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Lettre n°40 2 décembre
2000
On pressent aussi que les innovations techniques récentes - Internet, carte à mémoire, signature électronique - permettent d'imaginer une nouvelle génération de "machines à voter" La modernisation du processus électoral va donner lieu au développement de prototypes qu'il faudra expérimenter. C'est l'objet du programme CyberVote, financé par la Commission européenne.
Lionel Jospin, aux journées parlementaires de l'Internet, le 10 octobre, a souhaité que le Parlement se saisisse de cette question.
Il ne sera pas facile, après avoir reconnu le vote a distance pour les elections non politiques, de le refuser pour les elections politiques. TemPS réels
Dossier "vote électronique" sur le site de temps réels Lettre de temps réels n°32 : VOTE EN LIGNE ET MACHINES A VOTER (octobre 2000)
Cybervote devrait proposer un service multi-plateformes (PDA, mobile, et PC) agrémenté de solutions technologiques profondément différentes de celles qui prévalent aujourdhui. Notamment pour ce qui est de garantir lanonymat du suffrage exprimé. Ce projet analysera les législations en vigueur dans les pays participants afin de déterminer les exigences auxquelles le système doit satisfaire et de réfléchir aux éventuels amendements à proposer pour son utilisation dans un cadre légal en Europe. Les électeurs pourront exprimer leur vote en utilisant des terminaux Internet comme les PC, les ordinateurs de poche et les téléphones mobiles. Ce système reposera sur un protocole de vote assurant lauthentification des électeurs, lintégrité et la confidentialité de leur vote lors de son envoi par Internet ainsi que lors du dépouillement et de la phase de vérification des votes. Un consortium a été mis en place pour permettre au projet de regrouper dune part toutes les compétences nécessaires à sa réalisation (spécialistes des architectures Internet fixes et mobiles, chercheurs en cryptographie et en sécurité, experts des questions juridiques et des droits des électeurs) et à son expérimentation lors délections de niveau local, régional ou national. Les partenaires de CyberVote : EADS Matra Systèmes
& Information (France) Ce système sera expérimenté dès 2003 lors délections menées sur des sites pilotes en Allemagne (état de Brême), en France (Issy-les-Moulineaux) et en Suède (arrondissement de Kista/Stockholm). Plus de 3 000 électeurs seront impliqués. Ces expérimentations permettront de valider le système avant denvisager son industrialisation. Démarré officiellement le 1er septembre 2000, le projet CyberVote se terminera le 1er mars 2003 http://www.lesnews.net/a.asp?ref=00110203
Développé par France Télécom, en collaboration avec Siemens Informatique et le ministère de lIntérieur italien. Le système, qui sera testé dès 2002 auprès de 8 000 électeurs français (Arcachon, Mérignac) et italiens, prévoit de faire appel à la biométrie, en utilisant une carte à puce équipée dun lecteur dempreintes digitales pour identifier le votant.
L'article 59 du projet de loi sur les " regulations économiques" (adopté, en premiere lecture, par l'assemblée nationale) autorise l'utilisation de la visio-conference dans les Conseils d'administration et de surveillance. La loi impose aux membres d'un conseil d'administration ou dun conseil de surveillance de délibérer au cours d'une réunion formelle, impliquant la présence effective, dans un même lieu, de tous les membres du conseil. Ce formalisme conduit un certain nombre de sociétés, notamment celles dont les administrateurs ont un domicile ou un siège géographiquement éloigné, par exemple les grandes sociétés internationales, à limiter le nombre de réunions de leur conseil dadministration ou de surveillance. Or, une telle pratique constitue, pour les membres du conseil, un obstacle à lexercice de leur mission et affaiblit le poids de cet organe vis-à-vis des dirigeants de la société. Une fois la loi adoptée, "Le conseil dadministration ou de surveillance pourra valablement délibérer sans que ses membres soient physiquement présents à la condition quils puissent communiquer par visio-conférence. Le caractère délibératif des décisions du conseil sera préservé grâce au caractère " interactif " de ce procédé technologique. Cette faculté ne sera pas applicable aux décisions les plus graves pour la société (désignation du président, arrêtés des comptes, etc.) qui réclameront, comme aujourdhui, la présence effective des administrateurs ou des membres du conseil de surveillance. Cette possibilité devra être expressément prévue dans les statuts de la société : il est en effet légitime que les actionnaires donnent leur accord pour une telle procédure. L'article 63 autorise l'utilisation du vote a distance dans les assemblees d'actionnaires " En permettant aux actionnaires de manifester directement leur volonté, lassemblée générale joue un rôle de premier plan dans léquilibre des pouvoirs au sein des sociétés. Or, lexpérience montre que le taux de participation aux assemblées générales demeure faible, particulièrement parmi les actionnaires individuels, en raison de léloignement géographique et des coûts de transport. Une telle situation nest pas propice à une démocratisation effective du fonctionnement des entreprises, puisquelle renforce le poids des grands actionnaires, le plus souvent institutionnels, et des dirigeants (pratique des " pouvoirs en blanc "). Ladoption par le Parlement du projet de loi sur la preuve ouvre déjà un certain nombre de possibilités dans ce domaine (envoi via internet dun bulletin de vote par correspondance) mais la participation et le vote en assemblée générale nécessite une modification de la loi sur les sociétés commerciales. Une fois la loi adoptée, "les actionnaires pourront participer aux assemblées générales et voter par un moyen de télécommunication déterminé par décret (par exemple, par internet). Il convient en effet de sassurer que les procédures retenues offriront toutes les garanties de sécurité et de fiabilité nécessaires (identification des actionnaires par mot de passe sécurisé, vérification du nombre de droits de vote détenus par lactionnaire, etc.). Cette faculté devra être prévue expressément par les statuts de la société et, de ce fait, bénéficier du soutien de la majorité des actionnaires.
Au lendemain du referendum sur le quinquennat, le député socialiste Michel Françaix s'etait prononcé pour le recours au vote électronique, tout en l'excluant pour les scrutins d'importance politique majeure. "J'ai saisi l'occasion du référendum pour lancer le débat sur l'e-vote, mais il est évident que ce mode de votation ne concernera que des consultations sur des questions sans enjeu politique majeur. On pourrait par exemple commencer par le tester dans des élections où la participation est aujourd'hui très faible, comme celles des conseils de prud'hommes, ou seulement 6 % des salariés votent, ou encore celles pour l'élection des conseils de parents d'élèves. Mais si, comme l'a dit le président de la République, les référendums seront plus nombreux à l'avenir, on ne peut pas se priver d'outils qui permettraient de rendre le vote plus facile. Le principal enjeu du vote électronique, c'est la participation. ( ). C'est techniquement possible sur les ordinateurs et les téléphones portables, dont disposent déjà un grand nombre de Français. D'ici à trois à quatre années, 80 % de la population sera équipée d'un mobile et aura accès à l'Internet, c'est largement suffisant pour prédire un grand avenir au vote électronique ! Il faut à la fois garantir la confidentialité totale du vote et en même temps faire en sorte qu'il ne puisse pas y avoir de tricheries par manipulation électronique. Il faudra aussi prévoir des " bureaux de vote électroniques " dans des bibliothèques ou des lieux publics équipés d'accès à l'Internet, afin de donner la possibilité aux non-internautes de participer à ces élections. Enfin, je ne propose pas un mode de votation électronique exclusif, il sera toujours possible de voter de manière traditionnelle. ( ) Le déblayage de ce vaste chantier pourrait être confié à une mission d'études parlementaire dont je vais proposer la mise en place au président de l'Assemblée nationale. ( ) J'entends déjà les récriminations de mes camarades parlementaires. Mais il faut prendre acte de cette banalisation d'une démocratie apaisée pour proposer des solutions nouvelles en phase avec l'évolution de la société. Si l'e-vote permet de retrouver des taux de participation plus importants, pourquoi s'en priver ? Aux Etats-Unis, où à peine un électeur sur deux vote pour la présidentielle, l'e-vote est pris très au sérieux. Les champs d'application du vote électronique sont immenses. On peut imaginer des miniconsultations sur des enjeux très locaux ne concernant qu'un quartier, des référendums d'initiatives populaires lancés par l'Internet... Les électeurs demandent de la pluralité dans des moyens de vote adaptés à notre temps. C'est un formidable outil pour moderniser notre démocratie. http://www.liberation.com/multi/actu/20000925/20000928jeuzg.html
Le député UDF André Santini et le socialiste Patrick Bloche co-président le groupe parlementaire sur les nouvelles technologies. Tous deux conviennent que le recours à un mot de passe peut garantir le secret du vote par Internet. En revanche, pour M. Bloche, "le caractère personnel du vote pose plus de problème, rien n'empêchant un électeur de donner son mot de passe à un membre de sa famille". Pour M. Santini, le vrai obstacle au vote par internet "est l'actuelle interdiction du vote par correspondance", interdiction qu'il regrette en raison du caractère dissuasif du vote par procuration, soumis à de nombreuses contraintes. Il suggère d'instaurer le cybervote d'abord pour des élections, non directement politiques, marquées par une forte abstention : représentants des parents d'élèves, chambres de commerce et d'industrie, élections universitaires. Pour sa part, M. Bloche s'intéresse "plus, pour le développement de la démocratie, à ce que permet internet avant le vote, par exemple pour recueillir dans une commune l'opinion des citoyens sur le projet de plan d'occupation des sols, lors de l'enquête publique préalable". http://www.zdnet.fr/actu/soci/a0016873.html?nl=zdnews
Lionel Jospin, aux Assises parlementaires de linternet, Assemblée nationale, 10 octobre 2000
La loi n° 69 - 419 du 10 mai 1969 avait pour objet, notamment, de lutter contre la fraude électorale. Elles ont été utilisées pour la première fois lors des élections de mars 1973 dans des communes de plus de 30 000 habitants, dont la liste avait été fixée par un décret du 27 décembre 1972. En raison des défaillances, des pannes répétées et des coûts de maintenance élevés, ces machines sont tombées en désuétude. A partir de 1984, seules les villes dAjaccio et de Bastia ont continué à les utiliser. La loi n° 88 - 1262 du 30 décembre 1988, dans son article 3, a abaissé à 3 500 le nombre dhabitants des communes susceptibles de recourir aux machines à voter, ce qui a paru relancer leur usage. Mais, aujourdhui, plus aucune commune nen est dotée. De nombreuses villes ont expérimenté des urnes électroniques, et ce depuis plusieurs années. Strasbourg fait partie de ces villes pilotes depuis 1994.
Elle représente :
Par ailleurs, le vote, acte ritualisé et central de la vie démocratique, son caractère secret, sont préservés.Dès lors, quelle est la nature des problèmes ou des difficultés qui font obstacle à lutilisation du vote électronique en France ? Elle nest pas dordre juridique : les textes législatifs et réglementaires prévoient, dans certaines conditions, lutilisation des machines à voter (art. L. 57-1 du code électoral, L. 58, L. 62 et s., L. 65, L. 116, R. 54, R. 55-1, R. 66-1). Elle nest pas dordre technique non plus. Les expérimentations françaises et les expériences européennes démontrent que le vote électronique est fiable.En réalité, les difficultés sont dordre administratif et financier :
Lors des élections européennes du 13 juin 1999, plusieurs villes ont expérimenté, de nouveau, des machines à voter : Bordeaux, Bourg-en-Bresse, Brest, Marseille, Paris (XVIème arrondissement), Pontoise et Strasbourg. Extraits d'une intervention de Guillaume DELMOTTE, Adjoint au responsable du Département Etat Civil - Elections de la Ville de Strasbourg, lors d'une rencontre régionale des ViIles Internet à Vandoeuvre (novembre 2000). La lettre de temPS réels est éditée par temPS réels, section Internet (virtuelle et technotrope) du Parti Socialiste (Fédération de Paris)
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