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Lettre de Temps Réels n°54
LES ARBRES NE MONTENT PAS JUSQU’AU CIEL ...
mercredi 24 juillet 2002

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Certains arbres enfoncent droit dans le sol une racine pivot. D’autres étalent leurs racines en surface. Quand la tempête de 1999 est passée, les premiers ont résisté et les seconds se sont couchés, dressant leur bouclier dérisoire de racines contre le vent victorieux.

Après d’autres et avant d’autres, le grand peuplier Vivendi s’est abattu. Il serait erroné d’en attribuer la responsabilité exclusive à un Bonaparte en socquettes, Jean-Marie Messier. Le mal est plus profond, qui sépare l’économie réelle, les entreprises à racine pivot, de l’économie financière, les entreprises à racines superficielles.

Les économistes savent que dans une économie croissant à 5 % (3 % en volume et 2 % en prix), il n’est pas possible de dégager sur longue période une rentabilité moyenne du capital dépassant 5 %. Comment faire dans ce cadre pour obtenir les 15 % de rentabilité des capitaux propres qu’exigent les financiers des fonds de pension et plus généralement les actionnaires intoxiqués ?

La première solution est de faire une grande découverte et ensuite d’en garder le monopole aussi longtemps que possible. Cette rente technologique est celle que Microsoft a su construire et défendre, au besoin par des moyens déloyaux.

• Deuxième solution : absorber des concurrents dans le but de renforcer son pouvoir de marché, c’est-à-dire la capacité de fixer des prix rémunérateurs qui ne sont pas déprimés par une concurrence exacerbée. Il ne s’agit plus de rente technologique mais de pouvoir commercial.

Troisième solution : rechercher des gains d’efficacité en intégrant dans un vaste complexe industriel ses fournisseurs et sous-traitants. L’opération est particulièrement lucrative si les sous-traitants sont implantés dans des pays à bas salaires comme la Chine où la combinaison d’une technologie moderne et d’une main-d’œuvre qualifiée surabondante dégage une rentabilité formidable quoique risquée.

La quatrième solution s’appelle l’effet de levier. Elle consiste à emprunter massivement à 3 % pour financer un développement qui "produit" un rendement de 5 % des capitaux investis. Si l’on ne paie que 3 % sur la majorité du capital emprunté, on peut payer du 15 % aux actionnaires sur les capitaux propres. Tous les pays en croissance rapide ont procédé ainsi, notamment le Japon et la France durant les années 50 et 60.

C’est avec les options suivantes que les ennuis commencent sérieusement.

La cinquième solution est de surfer sur la phase ascendante d’un cycle boursier. Le dividende modeste que touchent les actionnaires (les fameux 5 % de rendement économique du capital) est éclipsé par les magnifiques plus-values boursières que promet l’ascension rapide du titre. L’inconvénient de cette solution est que tous les booms ont une fin et que, dans la chute qui suit, le pauvre dividende ne peut masquer l’effondrement du cours. Les investisseurs se débarrassent alors de leurs actions, parfois au moyen de programmes automatiques qui déclenchent la vente dès que la baisse atteint un certain seuil. Et la chute se transforme en avalanche.

Une sixième solution, dont l’absurdité est telle qu’on hésite à la mentionner, est d’utiliser une partie des profits réels de l’entreprise pour racheter les actions de l’entreprise et en faire ainsi monter le cours.

La septième solution est de bidouiller les comptes, ce qui est fort tentant quand on possède des actifs immatériels (des marques, des logiciels, des films, des clientèles) qui sont beaucoup plus difficiles à évaluer que des usines. C’est aussi plus facile quand ces actifs sont répartis dans des pays divers dont les règles comptables et les surveillances sont inégales, voire inexistantes (les paradis fiscaux). C’est enfin plus aisé quand la frontière entre le toilettage fiscal des comptes, pour payer le moins d’impôts possible, et la fraude pure et simple s’est effacée parce que les autorités de régulation (la COB américaine ou le fisc américain) ont perdu une grande partie de leurs pouvoirs en raison de l’influence néfaste des grands intérêts privés sur le Congrès et sur le gouvernement américains.

Jean-Marie Messier a presque tout essayé, au pas de charge, sans avoir jamais découvert une innovation technologique qui l’aurait mis à l’abri du besoin.

Il a construit un empire industriel et commercial (solutions 2 et 3), joué à fond de l’effet de levier (solution 4), surfé sur la bulle des nouvelles technologies de l’information (solution 5) et truandé les comptes en désespoir de cause (solution 7). Le tout dans un crépitement de dépenses personnelles aux antipodes de la légendaire 2CV de François Michelin.

Après que tant d’argent a flambé dans l’économie casino, ce sont les salariés qui vont avoir un goût de cendre dans la bouche, car c’est eux qui vont payer les dégâts réels de ces spéculations financières. Allez ensuite vanter les bienfaits de la mondialisation ! Les candidats s’en sont rendu compte aux dernières élections.

Je crois que le système des 15 % de rendement exigé des capitaux investis en actions est fondamentalement vicié à la base. Il y aura d’autres catastrophes, moins éclatantes, jusqu’à ce que des règles raisonnables soient instituées aux Etats-Unis d’abord et dans le monde ensuite pour assurer une croissance réelle et financière durable.

Il est même possible de rêver que l’Europe se dote la première de règles prudentielles pour soutenir une croissance moins spéculative et moins lourde en troubles sociaux à venir. Mais la frilosité ambiante n’est guère de bon augure.

Christian Sautter

Lire aussi le débat au sein de temps réels à propos de la fusion Vivendi-Universal

Dés décembre 2000, la plupart des intervenants exprimaient leur scepticisme sur l’opportunité et le succés de cette fusion. Fusion Vivendi-Universal


Internet : d’abord un réseau d’échanges ....

Le 30 juin, Jean-Marie Messier était écarté de la direction de Vivendi Universal. Le 18 juillet, c’etait le tour de Robert Pittman, numéro deux du géant AOL Time Warner. Le 28 juillet, Thomas Middelhoff quittait la direction de Bertelsmann...

Ces trois hommes avaient fondé la stratégie de leurs groupes autour de la convergence contenant-contenu. A la tête d’immenses catalogues de films, de musique et de journaux, ils voyaient Internet comme un réseau de diffusion, " descendant ", transformant les internautes en récepteurs passifs, avec le pay for access généralisé, et la gestion électronique des droits d’auteur comme horizons ultimes...

La course au gigantisme ne portait pas que sur les " portefeuilles de contenus "... Elle portait aussi sur les portefeuilles d’abonnés captifs, ou supposés tels. La stratégie AOL-Warner était un peu plus tangible, avec un double ancrage dans l’internet (AOL) et dans le câble (Warner). La stratégie Vivendi etait plus nébuleuse : Jean Marie Messier faisait miroiter aux investisseurs ses millions de clients, additionnant les abonnés à la télévision payante (Canal Plus) et ceux du téléphone (SFR). Absent de l’Internet, il tablait sur l’essor (incertain) de l’internet mobile.

Cette double stratégie d’agrégation des catalogues (en amont) et des portefeuilles d’abonnés (en aval) dessinait comme horizon un éclatement de l’Internet en une poignée de " réseaux propriétaires " : des contenus AOL-Warner pour les abonnés AOL-Warner des contenus Vivendi pour les abonnés Vivendi ... Une démarche complètement antagonique avec la logique ouverte d’Internet.

Frénésie d’acquisitions, montagnes de dettes, retournement économique, baisse des recettes publicitaires, perte de confiance des marchés financiers ... Les trois géants se réorganisent aujourd’hui, plus classiquement, autour de leurs métiers. AOL Time Warner se scinde en deux branches : les abonnements (AOL et Time Warner Cable), d’un côté, les contenus ( chaînes de télévision, les studios de cinéma et Warner Music) de l’autre.

Les internautes ont largement boudé les offres des trois géants, notamment les catalogues de musique en ligne, ou le pharaonique portail Vizzavi de Vivendi. Ils préféraient échanger de la musique sur Napster et ses avatars.

On a pris la mesure, à cette occasion, qu’Internet était d’abord un prodigieux réseau d’échanges. Avec les systèmes dits " peer to peer ", on revient même aux racines d’Internet, avec son architecture égalitaire (" end to end "), chaque ordinateur connecté pouvant être récepteur et serveur.

La prise en main de l’Internet par les grands groupes de communication, sous sa forme brutale, l’éclatement d’Internet en réseaux propriétaires, a échoué. Mais se poursuit pas d’autres voies. L’instauration des systèmes de marquage des œuvres et de contrôle des droits d’auteur , avec, a l’horizon, la remise en cause du droit à la copie privée .. Et l’adoption de nouveaux protocoles techniques qui modifient, progressivement, l’architecture ouverte de l’Internet....

Accord euopéen sur le télétravail

Un accord a été signé entre représentants des employeurs et des syndicats à l’échelle européenne qui définit le télétravail et établit un cadre général pour les conditions de travail des télétravailleurs.

L’accord distingue quatre types de télétravailleurs (travailleurs à domicile salariés, travailleurs indépendants à domicile, travailleurs mobiles et travailleurs occasionnels à domicile) et leur accorde la même protection globale que les salariés qui travaillent dans les locaux de l’entreprise. L’accord porte notamment sur la protection des données, le respect de la vie privée, l’équipement, la santé et la sécurité, l’organisation du travail et la formation.

Cet accord a été signé par la Confédération européenne des syndicats (CES), l’Unice/UEAPME (artisans et PME) et le CEEP (entreprises délégataires de service public) et doit être mis en œuvre d’ici à juillet 2005. D’ici à quatre ans, un rapport européen sera élaboré pour donner la mesure des conséquences de l’accord dans les pays de l’Union.

Au sein de l’Union, c’est en France et en Allemagne que le télétravail est le moins développé, tandis que la Finlande compte le plus grand nombre de télétravailleurs et que c’est au Royaume-Uni que ce mode d’organisation rencontre la plus forte croissance.


Le SPD a consacré pas mal d’attention à la campagne en ligne de Gerhard Schroder

Le site de Gerhard Schroder.. donne accés à portrait détaille du chancelier et à ses grandes orientations.

Trois entreprises ont été impliquées dans la réalisation du site :
-  l’agence Berlin-basée A&Bface2net a conçu et réalisé le website,
-  DeTeLine (filiale de Deutsche Telekom) a dirigé le projet, bâti autour de Pirobase (gestion de contenus dynamiques)
-  Pironet NDH a fourni la plateforme technique.

Le centre de calcul de Pironet NDHE héberge déja les systèmes d’information du SPD

Selon le responsable de la " campagne en ligne " du SPD, Kajo Wasserhövel, le SPD offre à toutes les sections et organisations affiliées la possibilité de mettre en place et de maintenir des sites, des extranet et des intranets : leur utillisation ne requiert acune compétence de programmation...

Voir aussi : SPD : vers un parti en réseau


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