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1996 : Convention "Acteurs de la démocratie" (Extraits)
vendredi 20 août 1999

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La convention "acteurs de la démocratie" met l’accent sur l’ambivalence des technologies de l’information : elles sont porteuses d’espoirs, mais aussi de risques. Une approche assez convenue...

La participation des citoyens dans la gestion du service public

L’expression et la participation des citoyens-usagers est une condition de la bonne marche des services publics. De façon générale, le développement de la citoyenneté passe par un accès plus large et plus facile à l’information ...

o Les nouvelles technologies et le développement des autoroutes de l’information offrent d’ailleurs des perspectives particulièrement prometteuses pour permettre d’améliorer les relations entre l’administration et les citoyens, par exemple, en rendant possible l’accès aux documents administratifs 24h sur 24h et ce, sans contraindre les citoyens à des déplacements souvent importants. De même, une politique ambitieuse de numérisation de l’information publique au sens large (patrimoine culturel, grands textes réglementaires, informations des collectivités locales, projets de grands aménagements publics, etc.) permettra aux citoyens un enrichissement individuel et une meilleure participation au processus de la décision publique.

Le recours aux nouveaux outils d’information et de communication doit contribuer à une émancipation démocratique des citoyens.

o Des espoirs

La société de l’information est porteuse d’espoirs démocratiques multiples, puisqu’elle favorise une intégration culturelle mondiale, porteuse de compréhension mutuelle et de dilution des sociétés répressives, et condamne à terme toute tentative de repli autarcique des régimes autoritaires.

En entraînant une démultiplication des centres de diffusion de l’information , elle contribue à libérer la capacité d’expression des citoyens. Elle allège leurs contraintes matérielles dans leur vie professionnelle (développement du télétravail) comme dans leur vie quotidienne (mobilité, accessibilité). Elle facilitera la rénovation de l’action publique et de la vie politique par une amélioration des relations entre la puissance publique et le citoyen (diffusion de l’information , modernisation de la gestion des grands services publics, dialogue entre élus et citoyens).

Enfin, elle peut favoriser le rééquilibrage territorial d’un pays très centralisé comme la France.

o Des risques

Les dangers que représentent les nouveaux outils de communication au regard des exigences de la démocratie ne doivent pas être sous-estimés.

Entraînant une transformation des métiers existants et l’apparition de nouveaux métiers, ils risquent d’entraîner des suppressions d’emplois et des délocalisations d’activité (parfois vers les pays en voie de développement).

Ils peuvent provoquer une dilution du lien social qui fonde la démocratie, en entraînant un retrait de l’individu de la sphère sociale :
-  dans le cadre professionnel, par le développement du télétravail ;
-  dans la vie privée, par un recours accru aux modes d’accès à distance aux services les plus divers, en substitution à certaines activités, jusqu’à présent génératrices de contacts sociaux (télé-achat, télé-enseignement, télé-culture).

Ils peuvent aggraver les inégalités sociales (en s’adressant prioritairement à des usagers solvables) et culturelles (en accentuant le nivellement culturel déjà constaté dans les médias traditionnels).

Ils sont enfin porteurs de menace pour la vie privée des citoyens (dans la mesure où ils reposent sur la multiplication des fichiers informatiques et leurs connexions aux grands réseaux) et pour le pluralisme (du fait des risques de domination des grands groupes mondiaux de communication issus des concentrations en cours).

o Une intervention publique nécessaire

Les pouvoirs publics doivent :
-  réglementer et réguler :
-  former et préparer les citoyens par une lutte contre l’analphabétisme de l’information en préparant, dès l’école primaire, les futurs citoyens de la société de l’information à l’usage des nouveaux outils ;
-  faire jouer aux services publics un rôle moteur d’incitation par une modernisation exemplaire des grandes fonctions collectives fondée sur le recours aux nouvelles technologies (éducation, santé, protection sociale, sécurité, culture, etc.).


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