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Lettre n°7

25 juillet 1999


 

L'ONU, le PNUD et la taxation du courrier électronique

" Internet est désormais aussi indispensable à la vie des humains que l’eau, la santé et l’instruction ". C’est la première fois que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) consacre une telle place, dans son rapport annuel sur le développement humain, aux nouvelles technologies.

Le PNUD dénonce le fossé technologique qui se creuse entre les pays connectés à l'Internet et ceux qui en sont dépourvus. Il regrette qu'Internet soit devenu le nouveau vecteur de la mondialisation économique mais sans que ses bénéfices ne soient partagés équitablement. Pourtant, selon le PNUD, Internet peut aussi être un facteur d'aide au développement, en réduisant les coûts d'accès à l'information, par exemple pour les hôpitaux et les universités.

Le rapport du PNUD tranche dans son diagnostic avec l’optimisme dominant : au lieu de contribuer à réduire les écarts entre riches et pauvres, l’Internet risque de les accentuer. "Ce ne sont plus l’or, les nouvelles terres ou la maîtrise des machines qui donnent accès au pouvoir économique, mais la capacité à écrire des programmes informatiques".

Le rapport du PNUD tranche surtout dans ses recommandations. " Si nous voulons éviter que l’Internet soit une nouvelle source d’inégalité et de fracture entre riches et pauvres, il nous faut trouver les moyens de financer des projets dans les pays du Sud ".

Pour financer l’accès des plus pauvres au réseau, mais aussi pour subvenir à des besoins plus urgents (accès à l'eau potable, éducation...), le rapport du PNUD propose une taxe sur les mels ou sur les dépôts de brevets… Il chiffre même les recettes qu’une taxe sur le courrier électronique pourrait générer : une taxe de 0,01 sur chaque centaine de messages aurait rapporté en 1996 à l’échelle mondiale près de 70 milliards de dollars (450 milliards de francs), plus que le montant total de l’aide publique au développement. En 1999, elle aurait pu rapporter plus de 140 milliards de dollars.

Cette proposition a suscité, tres vite, scepticisme et hostilité, notamment au Congrès américain. Le 16 juillet, soit quatre jours après la publication du Rapport, le PNUD se voyait contraint de prendre ses distances avec le projet de taxe : " Les Nations unies n’envisagent ni ne soutiennent aucune forme de taxe internationale pour financer l’aide au développement  … Ni les Nations unies ni le PNUD n’ont un mandat pour créer et administrer un tel système de taxation". L’ONU rappelle que le l’Human Development Report, s’il est commandité par le PNUD, est "un rapport indépendant qui ne reflète ni n’engage les positions du PNUD et de ses membres".

Le projet de taxation semble enterré. Le rapport du PNUD aura cependant eu le mérite d'ouvrir le débat. Un peu comme la taxe Tobin, la taxe sur les mels réactive la question de la "gouvernance mondiale", pour employer le langage des ONG et des organisations internationales. La mondialisation appelle la mise en place de nouveaux instruments. La taxe Tobin visait à stabiliser les mouvements de capitaux , à "mettre du sable dans les rouages" pour éviter la spéculation : c'est un mécanisme de régulation plus qu'un instrument de redistribution. La taxe sur les mels (telle que décrite par ses concepteurs) s'assigne, elle un objectif de redistribution : il ne s'agit pas de freiner ou de stabiliser le courrier électronique, mais de profiter de son explosion pour en faire bénéficier le plus grand nombre.

Etats-Unis 26,3 % de la population
OCDE 6,9 %
Amérique latine et Caraïbes 0,8 %
Asie du Sud-Est et Pacifique 0,5 %
Asie de l'Est 0,4 %
Europe de l'Est et CEI 0,4 %
Pays arabes 0,2 %
Afrique subsaharienne 0,1 %
Asie du Sud 0,04 %
Ensemble du monde 2,4 %

Le Rapport mondial sur le développement humain : http://www.undp.org/hdro/report.html

L'interview de Sakiko Fukuda, auteur principal du Rapport, dans Libération : http://www.liberation.com/quotidien/semaine/990713marb.html


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Afrique du Sud : 1 600 PC, 25 000 scanners, 450 paraboles pour une élection

Les élections de 1994 avaient soulevé de nombreuses questions et révélé le besoin d'une architecture informatique solide. Peu après sa création en 1997, la commission s'est tournée vers la branche locale d'Andersen Consulting et lui a commandé le déploiement d'un système d'information pour optimiser le processus électoral.

Première étape : la constitution d'un système d'information géographique. Ce projet a mobilisé 500 personnes et a permis de rassembler des données démographiques et topographiques très précises. La commission a ensuite défini en quatre mois 14 500 bureaux de vote dans les 500 municipalités des neuf provinces du pays, chaque bureau devant accueillir au maximum 3 500 électeurs en ville et 1 200 en zone rurale.

L'organisation véritable des élections a débuté en mai 1998. À cette date ont été signés la plupart des partenariats pour mettre en place l'infrastructure informatique centrale. Entre janvier et mai dernier, l'IEC (Commission électorale indépendante) a procédé à l'inscription des 18,4 millions d'électeurs (environ 43 % de la population). Les employés de la commission ont enregistré le code-barres à 13 chiffres dont est muni tout citoyen du pays, à l'aide de scanners à main. Transférées quotidiennement dans une station de travail, les données étaient ensuite transmises par liaison satellite dans les bureaux centraux de l'IEC. Les 500 municipalités avaient été chacune équipée d'un ou de plusieurs PC, reliés à 44 serveurs. L'envoi de ces données au QG de l'IEC a été assuré avec 450 paraboles satellite et autant de terminaux VSAT (Very Small Aperture Terminal, autorisant des transmissions à 56 Kbit/s).

Pour centraliser les résultats, l'IEC et ses partenaires avaient installé, dans un bâtiment de 12 000 m2, 50 serveurs et 600 PC. Après vérification, les chiffres s'inscrivaient sur des compteurs géants (un par région, plus un pour les résultats nationaux). En visitant le centre de résultats, le président de la commission électorale australienne aurait déclaré : " Vous avez mené à bien un projet qu'aucun pays développé n'a encore fait aboutir ".

Le Monde Informatique - 18/06/99

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La high tech israélienne a voté Barak

Représentatif d'une industrie israélienne de la high-tech en pleine explosion, David Assia, président de l'éditeur Magic Software, s'est résolument engagé en faveur du parti travailliste, qui vient de revenir à la tête de l'Etat hébreu. David Assia avait commencé sa carrière d'informaticien en participant à la réalisation de l'application la plus critique dont puisse avoir besoin un Etat comme Israël : la base de données de la sécurité militaire, montée au lendemain de l'attaque surprise des pays arabes, lors de la guerre de 1973. En 1986, il fonde Magic, devenu depuis l'un des spécialistes des outils de développement rapide (38 millions de dollars de chiffre d'affaires en 1998 ; puis crée un groupe spécialisé dans l'informatique, Mashov. Fort de 2 000 entreprises et de 6 milliards de dollars d'exportation (dont 1,5 milliard pour le logiciel), Mashov fait l'objet d'une OPA de la part des Américains. " La majorité des entrepreneurs high-tech sont en faveur de la gauche, confiait-il en mars dernier. Moi, je suis même favorable à la création d'un Etat palestinien… La croissance économique a fortement ralenti sous le gouvernement de Netanyahou. On ne pourra pas assurer une prospérité économique durable si on ne vit pas en harmonie avec nos voisins. "

David Assia a même engagé des discussions avec le fils de Khalil Al-Wazir, numéro deux de l'OLP assassiné, pour former des informaticiens palestiniens

Le Monde Informatique - 28/05/99

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Les renseignements russe et ukrainien contrôlent Internet



Le FSB (service fédéral de sécurité russe, ex-KGB) ainsi que le SBU, son homologue ukrainien, obligent des prestataires d'accès à Internet de leurs pays à leur ouvrir une possibilité de contrôle sur les réseaux qu'ils gèrent, affirme le quotidien Segodnia. Le FSB réclame à certains serveurs la possibilité de contrôler toutes les connections de leur clients : 60 % des serveurs russes sont obligés d'accepter cette exigence, sous peine d'être privés de leur licence. Les serveurs d'Ukraine ne peuvent obtenir leur licence qu'à la condition de laisser le SBU contrôler les connections. Les serveurs sont en outre contraints d'acheter eux-mêmes le matériel nécessaire au contrôle par le SBU, d'une valeur de 20.000 dollars, Selon Segodnia, cette technologie permet aux services de sécurité d'avoir non seulement les adresses des clients des serveurs, mais aussi de lire leur courrier privé.


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ISOC, Autrans 2000

Les prochaines rencontres du chapitre français de l’Internet Society, ISOC, qui auront lieu du 6 au 8 janvier 2000 à Autrans. L'ISOC lance un appel ouvert à proposition : chacun peut suggérer des sujets de discussion, et même proposer d’organiser une journée ou une demi-journée de discussion.

http://www.isoc.asso.fr/AUTRANS2000/index.html

 

 
 
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