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Lettre n°5 - Élections européennes

25 mai 1999


L'enjeu du 13 juin

L'Europe est à un tournant. Après une période où elle s'est essentiellement préoccupée d'économie, de mise en place d'une monnaie commune et de respect de la concurrence, elle doit désormais s'intéresser à l'emploi, à la réforme de ses institutions, à sa Défense.

Construire une Europe du plein emploi, dotée d'un gouvernement économique, capable d'investir dans les technologies et les activités d'avenir, dotée d'une vraie défense, d'un cadre politique, d'une charte des droits civiques et sociaux : c'est l'enjeu du mandat du prochain Parlement européen.

Les partis socialistes et social-démocrates européens dirigent 11 gouvernements sur 15 en Europe (et participent, en coalition, à 13 d'entre eux.

Majoritaire au Conseil, la gauche peut devenir, le 13 juin au soir, majoritaire au Parlement Européen.

Les Partis socialistes européens se sont dotés, en mars dernier, à Milan, d'un Manifeste. Un vrai programme, 21 propositions, articulées autour de quatre thèmes : Europe de la croissance et de l'emploi, une Europe au service des citoyens, une Europe puissante et une Europe plus efficace".

Ils sont aussi adopté une Pacte pour l'Emploi : ce Pacte, volontaire, en rupture avec les prudences budgétaires et monétaires passées, entera peut être dans les faits au prochain sommet de Cologne.

Autre fait marquant : les 15 partis socialistes ont donné a cette campagne 1999 un tour résolument européen avec l'organisation de meetings dans chaque pays, auxquels participent tour à tour les chefs de gouvernement socialistes. Lionel Jospin, Gerhard Schröder, Tony Blair, Massimo D'Alema seront présents le 27 mai, à Paris, au Palais des Sports.

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Le manifeste des socialistes européens : 21 engagements qui gagnent à être connus

Autant en prendre connaissance directement : http://www.eurosocialists.org/election/fr/1.asp?LANGUAGE=F

Nous prenons la liberté d'en retenir dix sur les 21…

Les Socialistes européens s'engagent…

- à tout mettre en œuvre pour permettre de trouver un emploi à tous ceux qui n'en ont pas, et notamment par des programmes spécifiques pour les jeunes et les chômeurs de longue durée.

- à une coordination plus étroite des politiques économiques avec l'objectif d'assurer une croissance durable et des niveaux élevés d'emplois.

- à renforcer et à moderniser le modèle social européen, à favoriser le dialogue entre les partenaires sociaux et à combattre l'exclusion.

- à promouvoir une Europe de la connaissance basée sur la formation tout au long de la vie afin de procurer aux salariés les qualifications les mieux adaptées, et sur des programmes de recherche européens ouverts à la promotion des technologies de l'avenir.

- à assurer l'égalité des chances entre les femmes et les hommes partout en Europe et à appliquer ce principe dans toutes les politiques de l'Union.

- à lutter contre la discrimination sous toutes ses formes, à combattre les préjugés ethniques, le racisme et la xénophobie et à agir pour une intégration réussie, par des programmes européens et nationaux.

- à réduire les émissions de gaz à effets de serre, arrêter le gaspillage des ressources, préserver la biodiversité, améliorer la sécurité alimentaire et respecter le principe pollueur-payeur.

- à agir ensemble pour relever le défi de la mondialisation et réformer les institutions internationales en vue d'assurer un ordre mondial plus efficace et un système financier international mieux régulé.

- à bâtir une coopération étroite et forte en politique étrangère et à renforcer la capacité et les moyens de l'Europe pour prévenir les conflits et répondre aux crises en matière de sécurité.

- à mener des politiques d'aide, d'échanges commerciaux, d'investissement et de résorption de la dette qui réduiront la pauvreté dans le monde et contribueront à l'objectif internationalement reconnu de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la pauvreté d'ici 2015.

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Pacte pour l'emploi : les socialistes européens misent sur les nouvelles technologies

Les socialistes et sociaux-démocrates avaient approuvé en mars dernier, lors de leur Congrès à Milan, un "pacte européen pour l’emploi" (http://www.pes.org/francais/frames4_4h.htm)

Ce Pacte - dont les principales orientations sont reprises dans le Manifeste - servira de base aux travaux du Conseil européen de Cologne sur l’emploi début juin.

L’objectif fondamental du pacte est extrêmement ambitieux, surtout au regard du niveau atteint par le chômage en Europe : rétablir le plein emploi grâce à une politique de soutien à la croissance passant par la coordination macro-économique et des mesures en faveur des nouvelles technologies. " Nous voulons une nouvelle "politique-mix" aux niveaux monétaire, salarial, budgétaire et fiscal pour améliorer le potentiel d’innovation et de croissance ", lit-on dans le pacte. Le but est d’améliorer le potentiel d’innovation et de croissance et de créer une société plus active et plus intégrante. La politique traditionnelle d’embauche et de débauche sera remplacée par une réforme économique. La confrontation sera remplacée par le dialogue social".

Le Pacte pour l'Emploi distingue, au chapitre "amélioration d'innovation et de croissance :

- l’amélioration de l’innovation
- le renforcement des réseaux trans-européens
- l’organisation d’une société de l’éducation pour tous

Le volet " réseaux transeuropeens" s'inscrit dans la filiation des grands travaux d’infrastructure proposés il y a six ans par Jacques Delors. Cette fois, conformément aux vues de Jacques Delors, on ne financera pas que des infrastructures routières et des TGV. François Hollande a propose que l’Union européenne lève 10 milliards d’euros (65 milliards de francs) par an par le biais d’émissions obligataires pour les nouvelles technologies.

Le Pacte pour l'Emploi propose qu’une "initiative européenne sur la société de l’information" soit lancée en juin "dans le but de réduire l’écart avec les Etats-Unis et créer les infrastructures de base pour le futur".

A l’occasion du Conseil économique et financier franco-allemand, le 8 mai Aix-en-Provence, Dominique Strauss-Kahn et son homologue Hans Eichel ont adopté une position commune qu'ils proposeront à leurs collègues lors du Sommet de Cologne autour de trois axes :

- renforcer la coordination des politiques économiques,
- accroître le contenu de l’activité économique en emploi
- soutenir l’innovation.

Reste à concevoir des projets et à les financer. La Commission de Bruxelles et la Banque européenne d’investissement (BEI), s’appuyant sur un comité d’experts composé d’industriels et de scientifiques, pourraient indiquer des projets prioritaires afin d’engager les actions nécessaires dès la présidence finlandaise ", c’est-à-dire au cours du second semestre 1999.

L'enveloppe prévue – 10 milliards d’euros (65 milliards de francs) à lever sur les marchés par la BEI – donne la mesure de l'ambition. La BEI ne se substituera pas aux interventions budgétaires des Etats en finançant, par exemple, l’équipement en ordinateurs des écoles secondaires. Elle envisage d'intervenir dans le câblage des collectivités locales, la nouvelle téléphonie, la transmission satellitaire, la connectique…

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La parité entre dans le mœurs , mais la droite française résiste

Aux élections europeennes de 1994, Michel Rocard avait imposé la règle un homme-une femme. En 1999, la parité est passée au Parti Socialiste "comme une lettre à la poste, enfin presque", selon Michèle Sabban, secrétaire nationale aux droits des femmes.

A droite, la parité ne triomphe qu'en apparence. Les femmes sont majoritaires sur la liste de l''UDF (45 sur 87) comme sur celle RPR-DL (48). Elles ne sont cependant que huit, soit 40 % parmi les 20 premieres places au RPR-DL, cinq dans les quinze premières places. (33 %) à l'UDF. Libération rapportait ce propos d'une candidate UDF : "Une telle, chez nous, est présentée comme la fidèle collaboratrice de Bayrou l'autre comme l'épouse du PDG de Rhône-Poulenc et ils ont même collé la femme du patron de Ouest-France." . La parité reste un combat.

Pour Mariette Sineau, directrice de recherches au CNRS-Cevipof , "la parité est entrée dans les mœurs, si l'on met de côté les partis d'extrême droite. La dynamique a été lancée aux législatives de 1997, avec les 30 % de candidates imposés par Lionel Jospin. Les Cassandres annonçaient que les femmes inexpérimentées allaient faire chuter le PS, la droite avait préféré présenter des sortants. Depuis la victoire socialiste, la féminisation est perçue par la droite comme le point de départ d'une reconquête de l'électorat. Pour ces élections européennes, les partis de droite n'ont pas réussi à instaurer la parité alors que les conditions les plus favorables étaient réunies: scrutin proportionnel par liste, focalisation sur cette question. Pourtant, en 1997, Nicolas Sarkozy reconnaissait que la victoire socialiste devait servir de leçon. Le véritable test, ce sont les prochaines législatives: le scrutin uninominal à deux tours favorise la résistance des notables installés sur leur territoire".

http://www.liberation.com/europeennes/actu/9905019a.html

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Taxe Tobin - François Hollande signe la pétition d'Attac

Chaque soir, dans les réunions pour les élections européennes, il y a toujours un militant de l'Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens (Attac) pour poser aux candidats et têtes de listes une question sur la taxe Tobin.

Agée d'un an à peine, Attac, lancée par Le Monde diplomatique, revendique désormais plus de neuf mille adhérents, un peu plus que les Verts. Cent dix comités locaux se sont réunis, samedi 8 mai, en coordination nationale.

La taxe Tobin figurait dans le programme de Lionel Jospin en 1995.

Entre temps, dans un rapport officiel, le ministère des finances s'est prononcé contre cette proposition. Olivier Davanne, conseiller de Lionel Jospin, a critiqué ce prélèvement dans une étude. Lors de la convention nationale du Parti Socialiste, le 28 mars, M. Hollande avait évoqué cependant évoqué la mise en place d' une taxe type Tobin dans son programme,et même avancé que ce prélèvement "pourrait tout aussi bien s'appeler taxe Jospin ".

Le Parti Socialiste avait arrêté en mars dernier une position assez nuancée sur la taxe Tobin.

" Pour les socialistes, la régulation des marchés mondiaux a toujours été un objectif. Pour réguler les marchés financiers, trois pistes nous paraissent prioritaires :

- Accroître la transparence (des institutions publiques et privées), renforcer les critères prudentiels et la supervision bancaire, responsabiliser les investisseurs (…)

- Mettre en place une nouvelle architecture mondiale des changes (…)

- Réguler les mouvements de capitaux : les entrées et les sorties massives de capitaux peuvent avoir des conséquences désastreuses pour un pays émergent. Lorsqu'ils entrent trop vite, ils conduisent à un surendettement des agents nationaux, et se portent, dans leur euphorie, sur des projets peu rentables ou fort risqués. En se retirant trop vite, ils précipitent la chute de certains pays, chute qui tient plus de la panique et du caractère moutonnier des financiers que de réels déséquilibres dans les pays.

La proposition de taxe, dite taxe Tobin (…) rejoint la volonté que nous avons, à maintes reprises, exprimée de taxer de manière plus équilibrée les revenus de l'épargne par rapport à ceux du travail : il est temps que des discussions à ce sujet s'engagent au niveau international.

Son principe est bon, et fait consensus au sein des socialistes. La question de ses modalités fait en revanche débat : au sein même de notre parti, des opinions contradictoires s'expriment. (…) Reste que le principe sous-jacent à la taxe Tobin, qui consiste à mettre un frein aux flux de capitaux de court terme, est intéressant et toujours d'actualité. Nous entendons donc poursuivre notre réflexion à ce sujet, pour préciser les modalités d'une telle mesure et tenter d'éviter ses éventuels effets pervers (…)"

http://attac.org/fra/part/doc/fraps.htm

A l'occasion d'un meeting à Marseille, le 19 mai, François Hollande a signé la pétition européenne qu'ATTAC soumet à l'ensemble des listes.

"Avec mes colistiers, je m’engage solennellement :

- A demander, comme l’a voté la Chambre des Communes canadienne et comme le gouvernement finlandais l’a inscrit à son programme, qu’une taxation soit instaurée sur toutes les transactions financières, notamment sur la spéculation sur les devises (taxe Tobin), dont le produit sera affecté à la lutte contre les inégalités et la misère.

- A veiller à ce que cette taxation soit accompagnée par une série de mesures de transparence et de dissuasion vide.gif (45 octets)à l’encontre de la criminalité financière et des paradis fiscaux, en premier lieu ceux, nombreux, situés en Europe.

- A proposer, dès son élection, au Parlement européen d’ouvrir un débat sur ces questions et, dans le cadre de l’article 138 B du traité de Maastricht, de demander à la Commission européenne de soumettre rapidement au Conseil des projets de directives en ce sens.

- A déposer au Parlement européen un texte invitant les Parlements nationaux à entreprendre une démarche identique. Cette démarche devrait déboucher sur le vote de résolutions en direction des gouvernements pour qu’ils saisissent la présidence de l’Union d’une demande de mise à l’ordre du jour de cette taxation lors de la prochaine réunion du Conseil européen.

- A exiger de la Commission et du Conseil qu’ils renoncent définitivement à négocier ou signer tout accord ou traité aliénant la souveraineté démocratique au profit de la sphère économique et financière transnationale. Ceci vise, dans l’immédiat, le projet de Partenariat économique transatlantique (PET) avec les Etats-Unis, ainsi que la nouvelle mouture de l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement) projetée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC)."

http://attac.org/fra/asso/doc/petitioneurosign.htm

On trouve aussi sur le site d'ATTAC les premiers résultats de l'enquête conduite par ATTAC auprés des partis politiques du monde entier. 10% des partis ont repondu a l'enquête – majoritairement de gauche ou verts. "Si l’idée de la TT séduit un grand nombre de partis, elle reste encore relativement floue pour la majorité d’entre-eux. Elle fait figure d’idée généreuse à laquelle ils ne peuvent que souscrire (…) Peu de partis posent les vrais problèmes qu’engendrerait la mise en place d’une telle taxe: Qui collecte les fonds, qui les redistribue, à qui et en fonction de quoi? De même qu’ils n’abordent pas le volet technique, ils ne parlent pas de la dimension sociale de la TT. Certains émettent de vagues inquiétudes quant à l’application de la taxe au niveau mondial sans en analyser clairement les difficultés. Toutefois, quelques partis se sont livrés à une analyse très approfondie du sujet ".

http://attac.org

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Sondages à trois semaines du scrutin

 Les intentions de vote encore incertaines

50 % des personnes interrogées sont, aujourd'hui, sûres de leur choix, contre 48 % qui disent pouvoir encore changer d'avis (IFOP)

61 % se déclarent certains d'aller voter, mais 23 % n'ont pas encore fait leur choix. (Ipsos)

43 % envisagent de s'abstenir, contre 40 % au mois d'avril. (CSA)

La liste PS-PRG-MDC continue la course en tête

A moins d'un mois des élections européennes, l'opposition tente d'utiliser les événements de Corse pour déstabiliser le Premier ministre et ternir l'image des socialistes. Mise en cause de la responsabilité politique du chef de gouvernement, harcèlement à l'Assemblée nationale, dépôt d’une motion de censure ...Si l'on en croit la deuxième vague du baromètre Ifop pour France 2, Europe 1, " le Figaro " et " le Nouvel Observateur " : il n'y a pas d'effet Corse.

La liste PS-PRG-MDC, conduite par François Hollande reste en tête avec 22% (IFOP), ou 26% selon la SOFRES, et conserve 5 points d'avance sur la liste RPR-DL .

Elle possède, selon l'IFOP, la meilleure marge de progression : 17% des électeurs qui disent aujourd'hui vouloir voter pour Cohn-Bendit, 13% des électeurs de Bayrou, 9% des électeurs de Hue et même 5% des électeurs de Sarkozy affirment n'avoir pas fait un choix définitif et pouvoir encore reporter leurs suffrages sur la liste Hollande.

Les idées européennes progressent

Près de 4 Français sur 10 se détermineront, d'aprés l'IFOP, d'abord le 13 juin en fonction des enjeux de la construction européenne. Une majorité d'entre eux estime désormais que la paix sur le continent, la protection de l'environnement, la croissance économique sont d'abord de la compétence de l'Europe.

Malgré les " bavures " de la guerre, ils jugent (53% contre 35) que l'Union européenne a des effets positifs sur la résolution du conflit du Kosovo. Ils sont largement favorables à la création d'une armée européenne, à l'adoption d'une Constitution européenne, à l'élection d'un président de l'Europe au suffrage universel. Bref, ils veulent plus d'Europe.



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JEUDI 27 MAi - 19 H

GRAND MEETING EUROPÉEN

avec

FRANçOIS HOLLANDE
LIONEL JOSPIN
GERHARD SCHRÖDER
TONY BLAIR
MASSIMO D'ALEMA

Et

Philippe Busquin (Belgique)
Jean Asselborn( Luxembourg
Manuel Guterrez ( Portugal)
Rosa Diez (Espagne)
Pierre Schori (Suede)
Ruari Quinn ( Irlande)
John Hume (Royaume Uni)
Theordore Pangalos ( Grece)

PALAIS DES SPORTS DE PARIS

PORTE DE VERSAILLES

 
 
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