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1996 : Convention mondialisation (extraits)
vendredi 29 mai 1998

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Alors que la convention mettait l’accent sur l’ ambivalence des effets des technologies de l’information, (risques et opportunités), la Convention Mondialisation retient essentiellement les risques : uniformisation, domination, marchandisation, colonisation culturelle

Une grande richesse naît de l’intensification des échanges et de la rencontre des cultures : la rencontre des langues, des musiques, des écritures sont source d’imagination et d’invention.

La mondialisation culturelle présente le risque de l’uniformisation : c’est pourquoi il faut que les Etats mènent une politique vigoureuse pour encourager la création.

Le risque pour autant n’est pas absent, directement lié à celui d’une domination américaine : là aussi de grandes entreprises transnationales gouvernent le marché de la musique et du cinéma, l’anglais s’impose comme langue de communication mondiale.

Les autoroutes de l’information sont, pour l’administration américaine, le moyen d’offrir un grand projet industriel à la société américaine, une nouvelle "nouvelle frontière" qui permette aux États Unis de doper l’industrie américaine à l’aube du XXIème siècle et de dominer les marchés mondiaux. La mondialisation est ici "marchandisation", et passe par une extension de l’aire et des forces du marché.... Il ne s’agit pas d’ériger de quelconques barrières infranchissables pour protéger notre culture comme dans une réserve, mais de se donner les moyens, économiques et politiques, de préserver et diffuser nos idées, nos créations.

Une nouvelle forme de colonisation, non plus militaire mais spirituelle et financière, cherche à modeler les esprits sur un modèle unique. Ce nouveau "modèle culturel" tend à éroder tout ce qui façonne la mémoire des hommes, l’histoire, les paysages, les modes de vie, les langues dans leur diversité, la connaissance du passé. Face à cela, les peuples doivent opposer la volonté de se gouverner par eux-mêmes, affirmer leur identité.

Le progrès des technologies de l’information et de la communication tend à transformer progressivement l’organisation économique et sociale de notre société. L’information devient un facteur clef de la compétitivité. Les infos-route sont devenues une stratégie de conquête pour les pays les plus puissants et les groupes transnationaux pour consolider une suprématie industrielle et commerciale. Face à cet approche marchande, c’est la citoyenneté et la démocratie indissociablement liées à la nature et à l’évolution des systèmes de communications qui sont en danger. Notre réflexion doit s’orienter sur l’exercice libre et raisonné par les individus de leurs droits démocratiques, tout en veillant aux aspects juridiques, éthiques et financiers de la société de l’information.


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