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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Europe et social-démocraties européennes > Le PSE : vers un parti socialiste européen > Les élections européennes de 1999 > Relever le défi de la société de l’information | ||
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(PS, CAMPAGNE DES EUROPÉENNES, 1999). avril 1999 Imprimer cet article | Cet article au format PDF La révolution de l’information en cours transforme profondément le système productif : elle déplace des emplois, en supprime certains et en crée d’autres, elle modifie de nombreux métiers et les exigences de qualification. C’est une mutation comparable à celle de la révolution industrielle qui se caractérise par la place centrale prise par l’information, à la fois comme facteur de production et comme produit à part entière. Elle change les conditions de la concurrence entre les entreprises et entre les nations. La croissance dans ces secteurs "tire" la croissance globale. Mais, dans le même temps, ces nouvelles formes d’emplois et de production posent des problèmes sociaux : demande croissante de flexibilité, individualisation des relations sociales, renforcement du contrôle du travail effectué, technologies qui permettent d’exiger une disposition constante des salariés. Le développement de la société de l’information fait aussi naître de nouveaux risques et de nouvelles questions en matière de protection de la personne et de propriété intellectuelle. Il faut donc être vigilant et mettre en place les cadres juridiques nécessaire à l’échelle européenne. Il faut aussi garantir l’accès au plus grand nombre d’européens à ces nouvelles technologies. Saisir les opportunités en matière de croissance et d’emploi Les métiers de la communication, de l’édition, de l’image et du son se transforment profondément par l’arrivée du "tout numérique". Le commerce électronique représente un enjeu phénoménal. Nous sommes en effet face à un réseau de communication mondial dont le coût de communication est faible. En définissant les "secteurs de la société de l’information" comme ceux de l’informatique, des télécommunications, de l’édition, de l’audiovisuel et de la publicité, l’Union européenne estime leur part du PNB à 5%. L’emploi y croit cinq fois plus vite que dans l’économie en général (3% par an contre 0,6%). Ces chiffres ne prennent en compte que les secteurs dont l’activité est directement et exclusivement liée à la société de l’information. On pourrait y ajouter un grand nombre d’emplois des administrations et des entreprises des autres secteurs (informaticiens, responsables de la communication). Le montant des transactions générées grâce aux réseaux devrait atteindre 500 milliards d’euros en 2002 soit 6% du PIB et permettre la création de 500 000 emplois. Ces emplois sont généralement durables : en France 94,4 % de CDI pour 365 000 emplois directs. Les PME sont en pointe. Mais l’Europe aborde cette révolution avec quelques années de retard sur les Etats-Unis où ce secteur économique est passé en tête de tous les autres, tant en ce qui concerne sa contribution au PNB (6,2% en 1996) que sa part dans l’emploi salarié. Il représente près du quart des exportations américaines et 80% de la production de logiciels dans le monde proviennent des Etats-Unis. La cause de cette réussite est en partie due au fait que ce pays consacre chaque année plus d’un milliard de dollars de fonds publics en recherche-développement dans ce domaine. Les pays européens comblent progressivement leur retard. Ainsi en décembre 1998, le nombre d’utilisateurs français réguliers d’internet est estimé entre 3 et 4 millions soit une croissance de 175% en un an. L’Union a elle aussi pris conscience de l’importance économique de ce domaine et développe des aides à la formation (avec le programme Leonardo) et des aides à la recherche-développement en matière de nouvelles technologie. Mais il reste beaucoup à faire : informer et sensibiliser les européens, les particuliers comme les entreprises dépasser les obstacles linguistiques, mener une politique de recherche, favoriser les échanges d’expériences entre les entreprises européennes. L’Europe doit avoir une stratégie globale. Elle doit ainsi réfléchir à son infrastructure de communication à grande vitesse. Il s’agit d’un secteur où les PME sont en pointe et créatrices d’emplois mais où le manque de formation est fort. L’Union européenne doit prendre en compte ce facteur dans ses politiques de formation. Les nouvelles technologies sont aussi un vecteur de développement pour les collectivités locales et de nombreux projets doivent pouvoir bénéficier des fonds structurels. Les nouvelles technologies représentent un enjeu économique pour l’Europe mais aussi un enjeu culturel. Leur développement comporte le risque d’une standardisation des comportements. C’est pourquoi, le développement des différentes langues européennes pour la communication sur les réseaux doit être une préoccupation de l’Europe. Dans tous les secteurs artistiques reconnus, la création contemporaine s’est saisie du numérique et des réseaux. La société de l’information a aussi fait émerger de nouvelles formes de création et une nouvelle génération d’artistes, notamment dans le domaine du multimédia, à l’échelle européenne. Les nouvelles technologies peuvent favoriser la diffusion de la culture européenne et les échanges culturels à l’intérieur de l’Union. Nous ne sommes pas en retard sur tout dans ce domaine : ainsi dans le secteur des images de synthèse, l’Europe est en pointe et la politique pour l’audiovisuel menée par l’Union n’y est pas étrangère. Nous devons continuer à développer et à soutenir les industries de contenu à l’échelle européenne et l’Europe doit prendre en compte ces secteurs culturels lors des négociations commerciales internationales. La politique culturelle européenne que nous appelons de nos vœux devra prendre en compte ces aspects, en matière de productions artistiques et culturelles mais aussi en matière de diffusion pour garantir au plus grand nombre l’accès à ces nouvelles formes de création. Garantir l’égalité d’accès et harmoniser nos législations Un débat oppose aujourd’hui l’Europe et les Etats-Unis sur la protection des données individuelles. Nous sommes en faveur d’une plus grande protection. En effet, Internet ignore les frontières et échappe dans une certaine mesure aux formes d’intervention et de contrôle des juridictions nationales. C’est vrai pour l’aspect économique mais aussi pour celui des libertés publiques. Des garde-fous sont nécessaires en matière économique, sociale, culturelle et éthique. Nous devons homogénéiser nos législations pour protéger la vie privée et les mineurs. De la même manière, le droit d’auteur doit être reconnu et protégé. Nous souhaitons privilégier cette approche par rapport à celle anglo-saxonne du copyright qui ne permet pas à l’auteur de garder un contrôle sur l’intégrité de son œuvre après l’avoir vendue. Les aspects sociaux doivent aussi être au centre de nos priorités . Il nous faut garantir l’accès à ces nouvelles formes de communication et de connaissance au plus grand nombre pour ne pas ajouter à l’exclusion économique l’exclusion cognitive. Pour sensibiliser les Européens l’Union, en collaboration avec les politiques nationales (comme celle menée par la France dans le cadre du projet d’action gouvernementale), doit développer une offre publique de contenus attractifs : sites, lieux de consultation, politique en direction des écoles et des universités. Les nouvelles technologies sont aussi un outil potentiel de services publics efficaces et adaptés aux besoins des usagers. C’est pourquoi il faut multiplier les services publics en ligne, particulièrement pour la recherche d’emplois dans d’autres pays de l’Union. Enfin, la négociation sociale et les politiques d’emplois devront prendre en compte l’impact de l’usage des nouvelles technologies sur les relations de travail.
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