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TemPS réels, une section virtuelle au Parti Socialiste
vendredi 2 juin 2000

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Au départ, il y a un groupe de professionnels et d’internautes, membres ou proches du Parti socialiste, qui souhaitent penser ensemble les enjeux politiques et sociaux de la révolution informationnelle. L’idée s’est rapidement imposée de transformer ce groupe informel en section "Internet" du Parti Socialiste. Le feu vert de la Fédération de Paris intervient en septembre 1998.

TemPS réels ouvre en février 1999 un site Internet et publie depuis une lettre électronique. Bimensuelle et gratuite, la "Lettre de TemPS réels" porte un regard politique sur les technologies de l’information elle rend compte du nouveau regime de croissance ( et ses effets sur l’emploi), des transformations du travail et de l’entreprise, de la modernisation des administrations. Un regard techno-informationnel sur l’actualité politique : la lettre de TemPS réels prête une attention particuliére aux nouvelles formes d’action et de mobilisation rendues possibles par les technologies de l’information. Sur tout le spectre de l’action collective : syndicats, mouvements sociaux, ONG, associations, partis...

Ces usages politiques et militants de l’Internet, TemPS réels les expérimente, aussi, dans son mode de fonctionnement. " Internet et ordinateurs sont pour nous des outils de travail et d’expression quotidiens. Nous avons fait le choix de fonctionner en réseau. Nous nous réunissons à distance, autour d’une liste de diffusion. Si nous débattons et nous concertons essentiellement en ligne, nous tenons aussi des réunions "présentielles". Chaque fois que cela s’avère nécessaire, et en particulier quand il y a un vote statutaire."

On peut d’ores et déjà tirer quelques enseignements de ce mode de fonctionnement virtuel.

Le prermier enseignement est assez banal. Le courrier électronique instaure un lien, quelle que soit la localisation géographique de ses membres. (TemPS réels compte des membres dans toute la France et même à l’etranger. Son webmestre est basé à Londres). Il autorise une grande réactivité et permet de produire collectivement des textes. (Le fonctionnement est "continu" alors que le rythme d’une section traditionnelle est "discontinu").

On constate aussi une "chute tendancielle du coût de la concertation". Le courrier électronique permet de mettre en circulation tres vite des propositions ou les textes avant qu’ils ne soient publiés (via la lettre ou le site). "C’est même une règle que nous nous sommes donnée : les textes publics sont soumis, pour avis, à tous les membres avant diffusion... Cette consultation est le plus souvent formelle : elle permet de s’assurer qu’il n’y a pas de désaccord : elle permet, le cas échant, d’améliorer les textes. Elle déclenche parfois un débat".

Autre enseignement : le fonctionnement virtuel ne fait pas disparaître l’intérêt, la nécessite et le plaisir de se réunir "physiquement"... La fréquence des réunions "présentielles" tend même à s’accélérer. Il se crée ainsi une tension entre le fonctionnement virtuel - indifférent à l’ancrage territorial des membres - et les réunions "physiques" qui sont, de fait, réservées aux parisiens.

Dernier enseignement : le brouillage tendanciel de la ligne de partage entre le fonctionnement interne (la vie de la section) et l’activité externe (la mise à jour du site et la publication des lettres). Un exemple : les membres de TemPS réels communiquent entre eux via une liste de diffusion. Cette liste s’est ouverte, assez naturellement, a d’autres membres du PS, qui souhaitaient prendre part aux travaux de TemPS réels, tout en restant dans leur section d’origine. Elle s’est ouverte ensuite à des personnes qui souhaitaient participer aux travaux de Temps Réels, sans adhérer pour autant au PS... Cette difficulté à circonscrire un "dedans" et un "dehors" est largement induite par le médium : ça ne coûte rien d’ajouter des adresses à une liste de diffusion...

Paru dans l’Hebdo des Socialistes, 2 juin 2000, n°149


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