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Favoriser l’accès de tous les Français à l’internet
PROPOSITIONS DU PS (JANVIER 2002)
mercredi 16 janvier 2002

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Favoriser l’accès de tous les Français à l’internet

La société de l’information résulte d’abord d’une informatisation de notre société : l’internet, l’ordinateur, les technologies de l’information sont présents et ont des conséquences dans tous les domaines de la vie sociale et économique.

Les conséquences de la révolution de l’information ne sont pas seulement économiques. Elles touchent à la vie quotidienne : le courrier électronique ou les messages envoyés par téléphone portable font ainsi désormais partie des usages de communication privilégiés d’un nombre croissant de Français. Elles sont civiques et citoyennes : de nouveaux espaces d’expression et parfois de contestation se font jour. Elles sont éducatives et culturelles : désormais, tout le savoir est accessible à tout moment.

Les nouvelles technologies de l’information intéressent les Français au quotidien : l’informatique, le multimédia et l’internet ne sont pas le passe-temps d’une minorité passionnée. 60 % des salariés travaillent avec ou au contact de l’ordinateur. 35 % des foyers disposent d’un ordinateur et plus de 20% d’entre eux sont connectés à l’internet. On recense désormais plus de 16 millions d’internautes de plus de 15 ans. 36 millions de nos concitoyens ont un téléphone portable. Selon une enquête récente, 43 % des Français disent s’intéresser beaucoup ou assez aux nouvelles technologies. Ils sont 75 % chez les 18-24 ans et 68 % chez les 25-34 ans . Nos concitoyens accordent une place privilégiée au rôle des pouvoirs publics pour développer les nouvelles technologies et expriment en ce sens des préoccupations concrètes et variées : démocratisation de l’usage, accès sur tout le territoire, éducation et formation, protection de la vie privée mais aussi simplifications administrations ou soutien à l’innovation.

En faisant de l’essor d’une société de l’information solidaire l’une des priorités à l’action du Gouvernement depuis 1997, Lionel JOSPIN a placé la démocratisation de l’usage et de l’accès au cœur du programme d’action gouvernemental pour la société de l’information.

Priorité pour la formation initiale : Un " programme Internet 2 " de l’école primaire à l’université

Grâce à la priorité accordée à la diffusion du multimédia, de la micro-informatique et de l’internet depuis 1997 et à la mobilisation des collectivités locales, les technologies de l’information et de la communication sont maintenant répandues dans notre système éducatif. La formation des enseignants aux TIC a été généralisée. Un effort considérable a été consenti depuis 1997 dans l’enseignement et la formation professionnelle. Tous les élèves de troisième sont concernés dès cette année par le brevet informatique et internet (B2I). Les comparaisons européennes ne font plus apparaître de retard français en la matière, au contraire de la situation préoccupante de 1997. A la mi-2001, on comptait un ordinateur pour 14 élèves dans les collèges (contre un pour 26 en 1997), un pour 6 dans les lycées (un pour 12 en 1997) et un pour 23 élèves à l’école (contre un pour 100 en 1997). Tous les établissements secondaires étaient connectés à l’internet à la fin 2000, toutes les écoles le seront à la fin 2002.

Les enseignants intègrent progressivement les TIC dans leur pratique pédagogique. Début 2001, ils étaient 61%, tous niveaux confondus, à déclarer utiliser l’ordinateur avec leurs élèves dans le cadre de leurs cours (et 32% en ce qui concerne l’internet). 58% des enseignants disposaient alors d’une connexion internet à domicile, contre 20% en 1998. 80% d’entre eux possèdent un micro-ordinateur. Cela fait des enseignants la catégorie socio-professionnelle la plus connectée de France, contrairement aux idées reçues.

PROPOSITIONS :

Le parti socialiste souhaite que l’informatique, l’internet et les contenus multimédias soient de plus en plus intégrés au quotidien des élèves, des étudiants et de leurs professeurs. Pour cela, une série de propositions sont avancées :

• l’effort doit redoubler pour atteindre, dans le primaire, un ordinateur et un accès réseau pour 5 élèves dans les classes ; la présence continue de l’enseignant, la flexibilité de la journée d’études dans le primaire et l’importance du premier contact avec les outils de la société de l’information rendent prioritaires la disponibilité du matériel dans la classe. ÿ au collège, il s’agit d’atteindre un ordinateur et un accès réseau pour 3 élèves dans les classes, pour 10 élèves dans des espaces en libre-service, de préférence accessibles aussi en dehors du temps scolaire ;

• au lycée, un ordinateur et un accès réseau pour 2 élèves dans les classes, pour 5 élèves dans des espaces en libre-service, de préférence accessibles aussi en dehors du temps scolaire ; ÿ à partir du secondaire, l’ordinateur devient progressivement un outil essentiel de réalisation de documents à la maison et d’accès à la documentation et à des offres de formation complémentaire ou de soutien scolaire à distance, depuis le domicile.

Aujourd’hui, alors que plus de 40% des ménages d’enfants scolarisés seraient déjà équipés et que l’équipement dans les établissements scolaires a très fortement progressé, l’inégalité d’équipement devient un enjeu fort d’égalité. Dès lors, une mesure de soutien à l’équipement des familles d’enfants scolarisés dans le secondaire devrait être considérée, qui bénéficierait par exemple aux familles moins favorisées, titulaires de l’allocation de rentrée scolaire. ÿ dans le supérieur, la mobilité des étudiants entre domicile, lieux d’enseignement et lieux d’étude, voire lieu de travail, doit être prise en compte. L’ordinateur devient, de plus, un outil personnel indispensable, tant pour l’élaboration des travaux demandés que pour l’accès aux sources d’information et à l’échange par l’internet. L’objectif à atteindre rapidement est donc d’équiper chaque étudiant d’un ordinateur portable en favorisant l’équipement rapide, soutenu financièrement, à partir de la première année universitaire.

• Chaque étudiant doit en outre disposer d’un accès réseau à haut débit dans tous les lieux de l’établissement, en développant des accès ergonomiques tels que les accès sans fil par la mise en place de réseaux à haut débit sans fil à l’échelle de campus universitaires ou de grandes écoles.

Des mesures d’accompagnement technique et humain sont indispensables :

• Les technologies de réseau sans fil devront être rapidement testées dans ce but. • Le raccordement de tous les établissements scolaires par des accès forfaitaires à haut débit, notamment par l’évolution de Renater, doit être engagé. • Enfin, les profils des personnels techniques de l’éducation nationale doivent évoluer pour intégrer une nouvelle mission d’entretien du parc informatique et de première intervention, éventuellement relayée par un appui sur des prestataires externes.

Un tel plan devra naturellement permettre à des collectivités territoriales d’aller au delà de ces objectifs, partout où elles le souhaiteront.

• En complément des investissements matériels, l’investissement dans les contenus multimédia éducatifs doit être renforcé. • Il faut également développer un domaine public des contenus numériques pour l’éducation. Ce soutien à la production et à la diffusion des ressources éducatives dans les établissements permettra de donner aux professeurs des moyens modernes d’enseignement. Il permettra, en outre, de structurer une offre française de qualité pour le rayonnement international de notre culture, à partir de la dizaine de campus électroniques lancés par Jack Lang.

L’internet pour tous : une nouvelle étape pour l’équipement et l’accès public

Depuis trois ans, avec le lancement du plan " 7000 lieux publics d’accès au multimédia, à l’informatique et à l’internet pour 2003 " en juillet 2000, doté de moyens financiers conséquents, les moyens d’action contre la dimension sociale et générationnelle du fossé numérique ont été significatifs, pour que le soutien de l’Etat vienne soutenir la dynamique des acteurs, secteur associatif, collectivités locales et entreprises.

Les première études sur l’accès public montrent l’ampleur du mouvement en cours et la diversité des publics visés : jeunes, demandeurs d’emplois, mais aussi forte fréquentation des personnes âgées. La mission pour l’accès public à l’internet (MAPI), rattachée au Premier ministre, recense déjà près de 3000 lieux publics sur tout le territoire. Ceux-ci emploient plus de 5000 emplois-jeunes de formateurs au multimédia, financés par l’Etat. Plusieurs centaines de lieux publics sont pris en charge par des services publics : espaces culture multimédia, centres d’information pour la jeunesse, bibliothèques, bureaux de Poste, agences pour l’emploi, espaces numériques dans le cadre des villes recevant le label " Ville Internet ", etc.

La MAPI a commencé à délivrer le label " espace public numérique " qui garantit une formation minimale type dans plus d’une centaine de lieux publics. Les premiers " passeports pour l’internet et le multimédia " ont été décernés.

Des mesures complémentaires ont porté sur l’incitation fiscale aux entreprises pour équiper leurs salariés (loi de finances pour 2001, mesure toujours en vigueur), qui ont déjà bénéficié à plusieurs centaines de milliers de salariés pour qui l’équipement ne sera pas assimilé fiscalement, pour le salarié, à un don en nature, sur le soutien à l’équipement du secteur associatif, sur l’encouragement au don de matériel informatique par les administrations aux écoles et associations par le relèvement du plafond de la valeur résiduelle des matériels pouvant être donnés, sur les projets pour l’économie solidaire.

Pour l’avenir, le Parti socialiste est convaincu de la nécessité de poursuivre cette politique volontariste d’accès public aux TIC, qui est au cœur de la vision d’une " société de l’information pour tous " voulue par le Premier ministre.

PROPOSITIONS :

Une seconde étape de l’accès public passe d’une part par trois propositions clefs : • une généralisation des points publics d’accès à l’ensemble des communes ou regroupements de collectivités territoriales, selon des tailles adaptées aux besoins locaux, • un renforcement du rôle des lieux publics dans l’accès public aux services et aux contenus (création de pages personnelles, formations concrètes à l’utilisation des téléservices publics, utilisation de boîtes postales électroniques restantes, projets pédagogiques, accès à la formation permanente en ligne, y compris les campus numériques, création culturelle numérique, etc.). • l’ouverture des salles informatiques équipées dans les établissements scolaires comme lieux d’accès et de formation de tous les publics, en particulier ceux du troisième âge, est une piste à privilégier pour laquelle des dispositions incitatives pourront au besoin être prises.


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