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Les nouvelles technologies peuvent créer de l’emploi
CONTRIBUTION DETEMPS RÉELS A LA CONVENTION ENTREPRISE DU PARTI SOCIALISTE (NOVEMBRE 1998)
samedi 21 novembre 1998

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La "révolution informationnelle" transforme en profondeur le système productif des entreprises et au-delà la société. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) permettent une politique de croissance tournée vers l’emploi : nouveaux métiers, nouveaux acteurs et logiques de développement et de diversification des entreprises. Les NTIC ne créent pas seulement des emplois qualifiés mais aussi des emplois à faible qualification, notamment parmi les jeunes. Leur essor ne doit pas être lié à la seule capacité de les consommer ou à la nécessité de s’y plier, mais à la faculté ouverte à tous de posséder les clés de l’économie de demain. Le développement des NTIC dans l’entreprise modifie le travail d’une majorité des salariés : accélération des échanges, réduction de la chaîne de production, accélération et/ou parcellisation des tâches, flexibilité du temps de travail, préférence pour la sous-traitance, télétravail, etc. Il faut limiter les risques encourus par la société salariale et la communauté de travail, et grâce au NTIC favoriser de nouvelles distributions de pouvoirs, l’essor de l’autonomie des salariés, le partage des savoirs, la réduction du temps de travail. Parallèlement, il faut prévenir l’émergence d’une "société de contrôle" qui mettrait en cause les libertés individuelles, ferait éclater les formes de représentation dans l’entreprise et les principes du droit du travail. Nous devons aussi rester attentifs aux nouveaux modèles d’entreprises que les NTIC font émerger : microsociétés en réseau, entreprises innovantes, etc. chaque fois qu’ils favorisent de nouvelles formes de responsabilité, de circuits d’information, de participation et d’exercice des pouvoirs.

Dans le même temps, les technologies de l’information et de la communication sont devenues un facteur stratégique de compétitivité dans une économie où la concurrence ne se joue plus seulement sur les coûts, mais sur l’innovation et le service. La "révolution informationnelle" est une transformation du système productif d’une ampleur comparable à celle de la révolution industrielle. Les technologies de l’information ne sont plus seulement des moyens d’automatiser et de substituer du capital au travail : l’information est devenue un facteur de production à part entière.

En libérant un nouveau potentiel créatif et de nouvelles ressources productives, les technologies de l’information et de la communication sont - potentiellement -, génératrices de croissance et de créations d’emplois. En réduisant la part des travaux routiniers (ou dangereux) au profit de tâches faisant plus amplement appel à la capacité d’adaptation, de décision et de création de chacun, ces technologies peuvent également contribuer à enrichir le travail, et à rendre possible les changements organisationnels que nécessite la réduction du temps de travail. Cependant, leur usage n’entraîne pas mécaniquement des conséquences positives. Selon les pratiques de gestion des entreprises, le degré d’effort mis dans l’adaptation de l’organisation et la formation... l’introduction massive des technologies de l’information peut avoir un effet destructeur ou au contraire, libérateur.


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