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Paris, métropole numérique
2001

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"Une région comme l’Ile-de-France, voire la France, ne pourra pas être gagnante sur tous les créneaux et je proposerais qu’il y ait une réflexion pour savoir quels sont les segments d’activité, les domaines d’activités où vous voulez être numéro 1 en Europe.... Il y a une étude très importante à faire et il est urgent de la faire parce que, pendant que l’on parle aujourd’hui, je suis sûr qu’à Munich ou ailleurs il y a le même débat et tout le monde essaie de se positionner pour attirer des entreprises en termes de réussite. "

Bernard Dufau, President d’IBM France

"On voit bien, à travers des tas d’exemples, que des collectivités qui ont négligé les petites start-up s’en sont très cruellement mordu les doigts parce que ces entreprises, après, sont devenues des moteurs de croissance formidables. Il y a une grande révision des critères d’ap-préciation à faire. Quand vous avez la chance de voir arriver une grosse boîte, comme cet hôtel internet, c’est un élément tellement fort, tellement stratégique à long terme que ce serait coupable de ne pas prêter plus d’attention à cette opportunité extraordinaire."

François Denieul, économiste et consultant

"On ne voudrait pas aller trop loin et on a des problèmes pour trouver des mètres carrés qui soient bien desservis, proches des transports en commun et d’infrastructures de télé-communications... "

Jean Pascal Goninet, directeur des operations Cisco

L’economie parisienne est d’ores et deja tirée par la "nouvelle economie" et les activites liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Paris (et la région parisienne) figurent parmi les pôles europeens de la nouvelle economie.

Elles doivent cette position à une serie d’atouts structurels, plus qu’aux efforts ou impulsions de la Municipalité. La Ville a pris tres peu d’initiatives : elle s’est contentée de " gerer " passivement les atouts dont dispose la capitale.

Il conviendrait de comparer la politique de la municipalité parisienne dans ce domaine avec celles d’autres metropoles europeennes (Stockholm, Bologne, Londres...) mais aussi avec celles de communes voisines, comme Issy les Moulineaux ou Montrouge.

L’objet de cette reunion (et de cette note) est de savoir si Paris continue de gérer passivement les atouts dont elle dipose, si elle se donne l’objectif de " rester dans la course ", ce qui suppose qu’elle s’assigne une veritable ambition.

Remarque 1 : n’y a pas de raison de limiter le champ d’action au seul champ de la creation d’entreprises ou des "jeunes pousses".

Si l’on raisonne en termes d’emplois (et de fiscalité locale), c’est tout le champ du developpement economique qu’il convient de considerer :

• creation d’entreprises

• implantation d’activites de developpement de produits et de services

• implantation a Paris des fonctions centrales des entreprises

Remarque 2 :

Nous avons distingué, au sein de la "nouvelle economie" trois dimensions :

• Le "nouveau paradigme productif" ... Et l’importance pour les entreprises de trouver sur place les prestataires de services et de conseil qui leur permettent de conduire

• L’emergence d’un sous-secteur de l’economie entierement tournee vers la fourniture de " produits et services numeriques "

• L’importance croissante d’une nouvelle generation d’infrastructures " : réseaux a haut debit, capacités d’hebergement informatique, data centers, call centers.

1. Conforter-renforcer l’attractivite de Paris comme pole economique dans le contexte du "nouveau paradigme productif"

Paris (et la region) concentrent un grand nombre de sieges sociaux d’entreprises ou certaines des fonctions centrales des grands groupes mondiaux.

Paris (et la region) doivent cette position aux facteurs traditionnels de localisation : effet de marché, place financiere, capitale administrative, connexion aux grands reseaux de transport (TGV, liaisons aeriennes, autoroutes...), gisement de competences (universites, grandes ecoles...)..

Avec l’emergence d’un nouveau paradigme productif, d’autres facteurs de localisation prennent de l’importance.

Le nouveau paradigme productif

-  Nouvelles formes d’organisation (travail collaboratif " en reseau ", intranets, teletravail),

-  Nouvelles formes de communication et d’interaction avec les clients (call centers, sites web...),

Informatisation des echanges inter-entreprises (EDI, extranets, " places de marché " )

Ces nouvelles organisations productives, rendues possibles par Internet et l’informatique en reseau, entrainent des gains de productivité, de competitivite et de reactivité. Ils permettent aux entreprises de faire plus efficacement, a moindre cout ou plus vite ce qu’elles faisaient deja.

Ces nouvelles organisations se developpent dans les grands groupes, et se diffusent, de proche en proche, dans les PME ( notamment quand elles sont sous-traitantes des grands groupes).

Un tissu de prestataires de services

"Il y a des tas d’entreprises qui, à mon avis, ne vont pas avoir nécessairement les compétences pour développer ce genre de système. Elles vont s’appuyer sur des sociétés comme France Télécom, IBM, il y aura de grands acteurs et puis de nouveaux acteurs."

JP Goninet, directeur des operations Cisco France

Pour mettre en place ces nouvelles organisations productives, les entreprises (notamment les grands groupes) font appel a un grand nombre de prestataires de services, ou leur sous-traitent certaines fonctions ( externalisation).

• societes de services et d’ingenierie informatiques (SSII)

• societes de conseil en organisation

• hebergeurs et serveurs

• data centers

• call centers

• web agencies

La strategie de developpement economique de la Ville doit desormais integrer pleinement la dimension des réseaux de telecommunications.

Un autre avantage d’Issy-les-Moulineaux, c’est quelle est très bien desservie en termes d’opérateurs alternatifs et qu’on y trouve - et on est gros consommateur - des coûts de télécommunication intéressants. On y trouvait la sécurité parce que nous avions la double source et il est clair que du fait d’être à côté de gens comme Compaq, Thomson, Cap Gemini, etc., il y a toute une irrigation qui se fait naturellement.

Jean Pascal Goninet, directeur des operations Cisco

La connectivité (infrastructures de base, connexion avec les grandes passerelles intercontinentales, redondance des accés telecom) va revetir une importance croissante dans les stategies de localisation des entreprises : grands groupes, entreprises moyennes, entreprises technologiques, entreprises de la " neteconomie "...

Paris est en concurrence directe avec une poignee de grandes metropoles europeennes : Londres, Berlin, Francfort , Amsterdam ... Mais aussi avec ses voisines.

Contrairement à d’autres villes, Paris n’a pas tiré le meilleur parti de l’ouverture a la concurrence.

2) Conserver et attirer a Paris les "infrastructures" de la nouvelle economie

Les SSII, societes de conseil et d’assistance, hebergeurs, web agencies sont masssivement presents à Paris (et dans la région) car c’est là que sont basés les " grands comptes " : sieges sociaux, filiales des groupes etrangers, administrations centrales.

Paris, et la region parisenne, concentrent d’ores et deja :

• 5.000 sociétés de services informatiques, (Paris : 43% des SSII)

• les plateformes europeennes des grands acteurs du logiciel (dont Microsoft..

• les grands acteurs du conseil en organisation

• les principaux congrès et salons dans le domaine informatique : It Comdex, Networld/Interop, Forum des technologies de L’information ....,

• les centres de recherche :

l’Intitut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA),

le Centre National d’Etudes et Télécommunications (CNET)

• universités et grandes écoles parisiennes

Les services informatiques et intellectuels constituent le principal gisement d’emplois

"Il va falloir s’assurer que l’information qui va être donnée et les services qui vont être apportés autour de ces centraux, vis-à- vis du client final, soient complétés de services de proximité. C’est là que le gi-sement d’emplois est le plus important et il sera dispersé en fonction des im-plantations géographiques du marché tel qu’il est. "

Bernard Dufau, President d’IBM France

Entre 1997 et 1998, 93 200 emplois ont ete crees dans les services : la majorite d’entre eux dans les " services aux entreprises " (+ 55 300), dont 41 000 dans le secteur du conseil et de l’assistance, principalement des emplois liés au developpement d’applications informatiques.

En 1998, les activites informatiques representent 27% des emplois du secteur " conseil et assistance " (17% en province). La region concentre plus de 56% de l’effectif total français travaillant dans les activites de service informatique.

En 10 ans (de 1989 a 1998), les services aux entreprises ont contribue pour 46% aux creations d’emploi de la region. L’activite de " conseil et assistance " (majoritairement liee a l’informatique) a cree 145 000 emplois dans la region ( alors que les activites de recherche-developpement ont enregistre un recul, sous l’effet des delocalisations).

La vitalité de ce tissu de prestataires repose sur un gisement de professionnels independants et de microstructures : developpeurs, graphistes, concepteurs...

Tirer parti de l’effet de marché (les clients) et de l’effet de place (les compétences)

> Effet de marché : la proximité des clients

"Pourquoi la région Ile-de-France ? Bien évidemment une bonne partie des entreprises françaises y sont si-tuées ou y ont des centres de décision et on se doit d’être proche de ses clients.La première raison était la proximité des centres de décision. On peut voir un phénomène de concentration : peut-être une reconcentration de nouvelles sociétés plus près du coeur de Paris pour des raisons de transports et de proximité du client.

Amsterdam, Bruxelles, Londres et Paris sont les plus gros centres et, après, ce sera une compétition internationale .... L’autre point important, ce sont les acquisitions : on en a fait en Israël, au 11 Danemark, en Angleterre ; on n’en a pas fait encore en France mais je pense que ça viendra et là, ce sera de la mobilité. On ne va pas demander à la société qu’on va racheter de se délocaliser, par contre il y a encore des "ponts" qui vont se faire. "

Jean Pascal Goninet , directeur des operations Cisco

> Un bassin de competences

"L’accès aux compétences, l’accès au savoir-faire, à la matière grise. Vus par notre entreprise qui est mon-diale, les points forts de la France - le seul conseil que je puisse vous donner, c’est d’essayer de faire en sorte que les points forts le restent -, c’est la matière grise, en particulier en région parisienne mais ce n’est pas le seul endroit de France. Si vous regardez des bassins comme celui de Grenoble, de Rennes, de Toulouse, il existe d’autres endroits où la matière grise est importante. Ceci étant, nous assistons aujourd’hui à un manque, une insuffisance de per-sonnel qualifié vis-à-vis de nos métiers et c’est un problème national qui se ma-nifeste aussi sur la région parisienne."

Bernard Dufau, president d’IBM France

"De manière générale, les cadres, les cerveaux, souhaitent s’ins-taller dans des endroits où les écoles, les collèges et les lycées sont de qualité. Certains départements de la couronne parisienne sont, sur ce plan-là, relative-ment désavantagés. Et c’est certainement un des problèmes très importants qui est dans la tête d’un certain nombre de dirigeants d’entreprise qui s’installent quelque part : est-ce que mes enfants ou les enfants de mes salariés vont trouver à la fois un enseignement de qualité et une sécurité dans le système scolaire ?"

F. Leconte, société ADES

> L’effet de place

La fréquence des relations locales entre ingénieurs et la proximité des différents acteurs de la chaîne de valeur ajoutée de l’électronique, de l’informatique et des télécommunications permettent de développer des produits en concertation avec certains de leurs futurs utilisateurs et de mieux prendre en compte leurs besoins.

Cette dynamique existe aussi entre les entreprises. Les pratiques d’essaimage, de spin-off, ainsi que la circulation des employés d’une entreprise a l’autre, développent une dynamique de " recyclage " interne et externe enrichi. La mobilité du personnel est favorisé par la concentration geographique des entreprises.

Criteres d’implantation des prestataires intellectuels et techniques : m2 + connectivité

"Nous sommes à la recherche de mètres carrés supplémentaires. Un des problèmes qu’on a rencontrés, sachant qu’on voulait rester dans une couronne qui allait des Hauts-de Seine, limite Essonne, jusque dans le 95 vers Cergy, nos employés ont eu leur mot à dire. Ils ont exclu La Défense pour des raisons purement psychologiques (ils n’ont pas aimé l’environnement qu’offre La Défense). On a fait une pré-enquête et on s’est rendu compte en fait que c’était Boulogne, Sèvres, Issy-les-Moulineaux, Malakoff ; pas tellement Paris à cause des difficultés à y pénétrer quand on vient de l’extérieur. Cette couronne a donc orienté nos choix et il fallu trouver 12 000 m , tout en pensant que ça ne nous suffirait pas dans les années à venir. On ne voudrait pas aller trop loin et on a des problèmes pour trouver des mètres carrés qui soient bien desservis, proches des transports en commun et d’infrastructures de télé-communications..."

Jean Pascal Goninet, directeur des operations Cisco

"Vous parliez du prix du mètre carré. En fait, l’offre produit va évoluer et tenir compte de ce que j’ai dit. Vous aurez des bureaux qu’on estime nécessaires, et peut-être chers, pour une partie de votre activité ; vous aurez des endroits plutôt de passage et des endroits où l’on peut réaliser un certain nombre de tâches assez simples qui seront excentrés et certainement moins chers. Mais faisant ce métier, vous devez vraiment réfléchir à ce qui va se passer dans cinq ou dix ans ; le monde dans lequel on est, les nouvelles technologies, on n’imagine pas l’im-pact que ça aura dans le futur sur ce domaine de l’immobilier."

Bernard Dufau, President d’IBM France

Les infastructures de la nouvelle economie : centres d’appel, data centers, hebergement

> Centres d’appels

"L’idée selon laquelle on ne peut faire des centres d’appel qu’en Irlande ou dans d’autres pays moins chers nous paraît complètement désuète. La démonstration a été faite, et nous l’avons nous-mêmes faite, puisque nous avons créé un centre d’appel en région pari-sienne, à Montrouge ou Malakoff, qui est une espèce d’hôtel ouvert mais qui donne une prestation très fine, très nouvelle. Il ne s’agit pas d’aligner 500 ou 700 personnes, il s’agit de proposer aux PME de développer leur propre centre d’appel rapidement, de manière très commode et très conviviale, voire même pour certaines entreprises (Microsoft nous l’avait demandé) d’héberger temporai-rement leur centre d’appel. Et cette fonction centre d’appel, il ne faut pas la perdre trop de vue ; il ne faut pas que la région parisienne, qui est l’un des centres économiques les plus importants de la France, voit partir toute cette ac-tivité tertiaire, en province peut-être mais surtout dans des pays étrangers."

Christan Bret, directeur de la stratégie de France Telecom

> Data centers.

"Ce sont des "usines" pour faire de l’arrière-plan (back office) , c’est-à-dire pour gérer des données et des informations qui seront distribuées dans le monde entier. Premièrement, l’arrière-plan ne va pas créer beaucoup d’emplois : ce sera très informatisé, très industrialisé, avec beaucoup de finances, de capital et de l’emploi plutôt de matière grise et de haut niveau parce qu’il faudra optimiser l’utilisation du capital. Ceci dit, ce sont des implantations stratégiques fortes. Elles vont générer autour beaucoup de métiers et beaucoup de choses. Ce n’est peut-être pas ce dont vous rêviez en termes d’emplois. Mais en ce qui concerne les schémas intellectuels précédents : données en termes d’emplois au mètre carré, ce ratio-là va diminuer, il y aura moins d’emplois au mètre carré pour ce genre d’implantations, en revanche, il est fondamental de les avoir... Parce que si vous les avez en Angleterre, en Suède, en Espagne, au Portugal, je vous certifie que pour un certain temps on va le regretter en France. Deuxième point, ce sont des tâches qui normalement devraient générer des em-plois de proximité, près du client final..."

Bernard Dufau, President d’IBM France

"Nous avons assisté dans le monde à des annonces gigantesques de créations de data centers. Chacun s’évertue à dire : on va en créer 100 000 m 2 , 25 dans le monde, ils vont tous être plus grands les uns que les autres. Tout le monde a fait des an-nonces autour de la table. Nous en avons fait une, il y a une dizaine de jours, pour annoncer que nous en créerions cinq, et je peux vous dire qu’il y en aura dans la région parisienne. Pourquoi la région parisienne ? Il s’avère que les data centers doivent être assez proches des lieux de communication majeurs, des entreprises, des noeuds de ré-seaux et quand on regarde la situation de la France, les noeuds sont plutôt en région parisienne qu’en Bourgogne."

Christan Bret, directeur de la stratégie de France Telecom

"Sur la Plaine-Saint-Denis, on a vu s’installer MCI world.com sur 13 000 m 2 ... on voit MKI qui n’est pas loin de MCI qui prend plus de 100 000 m 2 , ce qui est considérable... Quand on vous implante un hôtel internet de 100 000 m 2 , on peut se poser des questions : ces grandes surfaces à proximité immédiate de Paris, à 3 mn de la gare du Nord par le RER, n’étaient pas du tout prévues pour ça au départ. Et toute collectivité raisonne surfaces/emplois, or un hôtel inter-net, ce n’est rien comme emplois : sur les 100 000 m 2 , on va avoir 120 per-sonnes. Qui donc a intérêt à venir à proximité de ces infrastructures très lourdes qui ont pour but de trimballer des infos très loin ?"

D. Clément, Plaine développement

Une dynamique de developpement d’activites autour des accés telecom

"Ce type d’activité a une contrainte particulière, la nécessité d’avoir une redondance des accès télécom et d’avoir deux, trois ou quatre accès différents. Il y a une corrélation évidente entre la dispo-nibilité des infrastructures télécom alternatives, par nécessité, et ces centres d’hébergement"

M. Thepin, IAURIF

"Global crossing est en train de s’implanter dans le 93, vers Saint-Ouen ou Clichy. Ils sont en train de mettre en place 10 000 m 2 de salles informatiques, ce sont donc de gros investissements. Et qu’est-ce qu’ils recherchent ? Ils recherchent la proximité de télécommunications, des mètres carrés dans des zones qui sont en train de se re-faire une jeunesse."

JP Goninet, directeur des operations Cisco France

Les sociétés qui offrent des capacités d’hébergement sont des points nodaux entre notamment les fournis-seurs d’accès Internet, les exploitants de sites internet voire les opérateurs de télécommunications.

Elles contribuent à l’implantation d’autres en-treprises dans leur environnement géographique.

C’est cette dynamique qui a fonctionné dans le secteur du Sentier et de la République à Paris où les "sociétés.com" se sont localisées parce qu’elle y ont trouvé des loyers moins onéreux, des services offerts par la société d’hébergement Telehouse et des télécommunications de haut dé-bit à bon marché, compte tenu de la présence de plusieurs opérateurs de télécommunications.

C’est cette dynamique qu’il convient de deployer a l’echelle de la ville et non plus d’un quartier.

Paris doit conforter sa position comme noeud de l’infrastructure Internet mondiale

Les principaux " noeuds " du réseau Internet sont classés en fonction de la capacité de transmission de données (en millions de bauds par seconde) des liaisons internationales Internet au départ de chacun de ces " noeuds ". Celle-ci constitue un indicateur de la qualité de l’infrastructure et de la facilité d’accès aux ressources d’information du réseau Internet pour les entreprises localisées dans chacune de ces villes.

Sur les trente premiers carrefours internationaux de l’Internet, 15 se situent désormais en Europe, 7 aux Etats-Unis, 3 au Canada et 5 dans la zone Asie-Pacifique.

Paris se place au 5ème rang mondial, mais est distancée par Londres, et par Francfort en tant que noeud du réseau (capacité de transmission de données sur le réseau international) ...

Ce problème est peu visible car, en phase de croissance du trafic, chacun croît à son rythme sans ressentir de limitation. Mais dès lors que des stratégies de localisation se mettront en place en fonction de l’importance des capacités installées, une différenciation apparaîtra entre les métropoles.

3) Un pôle europeen/mondial d’innovation dans la creation et les services numeriques

Internet ouvre la voie au developpement d’activites (produits, services) qui se deploient, partiellement ou integralement en ligne.

• presse et edition electroniques

• diffusion d’œuvres : musique, video....

• education et formation en ligne (e-learning)....

• commerce electronique de services : logiciels, services de reservation ( transport, spectacles, voyages...

• commerce electronique de biens materiels

Cette neteconomie est le domaine privilegie des starts ups, mais celles-ci coexistent avec des acteurs traditionnels qui diversifient leurs modes de distribution.

Les besoins des acteurs de cette "neteconomie " recoupent ceux des autres entreprises : competences, SSII, call centers, datacenters, web agencies, offre de reseaux hauts debits (pour leur fonctionnement, les relations avec leurs prestataires, leurs partenaires...).

Des lors que le marché des acteurs de la neteconomie se confond avec celui de la population d’internautes, le taux de connexion de la population a Internet revet pour elles un caractere critique.

• Avec des taux de connexion des foyers de 11% en France et de 17% en region parisienne, les entreprises de la net economie basées en region parisienne sont aujourd’hui desavantagées par rapport a leurs concurrentes britanniques ou allemandes, suedoises ou finlandaises.

• haut debit : les strategies de entreprises de la neteconomie sont, plus encore que d’autres, tournées vers le futur : elles anticipent la convergence informatique-telecom-audiovisuel. Elles anticipent sur le taux de connexion du public et sur l’essor des connexions a haut debit.

Si Paris devait s’assigner une ambition, face aux autres poles europeens de la neteconomie, on peut envisager deux objectifs :

- Une population massivement connectée en haut debit pour experimenter/developper les services innovants ( scenario "suédois ")

Les entreprises de la neteconomie conçoivent des services qui tireront pleinement parti du haiut debiot.

Certaines de ces entreprises sont tournées vers un marche mondial, d’autres vers des marches linguistiques, d’autres vers le marché national....

Même si les services qu’elles developpent sont et seront rendus a distance, il n’est pas anodin, pour ces entreprises, d’etre situees au cœur d’un bassin de population fortement connectée : elles pourraient experimenter, sur ce bassin de population, des offres de service qu’elles pourront ensuite proposer sur une base geographique plus large.

Etre situees a proximite d’une population hautement connectée en haut debit constituerait pour elles un avantage concurrentiel ....

- Paris, un des pole mondiaux de la creation numerique (scénario new yorkais)

Lyon est devenue, grace a Infogrames, l’un des poles mondiaux du jeu video.

Paris pourrait devenir l’un des poles de la creation numerique.

• concentration a Paris des fournissseurs de contenus : presse, edition, cinema, television....

• presence de plusieurs dizaines de milliers d’artistes, musiciens, graphistes, designers...

• concentration d’un grand nombre d’institutions culturelles (Beaubourg, cite des sciences), musées, galeries...

Ce sont des atouts de ce type qui ont joué en faveur du succes de la Silicon Alley a New York

4) Paris, metropole numérique

La ville de Paris a été assez peu proactive dans le domaine des technologies de l’information

Qu’il s’agisse de favoriser le developpement d’une infastructure de haut debit, de mettre en place de points d’acces publics a Internet, d’encourager la creation de jeunes pousses ( pepinieres, hotels d’entreprises), la ville a pris peu d’initiatives.

Dans un domaine proche, celui de l’equipement des ecoles en micros et connexions internet, les initiatives de la ville ont ete tardives. Et malgré la richesse de la ville, l’effort a été moindre a celui d’autres villes françaises. L’informatisation de la ville de Paris est tres en deça de celle d’autres metropoles regionales.

Ce diagnostic de passivité vaut pour le Conseil regional d’ile de France :

Sur les 60 milliards du contrat de plan,

• plus de 30 sont consacrés aux infra-structures de transport, tout compris (qualité de service public, des routes, des autoroutes, des chemins de fer, du tramway, du métro, du bus, etc.).

• La part du développement économique dans le contrat de plan a été singulièrement aug-mentée puisqu’on est à plus d’1 milliard.

• Les technologies de l’information et de la communication, ne representent que 131 MF

La strategie de developpement economique de la Ville doit desormais integrer pleinement la dimension telecommunications

Paris et la Region ont pleinement integré la dimension du transport (aeroport, autoroutes, TGV) et la dimension immobiliere ( zones de bureaux, ZAC) dans leur strategie de developpement. Elles restent etonnamment prudentes dans le domaine des telecommunications.

La connectivité (infrastructures de base, connexion avec les grandes passerelles intercontinentales, redondance des accés telecom) est d’ores et deja un facteur essentiel pour attirer ou conserver les entreprises : grands groupes, entreprises moyennes, entreprises technologiques, entreprises de la " neteconomie "...

Contrairement à d’autres villes, Paris n’a pas tiré le meilleur parti de l’ouverture a la concurrence.

• S’agissant des usages professionnels, la connectivité optique reste concentrée dans quelques arrondissements.

• S’agissant des usages domestiques, la Ville a, de fait, contribue a la mise en place d’un duopole France Telecom/Suez-Lyonnaise des Eaux. (Un duopole qui aboutit a un partage de facto du marché ; à France telecom le marché de la telephonie vocale, à Noosnet celui de la videodiffusion...).

Contrairement a une idee repandue, la Ville dispose de moyens d’action dans ce domaine : en tant qu’amenageur, en tant qu’utilisatrice. Il lui appartient desormais d’accompagner le degroupage.

Une strategie muncipale/regionale volontaire et affichée

"Il y a vraiment un défi pour les collectivités locales à toutes les échelles, qu’elles soient municipales, départementales ou régionales, pour vraiment prendre la pleine mesure de la nouvelle économie. On voit bien, à travers des tas d’exemples, que des collectivités qui ont négligé les petites start-up s’en sont très cruellement mordu les doigts parce que ces entreprises, après, sont devenues des moteurs de croissance formidables. Il y a une grande révision des critères d’ap-préciation à faire. Quand vous avez la chance de voir arriver une grosse boîte, comme cet hôtel internet, c’est un élément tellement fort, tellement stratégique à long terme que ce serait coupable de ne pas prêter plus d’attention à cette opportunité extraordinaire." F. Denieul

Le cas Issy les Moulineaux

"Il est clair qu’au moment de notre implantation à Issy-les-Moulineaux, la municipalité a relevé les manches. André Santini et son conseil ont cherché à attirer des sociétés high tech, pharmacie, chimie, informatique, etc. ; ils ont créé un bassin. Et quand on regarde où nous sommes implantés, il y a 15 ans c’étaient les anciennes usines de Thomson, de la Compagnie générale de radiologie. Il y a des tas de bassins comme ça qui peuvent se transformer."

JP Goninet, directeur des operations Cisco France

"La zone d’Issy-les-Moulineaux, c’est une deuxième jeunesse. Il y a donc des bassins qui peuvent se créer avec des universités pas loin..... Dès l’instant où ce phénomène-là s’enclenchera, vous aurez plus de facilités à attirer les entreprises et c’est ce que fait André Santini en essayant de montrer l’exemple : sa municipalité est câblée."

JP Goninet, directeur des operations Cisco France

> Une strategie d’ensemble

"Et il y a un autre élément très important en termes d’évolution : la relation entre le citoyen et son administration, son gouvernement. Vous êtes ici un Conseil régional, je pense que vous serez d’autant plus capables d’aider des en-treprisesà venir dans cette région si vous-mêmes êtes utilisateurs des nouvelles technologies. Ne croyez pas que les entreprises ne voient pas ce qui se passe ; plus vous serez en avance dans ce domaine-là et plus vous serez attractifs pour les gens qui, d’une certaine façon, vous regarderont pour décider de l’endroit où ils vont s’installer."

Bernard Dufau, president d’IBM FRance

Annexe 1 : les nœuds mondiaux d’internet

Rang

Ville

Pays

Capacité de transport de données sur liaisons internationales Internet (en Mbps)

1

Londres

Royaume-Uni

17 969

2

New York

Etats-Unis

13 205

3

Amsterdam

Pays-Bas

10 874

4

Francfort

Allemagne

10 517

5

Paris

France

9 687

6

Bruxelles

Belgique

6 213

7

Genève

Suisse

5 947

8

Stockholm

Suède

4 388

9

Washington DC

Etats-Unis

3 998

10

San Francisco

Etats-Unis

3 950

11

Toronto

Canada

3 512

12

Chicago

Etats-Unis

2 666

13

Seattle

Etats-Unis

2 607

14

Vancouver

Canada

2 511

15

Tokyo

Japon

2 393

16

Montréal

Canada

1 690

17

Milan

Italie

1 628

18

Copenhague

Danemark

1 274

19

Séoul

Corée du Sud

1 106

20

Vienne

Autriche

979

21

Zurich

Suisse

869

22

Munich

Allemagne

756

23

Los Angeles

Etats-Unis

740

24

Sydney

Australie

698

25

Helsinki

Finlande

670

26

Cheyenne

Etats-Unis

624

27

Madrid

Espagne

618

28

Palerme

Italie

572

29

Hong Kong

Chine

541

30

Singapour

Singapour

497

Source : Telegeography Internet Reader / Hubs and Spokes

Annexe 2 : Silicon Alley ; le positionnement original de New York face aux autres zones de développement à haut contenu technologique americaines

Localisation

Atouts

spécialité

principales entreprises

inv réalisé (1999)

" Big blue country " : Boston - route 128 Massachusetts

- Centre de recherche de haut niveau (MIT, Harvard, 63 universités) ;

- 2nde zone de concentrations de capital risque aux Etats-Unis

Portail - développement de sites et de logiciels, université du MIT et de Harvard

2 963 entreprises qui emploient 138 000 personnes : EMC, CMGI, LYCOS

2,4 Md$

" Silicon Alley " à New York : du Sud de Manhattan au Financial District

- concentration de média, d’éditeurs, d’agences de publicité

- base de clients : les 500 plus riches entreprises new-yorkaise

- Wall Street

Publicité interactive - édition -contenu- design -consulting

Cdnow- Double click village- Agency.com

1,6 Md$

" Silicon Dominion "- Virginie du Nord autour de Washington DC

- le gouvernement fédéral et des autorités de régulation (lobbying)

- des entreprises de référence notamment dans les télécommunications

- aides fiscales

Télécoms - éditeurs - fournisseurs d’accès

American Online, Worldcom - Network solutions - PSINet Inc

1,2Md$

" Multimédia Gulch " à San Francisco

- proximité de la Silicon Valley

- base de clients à haut potentiel : " pillar companies " - clientèles jeunes à haut niveau de revenu

développements de logiciels - édition - fournisseur d’accès

CNET- Baby Center - Organic - Gap-on-line

0,95 Md$

" Digital Coast " à

Los Angeles

- puissante industrie de l’aéronautique et surtout du loisir

- nombreux incubateurs dont Idealab (structure de Bill Gates), EC2 et eCompanies

Commerce électronique, jeux vidéos et multimédia

600 start up - Citysearch, Geocities, e-online- e-toys 3 incubateurs :

0,75 Md$

" Silicon forest "

à Seattle

- entreprises de référence (Microsoft...)

- investissement en recherche de l’Université de Washington (2nd aux Etats-Unis

- Organisation structurée de " business angels " et d’incubateurs

software - commerce électronique

Amazon.com - Drugstore.Com

0,55 Md$

" Silicon Hills "

à Austin

- facilité de recherche fournie par l’Université du Texas

- environnement favorable aux affaires

- environnement fiscal et coût de la vie

semi-conducteur - logiciels et ordinateurs

650 starts up - Motorola- Dell- Computer sciences- Trylogy software

0,4 Md$

Annexe 3 : Les principales metropoles numeriques en Europe

Pays

Localisation

Activités principales

Allemagne

Isar Valley à Munich

Télécom - Informatique - biotechnologie

des sociétés informatiques allemandes dont Microsoft Allemagne et Siemens Nixdorf - 80 starts ups de taille mondiale (dont Yahoo)

 

Berlin

25 000 personnes dans les start-ups dévolus aux médias, au télécommunication, aux services grand public

 

Hambourg

Multimédia

Royaume Unis

 

 

 

Cambridge : " la Silicon Fen "

- Internet - fournisseur d’accès

- UUNet, Worldcom, Sun, IBM et 600 sociétés high tech dans le Cambridge Science Park près des 15 500 étudiants de la faculté réputée en biosciences et mathématiques

 

Ecosse : " la Glen Valley "

- Internet - Informatique -biotechnologies

-150 Start-up principalement dans les biotechnogies

France

 

 

 

Sophia Antipolis

- 800 sociétés employant 23 000 personnes (dont 50% en informatique et sur internet) avec une création de 4 000 emplois en 2 ans (pénurie sur le marché de l’emploi)

- internationalisation croissante : 120 sociétés étrangères dont la moitié américaines et 7 000 salariés étrangers

- entreprises principales : Connexant, Lucent technologies, Siemens, Amadeus, Texas Instruments, SAP

- création d’un campus technologique regroupant les 4 000 étudiants des laboratoires de recherche, de l’Université et du CNRS

 

Grenoble

- Nanotechnologie - Biotechnologie - 1er pôle de recherche hors région parisienne avec 8 500 chercheurs du CEA, du CNRS ou du CENT (l’INRIA aussi est à Grenoble, non ?)

- Hewlett Packard, comme entreprise support - 150 starts-up

 

Silicon Valley francilienne

- plateau de Saclay autour des centres de recherche de Polytechnique, de Supelec, de la faculté d’Orsay, du CEA : informatique, télécoms

- génopôle à Evry : biotechnologie, laboratoire

- silicon sentier : starts up médias, internet

Italie

Turin-Milan

-commerce électronique et multimédia

- 120 start ups de taille relativement modeste

Espagne :

Madrid : Tres Cantos

- Internet - informatique

-Telefonica et Lucent ont attiré 16 000 employés et une cinquantaine de start-ups sur 740 ha

 

Barcelone- Valence- Valladolid - Zamudia

 

Belgique : Flandres

Leper dans les Flandres : la " Flanders Language Valley "

- Commerce électronique - serveur vocal

- Campus lancé par le numéro un de la reconnaissance vocale, le belge Lernout & Hauspie accueillant 75 start-ups

Finlande

Région d’Oulu - " Vallée technopolis "

- 1er parc scientifique au monde coté en Bourse 

- Université de 14 000 étudiants spécialisée dans les nouvelles technologies - centre de recherche de Nokia

- 250 start-ups spécialisés en télécommunication

Annexe 4 : Un exemple de développement récent : le Silicon Sentier

Le sentier à Paris, haut lieu de la confection situé au cœur de la capitale dans un rayon de 500 m_ entre la rue des Jeûneurs, la rue du Sentier et la rue Réaumur est devenu en moins de deux ans le quartier des start-ups de l’internet. Plusieurs facteurs de développement peuvent être avancés pour expliquer le développement de ce quartier :

-  un quartier propice : espace de bureaux disponibles à des loyers plus bas que dans les autres quartiers dédiés aux affaires (notamment la Défense), infrastructures de télécommunication denses liées à la proximité de la Bourse, état d’esprit du lieu convivial favorable à l’innovation et à la prise de risque, quartier le mieux câblé en fibres optiques de Paris, culture forte du commerce (85% des start-ups sont ainsi tournées vers le " business to consumer " c’est à dire des sites commerciaux grands publics) ;

-  l’installation d’entreprises de référence : le vétéran du Web, Yahoo France, fut l’un des premiers à investir ce quartier en juin 1998 tout comme le portail francophone " Nomade " racheté récemment par le groupe Liberty Surf ou l’opérateur américain de télécommunication Colt. Ces entreprises ont joué un rôle de référence suscitant des effets d’imitation de la part des jeunes start-ups ; elles ont participé au lancement de certaines d’entre elles (en contribuant activement à la création de structures d’incubateurs) ;

-  la proximité de capitaux qu’ils proviennent de " business angels " ou des fonds de capital risque de plus en plus structurés.

Au total, le sentier a généré un effet de place relativement sensible en particulier pour les start-ups spécialisées dans le développement de sites commerciaux grands publics puisque pas moins de 50 start-ups se sont installés dans le Sentier depuis l’été 1998. Un nom de domaine a d’ailleurs été déposé pour l’adresse Internet (siliconsenter.com) qui suggère la création d’une réelle identité économique.

Annexe 5 : Les pôles de l’economie numérique

Le mensuel Wired présentait dans son numero de juillet 2000 un tableau comparatif de 46 metroples et régions urbaines qui, selon quatre critères déterminés, constituent des centres névralgiques de la nouvelle économie.

Les quatre criteres (assez reducteurs) sont :

La présence d’universités et de centres de recherche

La présence de sociétés établies ;

Le nombre de startups

La disponibilité de capital de risque

En attribuant un maximum de quatre points pour chacun des critères, le score le plus élevé est de 16, et n’est atteint que par la Silicon Valley. Paris obtienait une note de 10/16. Sophia Antipolis, seule autre ville de France à figurer au palmarès de Wired, obtenait une note de 8/16. Ajoutons que Paris obtienait le même score que le Bade-Württemberg, mais arrivait après Montréal (12/16), Cambridge-RU (12/16) , Helsinki (14/16) et Londres (14/16) ...

Albuquerque, New Mexico

Austin, Texas ; Baden-Württemberg, Germany ; Bangalore, India ; Bavaria, Germany ; Boston ; Cambridge, England ; Campinas, Brazil ; Chicago (Etats Unis) ; Dublin, Ireland ; El Ghazala, Tunisia ; Flanders, Belgium ; Gauteng, South Africa ; Glasgow-Edinburgh, Scotland ; Helsinki ; Hong Kong ; Hsinchu, Taiwan ; Inchon, South Korea ; Israel ; Kuala Lumpur, Malaysia ; Kyoto, Japan ; London ; Los Angeles ; Malmö, Sweden-Copenhagen, Denmark ; Melbourne, Australia ; Montreal ; New York City (Etats Unis) ; Oulu, Finland ; Paris ; Queensland, Australia ; Raleigh-Durham-Chapel Hill, North Carolina ; Salt Lake City, Utah (Etats Unis) ; San Francisco (Etats Unis) ; Santa Fe, New Mexico ; Saõ Paulo, Brazil ; Saxony, Germany ; Seattle (Etats Unis) ; Silicon Valley, California ; Fast Followers ; Singapore ; Sophia Antipolis, France ; Stockholm-Kista, Sweden ; Taipei, Taiwan ; Thames Valley, England ; Tokyo, Japan ; Trondheim, Norway ; Virginie (Etats Unis).


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