![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||
![]() |
|
Lettre n°29 - eEurope 15 juin 2000
Droit d'auteur, protection des données personnelles, régulation des services d'information et du commerce électronique : pour l'essentiel, les cadres juridiques de la société de l'information se discutent et se mettent en forme au niveau européen. De ce point de vue, les travaux législatifs français sont voués à anticiper les directives (quand elles n'ont pas encore été adoptées), ou à les transposer en droit interne. Avec parfois des retards singuliers (cf. la directive protection des données personnelles dont la transposition a plusieurs fois été différée). Forte de ce cadre juridique unifié, c'est l'Union qui négocie avec les Etats-Unis. Non sans succès, comme on vient de le voir avec l'accord euro-americain sur la protection des données personnelles dans le commerce électronique. Ce sont également des directives européennes qui organisent le secteur des télécommunications : si la Commission et la plupart des etats-membres pèsent dans le sens de la libéralisation, la définition d'un service universel tarde à voir le jour. LíUnion prépare aussi un vaste programme, líinitiative eEurope, et propose que les États membres et elle-même prennent líengagement díatteindre rapidement les trois objectifs suivants : faire en sorte que líInternet soit moins cher, plus rapide et plus sûr ; investir dans les connaissances et líaccès de tous ; stimuler líutilisation de líInternet. Tous les éléments clés de cette stratégie devraient être en place díici à lían 2002. Dans le cadre du programme IST, le comité européen des technologies liées à la société de l'information vient de débloquer une enveloppe de 500 millions d'euros (3,28 milliards de francs) pour financer 168 grands projets de recherche. L'Europe ne cache plus son ambition de résorber son retard vis à vis des Etats-Unis en matière de hautes technologies. Autant d'orientations et de projets que la France, qui accède pour six mois à la Présidence de l'Union Européenne, pourra infléchir ou faire avancer. TemPS réels
La Commission européenne a présenté le 24 mai sa contribution au plan d'action relatif à l'initiative eEurope, qui devrait recevoir l'aval des leaders de l'UE lors du sommet de Feira des 19 et 20 juin 2000. * L'Internet sera intégré dans la formation de chaque enfant - Tous les écoliers utiliseront l'Internet dans le cadre de leur apprentissage quotidien. L'Internet fera son apparition dans les salles de classe dans toutes les disciplines, les enseignants seront dûment formés et les bons outils seront disponibles afin que ce potentiel soit pleinement exploité. * Les coûts d'accès à l'Internet cesseront d'être prohibitifs - Grâce au renforcement de la concurrence sur les réseaux locaux et au nombre accru de dispositifs d'accès, l'accès à l'Internet voit progressivement son prix diminuer et devenir à la portée de toutes les tranches de la population. * Les étudiants et les chercheurs européens pourront travailler et apprendre en collaborant sur l'Internet - La World Wide Web est née en Europe. Elle a permis une collaboration internationale étendue par voie électronique, mais se heurte à ses propres limites. La collaboration en direct (ou video-linking) exige de très grandes largeurs de bande. L'initiative eEurope favorisera le développement d'une nouvelle technologie - la World Wide Grid - qui facilitera de nouvelles méthodes de collaboration. * L'introduction de cartes à puce multifonctionnelles permettant d'accéder aux services facilement et en toute sécurité - L'initiative eEurope vise à faire en sorte qu'une même carte à puce puisse servir à de nombreuses finalités et se déplacer partout en Europe aussi facilement que son détenteur. * Un Internet plus rapide pour tous - Grâce à l'instauration d'un cadre de nature à encourager des investissements privés massifs, au déploiement d'une nouvelle technologie internet et, le cas échéant, à l'utilisation des fonds structurels pour s'assurer que les régions périphériques bénéficient d'un accès de grande qualité. * Une confiance accrue dans le commerce en ligne - Les consommateurs auront la garantie que leur détaillant virtuel existe bel et bien et qu'il a souscrit aux principes fondamentaux qui les protègent contre la fraude tout en leur proposant un niveau convenu de service et voies de recours. * L'accès aux services publics
aux "heures internet". Les citoyens pourront entrer en relation avec
leur administration aux "heures internet" et non seulement aux "heures
de bureau". Les nouvelles technologies permettront aux gens d'éviter
d'avoir à faire la queue, ce qui est source de frustration, et
leur donneront la possibilité d'entrer en relation avec les services
publics au moment qui leur convient. Le Conseil européen de Lisbonne, en
mars dernier, avait fixé pour l'Europe l'ambition de devenir l'économie
de la connaissance la plus compétitive au niveau mondial.
Une proportion d'internautes deux fois supérieure aux Etats-Unis L'IDATE estimait le pourcentage d'utilisateurs d'internet à fin 1999 à 39,2 % de la population aux Etats-Unis, 15,3 % pour la Grande-Bretagne, 13 % en Allemagne et 9,5 % en France. Selon NetValue, ce sont 48,7 % des Américains qui seraient connectés (50,5 millions de foyers) contre 27 % de britanniques (6,4 millions de foyers), 20,7 % d'allemands (7,1 millions de foyers) et 12,1 % de français (3 millions de foyers). Avec 48,2 % de femmes parmi les internautes, la parité est presque parfaite outre-atlantique alors que leur part n'atteint pas 40 % sur chacun des pays européens : 38,7 % en Grande Bretagne, 35,8 % en Allemagne et 32,9 % en France. Même écart sur le temps de connexion : alors qu'un Américain passe en moyenne 11,3 heures par mois sur l'Internet, un Anglais s'y connecte 5,1 heures contre 4,9 heures pour les allemands et les Français. Du coup, le nombre de pages vues par mois et par internaute reproduit cet écart : 670 pour un internaute américain contre 374 pour un anglais, 354 pour un allemand et 344,5 pour un français. http://www.netvalue.fr/fr/presse/index_frame.htm?fichier=cp0018.htm IDC, de son côté, estime que
20 % des Européens surfent régulièrement, soit le
double par rapport au début de líannée. Ce taux passerait
à 50 % en 2003, soit à 250 millions de personnes. (Dans
son précédent rapport, IDC tablait sur 35 % en 2002).
Les pays nordiques ont déjà atteint des taux d'utilisation d'internet supérieurs à ceux des Etats-Unis Selon l'IDATE, 37 % des foyers suédois disposaient d'une connexion Internet à fin 1999, alors que le taux était de 30 % pour les Etats-Unis. Pour accélérer encore cette utilisation d'Internet, le gouvernement de Stockholm vient d'annoncer qu'il va offrir, à chacun des neuf millions d'habitants, un accès à haut débit. Quelque 60 % des Suédois possèdent un ordinateur personnel. Les taux de pénétration d'Internet
sont également très élevés en Finlande (44
% des foyers connectés) et en Norvège, ainsi qu'aux Pays-Bas.
60 % díinternautes en Europe en 2003 ? Mais les situations changent extrêmement vite sur internet, et la plupart des experts estiment que d'ici trois ans plus de la moitié des consultations d'internet pourrait se faire non plus sur un ordinateur, mais sur un appareil mobile, notamment les téléphones portables et les assistants personnels, comme le Palm Pilot. Sur ce terrain, l'Europe possède une bonne avance : on compte aujourd'hui quelque 120 millions d'abonnés au téléphone mobile en Europe, chiffre qui devrait atteindre 173 millions en 2002, selon l'IDATE. En Finlande, 60 % de la population est abonnée à un service de téléphonie mobile, et en Italie, le taux approche les 50 %. LíUnion européenne comptera entre 170 et 220 millions díinternautes en 2003 grâce à líinternet mobile, estime le commissaire européen à líIndustrie, Erkki Liikanen. Les deux tiers des habitants de líUnion européenne devraient alors posséder un téléphone
mobile. Il existe aujourdíhui 20 millions díinternautes en Europe.
Mais avec líinternet mobile, ce nombre passera à 170 voire 220
millions en 2003, parce quíà ce moment, 65 % des Européens
auront un téléphone mobile, dont 85 % seront capables de
se connecter à líInternetÖ Les Américains plus ouverts au commerce électronique Avec un chiffre d'affaires de plus de 20
milliards de dollars l'an dernier, contre 5,4 milliards de dollars en
Europe, les Etats-unis se taillent la part du lion, selon Dataquest. Les
Américains bénéficient d'une connexion internet incluse
dans le forfait local de téléphone, donc très bon
marché. Ils sont également moins frileux que les Européens
sur le plan de la sécurité. Habitués à communiquer
par téléphone leur numéro de carte bancaire, les
Américains redoutent moins que les habitants du Vieux Continent
que des pirates interceptent ces numéros lorsqu'ils sont envoyés
en ligne pour régler un achat. Líindépendance européenne en matière díinfrastructures de réseau s'accroît " Comme les capacités paneuropéennes croissent, le prix de la bande passante commence à chuter, entraînant une hausse du trafic sur le réseau qui provoque une demande pour des capacités accrues ó un cercle vertueux. " Le Yankee Group, un cabinet díétudes américain, vient de réaliser une enquête qui met en évidence le développement rapide díInternet en Europe. Conséquence :les Européens ont de moins en moins besoins des gros tuyaux américains pour faire fonctionner leur netéconomie. Fin 1999, les deux tiers du trafic Internet international européen sont restés sur le continent ó grâce au développement de vastes plate-forme (des " hubs ") comme Amsterdam ou Francfort. En comparaison, líannée précédente, la moitié du trafic européen total transitait par les États-Unis ! Faute de trouver les infrastructures nécessaires sur le Vieux ContinentÖ Quant à la France, le trafic national du premier semestre 1999 avait triplé par rapport à la période correspondante de 1998. Si les dorsales (" backbones ") du réseau international se sont multipliées à grande vitesse, les effets de goulot sont encore nombreux, puisque les routes nationales de líinformation níont pas été construite au rythme effréné qui a prévalu pour les autoroutes de líinformation. Certaines municipalités tentent de résoudre le problème en lançant des projets de réseaux urbains à haut débit. http://www.transfert.net/revueweb/rev0119.htm
La contribution des NTI a la croissance nettement inférieure en Europe qu'aux États-Unis Selon le Crédit Suisse First Boston, la high-tech, qui sert de locomotive à la croissance outre-Atlantique, a contribué à hauteur de 3 points à l'augmentation de la production industrielle américaine en 1997, de 3,3 points en 1998 et de 3,6 points en 1999. L'impact de la technologie en Europe est bien moindre, puisqu'elle n'a contribué qu'à hauteur de 0,3 point à la production industrielle de la zone euro en 1997, de 0,6 point en 1998 et de 0,8 point l'an dernier. Et si la technologie a un tel impact aux Etats-Unis, c'est avant tout parce que les entreprises ont consenti d'énormes efforts d'investissement dans ce domaine. Les investissements américains en équipement, qui ont crû en moyenne de 12 % en 1999, suivent ce rythme depuis plusieurs années. Les Européens, pour leur part, commencent seulement à investir, et dans de moindres proportions (+ 7 % en 1999). Certes, les entreprises américaines sont aiguillonnées par la concurrence, qui les force à produire toujours moins cher, mais aussi par le fait que ces investissements sont rapidement rentabilisés par l'effet " taille " des Etats-Unis. Or, même si l'Europe commence à être plus intégrée économiquement, les entreprises du Vieux Continent réfléchissent encore à deux fois avant d'investir, face à la plus grande difficulté d'atteindre une masse critique.
En 2000, la croissance moyenne en Europe devrait atteindre 3,4 % et se maintenir à 3,1 % en 2001 Le taux de croissance du PIB pour 2000 devrait atteindre 3,4 %, à la fois pour l'UE dans son ensemble et pour la zone euro. La consommation privée augmentera d'environ 3 %. Ceci résulte du fait que la progression de l'emploi s'est poursuivie, atteignant 1,3 %, et que les salaires réels ont enregistré une nouvelle hausse de 1,1 %. Une expansion des investissements en biens d'équipement est prévue. En 2001, la croissance n'enregistrera qu'une
légère décélération, pour s'établir
à 3,1 % à la fois pour l'UE et la zone euro. L'expansion
du commerce mondial et des exportations de l'UE retrouvera un niveau normal,
du fait du ralentissement prévu aux États-Unis. En outre,
l'activité économique est affaiblie par les effets décalés
de la hausse des prix du pétrole. La Grèce, l'Espagne, la
France, les Pays-Bas, le Portugal et la Finlande continueraient d'enregistrer
une croissance supérieure à la moyenne de l'UE, avec une
nouvelle accélération en 2000, suivie d'un léger
tassement en 2001. Le redressement de l'emploi se poursuit L'emploi total dans l'UE et dans la zone euro devrait continuer de croître en 2000 au même rythme qu'en 1999 (1,3 %) et enregistrer en 2001 une nouvelle progression de 1,2 %. Près de 4 millions d'emplois seront créés en 2000 et 2001. Cette progression continue résulte principalement de l'expansion en cours, mais aussi de la modération salariale persistante et d'un redéploiement structurel vers le secteur des services plus gros utilisateur de main-d'úuvre. La croissance de l'emploi va ramener le nombre de chômeurs d'environ 16,3 millions de personnes en moyenne pour 1999, à 14,4 millions en 2001. Cela signifie que le taux de chômage va reculer et passer du niveau moyen de 9,2 % en 1999 à environ 8,5 % cette année et 7,9 % en 2001. Les prévisions sont fondées, en partie, sur un environnement international favorable, qui pourrait être compromis si la longue et forte expansion de l'économie américaine prenait fin brusquement. Ceci pourrait être provoqué par une correction brutale sur les marchés boursiers ou si l'endettement intérieur et extérieur croissant entamait la confiance. En outre, si les prix du pétrole restaient plus élevés que prévu, l'inflation et la croissance pourraient s'en trouver globalement affectées . Mais une évolution plus favorable est possible. En particulier, l'investissement privé pourrait réagir plus vigoureusement à la fermeté de la demande. En outre, la poursuite de la réforme structurelle et une diffusion plus rapide de la "société fondée sur la connaissance" pourraient accroître le potentiel de croissance de l'UE. http://europa.eu.int/ Pénurie de spécialistes en Europe Dans moins de dix ans, estime la Commission européenne, la moitié des emplois créés en Europe seront générés par les industries qui seront d'importants producteurs ou des utilisateurs intensifs de produits et services de technologies de l'information. Dans l'industrie, la demande en spécialistes
en technologies de l'information va doubler au cours des trois prochaines
années. Globalement, les besoins étaient estimés
à 500 000 emplois en Europe de l'Ouest en 1998. Si cette tendance
n'est pas enrayée, c'est quelque 1,6 million d'emplois de ce type
qui feront défaut avant la fin 2002. L'Europe n'est pas vraiment terre d'accueil pour informaticiens étrangers Les difficultés à trouver une main d'oeuvre qualifiée en informatique pour la " nouvelle économie " poussent les pays européens vers un assouplissement sélectif de l'immigration, mais les gouvernements hésitent à ouvrir un débat potentiellement explosif et prônent officiellement la fermeté. ï Fin février, M. Schröder avait annoncé l'octroi de 30 000 visas spéciaux à des informaticiens étrangers pour pallier la pénurie de main-d'oeuvre dans cette branche. ï La France avait précédé l'Allemagne, mais l'avait fait plus discrètement, sans avancer de chiffres. En juillet 1998, sous couvert du bogue de l'an 2000, une directive avait été adressée aux préfectures, demandant de faciliter l'obtention de titre de séjour aux informaticiens. Elle a finalement bénéficié à un millier d'étrangers en 1999, selon le ministère de l'Emploi. ï La Suède, qui compte environ un million d'immigrés pour neuf millions d'habitants, a une politique relativement restrictive que le patronat souhaite voir changer parce qu'il a besoin d'"immigrants qualifiés ", ouvriers spécialisés et ingénieurs. ï Au Danemark aussi, avec une baisse notable du chômage (moins de 5 %), des entreprises et des politiciens ont demandé l'ouverture partielle des frontières (fermées depuis 1973) aux non ressortissants de l'UE et des pays nordiques. Le gouvernement de coalition (sociaux-démocrates et radicaux) est cependant opposé à l'importation de main d'oeuvre, demandant aux employeurs de recruter les étrangers qualifiés déjà sur place. Leur taux de chômage est de 15 à 20 %. ï La Suisse mise sur les Européens attirés par les salaires et les conditions de vie. Elle attend de la ratification de l'accord bilatéral avec l'Union européenne sur la libre circulation des personnes, qu'il comble un déficit de certaines compétences. ï En Autriche, l'arrivée de l'extrême droite au gouvernement n'a pas pour le moment changé la politique d'immigration. Un quota de 8 000 immigrants est prévu chaque année, parmi lesquels 1 200 personnes hautement qualifiées, bénéficiant d'avantages particuliers comme le droit au travail pour l'ensemble de la famille. En quête de spécialistes des nouvelles technologies, les sociétés se tournent vers l'Asie. Sans grand succès, puisque seulement la moitié de ce quota est rempli. ï L'ouverture la plus spectaculaire est d'Irlande, qui compte faire progresser son taux de croissance à 7 % cette année. Le gouvernement a annoncé le 28 mars un assouplissement inédit de sa législation. Il est désormais beaucoup plus aisé
pour les non- européens d'obtenir des permis de travail, en particulier
dans les secteurs des technologies de l'information, de la construction
et de la santé. Tous demandeurs. Il reste que le discours officiel
des gouvernements reste celui de la fermeté face à l'immigration.
Priorité à un accès rapide et à bas coût à líinternet LíUnion européenne doit se doter rapidement díun réseau de communications à haute vitesse et à bas coût pour permettre à ses entreprises et à ses citoyens de tirer pleinement profit de la révolution de líinternet, déclarait, en avril dernier, le ministre portugais des sciences et des technologies, Mariano Gago. Le conseil européen des 23 et 24 mars de Lisbonne síétait fixé pour objectif la mise en place díun réseau européen de télécommunications à haute vitesse et bas coût pour líutilisateur final. En second lieu, selon M. Gago, pour faciliter les échanges en matière de recherche et de développement, il faut mettre en place " aussi vite que possible et de préférence díici la fin 2001 " un réseau à haute vitesse de líordre de 100 gigabits reliant centres de recherche, universités ou laboratoires. Pour Erkki Liikanen, le commissaire européen chargé des entreprises et de la société de líinformation, " la réduction des coûts díaccès joue un rôle majeur. Les Quinze au sommet de Lisbonne síétaient engagés à libéraliser totalement díici la fin de líannée líaccès à líabonné. Au total, líEurope pourrait se fixer pour objectif que la pénétration de líInternet atteigne au moins 50 % dans chaque pays díici quatre ans. http://fr.news.yahoo.com/000410/32/b3mj.html
La Commission prépare le dégroupage de la boucle locale Dans son réexamen 1999 du cadre réglementaire des communications, la Commission a mis l'accent sur le manque de concurrence et de choix sur les marchés des télécommunications locales, contrairement aux marchés des télécommunications longue distance et internationales. Elle y a annoncé son intention de publier des recommandations sur la formation des prix et certains autres aspects de l'accès au réseau local, et en particulier d'envisager à court terme une recommandation sur les aspects techniques et économiques du dégroupage de la boucle locale. Les États membres peuvent adopter des mesures législatives afin de rendre obligatoire le dégroupage total de la boucle locale de l'abonné, à condition qu'elles soient proportionnées aux règles de concurrence prévues par le traité et compatibles avec elles. Cinq États membres (Autriche, Danemark, Finlande, Allemagne et Pays-Bas) l'ont déjà fait, tandis que d'autres ont annoncé des dates ou envisagent la question. http://europa.eu.int/ Les pays-membres divisés sur l'extension du service universel à internet La France, le Luxembourg, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande et la Grèce, estiment qu'il faut étendre cette notion, actuellement limitée à la téléphonie classique dans la réglementation européenne. "Tout citoyen doit avoir accès aux nouveaux services à haut débit quelle que soit la technologie utilisée", a déclaré Christian Pierret, secrétaire d'Etat français à l'Industrie. Il s'agit d'éviter l'apparition d'une société duale où ces services seraient réservés aux zones urbaines et aux clients riches au détriment des ruraux isolés ou des pauvres en autorisant les Etats à réglementer la fourniture de services. Les services à haut, débit devraient ainsi être fournis sans surcoût aux écoles, aux hôpitaux ou aux services sociaux. "Il ne faut pas laisser le concept de service universel se dessécher sur des technologies anciennes", ajoute Christian Pierret. L'Espagne et le Portugal vont plus loin et préconisent la reconnaissance de la connexion à Internet par le câble comme un service universel au même titre que le téléphone. Ceci afin de pouvoir rendre possible l'accès au câble dans les zones les moins densément peuplées. http://www.noticias.com/noticias/2000/0002/n00021423.htm Les pays du Nord de l'Europe, comme l'Allemagne
et le Royaume-Uni, et ceux où l'Internet est très développé,
comme la Finlande, préfèrent au contraire faire jouer la
concurrence. La Commission européenne y est également réticente,
préférant concentrer les efforts sur la libéralisation.
La Commission définit sa politique concernant la gestion díInternet La Commission européenne a élaboré des recommandations de base visant à améliorer la gestion future díInternet. Ces recommandations portent en particulier sur la façon dont líinfrastructure díInternet - entre autres le système des noms de domaines" .com " et " .gov " et celui des adresses IP (Internet Protocol) - est coordonnée au niveau international. Son document de stratégie explore des façons de résoudre les litiges entre noms de domaine et de permettre un plus grand nombre díadresses internet. Il suggère díaméliorer les relations entre utilisateurs privés et utilisateurs publics dans líUnion européenne et de veiller à ce que líorganisme à but non lucratif chargé de superviser líenregistrement des noms de domaine soit géré selon des principes transparents et mondialement représentatifs. Les recommandations de base de la Commission sont les suivantes : · Elire les membres du conseil de líICANN ( " Internet Corporation for Assigned Names and Numbers ") au moyen de procédures transparentes et mondialement représentatives ; · Veiller à ce que líenregistrement des gTLD et des noms de domaine de niveau supérieur par code de pays (ccTLD) soit conforme aux principes relatifs à la propriété intellectuelle et la protection des données à caractère personnel; · Faire en sorte que le financement de líICANN par les " registries " et les " registrars " soit transparent et sûr pour les noms de domaine et les adresses IP; · Dégager un consensus concernant les politiques díenregistrement des ccTLD, en tenant compte de líintérêt général et du droit communautaire ; · Passer díun système díadresses fondées sur des numéros mesurant 32 bits (IPv4) à un protocole díadresses fondées sur des numéros mesurant 128 bits (IPv6), ce qui permettra beaucoup plus díadresses et díusages; · Créer un nouveau nom de domaine " .EU " selon des critères transparents; · Faciliter líaccès à Internet grâce à des politiques de tarification appropriées pour les lignes louées au niveau communautaire et au dégroupage de la boucle locale. LíEurope commence à se mobiliser contre les pratiques anti-concurrentielles de Microsoft En février dernier, le commissaire européen Mario Monti a ouvert une enquête préliminaire sur les risques anti-concurrentiels de la nouvelle version du système díexploitation Windows. En couplant ce logiciel avec díautres applications Microsoft, líentreprise abuserait de sa position dominante pour évincer une multitude de rivaux situés sur ces marchés de niche. La Commission nía pas démontré, dans le passé, une grande combativité à líencontre du géant de Redmond. En 1996, une plainte a été déposée devant les services antitrust par une PME informatique française : Micro Leader Business (MLB) accusait líéditeur díabus de position dominante. Le métier de MLB consistait à réimporter en France des logiciels Microsoft en langue française vendus au Canada moins cher que dans líHexagone. Sitôt alerté, Microsoft a interdit aux distributeurs canadiens de revendre ses produits à MLB. Motif : ces importations perturbaient le prix de marché. Un an plus tard, MLB contre-attaque et dépose sa plainte. En janvier 1998, Bruxelles estime que Microsoft, titulaire de ses licences, est dans son bon droit. La Commission rejette la plainte en octobre 1998. MLB ne se laisse pas décourager. La société fait appel auprès du tribunal de première instance de líUnion européenne, basé à Luxembourg. Le 16 décembre 1999, les juges annulent la décision de la Commission de refermer le dossier et demandent à Bruxelles díapprofondir líexamen de la plainte. Díaprès eux, le respect des droits díauteur ne doit pas dégénérer en abus de position dominante. La Commission nía pas fait appel de cette décision et a effectivement rouvert le dossier. En France, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), saisie par líAFUL (Association française des utilisateurs de Linux), a décidé de diligenter une enquête sur les pratiques de "subordination de vente" dans le cadre díune "position dominante" de Microsoft. http://www.portalux.com/nnl/379.html
Parlement européen Le Parlement européen, après avoir longtemps été moins impliqué que la Commission dans toutes les questions relatives à Internet, semble désireux de síintéresser de plus près à ces questions. Le Parlement européen a mis en place un groupe de travail interparlementaire pour discuter des enjeux díInternet. Il síagit du forum EPING dont líobjectif est d '" améliorer la compréhension par le parlement des enjeux des techniques de communication, fondée sur la plus large concertation possible avec les différents acteurs Création de la " Fondation européenne pour Internet " L'EIF (European Internet Foundation) est un groupe de réflexion fondé à Bruxelles le 22 février 2000 par 57 membres du Parlement européen et 16 grands groupes industriels européens, parmi lesquels des grands opérateurs de Télécommunications et des sociétés orientées également vers la production et la diffusion de contenus sur Internet. On retrouve parmi les députés européens fondateurs les noms, pour la France, de Daniel Cohn Bendit, Alain Lamassoure, Alain Madelin et Michel Rocard. L'EIF ouvre líadhésion à tous les députés européens, et à toute organisation des États membres avec un statut de membre associé. Le ticket díentrée est de 15 000 Euros par an pour les sociétés commerciales importantes et 2 000 Euros par an pour les autres. 30 % des Allemands en ligne Près de 30 % des Allemands entre 14 et 69 ans utilisent Internet, plus ou moins régulièrement, chez eux et sur leur lieu de travail. Les 20 ó 39 ans, qui sont 8 millions, en sont les plus friands. Au cours des six derniers mois, la croissance des internautes a dépassé les 50 %. Côté e-commerce, 20 % des internautes ont acheté ou commandé un produit en ligne au cours des douze derniers mois, principalement des livres et des logiciels. 23/02/2000 http://194.175.173.244/gfk/pressemeldung/presse.php3?zeige=details&id=109
La moitié des Norvégiens connectés 2,2 millions de Norvégiens, sur une population totale de 4 millions, ont désormais accès à Internet, selon un récent sondage Gallup. Tous les jours, ils sont un million à aller en ligne. Ce sont les hommes les plus branchés, à 64 %, tandis que 56 % des femmes surfent. En un an, le nombre d'internautes en Norvège a augmenté de 36 %. http://www.gallup.no/menu/internett/index.php
Finlande n°1 mondial d'internet, avec 40% de connectés Les internautes finlandais sont aujourd'hui 2,2 millions contre 1,7 million il y a un an pour une population totale de 5,1 millions d'habitants. Ils n'étaient que 370.000 en 1995. Par le nombre d'ordinateurs connectés à Internet par personne, la Finlande devance les Etats-Unis, l'Islande, la Norvège et la Suède, selon une évaluation à mi-1999. La Finlande, berceau du fabricant d'équipements téléphoniques Nokia, est également le premier pays du monde pour l'utilisation du téléphone mobile, dont sont équipés plus de 65 % des habitants. http://www.taloustutkimus.fi/tuotteet/internet/inet5e.htm
49 % des suédois connectés Quelque 60 % des ménages suédois sont équipés d'un ordinateur personnel grâce à un régime avantageux d'exemptions fiscales et 49 % d'entre eux sont connectés à Internet, selon des statistiques officielles qui prévoient que, d'ici à la fin de l'année, plus de la moitié des ménages devraient utiliser quotidiennement les services en ligne. Ce taux díéquipement élevé
est dû, en partie, à une mesure de défiscalisation
des PC prise, il y a deux ans. Plan gouvernemental díun backbone à
très haut débit sur tout le pays,raccordement à celui-ci
des réseaux des collectivités locales (qui installent eux-mêmes
de la fibre noire comme à Stockhom), des start-ups dans tous les
coins, une " mobile valley " près de la capitale (avec 700 entreprises
et 25 000 personnes) ... de nouveaux opérateurs large bande (20
mégas), Ericsson qui lance un système de paiement sur téléphone
mobile, 200 sociétés de capital-risque Ö La Suède
met les bouchées doubles pour rester dans la course. L'Europe centrale accuse un retard dans sa préparation à l'ère électronique La plupart des pays d'Europe centrale sont en retard dans leurs préparatifs à l'ère électronique, selon les conclusions d'une conférence européenne sur la société de l'information tenue fin mai à Varsovie. "Nous souhaitons une nouvelle régulation de l'accès à l'internet qui devra conduire à une baisse des prix", a souligné Tomasz Szyszko, le ministre polonais des Télécommunications, évoquant la privatisation de l'opérateur national TPSA. Le Parlement polonais a voté une loi sur les télécommunications qui prévoit la libéralisation totale des liaisons interurbaines et locales à partir du 1er janvier 2002 et celle des liaisons internationales début 2003. Le taux d'équipement en télécommunications en Pologne est des plus bas en Europe centrale. On y compte 34 lignes téléphoniques et 6 connections à l'Internet pour 100 habitants. La Slovénie dispose de 76 lignes téléphoniques
pour 100 habitants. L'Estonie en a 61, la République tchèque
52, la Hongrie 48, la Lituanie 39 et la Roumanie 23. Lanterne rouge, l'Albanie
a 5 téléphones pour 100 habitants.
L'UE se fixe "un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique, capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion sociale" "Cette stratégie doit permettre de rétablir les conditions propices au plein emploi". "Pour autant que les mesures évoquées soient mises en oeuvre dans un contexte macro-économique sain, un taux de croissance économique moyen autour des 3 % devrait être une perspective réaliste pour les années à venir" Le Conseil européen (chef d'Etat et de gouvernement de l'UE) qui se réunira "chaque année au printemps" doit jouer "un rôle renforcé d'orientation et de coordination" afin que "cette stratégie soit dirigée de façon plus cohérente et que les résultats obtenus fassent l'objet d'un suivi effectif". Société de l'information "Les entreprises et les citoyens doivent avoir accès à une infrastructure de communication peu coûteuse de niveau mondial et à un large éventail de services (...). Il faut créer les conditions qui permettront au commerce électronique et à l'internet de prospérer" - adoption courant 2000 d'un cadre juridique pour le commerce électronique - d'ici fin 2001 les marchés des télécommunications doivent être pleinement intégrés et libéralisés - réduction substantielle des coûts de l'utilisation de l'internet avant la fin 2000 - accès à l'internet pour toutes les écoles d'ici à la fin 2001
- mise en réseau des programmes nationaux et communs de recherche - environnement plus propice à l'investissement privé dans la recherche - réseau transeuropéen à très grande vitesse reliant universités et centres de recherche d'ici fin 2001 - élimination d'ici 2002 des obstacles à la mobilité des chercheurs - brevet communautaire d'ici la fin 2001 - élaborer d'ici juin 2000 une charte européenne pour les Petites et Moyennes Entreprises
- d'ici fin 2000 stratégie pour l'élimination des entraves aux services - accélérer la libéralisation dans le gaz, l'eau, l'électricité, la poste et les transports - modernisation des règles sur les marchés publics d'ici 2002 - mise en oeuvre d'un plan d'action sur les services financiers d'ici 2005 - application d'ici 2003 d'un plan d'action sur le capital-risque - régler le dossier de l'harmonisation fiscale "Il y a lieu de saisir la chance qu'offre la croissance pour s'employer davantage à assainir les finances publiques et pour en améliorer la qualité et la viabilité" - réduction de la pression fiscale sur le travail peu qualifié
Il faut "faire en sorte que l'émergence de la nouvelle économie n'ait pas pour effet d'aggraver les problèmes sociaux actuels" Les systèmes européens "devront offrir des possibilités d'études et de formation conçues" tout au long de la vie - réduire de moitié d'ici 2010 le nombre de personnes de 18-24 ans ne poursuivant pas d'études - écoles et centres de formation polyvalents et ouverts à tous - définir les nouvelles compétences de base acquises tout au long de la vie. Objectif global: porter le taux d'emploi (61 % en moyenne) à un niveau aussi proche que possible de 70 % (de la population active) et la proportion des femmes actives (51 %) à plus de 60 % d'ici 2010. - éducation et formation tout au long de la vie - accroître l'emploi dans les services y compris à la personne
"C'est sur la base du modèle social européen (...) que doit se faire le passage à l'économie de la connaissance". - étude sur la viabilité des régimes de retraite jusqu'en 2020 "Il est inacceptable que dans l'Union tant de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté" Les politiques de lutte contre l'exclusion
sociale devraient combiner "plans d'action nationaux et une initiative
favorisant la coopération" européenne La lettre de temPS réels est éditée par temPS réels, section Internet (virtuelle et technotrope) du Parti Socialiste (Fédération de Paris)
|
||
|
Inscription à la liste de diffusion de la Lettre de Temps Réels et index des éditions antérieure
|
![]()