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Questions pour un débat...
jeudi 5 septembre 2002

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Ce questionnaire sera publié sur le site internet du PS et dans L’Hebdo des socialistes du 6 septembre, et adressé aux 3 500 secrétaires de sections, est destiné a impliquer les militants dans la préparation du congrès de Dijon en mai 2003.

Les réponses envoyées par les militants feront l’objet d’un conseil national, le 19 octobre, qu’animeront les premiers fédéraux avant de se réunir, le lendemain, en séminaire.

Il comporte six parties - "Comprendre ce qui s’est passé au printemps 2002" ; "Revenir sur le bilan de la législature 1997-2002 et le rôle du parti dans cette période" ; "Faire un état de la société française et des aspirations des Français" ; "L’identité et les priorités des socialistes" ; "Militer aujourd’hui au Parti socialiste" ; "Définir une stratégie politique pour la gauche" -, chaque section pouvant "ajouter des thèmes et des questions".

La période politique nouvelle amène à poser plusieurs séries de questions pour réfléchir à ce que doivent et peuvent être à l’avenir les positions du Parti Socialiste tant sur les plans idéologiques et programmatiques que stratégiques et organisationnels.

Ce court texte a seulement pour ambition d’ouvrir notre débat. Il propose un cadre de réflexion et une série d’interrogations. Il ne se veut évidemment pas exhaustif. Chaque section peut se concentrer sur tel ou tel aspect et ajouter des thèmes et des questions qui ne sont pas évoqués dans ce texte ou qui sont rapidement suggérés.

I. Comprendre ce qui s’est passé au printemps 2002

Avant de s’interroger sur la défaite électorale de 2002, il n’est pas inutile de revenir sur les raisons de notre victoire de 1997. Une comparaison peut être éclairante.

Pour 2002, quelle est la part des causes conjoncturelles (les craintes de l’après 11 septembre, l’affaiblissement de la croissance, le rôle des media et des sondages, les choix et les modalités des campagnes électorales...). Quelle est la part des causes plus durables (les évolutions de la société française, les difficultés de la représentation politique dans les catégories populaires, les effets de la mondialisation, les manques de la construction européenne, les insuffisances de la " gauche plurielle " et des sociales démocraties européennes etc...) ?

Comment comprendre les évolutions électorales depuis 1997 ? Qu’est-ce qui explique la montée de l’abstention ? Comment analyser la permanence du Front national ? etc

II. Revenir sur le bilan de la législature 1997-2002 et le rôle du Parti dans cette période

Un jugement d’ensemble est nécessaire.

Comment caractériser cette période en la situant dans l’histoire du socialisme français et par comparaison avec les politiques menées ailleurs en Europe par les autres partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes ?

Les priorités de 1997 étaient-elles les bonnes ? (emploi, 35 heures, nouveaux droits, engagement européen etc...)

Qu’est-ce que les électeurs, qui nous ont quitté, ont reproché principalement au gouvernement et au Parti socialiste ? Peut-on distinguer différentes catégories d’électeurs ?

Une discussion sur les différentes dimensions de l’action menée est nécessaire : la politique économique, particulièrement le traitement du chômage, la politique salariale, la politique fiscale, les choix industriels, les réformes sociales (35 heures, CMU, APA), le droit du travail, les réformes de société (parité, PACS), la politique de sécurité et vis-à-vis de la justice, la politique de l’environnement, la recherche d’une rénovation de la vie politique, la politique européenne etc.

Avons-nous bien su concilier les valeurs humanistes des socialistes et les aspirations à la sécurité ?

Comment expliquer les difficultés rencontrées, par exemple, dans les réformes de l’éducation et de l’administration des finances ?

Aurions-nous dû mener jusqu’au bout la réforme des 35 heures dans la législature ?

Aurions-nous dû mener au bout la réforme des régimes de retraites dans la législature ?

Aurions-nous du aller plus loin dans la décentralisation ?

La lutte contre la précarité du travail aurait-elle due être menée autrement ?

Quelles sont les réformes et les mesures qui auraient dû être mises en œuvre et qui ne l’ont pas été ?

Comment juger les rapports qui ont été établis avec les syndicats et les associations ?

Les faiblesses de la " démocratie sociale " ont-elles eues une influence sur les résultats de la politique gouvernementale ?

III. Faire un état de la société française et des aspirations des Français

Cela concerne les catégories sociales d’abord. En quoi sommes-nous encore dans une société de classes ? Quelles sont les formes de domination dans notre société ? Quelles sont les évolutions de la condition salariale ? Le salariat est-il plus ou moins hétérogène qu’auparavant ? Comment évoluent les inégalités dans notre société ? Quelles en sont les différentes dimensions ? Comment a évolué le rapport au travail ?

Evoluons-nous dans une société multiculturelle ? Quelle est la réalité des " communautarismes " ? Comment faire vivre la laïcité dans notre société ? Peut-on mesurer l’influence de l’individualisme ? Quelles sont les conséquences du " vieillissement " de la population ? Quelle est la place des jeunes ? Y a-t-il une " culture jeune " ? etc.

Il est important également de faire le point sur les valeurs des Français aujourd’hui : Quelles sont les attentes de la population ? Comment sont comprises les valeurs de justice sociale et de progrès par les différentes catégories de la population ? Qu’est-ce-qui est spécifique aux différentes catégories ou classes sociales ? Qu’est-ce-qui est commun ?

Comment concevoir " une alliance entre les exclus, les classes populaires et les classes moyennes " ? La notion de " classe moyenne " est-elle pertinente ?

Il est enfin intéressant de déterminer la réalité actuelle des différentes formes d’organisation collective : Le syndicalisme ? Les associations ? Les mouvements anti-mondialisation ? (ATTAC...) ?

Comment les citoyens non engagés voient l’action et les pratiques des élus et des militants politiques ?

IV L’identité et les priorités des socialistes

L’interrogation sur notre identité revient à chaque étape de notre histoire. Cela est naturel pour un mouvement comme le nôtre attaché à un idéal. La confrontation de nos valeurs et des moyens pour les mettre en œuvre est une nécessité au moment où le socialisme européen se trouve à un tournant.

Comment définir le socialisme aujourd’hui dans notre pays et en Europe ? Quelles sont ses valeurs propres ? Qu’est-ce-qui fonde les différences entre la gauche et la droite ? Quel doit être le rôle du marché dans l’économie et dans la société ? Quelle doit être notre conception de l’égalité ?

Nous avons adopté en décembre 2001 un projet politique. Pour poursuivre ce travail, nous devons nous poser trois types de questions en nous projetant dans l’avenir :

• Quelle société voulons-nous bâtir ? Comment la caractériser ? Quelles sont les " utopies " que nous voulons porter ?

• Quelles sont les priorités des français telles qu’elles ressortent des dernières élections ?

• Quels sont nos moyens pour mettre en œuvre nos objectifs pour " maîtriser " le capitalisme ?

C’est en ayant à l’esprit les réponses que nous apporterons à ces questions que nous pourrons formuler des propositions pour donner un contenu à notre vision internationaliste et européenne, à notre ambition d’une société qui ne soit pas dominée par le marché, à notre volonté de lutte contre les inégalités et de renforcer les solidarités, à notre souhait de faire une plus grande place aux dimensions écologique et culturelle, à notre désir d’approfondir la démocratie politique et sociale etc...

Pour cela nous avons besoin d’évaluer et peut-être de reformuler nos politiques publiques concernant l’emploi, les salaires, le droit au travail, la fiscalité, la protection sociale, la sécurité, la justice, l’environnement, l’éducation et la formation, la santé, la décentralisation, les relations sociales, la place des libertés et des droits etc.

Cela ne peut nous amener qu’à définir plus clairement notre conception du rôle de l’Etat et de l’action publique à tous les niveaux où elle est concernée, la place et l’évolution des services publics ? A nous poser également la question de l’évolution des institutions de la Vème République, des choix à faire en matière de décentralisation, de la place à construire pour la démocratie sociale ? Faut-il faire évoluer les modes de scrutin ? Comment établir des formes de démocratie participative ?

Comment concilier nos perspectives et nos ambitions avec notre engagement européen ? Quelles réformes pour les institutions européennes ? Quelles actions pour une Europe sociale ? Quelle influence la France et l’Europe peuvent-elles effectivement avoir dans la régulation de la mondialisation ? Que faire avec les grandes organisations internationales (ONU, FMI, OMC, OIT...) ? etc...

V. Militer aujourd’hui au Parti Socialiste

Notre réflexion doit porter aussi sur nos pratiques politiques, nos formes d’organisation, nos comportements, bref, sur la capacité du Parti Socialiste à représenter la société française dans sa diversité, à animer le débat politique.

Comment adopter des formes de militantisme politique adaptées à la société actuelle ? Comment mieux assurer une diversité de recrutement ? Comment ouvrir davantage le Parti sur la société ? Quelles relations établir avec les syndicats et les associations ? Comment mieux travailler avec les sympathisants ?

Faut-il modifier les bases territoriales sur lesquelles reposent notre organisation ? Faut-il (et comment ? ) organiser des sections thématiques ?

Faut-il (et comment ? ) rénover notre organisation sur des bases professionnelles ? Faut-il accepter des adhésions collectives d’associations qui participeraient à notre débat politique ? Comment améliorer notre démocratie interne ?

Dans quel sens faire évoluer le Parti des socialistes européens ? etc. Quelles sont les conditions pour que l’on puisse arriver à établir un véritable " programme commun " des socialistes européens ?

Que penser du rôle de l’Internationale Socialiste ? etc...

VI. Définir une stratégie politique pour la gauche

Quel bilan tirons-nous de la " gauche plurielle " ? Quels rapports nouveaux entretenir avec les autres formations de gauche ? Faut-il rechercher des points de rapprochement avec des mouvements d’extrême-gauche ? Avec quels mouvements ?

Faut-il s’orienter vers la constitution d’un grand parti de la gauche ? Faut-il privilégier des alliances électorales dans le cadre d’une fédération ou d’un rassemblement ? Ou faut-il ne compter que sur nous-mêmes ?

Quels types de relations rechercher avec les syndicats ? Avec les associations ? Avec les mouvements anti-mondialisation ? Avec les mouvements de jeunesse ? etc.


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