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Vous êtes ici : Accueil > Positions et propositions > Paris, métropole numérique (Municipales 2001) > Les réseaux électroniques au service de la citoyenneté et de la démocratie participative | |
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PARIS, MÉTROPOLE NUMÉRIQUE - PROPOSITIONS DE TEMPS RÉELS POUR PARIS 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Réseaux électroniques : plus qu’une technologie, le signe d’une révolution profonde de la société humaine Le virtuel, le cyberespace, le multimédia, le numérique sont les signes d’une révolution profonde, amorcée de longue date, qui déjà traverse la société de part en part. Les équilibres de pouvoir, les équilibres d’échanges, les équilibres de temps de vie sont en question. L’éducation (scolaire, continue, populaire), le travail (temps rémunéré, temps choisi), la santé (publique et privée), la famille (composée, recomposée), le temps-libre (loisirs, vacances de l’esprit et du corps) sont touchés, percutés par ces technologies qui les pénètrent d’une manière souvent anarchique. Cet " impact " ne tient compte, à priori, d’aucune distinction socio-professionnelle ou générationnelle. Il agit en profondeur, en destructurant définitivement les mentalités fondatrices des modes d’organisation usuels. Le réseau Internet est un modèle horizontal de la circulation de l’information. Il remet profondément en cause les structurations verticales, pyramidales, de nos organisations. Ces habitudes amènent un quiproquo sur la manière d’aborder ces technologies. Il y a une vision dominante qui se contente de plaquer ces outils "par le haut" en " top down ", sur la société telle qu’elle est, quelque soit sa diversité. Entreprises, commerce, équilibres économiques internationaux, en sont à la fois les porteurs et les premiers sujets. Cette approche méconnaît l’ampleur des mutations sociales qui sont en cours et continue de privilégier une piste réductrice uniquement orientée sur la croissance de l’économie de marché. Or les NTIC, et à fortiori les réseaux électroniques et internet, ne peuvent être assimilées à des technologies parmi d’autres. Car elles interviennent partout où les hommes manipulent et échangent des signes (textes, images, sons, données). Autrement dit dans la quasi-totalité des activités humaines depuis le monde du travail jusqu’à celui de la vie de la cité, en passant par la formation, la culture, la santé,... Elles concernent ainsi tous les hommes parce qu’en modifiant profondément leurs façons d’échanger, elles bouleversent leurs manières de vivre ensemble, de s’organiser, de produire. Une organisation horizontale des structures décisionnelles et opérationnelles Il va s’agir, pour ceux qui sont conscients de ces processus, de développer des stratégies d’appropriation des usages et de développement des outils ;qu’elles se fassent en "bottom up " : du bas vers le haut , par les utilisateurs eux même, qui sont alors en position de décideurs. Ainsi, l’internaute n’est plus un consommateur passif (comme un télé-spectateur) mais est un citoyen actif , créateur de contenu (un télé-acteur) co-producteur, co-développeur, de son activité ou de ses activités. C’est notre représentation du monde qui est en question, c’est notre intelligence, au sens de notre compréhension, du monde et de nos sociétés. Encore une fois, il n’y a pas de déterminisme technologique. Les NTIC ne créent pas à elles seules du lien social. Imposées par le haut, elles n’y réussissent de toute façon pas. Comme on l’a vu, elles doivent s’enraciner dans un " humus " culturel et social. Ce ne sont pas les techniques seules mais les citoyens qui ouvrent la voie à une véritable innovation des pratiques de la vie quotidienne. Le paradoxe est que les organisations : entreprises, état, associations, doivent d’abord elles-mêmes se transformer ,sur un modèle de fonctionnement participatif et en réseau, pour pouvoir pleinement utiliser et profiter des opportunités offertes par les réseaux électroniques. On n’hésite plus à parler de "révolution informationnelle". Pourtant, c’est en premier lieu une mutation " organisationnelle " qui touche les entreprises, les villes, les états, ... Elle provoque la remise en question de nombreux pouvoirs, elle donne plus d’importance aux initiatives locales de terrain, elle oblige à re-penser des pratiques démocratiques plus participatives et à inventer une citoyenneté plus active. Un enjeu politique fondamental Il n’y a donc aucune fatalité, mais bien la place pour un débat sur les choix politiques à faire pour que la technologie favorise des usages suscitant de nouvelles créativités, renforçant le lien social et les processus d’intelligence collective. L’enjeu est donc plus politique que technologique. C’est au politique d’orienter la conception et l’usage des technologies et non d’adapter un cadre réglementaire et législatif pour en colmater les effets plus ou moins inattendus. Et le politique est bien souvent désemparé comme l’est le monde économique classique. Un tel processus ne se fait pas en un temps, tout ne se transforme pas sans heurts. Même les fameuses " start-up ", quand elles marchent, deviennent des modes d’organisation du travail tout à fait classique : pouvoir centralisé et souvent unilatéral, salariés non représentés, avec une certaine marge d’autonomie mais sans véritable place pour l’expression de leur créativité. A l’échelle internationale, non plus, Internet ne tient pas sa promesse toujours utopique de réseau global. C’est tout au plus un réseau occidental et surtout le réseau d’une élite, qui là encore, trouve un outil pour développer son confort et sa richesse, au mieux sans considérer ceux qu’elle laisse de côté, au pire en accélérant leur "paupérisation" économique, et plus grave leur paupérisation culturelle. Les Etat, les pouvoirs politiques ont donc là plusieurs devoirs Devoir de réfléchir avec les acteurs économiques porteurs de la technologie et des choix de diffusion des contenus pour ne pas jouer de la solitude des personnes, de l’isolement des groupes, du morcellement de l’individu en cibles commerciales,.... Devoir d’impliquer la société civile dans la réflexion et notamment le tiers secteur associatif, acteur majeur du développement d’usages créatifs de la technologie appliqués aux besoins des citoyens. Devoir de ne pas mettre en place une Société de l’Information qui viendra ajouter d’une manière dramatiquement transversale, de l’inégalité là où elle existe déjà et pire d’en ajouter là où elle est moins présente (notamment dans l’organisation du travail). Devoir de mettre l’accès au savoir offert par internet à la portée de tous. Devoir de développer le débat politique de proximité en permettant un accès aux usages équitables, permettant un débat informé et des propositions réfléchies. Devoir d’imaginer avec les acteurs locaux une démocratie plus participative et une citoyenneté plus active. Les villes clés de voûte de la " i-citoyenneté " Contrairement aux développement commerciaux de l’internet, le développement de l’Internet citoyen nécessite des réseaux humains historiquement forts et structurés pour bâtir une logique d’expression et d’action citoyenne porteuse d’innovation sociale. Les villes sont les territoires appropriés pour penser, expérimenter et diffuser ces formes de développement social. Avec ces réseaux humains identifiés, reliés par des systèmes d’auto-cartographie dynamique, on construira une collaboration citoyen-polique-économique qui permettra :
Près de 300 villes françaises (et de nombreuse villes étrangères) donnent en exemple des actions de ce type. La capitale française se doit d’adopter au plus vite les usages qui ont fait leurs preuves et d’inventer ceux dictés par sa spécificité. Parmi les premières actions pour le développement de l’Internet Citoyen à Paris : • Débats thématiques et permanents avec les acteurs économiques, associatifs, universitaires ( les Cercles de l’Internet Citoyen en ligne et hors ligne) • Un élu " citoyenneté et TIC " responsable du développement de proximité de l’internet pour tous (observation, action, proposition). • Identification et soutien aux pionniers de l’Internet citoyen à Paris • Mise en réseau des acteurs locaux : le portail des acteurs locaux ( mise à disposition de pages sur le site de la ville pour les entreprises, les associations, les artistes, les citoyens actifs, les chercheurs, ... ; création d’espaces collaboratifs thématiques ouverts ou privés ; jumelages locaux ...) • Equipement multimedia avec personnel d’accompagnement (ou aide pratique et financière à l’équipement) de tous les lieux publics ou services déconcentrés de la ville (bibliothèques, centres sociaux, anpe, associations subventionnées, espaces culturels, mjc, bij, hopitaux, écoles,...) • Plan d’aide à l’équipement des foyers (en commençant par les quartiers défavorisés). • Développement de Centres Multimedia d’éducation populaire (Ateliers du savoir et de la création) • Outils d’observation et d’évalution de proximité dans les lieux de pratique. • Formation des élus et des personnels territoriaux • Développement de l’administration en ligne et diffusion des services publics interactifs. • Rencontres permanentes élus et acteurs locaux Paris-Banlieue ( Développement d’un Réseau i-metro) • Accompagnement de la " i-décentralisation " • Echanges d’expériences avec les capitales européennes et internationales • " Internet Towns " ou Cités intelligentes. Communication et mise en consultations des choix pour Paris Ville Internet en ligne et hors ligne (médias classiques). L’internet citoyen est l’opportunité de la synthèse entre les acteurs économiques, associatifs et politiques, sans laquelle les évolutions fondamentales ne pourront se produire. Dans un pays où l’Etat a su donner l’impulsion pour le développement d’une véritable Société de l’information , la capitale doit être un territoire prioritaire du développement de la révolution informationnelle. C’est là un enjeu historique et universel pour la défense de l’intérêt général.
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