmes pour trouver un hebergeur. La plupart ont opté pour des hebergeurs gratuits, type Wanadoo ou Multimania. Les sites socialistes deviennent, de ce fait, des supports publicitaires. Ce qui ne va pas de soi. (notamment au regard de la loi sur le financement des partis).

o Les fédérations et les sections se débrouillent pour définir leur nom de domaine Tres peu disposent d’un nom de domaine "direct". La plupart ont opté pour une solution de type "page personnelle" , avec mention de l’hebergeur. La structure des noms de domaine est heterogene. Une seule fédération a une adresse en .fr. cf. Annexes.

o Les fédérations et les sections se débrouillent ensuite pour faire référencer leur site sur Yahoo ou d’autres moteurs. Il n’est pas prévu de referencement sur le site national. Le site national, à ce jour, n’assure pas de liens vers les sites des sections et fédérations.

o Le secrétariat à la formation vient d’introduire un chapitre "comment créer un site Internet" dans sa brochure "communication". Il ne lui appartenait pas d’élaborer des lignes directrices. De ce fait, ce chapitre explique aux responsables comment se "débrouiller" pour trouver un hebergeur, ou trouver des outils logiciels. Il ne formule aucune recommandation en matière de nommage.

Plus d’une centaine de sites socialistes

o Avec 74 sites lies au Parti socialiste, recensés par Yahoo, le PS distance le Front national (33), le RPR (30), l’UDF (19), le PCF (17), Démocratie libérale (16), les Verts (11) et le RPF (6). Toujours selon Yahoo, le recensement des personnalités politiques (élus et candidats) disposant d’un site donne aussi l’avantage au PS (27 personnalités), devant le RPR (15).

o TemPS réels a répertorié plus d’une centaine de sites socialistes : élus, sections et fédérations socialistes. http://www.temps-reels.org/liensps.htm

o Autre observation. Dans la campagne interne pour l’élection d’un secrétaire fédéral a Paris (en novembre dernier), deux candidats (sur cinq) disposaient d’un site web. Plus récemment, Bertrand Delanoe avait créé un site web et une liste de diffusion pour appuyer sa candidature comme tête de liste a la Mairie de Paris, Jack Lang se satisfaisant d’une liste de diffusion.

o Aux initiatives des fédérations et des sections s’ajoutent une série d’initiatives périphériques. On citera, notamment :
-  PsDoc (rebaptisé PSInfoNet), le site non-officiel du PS, remarquablement documenté. http://www.psinfo.net/
-  France elections, qui avait mis en place des sites de campagne (régionales 1998 et europeennes 1999 ) qui prépare activement la mise en place d’un portail des listes de la gauche plurielle pour les municipales de 2001. www.france-elections.org
-  L’Association Débats et Réflexion qui se donne, notamment, l’objectif d’aider les petites sections à créer des sites. http://www.multimania.com/lagauche/index.htm

4) L’HORIZON : LA COMMUNICATION NATIONALE DU PS VA PROGRESSIVEMENT S’ORDONNER AUTOUR DU SITE INTERNET

La communication interne et externe du PS est organisée aujourd’hui (au PS comme dans les autres partis) autour d’un organe central..

L’Hebdo des Socialistes publie les textes de référence, le point de vue du Parti sur l’actualité politique, nationale et internationale. La rédaction de l’Hebdo veille à mettre en forme ces textes et ces analyses dans une forme agréable, vivante : éditorialisée.

D’ores et déjà, la fonction d’archive des textes de référence (le "journal officiel" du PS) tend à se déplacer vers le site Internet. Le site assure aujourd’hui essentiellement une fonction de bibliothèque électronique des textes officiels du PS.

La question posée aujourd’hui est de savoir si le site doit s’en tenir à cette fonction documentaire ou s’il doit déployer une approche plus éditoriale :
-  Organiser les contenus de manière plus vivante, avec un effort de mise en forme rédactionnelle
-  Ajuster le cycle d’actualisation au rythme de la vie politique
-  Produire et diffuser des contenus éditoriaux originaux, au delà des seuls textes officiels Son contenu et son mode de production se rapprocheraient alors de celui de l’Hebdo.

Si le parti etait retenu de déployer une approche plus éditoriale, il n’y a aucune raison de constituer, à côté de la rédaction de l’Hebdo des socialistes, une deuxième équipe. Il n’y a que des avantages à rapprocher au sein d’une même équipe la rédaction de l’Hebdo et la rédaction du site.

On peut, sans peine, imaginer les étapes de ce rapprochement entre l’Hebdo et le site

o Mise en ligne sur le site du contenu de l’hebdo o Intégration rédactionnelle des contenus du site et de l’hebdo : les textes sont diffusés sur le site, dés qu’ils sont prêts, puis repris dans l’Hebdo. Inversement, l’Hebdo renvoie au site ("pour en savoir plus"). o Progressivement, l’hebdo devient une version imprimée, une sélection des textes publies sur le site

La fonction d’organe central se déplacera ainsi, progressivement, de l’Hebdo vers le site.

Pour au moins quatre raisons.

o Le site est accessible, de manière permanente, de partout o Le site est une bibliothèque, une mémoire. (Plus fiable et plus manipulable qu’une collection d’hebdos). o Le site contient des liens : On y trouve un texte et (via les liens) son contexte o Le site est plus réactif. On peut publier un texte pratiquement dans l’instant.

Ce qui n’implique, en aucune façon, une marginalisation de l’Hebdo. Une publication imprimée reste indispensable, tant qu’une partie de la population n’a pas ou n’a que partiellement acces aux moyens de communication modernes. L’utilité d’une publication imprimée s’imposera probablement durablement.

5) DU SITE AU PORTAIL, DU PORTAIL AU RESEAU

Une impulsion considérable a été donnée a la modernisation du fonctionnement interne du PS avec l’équipement en I-Mac des fédérations, la connexion Internet des fédérations, l’attribution d’une adresse de courrier électronique harmonisée aux fédérations.

Une impulsion du même ordre s’avère nécessaire pour la modernisation de la communication externe.

Proposition 1 : création d’un portail des sites fédéraux (approche minimale)

o Mise en place d’une solution globale pour l’hébergement, le nommage et le réferencement des sites fédéraux

Le PS négocie avec un fournisseur une solution globale d’hébergement ouverte aux fédérations. (Naturellement, celles qui le souhaitent).

o A cette occasion serait élaboré un plan de nommage (comparable a celui qui été défini pour les adresses de courrier électronique).

Des lors que le PS possède le nom de domaine parti-socialiste.fr, il peut insérer en amont tous les sous-domaines qu’il souhaite. Le plan de nommage pourrait, par exemple, être du type : 75/parti-socialiste.fr ou paris/parti-socialiste.fr . L’autre option étant du type parti-socialiste.fr/75 ou parti-socialiste.fr/paris

o Dès lors que les sites fédéraux sont regroupés avec le site national chez le même hébergeur, avec un nom de domaine commun, la question du referencement ne se pose plus. Il revient alors au PS de faire connaître le plus largement possible son nom de domaine. Les citoyens n’auraient plus aucune difficulté pour localiser le site federal de leur département.

o Création de pages-vitrines pour les fédérations qui n’ont pas de site A partir de fichiers existants, et en liaison avec les fédérations, le national peut générer une page Internet pour les fédérations qui n’ont pas de site. On trouverait sur le site fédéral ainsi créé :
-  La carte d’identité de la fédération : les noms et les coordonnées (postale, téléphonique, fax, mail) du local, du premier secrétaire, des membres du bureau fédéral et du conseil fédéral
-  La présentation du contexte politique : le nom des sections du département, les noms des élus locaux socialistes et les résultats récents des principales élections du département

-  Un espace disponible pour le responsable du site où il sera possible d’insérer, par exemple, un agenda, un lien vers un groupe de discussion ou un forum propres à la fédération ou à un sujet de réflexion, un texte (éditorial, communiqué de presse)

Dans un premier temps, l’ensemble de ces données devront apparaître sur une page unique. Sur un plan pratique, ces sites seraient fabriqués, à l’initiative du national, sur la base des fichiers existants : Liste des fédérations, des premiers fédéraux Fichier des élus locaux et nationaux Résultats des élections municipales et cantonales de 95

Proposition 2 : un portail des sites fédéraux et de sections (approche plus ambitieuse)

La démarche est de même nature que celle qui précède. Comme dans le cas précédent, cette solution d’hébergement n’est pas obligatoire pour les sections. Comme dans le cas des fédérations, le national crée des pages-vitrines pour l’ensemble des sections qui ne disposent pas (encore) d’un site.

cf. Un portail pour mettre en réseau les fédérations et les sections (Pascal Nicolle)

Actions d’accompagnement :

o Une liste de diffusion de webmestres socialistes

Cette liste de diffusion rassemblerait tous ceux au PS qui mettent en œuvre ou maintiennent des sites : webmestres des sites de section, animateurs Internet fédéraux...

Cette liste de diffusion et de discussion permettrait :
-  D’échanger des informations pratiques : comment installer une mailing list ? quel moteur utiliser ?
-  De mettre au point et de diffuser des recommandations : chartes graphiques, politique de liens, ..."bonnes pratiques".
-  De diffuser rapidement l’information sur l’existence ou la disponibilité de tel ou tel document ou fichier : afin d’éviter les saisies ou numérisations multiples, afin aussi d’éviter de dupliquer sur des sites fédéraux ou de section les documents disponibles sur le site national ou sur un site fédéral (problème des duplications multiples).

o Un espace de ressources sur le site national a l’intention des webmestres socialistes

On développe sur le portail un rendez-vous des webmestres socialistes o Conseils : quel outil utiliser et comment ? o Mise à disposition d’outils logiciels : forums, moteurs de recherche, création de listes de diffusion, création de listes de discussion....

Quelle que soit la solution retenue (minimale ou ambitieuse), elle implique des coûts (hébergement), une réflexion sur l’architecture, des moyens humains (coordination du dispositif).

Ces coûts sont naturellement à mettre en balance avec la possibilité de déployer l’Internet socialiste sur tout le territoire.

TemPS réels


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