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Lettre n°21

8 mars 2000

Vers la parité hommes-femmes dans les technologies de l'information

Si l'univers classique des directions informatiques et des SSII est majoritairement masculin (il suffit de parcourir un salon, d'assister à une conférence, de visiter un centre d'exploitation pour constater que les hommes et leurs valeurs dominent le milieu informatique), l'univers bouillonnant de l'Internet et de la "nouvelle économie" est nettement moins déséquilibré.

L'Internet créera plus d’emplois de haut niveaux destinés aux femmes que n’importe quel autre domaine" expliquait Jim Banister, président des opérations en ligne chez Warner Bros, lors d’une conférence intitulée "Next 20 Years''.

L'an dernier, plus d'un tiers des nouveaux salariés chez IBM étaient des femmes et le nombre de celles qui ont décroché des postes de responsabilités a plus que triplé depuis 2 ans. Le constructeur américain se félicite du fait qu'aujourd'hui, les femmes représentent environ 30 % des salariés, reflétant les changements du marché'. Voyant le nombre d'entreprises dirigées par des femmes augmenter, IBM a même décidé de créer une équipe chargée de ce nouveau marché émergent.

Les femmes auraient franchi la barre des 50% parmi les internautes américains en janvier dernier. Le "marché" (la population des internautes) s'est ainsi rapproché de la "société réelle", faite, comme chacun sait, d'hommes et de femmes.

Bien qu’une première génération de femmes ait déjà investi le monde des nouvelles technologies, celles occupant des postes à haute responsabilité restent une exception, de même que le nombre des femmes sortant des filières NT aux Etats-Unis reste faible (28 %). Ceci expliquerait, pour une large part, que le marché des produits informatiques spécifiquement conçus pour une clientèle féminine reste quasi inexistant. Afin d’y remédier, les entreprises des nouvelles technologies élargissent leur champ de recrutement aux femmes.

En s'adaptant aux "changements du marché", les entreprises de haute technologie se remettent en phase avec la société telle qu'elle est.

temPSréels

Les hommes trustent toujours les métiers de l'informatique

Selon une enquête réalisée en mars 1999 auprès de 26 000 salariés de 220 entreprises par le cabinet -conseil en ressources humaines Oberthur Consultants, un quart seulement des postes du secteur sont occupés par des femmes. La proportion varie peu, puisque le taux de féminisation de l'informatique était déjà de 23 % en 1987 et de 25 % en 1991. Le ratio n'est pas à l'honneur du secteur informatique : tous secteurs confondus, les femmes représentent près de la moitié de la population active occupée (45 % exactement), selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Venues sur le tard dans l'informatique, les femmes ont longtemps représenté le principal des effectifs des analystes-programmeurs, le métier de base du secteur. Si elles occupent encore à peine un tiers de ces postes (contre près de 40 % en 1987 et 35 % en 1991), les informaticiennes grimpent de plus en plus dans la hiérarchie. Elles sont de plus en plus nombreuses à accéder à des postes à responsabilités, à l'instar de la catégorie des chefs de projet où le taux de féminisation est passé de 24 à 29 % en moins d'une décennie.

L'évolution du quota de présence féminine est encore plus révélatrice dans les postes d'encadrement, où les femmes ont gagné trois points depuis 1991 et six points depuis 1987, pour composer aujourd'hui 10 % de l'effectif. Et la progression est encore plus significative pour ce qui concerne les postes de directeur d'études et développement, où elles représentent 10 % de la population, contre 7 % en 1991. et moins de 1 % il y a douze ans. Reste que l'évolution de la position des femmes dans l'informatique traduit celle du secteur. Si le taux de féminisation des emplois liés à la micro et à la bureautique est passé de 32 % en 1987 à 16 % aujourd'hui, les métiers du support technique constituent l'un des pôles qui se féminisent le plus (10 % de femmes en 1987, 15 % en 1991 et 17 % en 1999). En outre, certains postes hiérarchiques élevés se refusent toujours aux femmes, comme celui de directeur informatique, qui compte à peine 2 % d'effectif féminin.

D'une manière générale, la spécialisation croissante de l'informatique laisse de moins en moins de place aux autodidactes. 59 % des femmes travaillant dans l'informatique sont titulaires d'un diplôme bac+4 (contre 53 % pour les hommes), à comparer aux 28 % d'il y a douze ans. Mieux formées, les informaticiennes accèdent ainsi souvent à certains postes en étant plus jeunes et moins expérimentées que les hommes.

En 1991, le salaire moyen des femmes dépassait celui des hommes dans un seul des onze métiers répertoriés par Oberthur Consultants. En 1999, trois catégories sont dans ce cas. Mieux, l'écart de salaires s'est considérablement réduit au cours de la décennie. Alors qu'il culminait à 11 % en 1991, il est aujourd'hui limité à moins de 5 %. Hormis pour la catégorie des ingénieurs systèmes et des chefs de projet, les femmes disposent du même niveau d'expérience que les hommes pour un salaire inférieur à moins de 4 %.

Chez les analystes comme pour les ingénieurs support micro, la parité est d'ores et déjà à l'ordre du jour, tandis que sur les métiers de responsable support micro et responsable contrôle de production, les informaticiennes obtiennent un salaire sensiblement supérieur à celui de leurs homologues masculins.

A titre de comparaison, l'écart de salaire moyen entre les hommes et les femmes était, tous secteurs confondus, de près de 20 % en 1997, selon l'Insee. Un écart qui se creuse encore plus (23 %) pour la seule catégorie des cadres, dont relèvent en grande majorité les salariés du secteur informatique.

http://www.lmi.fr/


Indicateurs

50 % de femmes parmi les internautes américains

Selon Mediametrix, la parité aurait été atteinte aux Etats-unis en janvier dernier. Trois ans auparavant, le ratio était de 82 % d’hommes contre 18 % de femmes. La popularité des sites dédiés aux femmes, tels IVillage ou Women.com est une autre manifestation de cette féminisation du Web.

http://www.mediametrix.com

Avec un échantillon de 2 812 répondants (1 479 hommes et 1 333 femmes), PC Data Online constate que les internautes américaines consultent plus souvent leur courrier électronique que les hommes (81 % contre 70 %), et consultent davantage le Web pour se renseigner sur un sujet qui les intéresse (52 % contre 43 %). Les femmes sont davantage susceptibles de consulter le Web dans un but précis que les hommes (80 % contre 71 %), et aussi d'exploiter les hyperliens pour pousser plus à fond leur parcours sur le Web (64 % contre 59 %) ou pour extraire de l'information sur un site Web (8 % contre 5 %).

L'utilisation des moteurs de recherche pour la consultation de sites est toutefois légèrement supérieure chez les hommes (50 % contre 46 %). Ces derniers demeurent les champions du téléchargement de fichiers (44 % contre 23 %), de la consultation des sites boursiers (13 % contre 8 %) et des sites consacrés aux sports (10 % contre 3 %).

http://www.pcdataonline.com/press/pcdo9199.asp

37 % en France

Selon l’Observatoire NetValue de l’Internet grand Public, 63,6 % des utilisateurs en France de l’Internet à domicile sont des hommes. Les hommes se connectent en moyenne plus longtemps que les femmes (5,6 h par mois, contre 3,1 h). Contrairement aux idées reçues, les femmes soient moins friandes de chats et de forums que les hommes : 20,5 % des internautes masculins pratiquent les forums, 13,8 % les dialogues en direct et que 13,7 % s’adonnent à la messagerie instantanée, alors que les forums n’attirent que 6,8 % des internautes, les chats et la messagerie instantanée respectivement 8,7 et 10,7 %. Pipelettes virtuelles, bof.

En revanche, rien d’étonnant à ce que le secteur "adulte" (comprenez pornographie et petites culottes) représente près de 10 % du temps passé sur le web pour ces messieurs.

Hommes et femmes reçoivent et envoient la même quantité d’e-mails : une quarantaine par mois et par internaute.

http://www.zdnet.fr/actu/inte/a0011241.html

La proportion de femmes dans la population totale des internautes dans le monde devrait atteindre 45 % en 2001

Selon Computer Economics, la proportion de femmes serait de 51 % aux Etats-Unis en 2001, mais seulement de 40 % en Asie et en Europe, de 30 % en Amérique du Sud, 28 % en Afrique, 15 % au Moyen-Orient.

http://www.journaldunet.com/cc/cc_inter_mde2.shtml


La lettre de temPS réels est éditée par temPS réels, section Internet (virtuelle et technotrope) du Parti Socialiste (Fédération de Paris)

 

 
   
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