![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||
|
|
Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Du 11 septembre à l’expédition irakienne ... > Les attentats du 11 septembre... > Un an aprés ... > La CIA garde un œil sur la Silicon Valley | |
|
|
||
|
LE MONDE, 11 SEPTEMBRE 2002 dimanche 8 septembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF En apparence, rien de plus banal que l’activité d’In-Q-Tel. Comme il est d’usage pour les fonds de capital-risque de la Silicon Valley, l’entreprise ausculte les start-up du secteur des technologies de l’information pour investir dans les plus prometteuses. Mais In-Q-Tel ne mène pas ses opérations dans le souci du profit d’éventuels actionnaires. Sa raison d’être est d’assurer aux services de renseignements américains le transfert de technologies civiles répondant à une exigence de la "communauté du renseignement". n-Q-Tel n’a jamais fait mystère, depuis sa création en 1999, de ses liens avec la CIA Née d’une initiative de George Tenet, le patron de la centrale américaine de renseignements, elle est totalement financée par l’agence et dispose du statut de "société à but non lucratif". La liste du portefeuille de participations d’In-Q-Tel est révélatrice des soucis des responsables du renseignement. Depuis le 11 septembre 2001, les sociétés développant des systèmes de recherche multilingues sur Internet comme Inktomi, Northern Light, Stratify ou des solutions d’exploitation de grandes bases de données font l’objet d’un intérêt renforcé de leur part. Systems Research & Development (SRD) a ainsi attiré l’attention d’In-Q-Tel pour un logiciel à même de révéler, à partir d’informations disparates, les liens éventuels entre les clients et les employés d’un casino. Une manière de "profilage" qui pourrait, en d’autres circonstances, déterminer les relations entre deux suspects. L’intérêt soulevé par certaines technologies souligne les carences de la CIA dénoncées au lendemain du 11 septembre 2001. Tacit Knowledge Systems a ainsi été sélectionnée pour un outil initialement destiné aux laboratoires pharmaceutiques, optimisant le partage de grandes quantités d’informations entre des bureaux géographiquement dispersés. Au total, une vingtaine de sociétés du secteur des technologies de l’information ont ainsi profité de la manne d’In-Q-Tel. Pour autant, le budget du fonds de la CIA n’a pas augmenté depuis un an et se monte à "environ 30 millions de dollars annuels" (l’équivalent en euros). Mais les investisseurs en capital-risque classiques se pressent pour financer ces start-up qui bénéficieront de l’augmentation des budgets affectés à la lutte antiterroriste. En effet, les prévisions pour 2003 portent à 52 milliards de dollars les dépenses consacrées aux systèmes d’information du gouvernement américain. Dans une allocution prononcée le 10 mai devant la commission "Technology and Procurement Policy" de la Chambre des représentants, Gilman Louie, PDG d’In-Q-Tel, déclarait ainsi que le "portefeuille d’entreprises -d’In-Q-Tel- est appuyé, à hauteur d’environ 300 millions de dollars, par les investissements commerciaux de tiers". Et le mode d’intervention adopté par la CIA auprès des start-up fait des émules. Selon le magazine Wired, l’armée de terre américaine aurait reçu le feu vert pour développer le même type de structure d’investissement. Ce type de préoccupations trouvent un écho de l’autre côté de l’Atlantique : en France, la Financière de Brienne poursuit, pour le secteur de la défense, des objectifs semblables. Stéphane Foucart Le Monde
|
||
|
|
||