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Introduction
PARIS, MÉTROPOLE NUMÉRIQUE
2001

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Depuis quelques années, les technologies de l’information et de la communication(TIC) ont ouvert un nouvel espace économique caractérisé par de nouvelles activités et de nouveaux métiers, et sont à l’origine d’une réforme en profondeur des secteurs traditionnels.

Les effets de cette révolution numérique, comparable par son ampleur à la révolution industrielle de la fin du 18ème siècle, accélérée par la libéralisation des télécommunications, engendrent un cycle de croissance économique forte.

A lui seul, le secteur des TIC représente aujourd’hui 5% du PIB français et selon les prévisions du BIPE, il contribuera à 21% de sa croissance en 2001, sans compter les effets indirects de la diffusion du numérique aux autres secteurs de l’économie.

Aujourd’hui, la grande majorité des entreprises de ce secteur s’est installée en région parisienne, notamment pour des raisons techniques, mais en l’absence d’une volonté politique affirmée et cohérente, il semblerait que le mouvement soit en train de se tarir voire de s’inverser.

Les NTIC, un secteur créateur d’emplois

NB : très peu de chiffres récents sont disponibles sur ce sujet.

L’étude réalisée par le BIPE pour le secrétariat d’Etat à l’industrie montre que le secteur des TIC a atteint depuis 1996 une croissance en volume de 10% par an, chiffre très supérieur à ceux affichés par les autres secteurs d’activité.

Entre 74 000 et 190 000 emplois seraient créés chaque année par les TIC.

Selon l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région IDF, qui a réalisé un dossier intitulé " quelle place pour la l’IDF dans la course à la nouvelle économie ", en juin 2000, les TIC, telles qu’elles ont été définies sur la base d’une définition de l’OCDE, emploient, à la fin 98, 342 900 salariés dans 12 800 établissements en IDF.

En employant environ 9,5% des salariés du secteur privé, les entreprises franciliennes des technologies de l’information et de la communication pèsent presque autant que " le commerce de détail et la réparation automobile "(362 000 salariés) et plus que la construction (224 000 salariés).

Entre 1995 et 1998, les TIC ont créé 54 500 emplois, soit une progression globale de 18,9% tandis que le nombre d’établissements progressait de 1400.

Cette évolution traduit la vigueur de la nouvelle économie en IDF.

Par ailleurs, il est à noter qu’il s’agit d’un secteur porteur pour les diplômés de moins de 35 ans, qui représentent 42% des effectifs salariés.

Ce secteur offre d’emblée des opportunités d’emploi stable : 94% des personnes qui y travaillent sont recrutées sur des CDI.

Cependant, selon l’étude de l’ODEP (mai 2000), il est nécessaire que, dans un contexte de compétition européenne, alors même que la France accuse toujours un retard par apport aux USA, mais aussi par rapport à la Finlande, à la Suède, ou au Royaume Uni, l’IDF, et tout particulièrement Paris, entreprenne, dans beaucoup de secteurs, des efforts de modernisation et d’innovation.

Les critères des choix d’implantation des entreprises de la net économie

Selon l’étude de la Dares en 1997, l’IDF pèse autant que la province pour les effectifs des NTIC alors qu’elle n’occupe que le tiers des effectifs provinciaux pour l’ensemble des activités.

La tendance s’est encore accentuée lors des trois dernières années, puisque sur 560 décideurs présentés dans le carnet du " journal du net ", 90,3% d’entre eux travaillent en région parisienne.

L’information étant accessible en tout lieu, ce sont d’autres critères qui déterminent les choix d’implantation des entreprises.

L’étude qualitative menée par l’Observatoire de l’Information et de la Communication à Paris et en IDF(mai 2000) , auprès d’une vingtaine d’entreprises de la net économie, a permis de mettre en évidence plusieurs points importants :

-  La notoriété de l’emplacement : argument le plus souvent cité.

Une adresse à Paris est reconnue comme un "plus", une référence.

-  En grande majorité, les entreprises recherchent des structures de transport modernes et performantes.

La centralité de Paris et une bonne desserte avec un réseau en étoile vers les gares et les aéroports sont autant d’atouts pour Paris. La commodité des transports permet des contacts privilégiés avec les clients ou prospects.

-  Les caractéristiques techniques des locaux représentent le troisième critère important mentionné par les entreprises(facilité d’accès à internet haut débit).

Par ailleurs, il convient d’ajouter à ces critères que les entreprises de la net économie, caractérisées par une croissance rapide, sont en permanence confrontées à la question de la bonne adéquation entre la gestion de la surface nécessaire et la prise en compte du marché immobilier, d’où une recherche de faibles loyers et de baux précaires.

*Le sentier, capitale des entreprises du net (source : étude ODEP, mai 2000)

Le Sentier à Paris représente ainsi un espace privilégié pour les entreprises de la net économie. Près de 77 entreprises sont installées fin 99 entre le Boulevard des Capucines et la rue de Rivoli, contre 38 début 99.

Cet engouement a plusieurs raisons. Les loyers annuels y sont assez bas (1200F le M2 contre 1500 à 1800 à Opéra). De grands espaces se sont libérés après le départ des professionnels du textile vers Aubervilliers. Le sentier est facile d’accès pour les employés et les clients.

La raison principale est sans doute qu’il a bénéficié, avant le reste de Paris, d’un réseau de télécommunications sophistiqué, notamment dû à la présence de la Bourse et de l’AFP.

L’exemple du Sentier prouve que les entreprises de la net économie sont susceptibles de créer des emplois qualifiés à Paris et de générer des produits et services ayant un marché mondial.

Il est donc extrêmement important pour Paris de créer un environnement favorable à l’émergence d’entreprises de la nouvelle économie, et de tout mettre en place pour qu’elles ne déménagent pas rapidement, ce qui, au vu de très récentes évolutions, est un risque à ne pas négliger.

Le développement des TIC, un défi stratégique pour Paris

Ainsi, les TIC sont susceptibles de créer à Paris de nouvelles pratiques, des emplois nombreux et, en dernière instance, de la richesse.

Les entrepreneurs de la capitale témoignent d’ores et déjà d’un réel dynamisme et ont engagé un mouvement d’importance.

Pourtant, à l’égard du reste du monde, et notamment des Etats-Unis, de l’Angleterre, ou de la Suède (pays à bien des égards exemplaire) la ville de Paris offre plutôt le spectacle d’une cité frileuse où quelques pionniers s’efforcent de suivre, voire d’anticiper, le mouvement mondial.

Rares sont, au monde, les villes qui rassemblent un tel tissu d’étudiants, de créateurs et d’entrepreneurs.

Créer, dans la capitale, un véritable marché permettrait de donner à ces entrepreneurs, qui inventent aujourd’hui les services et les produits du marché de demain, un avantage compétitif par rapport au reste du monde.

Le marché de la nouvelle économie, ce sont les internautes : une population équipée, éduquée et utilisatrice des services qui se développent aujourd’hui sur l’Internet.

Le haut débit pour tous, à un coût raisonnable doit faire l’objet d’un objectif politique prioritaire.

Enfin, créer une telle dynamique permettrait l’émergence dans la capitale de nouvelles pratiques, culturelles, administratives, politiques et citoyennes. Les nouvelles technologies vont induire un bouleversement sociétal, un changement du rapport citoyen/politique-administration.

Pour que Paris ait une chance de devenir l’un des laboratoires de l’économie de demain, il faut donc relever un ensemble de défis :

-  équiper (le haut débit pour tous)

-  financer (le haut débit à des prix accessibles)

-  former (donner à chacun une chance de devenir un utilisateur intelligent d’Internet)

accompagner ce mouvement en faisant connaître les produits, les services et les projets associatifs développés sur Internet.

Ainsi, au cours des travaux préparatoires à cette rencontre, nous n’avons pu que constater la nécessité et l’urgence pour Paris de dégager une volonté politique d’excellence.


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