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Le ministère de l'emploi a recensé en juillet 38 600 chômeurs de moins, auxquels s'ajoutent 14 000 chômeurs âgés désormais dispensés de rechercher un emploi. Il s'agit du meilleur résultat enregistré depuis longtemps : il faut remonter au mois de juillet 1995 pour trouver une baisse plus importante (41 900). Selon Martine Aubry, les 750 000 emplois créés depuis deux ans, " place la France au même niveau proportionnellement que les Etats-Unis ". Au sens du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage se situe désormais, dans l'Hexagone, à 11,2 %. Certes, les radiations administratives et les dispenses de recherche connaissent un niveau élevé, mais tout le monde profite de l'embellie, notamment les chômeurs de longue durée (- 9,1 % sur un an, soit 105 000) et les jeunes (-6,5 %, soit 33 500 jeunes). Ces résultats ne sont pas dus au seul effet de la croissance
- 118 443 emplois ont été créés ou préservés grâce aux 35 heures Le dernier bilan des 35 heures établi par le ministère de l'emploi et de la solidarité, à la date du 25 août, établit à 14 615 le nombre d'accords signés dans le cadre de la première loi Aubry de 1998. Ces accords couvrent, selon le ministère, 2 143 447 salariés au total, soit 27 % des salariés à plein temps des entreprises employant plus de vingt personnes. Les effets combinés de la croissance et des 35 heures provoquent un appel d'air dans de nombreux secteurs, au point que certains d'entre eux commencent à éprouver des difficultés à embaucher.
En raison du passage à l'euro et du bogue de l'an 2000 notamment, l'informatique a beaucoup recruté. Le besoin d'informaticiens pourrait croître au-delà de l'an 2000. Les applications autour d'Internet sont infinies et correspondent toutes à des besoins en main-d'oeuvre considérables. La banalisation des usages informatiques rendra de plus en plus nécessaire le recours à des hommes (et des femmes) de l'art, y compris dans les PME. Le passage aux 35 heures risque d'amplifier la pénurie d'informaticiens. Plusieurs dizaines de milliers d'ingénieurs manqueraient déjà, selon les spécialistes. Le déficit d'informaticiens s'élèverait à 36 500 en 2002 pour atteindre le chiffre de 61 000 en 2005 (pour 10 000 à 25 000 aujourd'hui) selon le cabinet d'études PAC. L'arrivée des jeunes diplômés, en moyenne annuelle 10 000 à 12 000 diplômés bac+4 à 6 et 6 000 à 7 000 bac+2 à 3 ne comble pas les besoins accrus par le départ à la retraite des générations d'informaticiens entrés dans les années 1970, mais aussi, par les sorties liées à la mobilité. (http://www.01-informatique.com/actus/3/1026.html?Indice=0). Pour faire face à cette situation, on débauche chez les concurrents. On pre-recrute les jeunes diplômes. On forme en l'alternance. On cherche aussi à attirer les ingénieurs des pays émergents Selon l'enquête d'insertion des jeunes diplômés, réalisée par la Conférence des grandes écoles, parmi les 35 000 lauréats des trois dernières promotions de 155 établissements, 79 % ont trouvé un emploi (contre 70 % en 1995). Le niveau de chômage est quasi nul (1 %) pour les sortants de 1995. Mieux encore, 41 % des élèves avaient été prérecrutés avant leur sortie de l'école, au lieu de 32 % l'année précédente. L'amélioration de la situation n'a pas supprimé la ségrégation garçons-filles. Selon l'étude de la Conférence des grandes écoles, ces dernières occupent plus massivement des emplois en contrat à durée déterminée, avec un statut de non-cadre. Habituées depuis plusieurs années à un recrutement facile qui leur a permis de dicter leurs conditions, voire de ne plus s'interroger sur leur image, les entreprises redécouvrent les lois de la concurrence en matière d'embauche. Placés au coeur de ce retournement de tendance, les cabinets de recrutement et les agences de communication en ressources humaines ajustent leurs stratégies. Contrairement à la période 1988-1989, la reprise actuelle s'accompagne d'une très forte frilosité des cadres : échaudés par plusieurs années de crise, ils hésitent beaucoup plus à changer d'entreprise. La pénurie de candidats dans certains secteurs incite aussi les entreprises à reconsidérer leurs stratégies de communication en recrutement. Ne pouvant plus s'articuler autour d'engagements sur les salaires, la pérennité de l'emploi ou les perspectives de carrière, le message des entreprises s'attache à prendre en compte les motivations des recrutés. On voit fleurir les notions plus subjectives "d'épanouissement", de "compétences", "d'évolution". Certaines entreprises en viennent à lancer des campagnes de recrutement destinées à attirer des non-spécialistes, charge à elles de les former par la suite. Les fabricants de "puces" sont confrontés à une pénurie de personnel qualifié alors que leur croissance s'accélère. La croissance de ce secteur industriel est évaluée à 20 % par an en moyenne, au moins jusqu'en l'an 2000. Une des solutions au problème consiste... à se "voler" ces experts entre concurrents. A coup de stock-options, notamment, chaque employeur potentiel surenchérissant sur l'entreprise concurrente. Une méthode coûteuse, à laquelle certains préfèrent le recrutement de "cerveaux" sur de nouveaux marchés, "en Inde, en Chine ou en Europe de l'Est". SGS-Thomson estime qu'il faudra "entre 80 000 et 100 000 personnes de plus par an sur les cinq ans à venir au niveau mondial" chez les seuls fabricants de semi-conducteurs, qui emploient actuellement environ 750 000 personnes. Consciente de l'importance du secteur informatique dans la compétition internationale, l'administration américaine accueillait déjà à bras ouverts les ingénieurs étrangers. La France, à son tour, ouvre les vannes. Il est vrai que certaines sociétés françaises employaient illégalement de jeunes diplômés indiens, sous couvert de séjours touristiques de trois mois. Dans une circulaire "relative au recrutement d'ingénieurs informaticiens étrangers", le directeur de la population et des migrations du ministère de l'emploi et de la solidarité avait lan dernier invité ses services à ne plus invoquer la situation de l'emploi pour refuser à cette catégorie d'étrangers "détachement", "embauche directe", ou "changement de statut". Qu'ils sortent d'écoles françaises ou qu'ils viennent de l'étranger, qu'ils soient étudiants, simples touristes, ou même sans papiers, les ingénieurs informaticiens doivent être régularisés. Le nouveau dispositif prévoit cependant trois vérifications. D'abord, le titre : "Diplôme d'ingénieur" pour les jeunes étudiants en France, "diplôme équivalent (...) ou à tout le moins une expérience significative", pour les "détachés" ou les personnes directement recrutées. Afin d'éviter la constitution de filières, l'employeur aura, de son côté, "procédé régulièrement à des recrutements sur le marché national de l'emploi". Enfin, le salaire porté sur la promesse d'embauche devra être d'au moins 180 000 francs par an.
Un tiers des entreprises françaises prévoient d'accélérer leurs campagnes de recrutement cette année, affirme une étude de l'hebdomadaire "L'Usine nouvelle" réalisée en collaboration avec le syndicat du conseil en recrutement auprès de 929 entreprises et 199 cabinets de recrutements. C'est dans les entreprises high-tech et plus précisément dans le secteur informatique que la tendance est la plus forte : +8,3 % de prévision d'augmentation des effectifs entre 1998 et 1999. Les PME ne sont pas en reste. 42% d'entre elles prévoient d'augmenter leurs effectifs. On parle donc toujours de pénurie d'ingénieurs, spécialisés comme généralistes, et ce d'autant plus que la population ciblée est relativement restreinte: les cadres de 30 à 35 ans pour cibler au plus serré. On constate du coup la tendance à recruter des généralistes que l'on forme sur le tas. La crainte est grande -et justifiée- pour les entreprises de se faire débaucher des candidats formés à grands frais. L'étude constate la aussi frilosité des entreprises qui hésitent encore à embaucher sur le Net avec 90,5% de entreprises qui ne mettent jamais d'annonces sur Internet et 2% seulement qui l'utilisent systématiquement. Dans les 2%, on trouvera néanmoins des entreprises qui reçoivent 70% de leur candidatures spontanées par Internet. Suite logique de la pénurie de main d'uvre et de l'absence de campagne de recrutements par Internet, les entreprises ont de plus en plus recours à des cabinets de recrutements: 35,9% des entreprises contre 30% l'année dernière. http://www.emploidunet.com/french/nosarticles/990911recrutboom.cfm
La pénurie dinformaticiens, son ampleur et surtout les réponses à y apporter (formation sur place ou recours à limmigration), font lobjet aux Etats-unis dun débat récurrent Louis Gerstner, PDG d'IBM estimait en juin dans des auditions au Congrès que 350.000 emplois n'étaient pas pourvus dans le secteur des technologies de l'information en raison du manque de personnel qualifié. Selon Joint Venture, un organisme sans but lucratif financé par les acteurs du milieu technologique, 160 000 postes, soit environ le tiers de la demande en main-doeuvre dans la seule Silicon Valley, doivent être pourvus par des personnes venant de lextérieur de la Valley, des personnes qui doivent parcourir de longues distances pour se rendre à leur travail, ou sont tout simplement impossibles à combler. Dici lan 2010, il pourrait y avoir 200 000 postes à pourvoir, et les employeurs ne peuvent compter sur la relève des jeunes qui sont encore aux études. http://www.jointventure.org/news/press/gap.htm http://www.cyberie.qc.ca/chronik/990525.html#20
Au delà de la seule informatique, ce sont 45 % des doctorats dans les disciplines mathématiques, physique, informatique et ingénierie qui sont délivrés à des nationaux d'autres pays. Après un déclin de 5 % de l'entrée dans ces disciplines entre 1990 et 1996, la tendance s'est poursuivie en 1997 et 1998, note le président de l'association de l'Association Américaine d'Electronique (AEA) qui conclut à l'inadaptation du système éducatif américain à la société de l'information. http://abcnews.go.com/sections/tech/DailyNews/cybereducation990426.html Une enquête menée auprès de 1 160 jeunes du secondaire révèle que seulement le tiers manifeste un quelconque intérêt pour une carrière en haute technologie. Interrogés à savoir quelles compétences seraient requises pour entreprendre une telle carrière, 75 % ont répondu " linformatique ". Les mathématiques sont jugées importantes par seulement 15 % des répondants, la lecture par 7 %, la chimie, la physique et lélectronique par 2 %. Le secteur de lenseignement a donc fort à faire pour ancrer certaines réalités dans lesprit des jeunes qui devront comprendre le rôle essentiel de disciplines quils estiment accessoires. http://www.cyberie.qc.ca/chronik/990525.html#20
"Les Etats-Unis pourraient perdre leur avance technologique si l'école n'intègre pas l'informatique dans l'enseignement " expliquait lan dernier Craig Barrett, président d'Intel, lors d'une conférence sur l'éducation, insistant sur le fait que l'école devrait intégrer l'informatique dans les activités quotidiennes des élèves pour ne pas être en retard sur l'industrie. Barrett a estimé qu'équiper toutes les écoles d'un ordinateur connecté à l'internet pour 5 élèves et maintenir ce parc coûterait 100 milliards de dollars tous les cinq ans. " C'est sans doute un des meilleurs investissements que puissent
Les offres demplois bien rémunérés dans lindustrie de linformation incitent de plus en plus détudiants américains en informatique à abandonner leurs études en cours de route. Un débat s'ouvre aux Etats-unis sur la fonction de lenseignement supérieur dans cette discipline. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le développement de linformatique a principalement été le fait de mathématiciens et de physiciens pour qui la programmation a toujours été une compétence acquise par la pratique, après leur formation universitaire. Aujourdhui, la désaffection pour les diplômes du premier cycle spécialisés en informatique, jugés inutiles par les étudiants, pourrait permettre de reconsidérer la formation universitaire comme le moyen dacquérir une (plus) large culture générale et dapprendre à apprendre, plutôt que de maîtriser les dernières subtilités des techniques dont lévolution est extrêmement rapide.
Pour faire face aux besoins de main d'oeuvre qualifiée en électronique des trois prochaines années dans la Silicon Valley, une co-société de seize industriels du secteur des semi-conducteurs vient de nouer un partenariat avec six établissements d'enseignement supérieur de la région. Ce partenariat doit permettre aux établissements participants de mettre en commun leur corps professoral, de partager des laboratoires avec l'industrie et de développer des programmes de stages en entreprise. Visant à la fois des professionnels en milieu de carrière et des étudiants à leur sortie du lycée, la formation en électronique prodiguée en deux ans offre des débouchés dans de nombreux secteurs pour des salaires d'entrée voisins de 40 000 dollars.
Comme environ 1600 autres grandes sociétés américaines - elles étaient 400 en 1988 - Motorola possède sa propre université pour ses cadres et ses employés. Le campus de Schaumburg, près de Chicago, accueille ainsi 100 000 "étudiants" chaque année, avec un corps professoral permanent de 400 personnes, et plus de 800 vacataires. Si, jusqu'à maintenant, des accords existaient entre les universités d'entreprises et les universités locales, et permettaient des cursus diversifiés, la situation pourrait tourner à la rivalité. En effet, les universités d'entreprises pourraient se voir octroyer le droit de délivrer des diplômes, en même temps qu'elles se destinent à être financièrement indépendantes de la société mère. Les quotas d'étudiants hors entreprise pourraient alors considérablement augmenter.
Les responsables des grands groupes informatiques américains comme IBM et Microsoft ont plaidé ces derniers mois pour un assouplissement de la politique d'immigration. Craig Barrett, PDG d'Intel, est allé jusqu'à préconiser l'octroi automatique de cartes vertes (permis de séjour) à ces diplômés, pour les encourager à rester aux Etats-Unis. Pour remédier à cette situation, le Congrès américain a autorisé en octobre 1998 une augmentation du nombre de visas H1 pour les travailleurs étrangers qualifiés. http://www.usvisaassoc.com/frenchvisa/visa_h1b_pour_professions_specialisees.htm Ce sont 115 000 visas H1-B (contre 65 000 en 1998) qui seront délivrés par les services de l'immigration américaine en 1999 et en 2000. 107 500 sont prévus pour 2001. Ce nombre retombera au niveau initial en 2002. Cette mesure a été adoptée malgré les critiques formulées par des syndicats qui arguent des licenciements massifs qui ont affecté les secteurs industriels technologiques ces derniers mois. En mai dernier, Jean-Pierre Cloutier dans les Chroniques de Cyberie mentionnait que ces pratiques d'embauche étaient dénoncées par certains spécialistes des relations industrielles des États-Unis. http://www.jointventure.org/news/press/gap.htm Litinerant Electronique faisait part des inquiétudes de certaines organisations, notamment de l'American Immigration Lawyers Association (AILA) concernant les abus possibles de cette main-d'oeuvre précaire. Tout récemment, un article de Dan Gillmor du Mercury News () apporte un éclairage supplémentaire. En fait, avec un visa H-1B, le travailleur immigré est pris en otage par la compagnie qui l'a embauché (sorte de parrainage d'emploi) et sa période d'embauche est restreinte dans le temps. Ces contraintes ont pour effet d'annuler toute forme de mobilité de cette main-d'oeuvre qui, de toute façon, devra regagner son pays d'origine lorsque la période prescrite de séjour aura pris fin (maximum de 6 ans). Le fait que les entreprises désirent constamment faire augmenter le nombre de visas H-1B des travailleurs temporaires n'est pas, à son avis, une solution efficace et ne sert finalement qu'à perpétuer des pratiques d'embauche au moindre coût. Gillmor suggère que l'emphase du gouvernement américain soit plutôt mise sur l'acquisition du statut de résident pour les immigrés qui pourront ainsi s'intégrer réellement au marché du travail en se libérant de l'obligation contractuelle à laquelle les lie le visa H-1B. Il sinterroge aussi sur le peu d'intérêt que porte l'industrie pour la réorientation et la formation de la main-d'oeuvre en place. http://www.itinerant.qc.ca/99-08-26.html
La fuite des cerveaux vers les Etats-Unis inquiète, et sert de cheval de bataille aux opposants du gouvernement canadien pour demander une baisse des taxes. Les annonces pour des emplois de l'autre côté de la frontière fleurissent dans les journaux, et les recruteurs américains accentuent leur présence dans les forums afin de proposer des salaires bien plus élevés qu'au Canada. Le parti réformiste allègue que plus de 660 000 canadiens travaillent actuellement aux Etats-Unis, et que le nombre de personnes demandant un permis de travail temporaire est passé de 19 400 en 1989 à 46 600 en 1996. Ce parti propose donc de baisser les taxes afin de permettre aux entreprises d'offrir des rémunérations plus flatteuses.
La société de services informatiques Indusa, basée en Caroline du Sud installé des centres de formation en Inde et en Jamaïque où les élèves travaillent sur des projets d'entreprises américaines. La Jamaïque est à quelques heures de vol seulement des Etats-Unis et Montego Bay s'enorgueillit d'un réseau numérique de dernier cri développé par AT & T et Cable & Wireless pour la transmission de données à haute vitesse. La première promotion délocalisée jamaïcaine de 56 personnes sortira en novembre, après dix mois de formation. Le programme est complet: programmation pour l'internet, méthodes de développement de logiciels, formation aux langages de programmation C++ ou Java, au système d'exploitation Linux et aux technologies de base de données, notamment celle d'Oracle, numéro un du secteur. Pour le gouvernement jamaïcain, qui subventionne entre 60% et 80% des frais de fonctionnement, l'école va permettre au pays "d'entrer sur la scène des technologies de l'information, de créer des emplois mieux rémunérés et de ralentir l'exode de cerveaux vers la Grande-Bretagne et les Etats-Unis". James Ram, le PDG dIndusa, a choisi la délocalisation, car il ne voulait pas ramener aux Etats-Unis du personnel qualifié qui "aurait pu faire faux bond une fois arrivé". En outre, les lois américaines sur l'immigration "compliquent le processus".
http://www.yahoo.fr/actualite/19990910/multimedia/936976020-yaho410.100999.170718.html
Temps Réels
a tenu la chronique de lUniversite dété du PS
les 27,28 et 29 septembre. On y trouve les compte rendus des tables rondes et des ateliers, le texte integral des discours de Lionel Jospin, François Hollande et Henri Weber, un carnet de bord et un album photo Nous y ajouterons prochainement :
Le 19 mars 1999, le professeur Israel Nisand remettait à Martine Aubry, ministre de lEmploi et de la Solidarité, et Bernard Kouchner, secrétaire dÉtat à la Santé et à lAction sociale, un rapport intitulé " LIVG en France, propositions pour diminuer les difficultés que rencontrent les femmes ". Le rapport note une diminution du nombre dIVG pratiquées en France depuis ladoption de la loi Veil (0,67 % par femme en 1976, 0,52 en 1994). Il recense principalement les obstacles suivants : réponse insuffisante du service public en termes quantitatifs (difficulté de recrutement des professionnels, contingentement des IVG) et qualitatifs (accueil inadapté, faible disponibilité de l'IVG médicamenteuse), particulièrement dans les grandes villes, où les consultations, peu valorisées, sont reléguées à des vacataires ; poids des contraintes légales sur les patientes les plus démunies : dépassement du délai de 10 semaines de gestation chez les femmes isolées ayant un recours tardif aux soins et déplacement à l'étranger (dans de mauvaises conditions médicales et à un coût prohibitif) des I.V.G. hors délais ; situation dramatique des femmes étrangères résidentes depuis moins de trois mois n'ayant pas accès à l'I.V.G.
Accréditer une unité fonctionnelle d'orthogénie dans chaque service public de gynéco-obstétrique ; Créer un enseignement théorique sur l'orthogénie en formation initiale des médecins et instituer un cursus de formation permanente sur l'accueil des I.V.G. à l'attention des personnels hospitaliers ; Développer les consulations psycho-sociales, pré et poste I.V.G. sur un mode facultatif et non plus obligatoire; Faciliter l'insertion des centres d'I.V.G. (C.I.V.G.) dans les services de gynéco-obstétrique ; Modifier la réglementation concernant les mineures et les étrangères afin de faciliter l'accès à l'I.V.G.; Généraliser l'aide médicale gratuite pour l'I.V.G. ; Coordonner les actions de prévention et de prise en charge de l'I.V.G. dans le cadre des S.R.O.S. ; Faciliter l'accès aux moyens de contraception, y compris la contraception d'urgence ; Désigner dans chaque région une structure hospitalière spécifiquement habilitée à recevoir les patientes qui dépassent le délai légal ; Développer la prévention de l'I.V.G. en mettant en oeuvre, notamment dans les établissements scolaires, des campagnes d'information sur la contraception centrées sur les mineures et en créant un numéro vert pour l'I.V.G. et la contraception. Dans un premier temps, le Gouvernement a tardé à donner suite à ce rapport, tant la question de lIVG reste passionnelle. Mettant cette pause à profit, lassociation " Droit de naître " lançait une campagne de mailing contre les propositions Nisand. Le 17 juin, " Droit de naître " remettait aux ministres 45 000 formulaires-pétitions, tandis quIsraèl Nisand recevait directement des milliers de cartes pré-imprimées. Beaucoup étaient surchargées dinsultes antisémites, et parfois de menaces de mort. Le Professeur Nisand, soutenu par la LICRA, a porté plainte, tandis que le Gouvernement decidait de lui fournir une protection policière et de prendre en charge ses frais de justice. Lors dune conférence de presse le 16 juillet, Martine Aubry annonçait la mise en place dun plan d'information et d'action sur la contraception et l'interruption volongtaire de grossesse (IVG) . Linformation sur la contraception reste insuffisante, en particulier chez les jeunes, les difficultés étant aggravées par les inégalités sociales. De plus, estime-t-elle, la mise en vente libre de produits de contraception d'urgence rend plus nécessaire encore cette information. La campagne débutera en octobre ( budget de 20 MF) . Sur la question de l'allongement du délai légal de recours à l'IVG, Martine Aubry a observé " qu'il n'existe aucun obstacle, en terme de sécurité médicale, pour que des IVG puissent être réalisées jusqu'à douze semaines de grossesse, (...) le délai retenu par la majorité de nos voisins ". Elle a précisé que " le gouvernement n'écarte pas a priori la question d'un nouveau débat sur la loi de 1975 mais il estime qu'il faut d'abord se donner les moyens d'aller au bout des possibilités qu'offre le droit existant ", tout en rappelant, à l'instar du rapport Nisand, que " la priorité est à la prévention des IVG ". http://www.lemonde.fr/article/0,2320,15826,00.html
PETITION " Monsieur le Premier ministre, " Les 25 propositions contenues dans le rapport du Professeur Nisand relatif à "IIVG en France : propositions pour diminuer les difficultés que rencontrent les femmes " sont toutes pertinentes, indispensables, adaptées à notre époque. Elles sappuient sur une étude approfondie, précise et professionnelle de la situation. Comme le souligne le rapport, elles sont très attendues par les femmes en grande détresse, les plus démunies, celles qui ont le plus de mal à se faire entendre. Les mesures proposées portent toutes lempreinte dune grande justice sociale. " Comme ils savent si bien le faire, les opposants traditionnels à IIVG se mobilisent déjà avec leur flot de violences, leur haine et cette laideur qui les caractérisent. " Attendre pour mettre en place ces propositions, cest leur donner du temps pour organiser leurs attaques. Sachant quune majorité de gauche est assurée à lAssemblée nationale, il est aujourdhui possible de faire voter les 25 propositions du Professeur Nisand. " Cest ce que nous vous demandons avec insistance. Nous ne doutons pas, connaissant vos convictions, quen répondant positivement à notre appel, vous placerez la France au niveau de ses partenaires européens ".
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